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Full text of "Bulletins de la Société historique et littéraire de Tournai"

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DE Ll 

SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE 

DE 

TOURNAI. 



BULLETINS 

DB LA 

SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET UTTÉRAIRE 

DE 

TODRRU. 

TOME 16, p; ,•■:::.. :\,r^. 



TSUMNAI 

HALO ET LEVASSEUR, imprimeurs de la Société. 



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BULLETINS 



DE LA 

SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE 

DE TOURNAI. 



ESQUISSE ^*^ 

SHT la Tie et les «iTres de Igr TORD, 

Membre fondateur et Yice-Prétideat de U Soeiété historique 

et littéraire de Tournai. 

parLHUGUET. 

Membre de la môme Société. 



§ I. Proobhium. 

C'est avec un sentiment de piété filiale et de légitime 
admiration, que j'ai cédé à la demande de notre vénéré 
Président , Monsieur Du Bus aine , de donner cette notice 
biographique sur l'homme éminent , que la mort vient de 
nous enlever, d'une manière si inattendue. Il daignait m'ho- 
norer de son afiFection, il m'initiait à ses travaux, et j'jai 
retiré le plus grand profit de ses leçons et de ses conseils; j'ai 



(1) Ce travail a été lu à la séance du Jeudi, !« Août lS72f il en 
sera fait mention au procès-yerbal de la dite séance. 

Nous le donnons par anticipation en tête du XVI* Yoh, qui ne cour 
tiendra plus que des œuvres posthumes de Mgr Voisin, et en hommage 
tout spécial à la mémoire de notre éminent et regretté confi^re. 

BULLETINS T. XVI, ' i 



— 6 — 

pu en même temps, dan$ cet iatime et si utile eommerce, 
Tapprécier à sa juste valeur, et j'aurai aujourd'hui acquitté 
une dette du cœur, si je rends un compte fidèle de ses 
travaux et de ses publieatioaSi qui donneront une idée de sa 
science profonde, et ont contribué, pour la plus grande part, 
à faire de nos Bulletins et de nos Mémoires un monument 
de la plus grande valeur pour Thistoire locale. 

MoBsieiir Charles-Joseph Voîski naquit à Frasnes-lev- 
BuissBnal, le 5 Décembre 1802, d'une famille aisée et des 
plus honorables, mais recommandable surtout par ses vertus 
chrétienaes. — Son père, qui se destioait à l'Eglise, quand 
survint la grande tempête révolutionnaire de la fin du siècle 
dernier , feisait déjà partie du chapitre de la Collégiale 
d'Antoing, et on lui conserva depoÎ!;, dans le monde, le nom 
de Chanoine Voisin. Chose assez singulière, Dieu lui des- 
tinait un fils qui allait être revêtu de cette dignité et devenir 
sous ce titre l'honneur de sa famille! 

Rendu malgré lui, au siède, il s'était allié à une D«i'« Par- 
fait, de Velaines, de l'une des plus notables familles de 
fermiers de nos environs, qui donna au siècle dernier quatre 
membres distingués au clergé. (1) 

Leur fils, Charles4oseph, dont nous nous occupons, 
eonnnença ses études au collège de Tournai ; mais se sentant 
appelé ^ Tétat ecclésiastique, il désira de se trouver dans un 
milieu plin fhvorable à sa vocation et il obtint d'entrer au 
coHége de Soignies, qui servait alors de Petit-Séminaire au 
diocèse. Cest là, que ses condisciples se rappellent l'avoir 
connu, d'une régiilarité exemplaire, d'une gravité au-dessus 
de son âge, et d'une ardeur peu commune pour l'étude : 
x;^étah surtout & la langue grecque qu'il s^appliquaît avec 



(1) fbir JMMi'i, tome 1. 1». 



-- 7 - 

passion. Ses soecè^ répondirent & son tramlt, quoiqu'il ne 
recueillit dans ses classes que la seconde palme; et Ven notiTS 
« rapporté que son exœilent père, bien loin de s^en affli- 
ger, était plulàl tente de s^on réjuuir, eomme d*un moyeti 
de le maintenir dans rhuiailité et de le stimuler dans son 
zèle pour le travalL 

Après qu'il eûttermîné, à Tournai^ ses études lhéolog{queS| 
il fut promu au sacerdoce en i8S5 et nommé au poste la- 
borieux, surtout à cette époque^ de vicaire d'EIlezcIles, Fa 
paroisse peut-être la plus étendue du diocèse : c'est ainsi 
que les prémisses de son zèle furent exclusivement consa- 
crées pendant trois ans au ministère des âmes. 

Mais il pouvait être plus utile à Téglise, en développant 
ses immenses moyens, et cultivant les sciences sacrées, dans 
le calme et les loisirs d'une modeste cure de campagne, et 
ses supérieurs le nommèrent curé du petit village de Wille- 
meau, près de Tournai^ où il resta jusqu'en 1855. 

Ccst 1^^ que dévoré de la passion de savoir, il commença 
celte vie de bénédictin, qu'il continua depuis, et qui le te- 
nait confiné dans son cabinet, depuis le matin jusqu'au soir^ 
sans qu'il dépensât, sans nécessité, en visites ou en récréa- 
tions inutiles, une parcelle de son temps. 

On aurait désiré peut-être le trouver plus communicatif 
et plus répandu ; mais pour nous, qui fûmes ses confrères, 
et qui savions combien son temps était utilemeat employé 
pour la science, nous respections cet isolement auquel il 
s'était condamné ; nous étions du reste à même de juger de 
la bonté de son co&ur, de son affabilité dans les utiles cause- 
ries de nos séances; et le résultat de ses labeurs, que nous 
allons essayer de mettre en relief, prouvera surabondam- 
ment que l'étude a dû être son unique préoccupation, qu'il 
devait forcément être avare de son temps, et se sentir peu 



^ 8 — 

eoclia à tout ee qui sortait du cadre de ses devoirs et de ses 
occupations. 

Au sortir de WillemeaU) il occupa la eharge importante 
de curé de S^NicoIas en Havre , à Mons. Une brochure, 
qu'il publia alors sur L'utilité des écoles gardiennes (1) , et 
qu*il dédia aux magistrats de la ville de Mons, nous montre 
sa sollicitude vraiment pastorale pour l'amélioration de la 
condition des enfants pauvres. Cest à ce signe qu'on peut 
reconnaître le pasteur zélé ! Mais à cette époque , la nécessité 
de confectionner , dans le Hainaut surtout, un grand nom- 
bre de titres-nouvels pour les rentes, en vertu des dis- 
positions du Code civil, et aussi la promulgation des lois 
Communale et Provinciale, qui avaient complété l'œuvre de 
la Constitution Belge et assis le nouvel état do choses sur 
des bases fixes et durables, avaient attiré l'attention toute 
spéciale du clergé sur les questions d'administration. M. 
le curé de S^NicoIasfut, par devoir, obligé de s'appliquer à 
eette étude , et il le fit, avec un goût et un succès tels, que 
ses confrères recouraient à ses lumières dans leurs doutes, 
et qu'il s'acquit bientôt la réputation d'un guide prudent et 
sûr et d'administrateur habile. 

Aussi notre digne Evéque, juste appréciateur du mérite, 
se hâta-t-il dose l'attacher particulièrement, en lenonmiant 
en 1837, an poste d'archiviste de l'évéché. — C'est sous ce 
titre qu'il commença à participer à l'administration diocé- 
saine, quoiqu'il ne devînt VicairMïénéral qu'en 1844, à la 
mort de Monsieur Dupiéreux ; et pendant cette longue 
période de trente-cinq années, qui devait s'écouler jusqu'à sa 
mort, il ne se passa guère un jour , qu'il n'eût à juger et k 
déciderquelque grave question de droit canon ou du conten- 



(1) Mons, 1837, iD-6« de 24 pHge», 



— 9 — 

tieux administratif, et toujours^ il le faisait avec une science 
et une sagacité digne d'un jurisconsulte de profession. — 
Sous ce rapport, il aura laissé des traces ineffaçables de son 
passage; car il n*cst pas d'humble paroisse, dans toute reten- 
due de notre vaste diocèse , qui n'ait conservé dans ses ar- 
chives plusieurs pièces écrites de sa main, et souvent, pour 
décider dans les affaires les plus compliquées et les plus 
difficiles. 

Cette besogne aride et incessante aurait absorbé, et au- 
delà, les forces et les capacités d'un homme ordinaire; mais 
pour notre éminent confrère, elle ne vient que pour une 
moitié dans le cercle étendu de ses études et de ses travaux : 
la science do l'histoire et de l'archéologie constitue la se- 
conde part , et c'est à ce point de vue que nous avons pu 
surtout l'appréqier et que nous avons entrepris de le louer. 

Cette même année 1837, où Monsieur Voisin vint & Tour- 
nai, conime chanoine-archiviste, le Conseil Provincial avait 
alloué un premier subside de 10,000 francs, pour la restau- 
ration de la cathédrale; mais ces travaux, dirigés par des 
Ingénieurs et des Commissaires-voyers, sans aucun cachet 
artistique, n'avaient eu pour but que de consolider cer- 
taines parties du monument, qui étaient en péril. — Le goût 
de l'archéologie commençait à se répandre, les vrais prin- 
cipes du style chrétien étaient étudiés et vulgarisés, et nous 
touchions, après trois siècles d'oubli et de dédain^ à l'aurore 
de cette merveilleuse résurrection de l'art gothique, qui a 
fait revivre tant de beaux monuments du Moyen-Agé. 

Grâce, en grande partie, à l'initiative dcM'. B. Du Mortier, 
le Gouvernement et la Province votèrent 500,000 francs 
pour la cathédrale, et l'on comprit dès lors qu'on ne pou- 
vait persévérer dans les anciens errements ; une commission 
sérieuse fut nommée, et il se rencontra dans son sein 
quatre hommes, ou plutôt cinq, \ qui revient Tétcrncl lion- 



— iO — 

ncur d'avoir refait notre basilique, telle qu'elle sortit dés 
mains de nos ancêtres et telle que nous la voyons aujour- 
d'hui. Nous avons nomme M. rarchitecle Renard, auquel 
succéda plus tard M« Bruyenne, et MM, B. Dumorticr, 
d'Anstaing et Voisin, Ce fut le S9 7^»* 1840, queUgr l'Evé- 
queposa la première pierre de cet te restauration, en présence 
de ces Messieurs, et la postérité lui sera ii jamais recon- 
naissante d'avoir inauguré et achevé cette grande œuvre, 
qui sera la gloire de son épiscopat. On lui saura gré surtout 
d'avoir confié, dans ces importants travaux, la mission de le 
représenter à Monsieur le chanoine Voisin, qui devint Tâmc 
de la commission, et sut conquérir sur ses collègues un 
ascendant, qui prévint les divisions et aboutit au magnifique 
résultat obtenu. 

GependUnt Monsieur Voisin n'était pas architecte ; mais 
en ceci, comme dans toutes les missions qu'on lui confia, il 
fie mit dès lors résolument à l'œuvre, pour acquérnr les con- 
naissanees indispensables à ses nouvelles fonctions; il étudia 
iiuit et jour avec l'ardeur que nous lui savons , il visita les 
monuments de France, d'Allemagne, d'Italie, d'Angleterre, 
d'Espagne même, conféra avec les hommes spéciaux et 
devint bientdt lui-même un archéologue des plus distingués. 

Depuis ce moment jusqu'à son dernier souffle , la cathé- 
drale devint sa pensée unique , et tout le temps , qu'il ne 
devait pas donner & Tadministration diocésaine , fut scru- 
puleusement dépensé pour elle; il n'eut plus qu'une direc- 
tion et un but dans ses études, la re$ttturer , la meubler , 
en faire l'hiêUrire. 

Nous lûmes gratifiés en grande |Rrtie dans nos BallelinSj 
de tout ce qu'il publia k cet effet et c'est à ce triple point 
de vue, de t archéologie proprement dite, de l'iconographie 
thiti€$me et de la science historique , que nous sommes à 
même de le juger, en parcourant nos publications. 



— n — 

§ II. Ses Connaissances en architecture religieuse. 

• 

A la séance du 3 Mai 1849, ua comité spécialcmeni 
chargé des quesUoos àeconêlruetions monumenUdeê fui créé 
dans notre sein, et je trouve que nos confrères le jugèrent 
digne d'y figurer. — En effet, il avait à cette époque donné 
des preuves surabondantes de son aptitude, dans la restaura-» 
tion de la cathédrale, dont les grands travaux étaient alors 
terminés ou définitivement projetés. — Un petit aperçu sur 
les graves questions qui durent occuper les membres de la 
commission de restauration nous édifiera à cet égard. — > 
Il s'agissait d'abord, d'être fixé sur l'âge des diverses parties 
du monument; car de la solution de ce grave problème, sur 
lequel les documents écrits se taisaient ou étaient contradic- 
toires, dépendaient une foule de points secondaires des plus 
importants, et c'était de là qu'il fallait partir pour le choix 
des moulures, meneaux et autres motifs de décorations, 
qui avaiaat disparu. 

L'opinion de Monsieur Voisin, peu différente de eelle de 
M. d'Anstaing et appuyée du reste sur les vrais principe 
donnés par les auteurs, était que : la nef appartient au XI« 
siècle, le transept au XII*, et le chœur au XIII* siècle. Ce 
sentiment prévalut, et c'est à ce point de vue qu'on se plaça 
pour la restauration de la voûte de la nef, le choix des 
meneaux du choeur et l'ornementation des contreforts. — 
Pour les meneaux en particulier , des fragments décou- 
verts depuis, ont prouvé qu'on ne s'était pas trompé. 

Restait la grande question de la façade occidentale : 
fallait-il adopter le plan de M. Renard qui voulait y mettre 
plusieurs rangées de fenêtres, analogues à celles des faça- 
des collatérales , avec continuation des galeries qu'on y 
voit? fallait-il y mettre une rose, comme on en voit dans 



— 12 — 

les autres monuments anciens de la ville, tels queSM}uentin| 
S^Nicolas, S*-Jaeques. (1) 

Ici encore , Monsieur Voisin fit prévaloir son sentiment, 
auquel se rallièrent MM. Dumor(ieretd'An5taing,etbienque 
la question de ce qui existait primitivement reste toujours 
indécise, l'exécution de ce magnifique travail, qui fait tant 
d'honneur à M. Bruyenne, a obtenu l'approbation unirer- 
selle. 

Monsieur Voisin n'écrivit aucun travail spécial sur notre 
cathédrale, qu'il connaissait cependant à fond et dans ses 
plus petits détails; nous ne pouvons douter qu'il ne l'eût 
entrepris avec succès et avec autorité, s'il n'eût été devancé 
par son collègue Monsieur le Maistre d'Anstaing, qui venait 
de publier, en 1842, sa belle Slonographie, que Monsieur 
de Caumont cite, avec justice, comme un des ouvrages de ce 
genre les plus parfaits, surtout pour la partie architocno- 
graphique. 

Après lui, il ne restait plus que quelques épis & glaneri 
et c'est dans cette vue, que Monsieur Voisin publia son étude 
sur l'ancien cloitre de la cathédrale et sur le plan de la 
ville au IX^ siècle. (3) 

C'est un document remarquable sur l'histoire de la ville 
et du chapitre, bien que plusieurs assertions nous semblent 
très-problématiques et hasardées. D'après lui en effet, le 
cloitre à cette époque, qui était une sorte de villa carlovin- 
gienne , où l'on exerçait tous les métiers, pour fournir aux 
besoins des chanoines, se serait étendu depuis le Grand- 
Noble à S^-Pi€rre jusqu'à la^Grand'Place, et jusqu'à la rue 



(1) On Tient de replacer, aux deux pignons du transept de l'église 
S^-Jacques, les roses qui existaient primitiTement. 

(2) Voir Mém., tome VI et Bull., \. 



— Io- 
des Fossés. Mais dans celte hypothèse, à une époque où la 
ville n'en était encore qu'à sa seconde enceinte si exiguë , 
ne semble-t-il pas que la part, laissée à la cité , propre* 
ment dite, devait être bien mince ? 

Mais revenons à nos Bulletins ; nous devons y signaler 
au tome 11^ en 1849, un remarquable rapport, sous forme 
de lettre à M. le comte de Beauffprt, président de la com- 
mission royale des monuments, et eoncernaot l'église de 
Buvrines, qu'il s'agissait alors de reconstruire. Il s'était 
rendu sur les lieux et, d'un seul coup d'œil, dans une visite 
d'une heure, il apprécie la valeur du monument , le juge 
en toutes ses parties et établit, en détail, un projet de res- 
tauration et d'agrandissement. 

Malheureusement ses avis furent dédaignés et , comme il 
en exprimait la crainte, un pastiche de style ogival , vint 
remplacer un reste précieux de notre architecture nationale. 

Depuis lors il se montra plus sévère et plus vigilant encore, 
dans l'étude et l'approbation des plans et projets de con- 
structions d'églises, et s'il ne put empêcher toutes les Fabri- 
ques de se confier aveuglément à des commissaires-voyers, 
étrangers aux règles du style chrétien, il usa du moins de 
toute son autorité pour prévenir les abus les plus criants^ en 
matière de restauration ou de construction des édifices, et il 
fut le promoteur de la salutaire réaction qui s'est faite depuis 
dans le diocèse. 

Il honora de son amUié M. l'architecte Bruyenne, dont le 
talent se dévcfoppa, grâce h ses conseils et à ses encourage- 
ments; et l'on vit s'élever à Tournai et aux environs^ l'église 
des Pères Rédemptorisles , la chapelle des Dames Répara- 
trices ^ les églises d'Allairij de Willemeau j d'Obigies^ 
d'fférinnes , et en dernier lieu de Templeuve, qui toutes 
sont remarquables et peuvent être données comme des 
types de vrais temples chrétiens, 

BULLETINS T. XVI. 2 



— u — 

Pour Tournai en particulier, outre la cathédrale, il ne 
resta étranger à aucun des trayaux qui s*y firent depuis 
vingt-cinq ans et ont restitué à la vieille cité son cachet 
artistique et monumental. Nous venons de nommer les 
constructions ; n'omettons pas les restaurations : S^Quentirif 
la toai* de S^Jean^ et actuellement S^Joeques^ qui reparait 
auj( yeux ravis de nos concitoyens j dans toutes ses grâces 
primitives , indignement anéanties par le mauvais goût des 
deux derniers siècles. 

Il publia en collaboration avec M. Bruyenne | une étude 
sur cette dernière église (1), où elle est décrite avec seience 
et exactitude , et où tous les travaux qu'on exécute aujour- 
d'hui sont discutés et proposés. 

Il fit la même chose pour S^Nieolàs (le Château) (2), bien 
digne également de la sollicitude des connaisseurs, et qui , 
nous l'espérons y pourra reprendre bientdt également, en 
partie du moins , la parure de sa jeunesse ; reste la Mode-- 
fetne, ce beau type des églises secondaires au XIII« siècle , 
l'âge d'or de l'architecture ogivale, et qui tombera au pre- 
mier jour de vétusté , si la ville et le gouvernement ne se 
hâtent de prévenir un pareil malheur; elle aussi, fut l'objet 
de son attention, et c'est sur ses instances que H. le baron 
Béthune, en a fait relever tous les plans par les élèves de 
l'école de S'-Luc, de Gand, et en a donné une description 
savante et raisonnée. (5) 

Monsieur Voisin est encore raute«| d'une notice sur la 
chapelle S^-Eioi, à la rue S^^Martin (4j; où il découvrit deux 
tombeaux gallo-i*pmains, des restes de carrelage et deux 



(1) Bulletins, tome TJIy p. 139. 

(2) Bulhtina^ tome XIII, p. 173. 

(3) BulleHns de la Gilde de S. Thamaê et S. Iffe, HuUm de IS69. 

(4) Bulletins, tomes IV et Y. 



y 



— 18 — 

anciennes piscines sacrées. — En6n^ il rédigea le texte da 
rapport sur l'histoire et le projet de restauration de la Halle 
aux draps (Grand'gardé) et contribua ainsi à arracher au 
marteau des démolisseurs ignorants le seul grand monu- 
ment en style Renaissance que possède Tournai , et qui 
donne à la Grand'place avec le Beffroi et la façade de 
SM^uentin son cachet inappréciable, (i) 

Ainsi Ton peut dire qu'il a bien mérité non- seulement de 
la religion , mais de la cité dont il s'est plu, il y a trois ans, 
h l'occasion de la visite de la Gilde de S^-Lue, à tracer le 
long inventaire chronologique de son écrin artistique^ depuis 
le IV siècle jusqu'au XVIlf. (2) 

Nous rattachons à ce paragraphe la question des Autels 
qu'il étudiait à fond depuis quelques années, en vue du maî- 
tre-autel de la cathédrale qu'il faudra au premier jour, mettre 
en harmonie avec le style de l'édifice. — Plusieurs fois , il 
nous entretint de cet important sujet (3); il décida le Comité 
des arts du Congrès de Malines, à mettre cette question au 
concours (4); en fit, pendant trois années, l'objet des diseus- 
sions de la Gilde de S^Luc^ et il laisse un important manus- 
crit inédit sur la matière^ où il a consigné le résultat de ses 
minutieuses recherches. Nous nous ferons un pieux devoir 
de l'imprimer dans le prochain volume des Bulletins. 

On voit par li, avec quel soin et quelle sage lenteur, il 
procédait dans tout ce qu'il entreprenait : tant que la lu- 
mière n'était pas complète dans son esprit, il attendait et 
continuait ses études, pour n'agir jamais, qu'à coup sûr e; 
à bon escient. Un de ses meilleurs amis et collègue de la 



(1) BuUsîina^ tome IX, pp. 329 et suiv. 

(2) Bull,^ t. XIV, pp. 6 et suiv < 

(3) Bull. y t. XI, p. 37; t. XIV, pp. 21 et suiv. 

(4) ^ii«.,t. XV, p, 231. 



— 16 — 

* 

Cwntnission de la cathédrale Tavait surnommé, par ane 
agréable plaisanterie, Fabiu» Cunctator, et quoiqu*il n'eut 
pas toujours été de son avis, il aimait à reconnaître que 
cette tactique avait empêché bien des mécomptes^ dans les 
travaux de la cathédrale, et qu'elle était en partie la cause 
de la réussite dans cette grande entreprise, — Il y contri- 
bua, en effet, largement, et TtUustre Didron^ qui l'honorait 
de son amitié, cite , dans un article deses AnnaleSy ce simple 
prêtre, qui n'était ni architecte, ni constructeur, ni même 
dessinateur et qui, seul, a restauré une cathédrale bien mieux 
que les architectes officiels d'un grand État ^ qui avaient 
entassé à S^Dénis, bévue sur bévue, avaient compromis la 
solidité du monument, et dont l'œuvre était h recommencer. 

§ III, Sa SaENCE en iconographie. 

Nous comprenons, sous ce nom, la représentation, soit par 
la peinture, soit par la sculpture, des images sacrées, d'après 
les règles, que la tradition et le moyen âge nous ont laissées. 

Ces principes du symbolisme chrétien , qui avaient été 
si longtemps dans l'Église, le mode le plus vulgaire de faire 
pénétrer la foi dans l'esprit du peuple , étaient entièrement 
méconnus et oubliés depuis la prétendue Renaissance , et 
ils constituent une science nouvelle que les travaux de 
Didron (Annales d'Iconographie chrétienne , et surtout des 
Pères Martin et Cahier, {les Vitraux de Bourges et Mélanges 
d'archéologie) ont ressuscitée parmi nous. C'est à cette 
école , et en se tenant au courant des autres publications 
du même genre, que Monsieur Voisin se forma; qu'il fit 
lui-même de précieuses découvertes et s'acquit, dans le pays 
et à l'étranger; une i*éputation méritée. Pour lui, il ne pour- 
suivait qu'un but, celui de se rendre capable de meubler 
et d'embellir notre cathédrale, dont il avait contribu'^ " 



— 17 — 

solider les murs et qui, grâce en grande partie à ses soins, 
venait de reprendre son earactère de beauté et d'ël^Sganec 
primitive. 

La peinture au moyen âge avait deux objets , décorer les 
murs du temple et créer ces admirables verrières qui re- 
traçaient toute l'Histoire Sacrée et tamisaient la lumière, 
comme à travers des écrans de pierres précieuses. 

Nul doute que la cathédrale n'avait été, primitivement 
peinte presque tout entière ; des fresques encore entières, 
et de nombreuses traces de dorures et de couleurs aux voû- 
tes et aux colonnes l'attestent à révidence. 

Il rechercha donc^ avec le plus grand soin, ces précieux 
fragments (1 ); et c'est à ces consciencieuses recherches que 
l'on doit la décoration de la chapelle épiscopale de Saint- 
Vincent, le retable du reposoir du Jeudi-Saint, le Calvaire 
au côté nord du transept (â), la petite fresque d'une des cha- 
pelles, au même croisillon^ et qui reproduit le S^ Nicaise 
de notre ivoire du IX« siècle , dont nous parlerons plus 
loin, avec un fond et de$ nuances exactement copiées sur 
ce qu'on a découvert dans la partie romane de l'édifice. 

Mais le plus grand travail en ccgcnre^ exécuté par ses or- 
dres, a été la polychromie de la chapelle de N.-D. Flamande, 
et de tout le pourtour de l'abside. — Bien des critiques se 
sont élevées à ce sujet; on a trouvé les tons trop vifs et trop 
criards. On n'a cependant rien fait qu'à bon escient, après 



(1) Voir, Frêsgue de Braine-le-Comte , J^u/Z. X, 42; Peinturée 
murales' de la Cathédrale et S^-Qaentin , item, 163 ; Peintures mi«- 
ra/0« de V^iers, ITtf//. XI, 100. 

(2) Ces; statues du Christ, delà S*< Vierge et de S^-Jean sont les 
mêmes qui étaient anciennement placées en évidence sur une poutre A 
rentrée du chœur, pour former la Croix triomphale ; ce {ait a éié 
'objet d^une communication consignée au tome XV BulL^ p. 299. 



~ 18 - 

s être enqiiis des essais du même genres h Paris et ailleurs ; 
du reste , on n'a pas prétendu créer , mais refiiire ce qui 
existait auparavant. — D'ailleurs , pour juger ce travail , il 
faut attendre que la pose des verrières dans les caroDesait di- 
minué le jour trop fort en cet endroit. Alors cette exubé- 
rance decoloris ne sera plus choquante. D'après les principes 
suivis au moyen âge, Féclat et la lumière devaient être 
concentrés autour du sanctuaire ; en s'éloignant de l'abside 
les tons devenaient plus foncés. Cest ainsi qu'on procédera 
pour la polychromie du chœur, et alon» on pourra juger de 
l'ensemble, et nous sommes persuadés que les objections 
cesseront et qu'on aura lieu d'être satisfait. 

liais son principal titre de gloire, c'est d'avoir coopéré 
pour une si large part à la confection des vitraux peints et 
d'avoir si bien secondé Monsieur Gapronnier, cet artiste 
éminent, qui fait honneur à la Belgique. Il loi donna la 
série des Apêtres et des Saints particulièrement honorés 
dans le diocèse, qui se dressent en pied aux fenêtres du 
haut-chœur; mais ce sont surtout les vitraux légendaires du 
pourtour absidal, que l'on peut appder son œuvre et son 
œuvre capitale. — En effet, il est l'auteur de tous les sujets 
des nombreux médaillons qui décorent les quatorze ïeaé* 
très du r ond-poinl, et où sont décrites l'histoire de la Sainte 
Vierge et celle des SS. Piat , Eubert et Cryeole^ Eleuthère^ 
Médardy Achairej Éloi et Mommolin, fondateurs ou propa^ 
gateurs de la foi dans l'ancien diocèse de Tournai; et il a 
gratifié nos Bulletins de la description qu'il en a faite lui- 
même. (1) 

Les (rente-six médaillons de la vie de îa Sainte Vierge 



(1) YoirBuU., tomes VI, IX, XII, XUI et XIV, et aussi réunie en 
un Yol.| chez Gasterman, 1871. 



- 19 — 

ont été composés d'après l'Évangile et les rcerts les pins 
constants de la tradition y tels que Je moyen âge les avait 
représentes h Bourges et ailleurs. — Là n'était pas la diffi- 
eulté. — Mais pour nos saints apôtres, tout était à créer, et 
il fallait une érudition peu commune , une connaissance 
approfondie de nos origines religieuses, dont les Bollandistes 
ne sont pas parvenus à débrouiller entièrement le chaos. 
Notre savant confrère ne s'est pas effrayé de ces difficultés, 
et grâce à son immense labeur, nous possédons aujourd'hui 
écrite sur les parois de notre Basilique l'histoire la plus 
complète^ la plus autorisée et la plus épurée , autant du 
moios, qu'elle peut l'être, par les règles de la saine criti- 
que, de la vie et des miracles des huit Saints illustres qui 
ont fondé l'église de Tournai. 

Ce bel ouvrage, qui intéresse tous les prêtres et les fidèles 
du diocèse, aura sa place désormais dans toutes les biblio- 
thèques et dans les familles chrétiennes, et il apprendra à 
mieux connaître et à invoquer plus assidûment ceux qui 
furent nos Pères dans la Foi. 

Pour ce qui concerne S^ Piat en particulier, notre auteur 
eut l'inappréciable bonheur d'assister à Touverture de sa 
châsse, qui se fit à Seclin, en 1855, en présence de l'arche- 
vêque de Cambrai et des évéques de Tournai et de Gand. 
Cette reconnaissance des reliques, à laquelle il présida^ et 
qu'il fit avec la plus minutieuse attention, apporta de nou- 
velles lumières, pour décider que c^est Seclin, et non Char^ 
très, qui possède les restes de l'illustre martyr, et toutes les 
pièces de ce grand procès sont exposées et savamment dis- 
cutées dans l'appendice, à la suite de l'explication du 
vitrail, ainsi que la question de l'épiscopat de S^ Piat, dont 
il établit la négative. 

Il proeède^ avec la même science, pour les autres légiendcs, 



— 20 — 

et il n'a admis dans ses médailloas que des faits établis par 
le tëmoignagnc des meilleurs auteurs. 

Nous ue pouroQS nous dispenser de parler ici du travail 
artistique de ces verrières et de payer à Thabile artiste qui 
les a confectionnées, le juste tribut d'éloges qui lui revient. 
— Les mosaïques sont d'une beau lé et d'un éclat qui rap- 
pelle le faire du XUl* siècle , au point que des juges com- 
pétents s'y sont mépris et ont cru se trouver en face d'œu- 
vres anciennes r 

Ces justes éloges sont certes bien de nature à dédomma- 
ger l'artiste des critiques, dont il a été l'objet, de la part de 
certaines personnes , étrangères au goût et aux idées du 
moyen âge. Elles auraient voulu voir plus de dessin et de 
perspective dans les tableaux. Mais alors on n'aurait plus eu 
des verrières du XIII* siècle, mais du X1X«; ce qui pourrait 
se tolérer, jusqu'à un certain point, dans une église gothique 
bâtie de nos jours , mais nullement dans un édifice, à qui 
l'on doit rendre sa décoration primitive, et surtout dans une 
cathédrale de Tournai, que nous voulons revoir, telle que 
le XIII" siècle l'avait faite, et pas autrement. 

A cette époque, on ne connaissait pas le modelé dans le 
dessin, et tous les personnages d'un sujet semblent se trou- 
ver sur le même plan ; mais il faut le dire , l'artiste n'avait 
pas en vue de faire des tableaux achevés; ils ne constituaient 
pour lui qu'un accessoire, des ornements de détails, dans 
unemosaîque de verre, destinée à faire ressortir les beautés 
de l'architecture et qui avait tout son prix, dans Tagence- 
ment et l'éclat des couleurs. Au XV* et au XVI' siècle, ce 
fut te contraire, la beauté du fond fut sacrifiée ; les figures 
et le lieu de la scène envahirent tout l'espace disponible 
et les peintres-verriers produisirent non plus des mosaï- 
ques , mais de véritables tableaux de chevalet. 

Fallait-il sortir dç ces traditions et créer un genr^ inconnu 



/ 



/ 



— ai- 
de nos ancêtres? Fallait-il , pour le dire plus clairement , 
détacher sur ces fonds graves du XIII* siëde, des médaillons 
dessinés et coordonnés avec la perfection du XVP t Mon- 
sieur Gapronnier, qui est un dessinateur hors ligne, le pou^- 
yait facilement , et il a donné des preuves de son savoir-faire 
à cet égard , dans les belles fenêtres qui représentent la 
légende des hosties miraculeuses , aux bas-côtés de la nef à 
S^'Gudule. Hais des peintres et des hommes compétents, 
auxquels il s'est adressé pour prendre conseil, ne l'ont pas 
pensé : il a exposé devant ce jury, dans son atelier, un 
carton , où il sacrifiait ainsi aux exigences du vulgaire , et 
tous ont été unanimes, à le rejeter. 

Les peintures murales et les vitraux n'étaient pas les 
seuls ornements des parois du temple; on appendait encore 
aux murailles de magnifiques tapisseries, qui ont fait la répu- 
tation d'Arras dans les siècles passés, quoique cette ville ne 
fût pas la seule des Pays-Bas, qui produisit de ces ouvrages 
et que Tournai, Audenarde, Bruxelles, etc., pussent riva- 
liser avec elle. Il nous reste à la Cathédrale de beaux 
restes de ces tapis , entre autres ceux qui furent donnés par 
le chanoine Toussaint Prier, chancelier de Philippe-le-Bon, 
et qui représentent les légendes de S^ Piat et S^ Éleuthère , 
et d'autres , moins précieux , qui proviennent de l'évêque 
Charles de Groy. 

Au sujet de ces tentures. Monsieur Voisin fit une étude 
complète de la matière et il publia sa Notice sur les Tapisse- 
ries de Tournai (i) , suivie d'un essai sur les Haute-lissiers 
de Tournai (2). 

La première notice est accompagnée d'une planche en 



(1) Bulletin^ tome IX. pp. 213 et buit. 

(2) Même yolume, pp. 247 et suiy. 

BULLETINS T. XVI • 



— 22 — 

chromolithographie, où l'on voit S^Piat, préchant aux 
Toumaisiens , qui donne une idée du charme et de la pier- 
fection de ces tapis. Elle est due, au talent de MM. Yasseur, 
qui , pour le dire en passant, sont venus si souvent et si 
puissamment en aide aux publications de notre rq;retté 
confrère. Ces deux notices sont écrites avec la science ordi- 
naire de leur auteur. Du reste, il n'était pas étranger à cette 
matière , quand il l'aborda; il avait fait une étude spéciale 
des étoffes et des tissus du moyen âge et il entretenait des 
rapports d'amitié et de correspondances avec l'un des archéo- 
logues les plus compétents en cette matière, Mgr Bock, cha- 
noine d'Aix-hi-Chapelle , qui lui communiquait^ses décour 
vertes et ses écrits. 

Mais déjà en 1850, il avait donné dans nos Bulleiins (1) 
la description de la chasuble de 5, Thomas de Cantorbéry^ 
qui repose au trésor de la Cathédrale, et rien n'y manque 
en fait de science iconographique et liturgique. Monsieur 
De Caumont et d'autres auteurs en ont fait leur profit et 
l'ont souvent citée depuis. 

Enfin en 1867 à la suite de la description des Châsses de 
SoignieSf il nous donnait sous le titre modeste de Note , 
la description d'une tapisserie trouvée dans la fierté de 
5. Landry, et remontant au XI siècle. (2) Pour établir Tâge 
de ce tissu, il le compare à la fameuse tapisserie de Bayeux, 
qui date de cette époque , et pour expliquer le sujet fort 
énigmatique des mains étendues , des oiseaux aux ailes 
iplogées et des bustes^ il déploie la même érudition et 
cette rare sagacité que nous lui connaissons. 



(1) Tome II, pp. 25 et suiv. 

(2) Bulletins^ tome XII, p. 154. 



— 23 — 

Passons maintenant & la Sculpture et aux arts secondaires 
qui en dépendent, pour les représentations en relief. 

La Cathédrale et les Monuments de Tournai ne sont guère 
riches pour la statuaire ^ et ce n*est pas chez nous qu'il faut 
chercher cette multitude de Saints et de légendes , qui sem- 
blent animer h. l'intérieur et surtout à Textérieur, les grands 
monuments de France et d'Allemagne. A part les bas- reliefs 
des trois portails de la Cathédrale, qui nous sont parvenus 
incomplets et mutilés, nous ne possédons que bien peu de 
chose. Ces sculptures, pour la plupart minées' par le temps, 
ont été décrites, autant qu'on l'a pu, par M. d'Anstaînget par 
M. Renard. Monsieur Voisin s'efforça donc de compléter leurs 
indications , en faisant des recherches sur les statues les 
plus modernes du grand portail (1). Il trouva que les statues 
de S. Piatj de 5. Éleuthère et des Évangélistes avaient été 
placées au commencement du XYII*^ siècle, et que la grande 
statue du pilier, appelée if .-D. des Malades, avait été faite 
en 1589 par les soins et des deniers du doyen Malcotte. — 
Un autre travail sur JV.-D. La Brune (2) , nous apprend 
que cette vierge n'était pas antérieur non plus au XVI* siè- 
cle; et il opinait à voir dans la statue assise , en marbre , 
aujourd'hui au-dessus de l'autel du côté sud du transept, la 
célèbre Notre-Dame Flamenghe , objet du culte et de la 
vénération de nos aïeux. 

Dans une petite notice sur une poutre sculptée du XVI* 
siècle, qui ornait une maison canoniale (5), démolie depuis 
peu^ et où nous trouvons son érudition ordinaire pour dé- 



(1) Bulletins^ tome XIY, p. 271. 

(2) Bulletins j tome XUI, pp. 26 et suiv. 

(3} L« maison dite de S. Éleuthère ; rae des Ch* 



-. Î4 — 

ehiffror un sujet tout^-fait neuf et original , il déplore les 
innovations païennes de la Renaissance et les funestes ten* 
dances de cette époque, où le profane voulait partout sup« 
planter le sacré, (i) Aussi c'est avec une bien autre satisfac- 
tion et par une sorte de compensation, qu'il découvrit , vers 
le même temps , dans la chapelle du cimetière de Binche , 
qui date de la même époque, une réminiscence de la scène 
si religieuse et si pittoresque de la dame macabre^ complétée 
ici par Yarbre à la fleur de la Mort (allusion au fruit de 
mort du paradis terrestre.) Il avait vu le même arbre à la 
cathédrale de Trêves, bien des années auparavant, et 
grâce à ce rapprochement qu'il trouva dans sa mémoire^ il 
enrichit l'Iconographie d'une précieuse découverte. (2) 

L'étude des Ivoires gravis est une branche importante de 
Vleonographie chrétienne : car à cause du peu de profit à 
tirer de la valeur intrinsèque de cette matière, elle a échappé 
bien mieux que les œuvres d'or et d'argent, à la rapacité des 
destructeurs, et nous avons le bonheur de conserver en ce 
genre des objets bien précieux et d'une haute antiquité. Ici 
encore le trésor de notre Cathédrale se distingue et oflfre à 
l'admiration des connaisseurs deux plaques du IX* siècle , 
qui servent de couvertures à un Evangéliaire. Monsieur 
Voisin s'est chargé encore d'en faire la description (3) : 

c*est à notre avis, avec la notice sur la Croix de S. Badilon^ 
qui nous occupera tout à l'heure , Técrit qui donne le mieux 

l'idée de sa profonde érudition , de ses recherches multi- 
pliées et de cette rare sagacité dans l'application de ses lectures 
et dans les déductions neuves, savantes qu'il savait en tirer. 
Il sut conclure de la forme des feuilles et des enroule- 



(1) BuUeHnê^ tome XV, pp. 128 et shIt. 

(2) BuU,^ tome XIV, pp. 78 et miv. 

(^) Tome ly des BuU,^ pp. 284 et soi?, et tome XIY, p. 900. 



— S3 — 

ments, de la manière dont la scène du crucifiement et ses 
accessoires sont représentés, des costumes de S. Nieaise et 
de ses acolytes , et en parliculier du manipule de ces der- 
niers, la preuve certaine de l'âge de ce travail, et tout cela 
est appuyé sur les autorités les plus irréfragables et puisé aux 
sources les plus pures de la science. 

La riche collection d'ivoires du iRf usée Fauquez devait 
aussi attirer son attention : Il signala à H. le professeur 
Reusens le Crucifiement, du X« siècle, qui a fait le sujet d'une 
intéressante étude de cet auteur, dans le fascicule de la GiUie 
de S. Luc, concernant les monuments de Tournai : une plan- 
che photographiée accompagne cette dissertation. Pour lui, 
il se réserva la description de plusieurs autres de ces ivoires, 
qui lui parurent remarquables à divers titres, (i) 

LsiSphragittique (2) ou science des sceaux, donne souvent 
de précieux renseignements, et c'est ce qui nous a valu trois 
beaux articles, le i«<^, sur une charte Ôl Evrard Radou^ que la 
forme du scel lui fait rapporter au ^ châtelain de ce nom et 
à la fin du XII« siècle (3); le 2«, sur le sceau de l'évêchi au XIII* 
siècle (4), et le 3«, sur le contre-scel detoffUial au XII* 
siècle (5). 

La science du Blason lui était également familière et il 
promit (6) de nous communiquer la série des Armoiries de$ 
évêques de Tournai. — Ce curieux document^ qui n'a pas vu 
le jour, devra se retrouver dans ses manuscrits et il sera 
utile de le rechercher et de le publier. (7) 



(1) Bull., tome XIV, pp. 267 et suiv, 

(2) De (J^pOLytÇj sceau, 

(3) BuU.y tome m, pp. 226 et rniv. 
(4| Bull.^ tome VU, pp. 343 et rak. 

(5) Bull,, tome IX, pp. 206 et raW. ^ 

(6) Buji., tome in, p. 165. 

' (7) Nous ayons en effet constaté qu'il s'y trouYe< 



— 26 — 

li s'occupa beaucoup également d'Or/iivrmc Religieuse. — 
Monsieur Descamps s'était chargé de décrire ce que nous 
avons de plus précieux en ce genre, la CMsse de S, Eleu- 
Ukère.{\) Monsieur Voisin traita de celles de N.-D. tXdes 
Dammseauxi (î) Cette double notice est complète et con- 
tient des détails fort intéressants. 

n se rendit à Soignies pour étudier les deux ch4sses qu'on 
y conserve y et nous rendit compte de l'état déplorable au- 
quel les avait réduites un orfèvre de Bruxelles en i803, sous 
prétexte de restauration. (3) n nous donna également la 
description de celle de l'Hdpitâl de Lessines, qui est du 
XVII* siècle, si pas , pour ce qu'elle vaut en elle-même , du 
moins comme objet de comparaison et pour nous montrer 
jusqu'à quel point on avait alors perdu les bonnes traditions 
du moyen âge et jusqu'où le mauvais goût était descendu. (4) 

Pour la petite châsse de S» Ghislain , qui est un bijou 
du XI^ siècle, il s'était fait lui-même , pour ainsi dire, 
orfèvre ; et il fournit à Monsieur Lîagre le dessin des rin- 
ceaux , qui avaient disparu, et lui donna les meilleurs con* 
seils pour la restauration des émaux précieux qui la déco- 
rent : il nous en a laissé une savante description (5). 

Il nous reste à parler, en ce genre, de deux croix qu'il dé- 
crivît , celle de S. Badilon (6), et celle d'Ogy (7). La pre- 
mière est un travail de l'époque mérovingienne (VI° ou 
VU* siècle), par conséquent antérieur même au saint abbé 



(1) Mém.y tome I, append. à V^alter de [HorTÛ, 

(2) Bull, tome Yt, pp. 102 et suiy. 

(3) J?tfl/., tome XII, pp. 164 et suiv. 

(4) Bull,, tome Xn, pp. 233 et suiy. 

(5) BulL, tome YI, pp. 234 et suir. 

(6) BulL, tome XI, pp. 233 et suW 

(7) Bull,, tome XII, pp. 239 et 8uiv« et tome XIII, p. 60. 



— 27 — 

de Leuze, et Tua des plus curieux spécimens de cette épo- 
que reculée» que l'on connaisse. 

C'est à la science de notre éminent confrère qu'est due 
cette découverte : la description qu'il en a donnée, qui a fait 
sensation dans le monde savant, est une preuve nouvelle de 
sa vaste érudition, et nous engageons vivement toutes les 
personnes qui n'ont pas assez connu notre auteur et serai<mt 
peut-être tentées de trouver nos éloges outrés , de lire cette 
dissertation; elles seront convaincues de tout ce que nous 
avançons. La description du Crucifix d'Ogy n'a pas, à beau- 
coup près la même importance, mais c'est encore une belle 
étude, où il cherche à élucider d'une manière très-ingënieuse 
un point resté jusqu'ici sans explication, la forme crénelée 
des couronnes qu'on donnait parfois, au moyen âge, au Sau- 
veur crucifié, quelquefois même à la Sainte Vierge, (i) 

Il nous a encore laissé des notes sur les Dinanderies (2) 
de la Cathédrale, et en particulier sur le Monument d'expo- 
èition des châsses qui servait de contre-retable.au maître, 
autel (5) ; enfin il fit un extrait du catalogue de TExpostion 
de Malines pour ce qui concerne la ville et le diocèse et le 
compléta d'un grand nombre d'objets qui n'avaient pu y 
figurer (4). 

On pourra encore recourir utilement plus tard à son his- 
toire du Trésor ancien de la Cathédrale, aux cinq inventai- 
res ^ de diverses époques, qu'il en a publiées (5). Ce travail a 
pour complètement la citation du manuscrit de Dufief^ de 



(1) La Vierge de Téglise des De%ue-Acren^ près Lessines. 
(3) Objets mobiliers en cuivre, ainsi appelés de la ville de Difianioii 
florissait cette industrie. 

(3) Bull^ tome XI, p. 37. 

(4) Bull, y tome X, pp. 234 et suiv. 

(5) Bull.^ tome XI; p, 287. 



— 28 — 

la Bibliothèque de Bruxelles , que Monsieur Du Mortier, 
fils, avait déjà donnée dans son oifvrage sur les monuments 
de Tournai (i), et dont Monsieur Voisin publia de nouveau 
le texte, exactement collationné sur l'original, et avec des 
commentaires et des notes explicatives. (2) Nous devons 
encore signaler ici les notes sur les travaux exécutés à la 
Cathédrale de 1615-1711. (3) Mais tout ceci rentre déjà 
dans rhistoire proprement dite de la Cathédrale, dont nous 
allons maintenant nous occuper spécialement. 

% IV. SbS RECHEBCHES sur L*HI8T01RB de la CàTHÉOlULE. 

Monsieur d'Anstaing a consacré le second volume de sa 
Monographie de la Cathédrale , à i^istoire des évéques et 
du chapitre. — Cette partie historique de son livre n'a pas 
à beaucoup près le mérite de la partie architecnographique; 
elle renferme bien des inexactitudes et des lacunes ; mais 
enfin, ce travail ne date que depuis quelques années; il 
sera à refaire plus tard : pour le moment on ne peut avoir 
la prétention que de le compléter, faute de documents suffi- 
sants pour le refondre entièrement. Mgr Voisin l'avait com- 
pris ainsi et il n'avait en vue que de fournir des notes com- 
plémentaires à cet ouvrage et de préparer des matériaux 
pour ceux qui viendront après nous. 

C'est au moyen des chartes qu'on a refait l'histoire du 
Moyen Âge, et c'est rendre le plus grand service que de re« 
chercher et de publier celles qui concernent les biens et les 
droits des chapitres et des abbayes ; elles fournissent sou- 
vent les renseignements les plus sûrs et les plus précieux. 



(1) BulL\ tome VUI. 

(2) BulLj tome Xm, pp. 338 et iuît. 

(3) Bull.j tome XV, pp. 277 et 310. 



— 29 — 

Pour la cathédrale, après la charte de Ghilpéric, le plus an- 
cien et le plus important document sur les droits du chapitre^ 
c'est la double confirmation de ses possessions, donnée, laV* 
en ii08, piir le pape Pâschal II , et la â*> en 1190, par 
Clément IIL — Ces deux bulles, qui éclairent tant de points 
de rhi^ire locale, étaient restées inédites et c'est aux soins 
de notre confrère qu'en est due la publication, dans des 
Analectespour servir h l'histoire Religieuse de Be]gîque;elles 
sont accompagnées de notes explicatives , qui portent sur- 
tout sur les noms des localités qui y sont renseignées. (1 ) 

Il donna également les chartes de Melle , d'iferquegies et 
de la Vacquerte (à Velaines), trois seigneuries que le chapi- 
tre possédait dans le Hainaut, — elles sont suivies de celles 
de Fouille et Basteleur , à. Obigies , terres de l'abbaye de 
S. Médard; vient ensuite la déclaration des droits sei- 
gneuriaux de l'abbaye de S. Martin, à Buissenal , et enfin 
l'analyse de Vénumération des biens de Tévéché par Ferry 
de Cluny (2). C'est une de ses œuvres les plus impt)rtantés, 
et nous voyous par ses notes et ses savantes explications , 
combien l'histoire des institutions du moyen âge lui était 
connue et familière. Ici comme dans ses études archéolo- 
giques , il avait dû être son maître à lui-même, car cette 
partie si intéressante de la science historique, qui seule 
donne la clef et l'intelligence de notre histoire nationale, a 
éié bien négligée jusqu'ici, même dans nos Universités et 
depuis le bel ouvrage de Rapsaet , nous ne savons pas qu'on 
ait publié quelque chose de complet sur la matière. 

L'histoire de nos évêques demande également des éclair- 
cissements et des développements, qui occuperont plus tard 



(1) Analectes^ tome IV, pp. 265-275. 

(2) B»n,^ tome YII, pp. 154 et 318. 

Bulletins t. xvi. 



— so- 
nos érodits, il fnat res{>ërer. Mgr Voisin a ouvert la voie en 
donnant ukie notice sur un salut etaéié prélat, peu coimu 
lusqtt'îei, et qui méritait bien de l'être Vendevilie , qui' eut 
te gloire d'être le p^omotdar de l'otile .iwstttuthin du Sêmû 
naire iè la Propagande à^Rouie (i) et dur Mondeur de 
Choiseul que ses controverses avec Bo^uet ont rendu cétè* 
bi^. En commençant son étude «ur ce prélat du siède ée 
Louis XIV, il croyait n'avoir affkîre qu'à un gallican , mais 
il acquit bientôt la triste conviction qu'il avait donné dans 
le jamsénlsfB^ > et qu'il eut ntva^ son dergé de Totnmai fes 
plus graves difficultés à cet égard. C'est une page nouvelle 
ponr rbistoîre de cette secte trop fameuse, qui a fait laiM 
de mal à l'Église, (â) II avait déjà donné dans les ÀnakeiES 
de Louvain, le Rapport de Cbojscul au souverain Pontife, 
«ur l'état de son dioèése, faisant suite, dans le même re- 
isheii, à un Bàpport du même genre de l'évêque Franç$is 
Vilain. Notre bonorable Président, Monsieur Dn Bos , u 
btenvotUn ajouter au travail sur Choiseul la nombreuse 
série des publications de cet évéque et des livres imprimés 
ëlofs pour réfater ses erreurs. 

ËMiffin comme renseignements d'histoire contemporaine , 
9gt Voisin a eu la bonne idée de réunir ce qu'il a trouvé 
ilans les papiers de Tévêché sur I^vêque Rhn. (5) Pour 
fairo suite à ces notes, il nous avait promis un trav«ii sttr 
Mffir DetpHanque ; il est achevé, et nous pourrons te pubUer 

Jitim peu. 

11 laisse encore, inédite, la liste complète de tous les oha- 



(1) Bull. y tome VI, p. 149, et HÊém.j tome X. 

(2) ffii/l., t. Xfl, pp. 174 et ïuiy. 

(3) Au tome IV, p. 154, BulL^ il nous le montre au conoile de Paris, 
«t au tome XIV p. 245. Il donne des renseignements peu connus sur sa 
vie et sa mort. 



— 51 -- 

9011^ depuis iM6 ju$qu*à la $u]3ipre$fi)i<»i du chapitre en 
1797. m s'était engagé à rqus la donner (I); nous la 
i^lifireherenQ et nou4 eaiiérons Fiosérer à la suite de sa 
séf te dea Arehidiaeres , qu'il nous a lue l'an dcrnieri et est 
également dans ses papieart. 

A.p<iopos de rarchitecture de la cathédrale, son attention 
avait été atUrée sur deux personnages qui jouèrent un grand 
ré le à f étranger, AUb$rt ou Albert^ d'Antoing, et Walter 
de Â/QrUtgne : ils oyaient été tous deux élevés à l'école du 
ofajapitre de Tournai, le premier au XI* siècle, le second 
au XII, et ite développèrent au loin les prineipes de notre 
éeole touroi^îsienne dans l'art de hâlir. Aiibert fut le fonda- 
Ifiiur de l'ahbaye de ftolduc, dans le Limbourg, et la crypte 
de ee monastère,, présente en effet la plus grande analogie 
nvf» la nef de la cathédrale. Walter, devint évéque de Laon, 
et il conserva toujours la plus grande affection pour l'Eglise 
de Tournai, où il avait été nourri, disait-il ; ce qu'il faut 
entendre du pain de la science , car il appartenait h la fa- 
mille illustre des RadoUj et par son testament il fit plusieurs 
legs au chapitre, en reconnaissance des bienfaits qu'il eu 
avait reçus dans son enfance. 

C^est sous son épiscopat que fut commencée la célèbre 
cathédrale de Laon, et l'on est frappé de la ressemblance qqi 
evste CAtre ia tour de notre église de S, Jacques et celles du 
plus beau monument de la Franee en style de tr^nsjtion. (2) 
Des recherches sur Jean et Simon du Portail , chanoines du 
XtV'^ siè<île (5), sont également intéressantes, elles rectifient 
qjudques erreurs d'Hoverlant et de d'Anstaing. 



(1) Bull.j tome IV, p. 34. * 

(2) La notice sur ce prélat est insérée aux Bull., tome XIY, p. 272, 
et les notes sur Aiibert j tome XIY, pp. 93 et 205 et tome XV. p. 39. 

(ô) Bull., tome X|, p. 37 et au tome XIII, p. 216. 



-«- 52 — 

Un autre chanoine, célèbre à d'autres titres , fat TobjeC 
d'une notice dans nos Mimoirei (tome IV) : c^est le fougueux 
ligueur Jean Boucher , qui avait été curé de S*-Behoit à 
Paris et dut s'exiler, k cause de ses violences contre la per- 
sonne d'Henri IV. Par la faveur du roi d'Espagne , il devint 
chanoine et archidiacre de Tournai, malgré l'^ipposition du 
chapitre, dont il ne sut jamais acquérir les sympathies. 

A la même époque vivait notre vieil hisloirieif, le cha- 
noine Cousin : c'est encore au s^èle de notre confrère , 
que nous devons la nouvelle édition de ce précieux ouvrage, 
qu'il a accompagné de notes et d'une vie de Fauteur. 

C'est à tilre d'originaire de Frasnes et de chanoine de 
Tournai que Nicolas de Leuze (1) a attiré son attention. Ses 
recherches sur Tévéque Choiseul lui ont fourni également 
des renseignements sur un autre chanoine Faure de Cari" 
gnan , officier protestant converti par ccprclat^ et qui devint 
président du séminaire, (â) 

Nous n'avons pas rencontré dans nos publications sa 
notice sur V Ecole du ehapitrCy qu'il avait promise à l'origine 
de notre société ; (5) si nous la retrouvions, elle serait bien 
à sa place à la suite de son beau travail sur les PetitS'clercSj 
ch&raux , musiciens , vicaires , etc., Inséré au tome VIII , 
BulL, p. 62 et suiv. 

Un coll<%e existait a Padoue sous le titre de N.-D. de 
Tournai , et une bourse pour les diocésains , y fut fondée. 
Mgr Voisin se rendit lui-même en cette ville, dans le cours 
d'un de ses voyages en Italie , et il réunit dans une notice 
tout ce qu'il put recueillir sur cette fondation et sur cet éta- 
blissement. (4) 



(1) BulLj tome Vn p. 323, et tome IX, p. 119. 

(2) Bull., tome XII, pp. 265 et suiv, 

(3) BulL tome Ilj p. 215. 

(4) Bull., tome VI, p. 296. 



- 55 — 

Termiaons celte nomenclature des hommes du Chapitre^ 
en signalant la notice sur une petite confrérie, dite de la 
Transfiguration y dont les membres étaient presque tons 
chanoines. (4) On peut encore rattacher à notre église-mère, 
où ila dâ être formé, un saint personnage^ du nom à'ïïel- 
dentare , fondateur de la célèbre abbaye d'i4rroti(iise, au 
diocèse d'Ârras* Hovcrlant se borne à citer le nom de ce 
tournaisien célèbre, et Mgr Voisin a fort bien fait de réunir 
tout ce qu'on a publié depuis sur ce saint person-nage. (2) 

Les cérémonies en usage à la cathédrale doivent occuper 
également une grande place dans son histoire, et nous 
devons à notre savant coofrère quelques * documents bien 
précieux sous ce rapport : c'est ainsi qu'il édita quelques- 
uns des Drames liturgiques qu'on représentait dans notre 
église aux principales fétcs de l'année. 

Rien de plus poétique et de plus touchant que la ma- 
nière de rendre sensible la scène de VAnnonciaîion, telle 
qu'elle était représentée à la cathédrale jusque vers le mi- 
lieu du XVII* s. et nous engageons vivement ceux qui 
auraient des préventions contre les Mystères du moyen 
âge, à lire, dans nos Bulletins, la manière charmante et 
digne en tous points, avec laquelle on mettait en scène la 
Vierge Marie et le divin Messager. Tous ces précieux ren- 
seignements sur les petits drames liturgiques , tels qu'on 
les exécutait à Tournai, serviront en même temps à l'his- 
toire des Mystères , qu'on n'a'fait encore qu'ébaucher jus- 
qu'à ce jour. (5). Il y a joint quelques belles hymnes 
propres à notre égtise , et pour les amateurs de musique 



(1) Bull. y tome III, pp. 139 et suiv. 

(2) Bidl. tome XV, p. 47. 

(3) Bull, lome YI, p. 261 et tome VIII, pp. 31 et 113. 



- 54 - 

sacrée, une mcsie du Xlll* «iède, que Ufweur de Cotise- 
maker a bien voulu traduire av€e la ii6lfttk)iii9#4«rèe' (i) 

On peut eacoi*c rappcHto à rbiitotr'^ dea aJri^«Mmîte de 
la cathédrale, lou étude lur l'çffnmde dw ^isr^eê par le 
Magisljrat, le jour de la Chào^daur (2) k$ oj^r^ndcaà N.*I>» 
la Flamande {^) les vins présentés à la Procession (4)^ 
eufia les détails inédiis G«nceriiaiit la teDU# du eéfi^M^ 
chapitre de k TQi$on éCOr en 1531 (^ et un très-bon article 
9iir V0vg^9^ ks clwhts et le mriWm de la cathédrale. (6) 

Une N'Qt^ sur les frais à sap(>orter par le c^lei|fé Belge 
pour te Cmûte de TrerUe^ et une invitation prcesaote tto 
Ch«rlefr-Quint à révoque Charles de Crey 'de ee rendre à 
cetie asaembiéej ont été préoieusemeot reeueilUes par 
Mgr Voisin, comoie intéressants l'histoire relif ieose de la 
Belgique (7). Mais à ce point de rue, il a surtont bien mérilé 
de la religion et de la patrie par la publication de cinquante 
lettres inédites de PhOippe //, du prinM de Parme et du 
caxd. Oranveltê à uo $ire de Boumau^illef plus connu soua 
fe nom de ffuron de Câpres, sur les aflbires politiques eit 
religieuse du tan^s^ On sait quelles importantes déaw<^ 
vertes Monsieur Gacbard a laites sur cette période de notre 
histoire, que les protestants et lea philosophes se sonjt plu à 
travestir;; combien d'erreurs il a pu rectifier sur les hommu» 
et les choses de notre grande révolution religieuse du 
XVI* siècle \ les lettres au baron de Câpres trouveroo;! leur 



{ï) Jfatf ., tome YIQ, pp. 100 etwiiT. 

(2) BulL tome Vin, p. 184. 

(3) Bull, tome XII, p. 326. 

(4) Bull, tome XV. p. 174. 

(5) Bull, tome VKI, p. 6. 

(6) Bull, tome XIII, p. 7. 

(7) Bull.^ t. i¥, p. 174 et t. Xtll, p. 303. 



-- 3S — 

place à la safte des truTaik du doeie et emiseiencîeiix ar- 
eliiviste. €^t ea reeherehaiili des renseigntnieislê sur le 
sèment <)ue le ehapiM crut pouvoir prêter eii 1578 avx 
Etats-Généraux de liûUanie^ mi^tres sldn de Tounoaiv 
qo'il eut la bonfie fortune de retrouver ces lettfies, si hité- 
ressailtes. (1) 

Il eut ëgatement Theureuse chance de tomber sur une 
larde de lettres inédites de F^iteAm, concernant un pmeès 
soutoiti par des paroisses du Haioâ4it-Franç»s, contre les 
fi^teiltions de ia obambre du clergé du Hainaut Espagnol, 
q«î siégeait A Sons : elles noas révèlent en rillusftre arche^ 
véque de Cambrai une science administrative, et noe eMenlc 
ides afhireseonteMknseS) cpi'eA ne lui avait pas soupçonnée 
jnsqu'ieif et qui prouve -^pie rien n'était étranger à eepufe*- 
jans génie qui brille au premier rang parmi les ^élébrltéis 
éa règne de Louis XIY . (8) 

Nous nous arrêterons ioi pour clore la longue énuméra» 
tion des écrits de notre éminent confrère sur sa ciière catlié- 
drale, qui, comme on le vslt, ftrt le constsfnl otyjct de ses 
^redberehes et de ses ëtudes^ lHou^ devons ee^endsfnt encore, 
nefât'^ce q«'«ne mention, IrqnMqiied opuscules qalt)iil trait 
h l'hi^Mre de la ville ; nous Signalerons donc, pour teiminer 
son histoire de Pabbaye dn Saulchoir (3) , sa notice sur 
l'abbaye de S.^Nicéîm des ' Frés^ autrement dite de S>^ 
Méâard(4), quelques détails sur le thajdtred^Af^eing 
avec une charte de *i!294 (5), et en dernier lieu une* triple 



ri^rfWa 



(1) Voir, MimoirM, t. lY, p. 128; et Bull, t. III, p. 300. 
i^ U4m^ t. IV, pp. 1 «« MÛ¥. 

(3) irti//.,toineX,p. 100. 

(4) Bull., tomeXY, p. 147. 

(5) Bull,, tome YI, p. 130. 



— 36 — 

relation du $iége de 1745 cl dcJa bataille de Fanteftoy (i), 
complétée par l'intéressante notice sur le CluUeau de Fio- 
rival d BamegnieSi où fut logé à cette époque un des grands 
seigneurs de la suite de Louis XV (3). 

Chose assez singulière! de ce manoir j qui pouvait recc* 
voir un pareil hôte, il y a à peine un siècle, il n'existe plus 
la moindre trace sur le sol, et les anciens du village ne se 
rappellent pas même de l'avoir jamais entendu nommer. 
Ce ne fut donc pas sans les plus grandes difficultés que 
Monsieur Voisin put en rétablir la topographie est arra- 
cher à un irrémédiable oubli ce château fort de l'ancien 
Tournaisis. 

Tel est, en résumé, le bilan de ce que notre si regretté 
confrère a fait pour les publications de la société ; nous 
avons eu la curiosité de compter ses articles dans la table 
qui suit cette notice, et nous sommes arrivé au chiffre ex- 
traordinaire et bien éloquent de cent et trente communica- 
tions, parmi lesquelles, nous l'avons vu, figurent plusieurs 
travaux soignés et de haute érudition. 

On peut dire qu'il a été rame de la société, et si elle a 
rendu quelquie service à l'histoire locale, depuis vingt-cinq 
ans qu'elle existe, si elle a jeté quelque lumière nouvelle 
sur les annales de notre chère et illustre cité, c'est à lui 
qu'en reviendra surtout le perpétuel honneur; 

Pour nous, qui fumes ses confrères et ses amis, les 
témoins de son infatigable activité et les confidents de ses 
savantes élucubrations, nous lui devions ce juste tribut 
d'admiration que nous nous sommes efforcé de lui payer 
dans les pages qui précèdent. 



(1) l?ti//., tome VII, p. 8. 

(2) i?w//., tomeX, p. 78. 



— 37 — 

Pttîssent:^les ^ contribuer -à < le faire''appréoier;à'9a juste 
valeur et à donner à sa mémoire le lustre qu'elle mérite 
si légitimement. 

C'est au point de vue de l'histoire locale et de la cathé- 
drale, et comme membre de notre Société , que nous avions 
entrepris de juger et de louer notre savant confrère. Il 
collaborait également à la rédaction des Analectes de VHiS' 
ioire Religieme de Belgique f et il donna dans les Bulletins 
de la GildedeS. Thomas et S. Lucj plusieurs bons articles 
liturgieO'arehéologiques ; nous laisserons aux comités qui 
dirigent ces publications le soin de payer comme nous à leur 
éminent eollaborateurle tribut d'éloges et de reconnaissance 
qu'il a si justement mérité. Pour nous qui appartenons à sa 
société de prédilection, et qui avons profité dans une si 
large mesure du fruit de ses travaux y nous sommes heureux 
devoir ^ris l'initiative, cètrime c'était notre devoir; puis- 
sions-nous ne pas être resté trop en^desso^s de notre sujet ! 

' N'otfs téhnhterons maintenant notre travail par la nofiien- 
elature <de tous ses 'Articles et communications dans l'ordre 
•outils stfntiâiprimésilans 'nos' ^ti^/e(fns et Mémoires^ on 
pourra de la sorte facilement y recourir au besoin. 



BULLETINS T. XVI. 



— 58 — 

LISTE DES ÉCRITS ET COMMUNICATIONS 

insérés de son vivant dans les Bnlletins et Mémoires 
de la Société historique et littéraire de Tournai. 



Dans les Bulletins* 
Tome IL 

i. Letlre au C^" de Beauffort pour la conservation de 
relise deBuvrines, p. 191. 

2. Rapport sur une médaille mérovingienne trouvée à 
Blandain, p. 228. 

3. Notice sur une chasuble de S* Thomas de Gantorbéry, 
conservée à la cathédrale, avec planche, p. 251. 

4. Petite charte d'Arnould d'Audenarde, seigneur de la 
Royére à Néchin, p. 3i 3. 

.5. Rapport sur la notice de M. Toilliez, concernant le 
jchâteau de Quaregnon, p. 527. 

Tome IIL 

6. Notice sur la confrérie de la Transfiguration et sur celle 
deN.-D. delà Nive, à la cathédrale, p. 139. 

7* Armoiries des évéques de Tournai (promesse) p. 16S. 
Voir aussi BulL^ tome VI, p. 63. 

8. Une charte d'Everard Radou III, p. 226. 

d. Note sur la Sainte-Fontaine, p, 241. Voir aussi B^lL^ 
tome VI, page 17. 



— 59 — 

10. Note sur le serment exigé des ecolësiastiques à Tour- 
nai , par les Etats-généraux de Hollande en 1 S78, p» 
300, Voir aussi Mém. IV, p. 289. 

Tome IV. 

11. Liste des chanoines de Tournai de 1566-1797. (pro- 
messe) p. 34. 

12. Lettre sur la reconnaissance des reliques de S. Piat| à 
Seclin, p« 35. . 

13. Règlement de la bibliothèque du chapitre, en 1764, 
p. SB. 

14. Note sur la croix Morlighem, p. 121 • 

18. Note sur les contributions payées par le clergé Belge 
pour l'entretien de ses délégués au Concile de Trente, 
p. 174. 

16. Une lettre de Louis XIV à l'év. de Tournai, p. 183. 

i7. Notice sur la chapelle S*-Ëloi, p. 224. Voir aussi Bull., 
tome V, p. 270. 

18. Des tableaux de Rubens dans les églises de Tournai, 
p. 266. 

19. Notice sur l'évangéliaire du IX* siècle, à la cathédrale, 
avec 2 planches, p. 284. 

Tome V. 

20. Une lettre du chapitre à Louis XIV pour se plaindre 
d'une violation de ses immunités, p. 263. 

21. Chapelle S'-Eloi, p. 270. (aussi, tome IV, n»17). 

22. Relation du jubilé de Pierre Cottrel, p. 314. 

23. Vins dont on faisait usage à Tournai au XVI* siècle^ 
p« 533. 



— 40 — 
Tome, Vh 

24. Vitraux légendaires de la cathédrale » légepc^.de la 
S'* Vierge I p. SO. (L'ensemble de ces descriptions 
des verrières légendaires a été réuni en i vol. in-S** , 
Casterman, 1874.) 

35. Note sur la construction de la sacristie de la cathédrale 
en 1680, rectification d'une erreur de H. Renard, p. 47. 

36. Planches d'armoiries des évéques de Tournai (inédil)i ^ 
p, 63. 

37. Fiertés de.N.-D. à la cathédrale de Tournai, p. iOi. 

38. Supplément de notes sur le cloître de Tournai, p. 427. 

39. Plantation de Taigle, sur la place, dépenses, p« 129- 

30. Histoire duchapitre d'Antoing^ charte de 1394, p.. 130. 

31 . Notice sur Jean Vendeville, évéque de Tournai, p« 149. 
33. Mobilier de l'église de S<-Ghislain et description de la 

châsse émaillée, p, 334. 

33. Ciboire (de l'emploi de ce mot), p. 352. 

34. Drames liturgiques de la cathédrale, p. 36 1« 

38« Notice sur le collège de N.-D. dé Tournai à Padoue, 
p. 396. 

Tome VII. 

36. Documents relatifs à la bataiUe de Fontenoy et au siège 
de 1743, 3 journaux du siège inédits, p. 8. 

37. Des seigneuries du chapitre dans le Hainaut, chartes de 
Helle^ Herquegies , etc., étude sur ces chartes, Vsn^ 
ticle, p.iSA; 3^ articlcip. 319; 3^ article, p. 337; 
Table des mots^apciens, p. 31 5% 

38. Droits seigneuriaux dçFal^bayeclç. S^-Martîni» ^Bui$- 
send, p. 389. 

39. Biens et rentes de révèché de Tournai sous Ferry de 
Cluny, p. 396. 



— 41 — 

40. Notice sur Nicolas de Leu^e, p. 3S3. 
4jl, Eti,ide^ sur le. sceau en iyoire di^ chapitre au XIl« 
sièple, p. 345, 

Tome VIII. 

43. Chapitre de la Toison d*or de 1531 — divers documents 
inédits^ p. 6. 

43. Drames liturgiques (suite) — chant de Thymne de 
Yenantius, p. 31 (voir aussi, p. 113.) 

44. Règlement de la Bonne Maison del Val d*Oreq avec 
commentaire, p. 57. 

45. Recherches sur les Petits-clercs , enfants de chœur et 
musiciens de la cathédrale — sur les grands-vicaires 
et les vicariots -^ manuscrits^ de Pancienne école de 
chant — messe du XIII^ siècle — hymnes et séquen- 
ces, pp. 62-123. 

Tome IX. 

46« Les RçUgieux de S. Médar^ ^ la procession (question 

de préséance), p. 1 7. 
47* YitrauxJ^endairesy suit^ (S. Piat), p« 22 1, suivi dçs 

pièee9.coi^rnant Fhistoirc de S. Piat» 

48. Vitraux de Willemeau, description, p. 96. 

49. Vitraux légen4aires suite,, (S. Chrysole et S. Ëobort)^ 

p. 103. 

50. Nicolas de Leuze (suite) p. 119. (Voir t. VII, p. 323). 

51. Mgr Hirn au Coocile de Paris, p. 154. 

52* Fétf de Ifj^Chandeleur à la cf^^édniley contestation avec, 
le magistrat, p. 184. 

53. Notesur.an^nden.^contre-seel de l'ofiiciaL p. 205. 

54. Notice sur^lesaneiennçs tapisseries, conservées à la 
cathédrale avec planche, p. 213. 



— 42 — 

55. Les Haute-Lissiers i Tournai, p. S46. 

56. Les miniatures d'un manuscrit de Thôpital S*^laeques 
k Tournai, p. !287, suivi des pièces les plus importantes 
extraites du cartulaire de cette maison. 

57. Notiee sur la Halle aux draps (Grand'garde), p. Sâ9) 
(en collaboration avec M. Bruyenne.) 

TomeX. 

58. Haute-lissîers, règlement de la corporation, p.iO, (voir 
tome IX, p. â46). 

59. Notice sur la Maison des Aveugles, p. 17. 

60. Notice sur une fresque découverte à Braine-le-Comte , 
p. 42. 

6i. Le château deFlorival, p. 78. 

62. Notice sur l'abbaye du Saulchoir, avec portrait d'ab- 
besse et plans, p. 100. 

63. Notice sur les anciennes peintures murales de la cathé- 
drale de Tournai et de SM}uentin, p. 165. 

64. Abbaye du Saulchoir (supplément , p. 217) même 
tome, p. 62.) 

65. Vitrail de l'Immaculée-Conception à la paroisse, p. S26. 

66. Objets d'art du diocèse , exposés à Halines'et autres, 
p. 254. 

67. Châsse des Damoiseaux, sa conservation en 1578* 

Tome XL 

68. Les Dinanderies de Tournai. •— Les chanoines Jean et 
Simon Du Portail, p. 57. 

69. Relation d'une visite au village de Mortagne, p. 58. 

70. Peinture murale à Wiers, avec planche, p. 110. 

71. Couvent des Récollcts, acte de vente en 1798, p. 140. 



— 45 — 

72. Deux tableaux de l'église de Ghoy, p. 145. 
75. Description du triptyque de Frasnes-lez-Buissenal , lé- 
gende de S. Jaoques, p. 149. 

74. La pierre des Davesnes, à S*-Jacques, p. 187. 

75. Calendrier de 1775. — Nomenclature des œuvres d'art 
dans les églises de Tournai à cette époque, p. 194. 

76. Le monastère de Leuze et la croix de S^Badilon, avec 
planche; p. 235. 

77. Le trésor de la cathédrale, divers inventaires, p. 287. 

Tome XIL 

78. Antiquités romaines trouvées à Willemeau, p. 16. 

79. Note sur une Histoire de Tournai manuscrite, p. 29. 
80« Note sur Mgr de Fleury, archevêque de Cambrai, p. 55. 
Z\ . Notice sur Monsieur le Vicaire-général Descamps, p. 58. 
82. Sentence judiciaire^ prononcée contre un clerc par 

Tofficialité. — La prison de Tofficialité, p. i06. 
85. Notice sur l'église de S^Jacques et projet de restaura- 

tion, avec planche^ en collaboration avec M. Bruyenne, 

p. i39. 
.84. Notice sur les deux châsses de S' Vincent à Soignies, 

et note sur une ancienne tapisserie trouvée dans la 

châsse de S^ Landry, pp. 154 et 161. (i) 

85. Documents pour servir à l'histoire de M. de Choiseul, 
évéque de Tournai^ pp. 169, 172 et suiv. 

86. Note sur deux reliquaires de l'hospice de Lessines, 
avec planche, p. 255. 

87. Notice sur le crucifix d'Ogy, avec planche, p. 259. 

88. Préface de la nouvelle édition de Cousin, et notice 
biographique sur cet auteur, p. 251. 



(I) Ce dernier travail aussi publié dans les Bull.^ des Commissions 
royales d'art et d*archéol. do Belgique. 



— 44 — 

89. Notice sur le chanoine Faure de Carignan, p. 465. 
9b. Vitraux légendaires (FesSverr. deS. fileuth.) p. 279. 
9i. Documents sur M. de Gfaoiseul (suite) p. 309. 
92. Offrandes* à N.-D. la FhmaYnie par le O de Flanidre 
et les' Gantois, p. 33!$. 

Tome XJJI. 

93. Notes sur l'orgue, les cloches et le carillon de la ca- 
thédrale avant la Révolution, p. 7. 

94. Note sur la statue de W.*D. la Brune, p. S6. 

95. Documents sur M. de Ghoiseul (suite), p. 27. 

96* Vitraux légendaires de la cathédrale, (les deux ver- 
rièi-es deS» Médard) , p. 31. 

97. Note sur i. Cousin. — Additions à la notice sur le 
christ d'Ogy, p. 60. 

98. Notice sur l'église de S^Nicolasdu firuilleet la cha- 
pelle de S^Pancrace, avec 5 planches, p. 173. 

^. Notes sur Jean et Simon du Portail, p. 216 (Voia 

aussi fiuff., JT/, p. 37.) 
iOO. Série avec analyse des chartes concernant l'anciea 

diocèse de Tournai, extraites du 2«vol. des chartes de 

bélg^ique'par Waùters, p. 240. 
101. Lettre dé'Chàrles V à'Tévéque deTournaî, p. 303. 
402. Travaux exécutés à la cathédrale au siècle dernier, 

p. 306. 
4^3. liaïtose de la cathédrale par leMàistre d'^Anstaîng, 

avec notes de Mgr Voisin, p. 319. 
404. Notés extraites du niàn'uscrit de Diifief, p. 338. 

T&meXIV. 

'403. Liste chronologique des monuments et objets d*art de 

Tournai, p. B« 
406. Note sur les autels aticiens, p. 24. 



— 45 — 

i07. Noie âur les travaux de restauration de la cathédrale, 
au moyen âge, quêtes à ce sujet, p. 51. 

108. Chapelle du cimetière de Binche; sculptures, la danse 
macabre et la fleur de la mort, avec planches, p* 78. 

109. Documents sur l'histoire de Tabbaye de Rolduc, p. 93* 

110. Notice sur Ailbert, chanoine de Tournai, fondateur de 
l'abbaye de Rolduc, avec planche, p. 205. 

111. Mort et funérailles de Mgr Hirn, p. 245. 

112. Les ivoires du musée Fauquez, avec planches, p. 357. 

113. Note sur quelques statues du grand portail de la cathé- 
drale, p. 271. 

114. Notice sur Walter de Mortagne, évéque de Laon^ 
p. 272. 

115. Note sur les tableaux des deux Fourbus, conservés à 
Tournai, p. 289. 

116. Note sur i'évangéliaire de la cathédrale, p. 300. (Voir 
aussi BulL, t. IV, pp. 287-314.) 

117. Vitraux légendaires (S^Achaire; S* Eloi ( 2 verr. ], 
S* Mommolin), p. 305. 

Tome XV. 

118. Addition à la notice sur Ailbert, (t. XIV, p. 38.) 

119. Notes sur la vie du Bienheureux Heldemare, p. 47. 

120. Le paganisme dans l'art, à l'époque de la Renaissance, 
avec planche, p. 128. 

121. Note sur un tableau de la cathédrale, p. 141 • 

122. Notice sur l'abbaye de S'-Nicolas-des-Près, p. 147. 

123. Vins présentés à la procession de Tournai, p. 174. 

124. Notes sur les travaux exécutés à la cathédrale de 1615 
à 1640, p. 277. 

125. Note sur l'ancienne croix triomphale de la cathédrale^ 
p. 257. 

126. Les épitaphes de la cathédrale, (promesse) p. 309. 

BULLETINS T. XVI. 6 



— 46 — 

iâ7. Notes sur les travaux exécutés à la cathédrale, (1641 
à 1666, (suite, voir même toI. p. 377 et 510.) Ce tra- 
vail va jusqu'à l'an 1711 , nous publierons la suite 
au tome XVI. 

Volumes des Mj^moiees. 

Tome IV. 

lâS. Lettres inédites de Fénelon, pp. 1 et suiv. 
139. Notice sur le chanoine Jean Boucheri avec portrait, 
p. 100. (Voir aussi BulL^ IV, p. 129.) 

130. Lettres inédites (50) de PhOippe II, du Prince de 
Parme et du Gard. Granvclle au sire de Boumonville 
(Baron de Câpres) et une lettre du chancelier Foncq 
au chapitre^de Tournai (1578-1985) p. 154. 

4 

Tome VI. 

131. Le cloitre de Tournai, avec planches, p. 49. (Voir 
aussi i9ttU., VI, p. 127.) 

1 32. Rapport sur le travail de H. le capitaine DejardiUi sur 
le château de Burbant i Ath, p. 106. 



— i. 



— 47 — 



£LOGE FUH£BRE 



OB 



MONSEIGNEUR LE VICAIRE-GÉNIÉRAL VOISIN 

PKÉLAT DOMESUQUI DE SA SAINTETE , ETC. , 
PBONONCiS DANS LA CATHÉORALB DE TOURNAI, LB 8 JUIN 1872, 

Par Monseignear PONCEAU, Vicaire-Général. 



Dum Umftuê habêmuê , operemur bonum 
ad offifi«#, masimê auiem ad damêiticos fidei, 

. Gal. VI, 10. 



Messieurs , 



Depuis plusieurs années, le diocèse, de Tournay est bien 
douloureusement éprouvé. Nous avons fait des pertes nom- 
breuses dans le clergé paroissial et d'autant plus sensibles, 
que la mort moissonnait dans les sommités , et souvent, 
prenait ses victimes dans la force de l'âge mûr, et même 
dans la vigueur de la jeunesse. Hais cette année devait être 
particulièrement désastreuse pour le chapitre de cette 
cathédrale. C'est dans nos rangs que la mort frappe aujour- 
d'hui, et à coups redoublés. Les tombes de MM. Dujardin et 
Jonnaert , d'heureuse et sainte mémoire , sont i peine 
fermées, que deux autres s'ouvrent d'une manière aussi 



— 48 — 

soudaine qu'inattendue. Il n'y a que quelques semaines, 
en voyant M. le chanoine Choppinet plein de vie et d'une 
santé qui défiait toutes les fatigues, nous nous promettions 
que rinspection diocésaine, qu'il exerçait avec tant de dis- 
tinction et de succès, jouirait, pendant de longues années 
encore, des fruits de son zèle, de son expérience, de son 
talent et des qualités aussi aimables qu'éminentes dont il 
étaif doué ; et voici qu'une maladie impitoyable, malgré les 
soins les plus habiles et les plus dévoués, nous l'enlève 
tout à coup, et l'arrête brusquement dans son honorable et 
si utile carrière. La triste nouvelle de cette mort prématurée 
était i peine connue, qu'une autre, plus affligeante encore, 
éclate comme un coup de foudre, et met le comble k notre 
douleur. 

Monseigneur Voisin, le digne vicaire-général du diocèse, 
notre vénérable doyen, ce prêtre selon le cœur de Dieu, cet 
administrateur si habile, ce savant éminent, succombait 
aussi, loin de nous, et au moment où, après de longs jours 
d'inquiétude, sa situation nous permettait enfin de déposer 
DOS alarmes, et d'ouvrir nos cœurs à la plus douce espé- 
rance. mort, que tu es terrible 1 et comme tu te plais à 
confondre nos pensées^ à tromper notre attente et à nous 
montrer la fragilité de notre existence ici-bas i Nous comp- 
tions voir bientôt ce cher et vénéré collègue reprendre ses 
nobles et importants travaux, et nous voilà réduits à ré- 
pandre avec nos prières, nos larmes sur son cercueil! Dieu, 
Messieurs, est le maitre de la vie et de la mort. Ses décrets 
quelque sévères qu'ils nous paraissent, sont toujours ado- 
rables ; acceptons-les avec la soumission qu'ils méritent, ea 
répétant, quoique le cœur brisé, le mot de la parfaite rési- 
gnation : Dieu nous avait donné ce bien-aimé et si estima- 
ble confrère, Dieu nous Ta enlevé, que son saint Nom soit 
béni! 



- 49 — 

En achevant cette funèbre cérémonie, nous voudrions 
Messieurs, pouvoir prononcer devant vous un éloge digne 
de la vie si belle et si bien remplie de notre vénérable défunt, 
digne des vertus, des talents et des grandes qualités qui le 
distinguaient, digne aussi des services signalés rendus par 
lui au diocèse. Mais cette tAclie ne fût-elle pas au-dessus de 
nos forces, qu'elle nous serait encore impossible, sousTem- 
pire de l'émotion qui nous oppresse. Vos cœurs et vos sou- 
venirs. Messieurs, suppléeront k notre insuffisance et 
complèceront le trop faible hommage d'affectueuse recon- 
naissance que nous adressons à une mémoire bénie, au nom 
de notre révérendissime Evéque, que la douleur empêche 
de se trouver en ce moment au milieu de nous, au nom du 
Chapitre et de tout le clergé du Diocèse, pour lequel Mon- 
seigneur Voisin a été constamment un modèle et un guide 
aussi sur que dévoué, au nom de la religion et de la çcience 
qu'il a tant aimées, et si bien servies. 

Faisons donc quelques moments violence à notre douleur, 
car si, en face de cette tombe^ notre bouche ne pouvait se 
résoudre à s'ouvrir, ces voûtes séculaires, ces arceaux, ces 
galeries, ces verrières, tout ce noble et majestueux édifice 
prendrait la parole à notre place, et seul il suffirait à faire 
l'éloge de l'homme éminent que nous pleurons. N'est-ce pas 
à lui surtout que notre antique cathédrale doit d'avoir re- 
couvré, en partie du moins, sa beauté primitive, altérée par 
les ravages du temps ? Depuis plus de trente années, Mon- 
seigneur Voisin a consacré i cette restauration une étude 
approfondie, une sollicitude incessante, un amour filial. 
Nous l'avons connu autrefois, fils affectueux et tendre pour 
sa mère selon la nature. Quand il l'eut perdue, il sembla 
reporter sur la cathédrale toutes les affections de son âme : 
il l'aima, il la cultiva, il l'honora comme une autre mère. 
Ahl certes, avant de nous être enlevé, pour aller reposer 



^ 



— î» — 

I 

à l'ombre de eet autre monument qu'il a fait construire a • 
Willemeau, ses restes mortels devaient être rapportés ici : , 

le fils devait une dernière fois recevoir les bénédictions de 
la mère. Nous avions un dernier hommage à rendre à Tin- 
teliigent restaurateur ; et lui-même, sans doute, il tressaille 
dans sa tombe, et il éprouve une vive consolation d'oifrir 
encore une fois à Dieu et à Notre-Dame, le glorieujL fruit 
de ses labeurs et de sa constance. Soli Deo Hanor et glorià^ 
c'était sa devise et la fin de toutes ses entreprises : la 
gloire de Dieu, la splendeur du culte : Domine^ diUxi deca^ 
rem domus iuœ. — Avec quelle joie sa foi si vive lui fai- 
sait remonter le cours des siècles et toucher, pour ainsi 
dire, au berceau du christianisme, en étudiant les divers 
âges de la cathédrale i Dans sa pensée, elle n'était rien moins 
qu'une magnifique et irrécusable démonstration de la perpé- 
tuité de l'Eglise. 

Tels étaient les nobles sentiments qui animaioit et soute- 
naient son zèle. Du sein de l'église-mère du diocèse, nous 
l'avons vu, ce zèle^ rayonner avec le même éclat et la même 
activité dans le diocèse entier. 

Dès 1857, il commença à prendre part à l'administration 
sous le nom d'archiviste. En 1844, il succédait au vénérable 
H. Dupiéreux comme vicaire-général. Qui ne sait les qua- 
lités remarquables qu'il a déployées, dès ce moment jusqu'à 
sa mort, dans l'exercice de ses importantes fonctions ; les 
connalssanees profondes et variées dont il fit preuve, sa droi- 
ture, la fermeté de ses principes et de ses vues, sa prudence, 
son amour pour la discipline, sont dévouement aux intérêts 
soit temporels, soit spirituels des paroisses ? Qui pourrait 
énumérer les services de tout genre qu'il leur a rendus, 
familiarisé comme il l'était avec les matières administratives, 
dans lesquelles il égalait les jurisconsultes eux-mêmes? Si 
cette partie était son élément favori^ il était loin de négli- 



— 51 — 

ger les autres branches de la science ecclésiastique. Dans la 
section des conférences diocésaines qu'il présidait, il se 
montrait à la hauteur de toutes les questions, soit d'Écriture- 
Sainte, soit de dogme, soit d'histoire, soit de liturgie. Il les 
étudiait à fond ; et plus d'une fois, il enleva tous les suffra- 
ges, par la supériorité et la lucidité de ses vues. 

Où donc Monseigneur Voisin alla-t-il puiser cette vaste 
érudition? Comment parvint-il à se former un fonds si 
riche, un trésor en quelque sorte inépuisable^ d'où il tirait, 
h volonté et selon les besoins, nova et vetera, des choses 
nouvelles et anciennes, comme parle le divin Maître? Ses 
études classiques à Toumay et à Soignies, son cours de 
théologie au séminaire, avaient eu un plein succès, il est 
vrai. Mais enfin , il n'avait pu y donner que le temps ordi- 
naire, et dès qu'il eût reçu l'onction sacerdotale, en i825, 
dans sa vingt-troisième année, on s'était hâté de l'employer 
dans le saint Ministère. Il fut successivement vicaire à Eile- 
zelles, curé à Willemeau, puis à S^Nicolas-en-Havré, ii 
Mons. Partout, dans ces paroisses, il rencontra ce que 
cherche le bon prêtre, une grande moisson d'àmes à culti- 
ver et à recueillir, au prix de ses travaux et de ses sueurs. 

Commeut donc trouva-t-il le moyen et le secret de déve- 
lopper en lui ces facultés et ces talents qui devaient faire de 
lui une des colonnes du diocèse, le collègue et l'émule du 
vénérable M. Descamps, d'immortelle mémoire, et enfin, 
pour tout dire en un mot, le soutien et le bras droit de 
notre digne Evéque, dont le coup d'œil si sûr avait su dé- 
couvrir de loin la perle précieuse? 

Ah ! Messieurs, le texte sacré que j'ai cité en commençant 
nous rend pleinement raison de ce phénomène. Peu d'hommes 
ont mieux connu le prix du temps; peu l'ont fait valoir 
avec une intelligence plus éclairée des devoirs du prêtre et 
lies besoins de l'époque. Admirablement secondé par une 



— 52 — 

mémoire heureuse et uae pénëtration peu commune, Mon- 
seigaeur Voisin n*a jamais perdu une parcelle de son temps ; 
il ne connut ni relâche^ ni trêve. Pour tout délassement, il 
allait à sa bibliothèque, à ses archives^ à ses chartes, à ses 
vieux manuscrits ; il visitait quelques anciens monuments, 
interrogeant chacune de leurs pierres, de leurs ruines, de 
leurs derniers vestiges mêmes. Il suit pas à pas la marche 
de la législation et les progrès de Tarchéologie, il fonde ou 
soutient la société Littéraire et Historique de Toumay, la 
Gilde de saint Thomas et saint Luc. Ce sont Ih ses récréa- 
tions et ses divertissements; nobles récréations, glorieux 
divertissements, par lesquels il attachait, non pas tant à 
son nom qu'au diocèse et à la religion, cette renommée de 
science et cette considéra tipn dont le clergé ne peut se 
passer, de nos jours surtout I Cependant il embrasse et 
mène de fi*ont une foule d'affaires plus compliquées les 
unes que les autres, et suflBsantes pour absorber l'activité de 
plusieurs hommes. C'est ains^ on peut le dire sans hyher- 
bole, que sa carrière mortelle bien que bornée hélas ! i 
soixante-dix ans, a valu pour le diocèse un siècle entier. 
Personne ne lui contestera ce mérite : il a su doubler ses 
années. 

N'allons pas croire pourtant que cet amour du travail, 
quelque ardent et continu qu'il fut, caus4t le moindre 
préjudice, en Monseigneur Voisin, au soin que tout prêtre 
doit à sa propre sanctification. Le prêtre, en lui, n'était pas 
moins exemplaire, que le savant et l'administrateur n'était 
estimable. Quelle simplicité et quelle modestie ! Il rougissait 
de devoir se produire; une sorte de timidité et d'embarras 
contrastait, dans sa personne et son discours, avec les bril- 
lantes ressources qu'il trahissait à son insu. Les distinctions 
et les honneurs viennent comme l'assaillir et le surprendre, 
retiré dans son cabinet. Il s'en étonne^ il en est conftis. Créé 



^ 58 «- 

éoëtévtt en Ihéoldgie âerOnhréf^UlS dh Lwfftift, honoré de 
la croix de chevalier de l'Oi^d^e de Lëo^old, élevé k la prélâ- 
ture romaine, il 8*huttiilie dé la bientdlllibce illiï&itéii, 
selon lui, dont il est l'objet : 4 G'e6t le diboèse^ tfeèt tousi 
Messieurs, disait-il dans une retraite ecdië^iéstiqué à Bonne- 
Espératice, que Pie IX a touIh hdoôt*er dans mft pdrdonne. 
Je suis simplement chargé de pmet Vbité décoràtfoii. > tt 
ces paroles n'étaient pas une Mioti dans la bouche de ee 
digne prêtre. Nous pouvons sans crainte l(|î appliquer la 
louaà^ décei*née par rEgli^è à ses ptus sbtnts âiinfe^éS : 

Qui piuSj prudem, humilis^ pudictiSj 
Sobriam duxU sine lahe vitam^ 
Donec humanos animavit aurœ 
Spirilus arius. 

11 avait en partage une piété extrêmement tendre ; cent 
et cent fois, nous Pavons remarqué^ un seul mot de Dieu, 
une réflexion pieuse,' le succès d'une œuvre qui intéressait 
la religion, les épreuves et les malheurs de l'Eglise, la nou- 
velle d'un scandale surtout, l'attendrissaient jusqu'aux 
larmes. Car sous des apparences quelque peu sèches, parfois 
rigides, il possédait un cœur singulièrement délicat et affec- 
tueux, ardent de zèle pour Jésus>Christ, plein d'une filiale 
tendresse pour l'auguste et immaculée Mère de Dieu, très* 
sensible à l'amitié, très-dévoué pour ses confrères. 

Hélas! et tout cela, 6 mon Dieu, vous nous le ravissez 
tout d'un coupi Vous avez jugé qu'il était mûr pour le 
Ciel; vous avez trouvé que )a journée de ce laborieux 
ouvrier était comble. Pour épurer ses mérites, vous l'avez 
jeté dans le creuset de cruelles souffrances. Le mal s'était 
enraciné dans ses entrailles. Pendant plusieurs années, il le 
dissimula et le combattit avec une rare énergie. Mais hélas ! 
il se déclara avec une violence affreuse. Les trois ou quatre 

BULLETINS T. XVI. 7 



•dernières semaines de cette existence précieuse n'ont plus 
été qu'un martjnr et une agonie, soufferts avec humilité, 
line résignation, une douceur d'agneau. 

Le sacrifice fut consommé. 

Mon Dieu! nous nous inclinons avec notre vénérable 
Eréque devant vos adorables et impénétrables décrets. 
Achevez, Seigneur, achevez de purifiez au plus tôt cette âme 
si chère, des taches inévitables de Thumaine fragilité, et en 
ia mettant en possession de vos récompenses, daignez nous 
accorder à tous la grâce de profiter, comme elle, du temps 
^i précieux et si fugitif de la vie. 



— 58 — 



SiAirCE DU mm !•* FÉVEOR 1872. 

M. F. Du Bus , atni prisideni. 
M. Jules Wacquez , secriîaire. 

lie procès-verbal de la séance da mois de janvier est 
communiqué par le Secrétaire )r rassemblée qui en adopte 
la rédaction. 

OUVRAGES OFFERTS. 

Mémoires de la Société Dunkerquoise pour P encourage-' 
ment des sciences, des kttres et des arts i869-i870, quin- 
zième volume. 

» 

— Compte rendu des séances de la Commission royols 
d'histoire ou Recueil de ses bulletins , troisième série* 

— Bulletin de l'Académie royale des sciences ^ dts\leHres 
et des beaux-arts de Belgique, 40* année, â* série, tome 52. 
— N«« 9 et 10. — N* ii. — N'^ 12. 

— Reloue de numismatique belge ^ B* série, tome IV, 
première livraison. 

— Revue catholique, nouvelle série, tome septième, 
i^ livraison. — 1 5 janvier i 872. 

— Causeries d'un octogénaire. Suite aux tablâtes lié- 
geoises par Alb. d'Otreppe de Bouvette , 4* livraison/^— 
Janvier 1872. 

— Bibliographie nationale publiée par V Académie royale 
des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique,\Xome 
premier (l'« et 2* partie), tome deuxième {V et 2* parlic)> 
tome troisième (l'* partie). 



r^ W r- 

Yoir les notices sur^aint-Achaire ouAcairCi érCqoede 
Tournai et de Noyon , dans la première moitié du VII* 
siècle. -— Saint*Aibeirl ^6 h Bspt^ki, prè9 in Tournai en 
1060. — Philippe d'Arbois, éréque de Tournai en 1350. — 
Augustin, cinquième ëyéquf» é» Tpumtit «il VI* si^clfS* — 
Pierre d'Aussay ou d'Auxy, évéque de Tp^npmi en 4378. 
— Albert Auverlot, magistrat de Tournai, ne en 1762. — 
Baldéric, 42* évéque de Tournai et de Noyon 1099-1 il 2. 
•^ Pofiquiqr de la Oarre^ «asi^tral ei écrivain né à Tournai 
sur Jl9^.fi04u tXV* M^ici^. i-r WfiM Brisseau» médcAÎo mSIàr 
bre de la seconde moitié du XVII* siècle. — JLean Bildiiely 
Buchel ou Buchiau, évéque de Tournai, natif de cette ville, 
mort en 1266. — Jeande de Cambry, religieuse à Tournai 
en 1604 , auteur de plusieurs écri^ remarquables. — 
Pierre 4^ Qmbry | bio^rapbe^ ^é à Tournai au XVII* 
siècle. — André Catule, écrivain latin , cha^Qiqe de la 
cathédrale de Tournai,. né à Helchiq, vçrs lb86. — Denis- 
Benoit-Joseph baron' de Gazier, trésoriçr-{|énéral àçs filnaa* 
ces, né à Tourna!, le 21 mars 1718. 



Il est procédé k un scrutin secret pour le Mnouveltement 
^ buraaijf • ^«t étus ; 

H. F. Du Bus, aioé, Président; 

Ifgr. le Vipaine^'fénérai Voisin, Vioe-Président et 

Trésorier; 
M* le Comie de DiÉnovcnfiii f Bibliothécaire ; 
M. V^m V09i Bihliptbécaîf e^djnlnt ; 
H. Jules Wagqubz, Secrétaire. 



M. Tfibbé HuGUET communique une table analytique de 
4 groft volumes manuscrits, extraits des archiTes de rÉv4- 



r' 



-* 8r — 

êhé par l'bistoriograpbe ée France Godefiroy, 4a temps de 
Choyseul. €e document préejéox sera publié à la suite de 
ee'comple-readuy préeëdë 4'uiie note de M. Hofruvr, qui 
en expliquera rorigine et f importance* 



M. Justin BaoYpifKS signale )e ebèieau de Baussu comme 
ëianl très-remarquable. Il possède sur cet édifice des docu- 
ments trés-intéressants dont on pourrait profiter. 



Mgr Voisin, donq^ lecture d'ujae élude sur- le matlre- 
autel de la cathédrale d^ Tgurçai. 



La séance est le?ée« 



Nous devons à Tobligeance de Monsieur le marquis 
De Godefroy-Hénilglaise l'important document qui va 
suivre : 

Monsieurle marquis deGodefroy, qui babite Paris, estle 
descendant des %ixt9,n%% Godefrey^ qui brillent d'un si vif 
éclat dans Thistoire des lettres françaises. 

A l'époque de la conquête de la Flandre, en 4668 , 
Louis XIV envoya à Lille son bistoriograpbe,Dent8 Godefroy, 
pour y compulser et mettre en ordre tous les titres et pa- 
piers d'un intérêt bistoriqo^^ Cç WfW\ vil^t égalnneqt à 
Tournai et puisa dans les arebivesdie TËvêché toutes les 
pièces de quelque valeur pour l'bistoire; ce recueil forme 
quatre grps voluqie in-folio, encore aujourd'hui en la 
possession de la famille Godefroy. 



U est bien probable qu'Hue copie^DftViiilélé laissée à 
Vivèchij mais c'est à Bruxelles que le dëpAt des archives 
épiscopales se trouve actaellemeat et nous n'avons pu véri- 
fier si cette copie y existe encore. 

Nous considérons donc comme une bonne fortune de 
pouvoir publier 1» table analytique de ces quatre volumes ; 
nous l'éditons sur le texte qui a été recopié, il y a un siècle, 
par Denys-Joseph Godefroyi petit-fils de lliistoriographe, 
et père de Monsieur le Marquis aetueL 

Denis-Joseph Godefroy possédait le château du Haut- 
pont, à Néchin, et c'est en cette résidence d'été qu'il 
écrivit en 1767 la table qui nous occupe. 



TABLE '" 

DE QUATRE GROS VOLUMES IN-FOLIO , (2) INTITULÉS 

EYEGHÉ DE TOURNAI 



PREMIER VOLUME. (3) 

n se trouve d'abord & la tête de ce volume une table alpha- 
bethique des villages qui composent les douxe anciens 
doiennés de l'Eveché de Toomay , avant l'érection des 
nouveaux Evechés des Payft-Bas. 

(1) Fait â Néchin dans l'été de 1787. 

(2) Ds sont tous quatre dam ma bibliotbiqae. ^-^ [Cm dêWf nûf9ê 
êoni •» margey de Ut main de l'auteur), 

(3) Nous laissons le texte tel qa^il est orthographié ; nous n'ayons 
pas cru doToir suppléer la plupart des accents qui ont été négUsiés 
dans la rapidité de l'écriture. 



— 8» -^ 

Doienné de Tournay Fol. i 

3> de Helchin» • « . • 3 

)> de Lille 5 

» de Seclin 7 

> de Courtray • 9 

» deGand. 11 

> de Waes « 15 

» d'Audenarde • • IB 

. » de Aollers 17 

> de Bruges .19 






d'Ardenbourg 31 

d'Oudeoboorg 25 

Remarques sur le droit de fuream et eulcitram qui se 

trouve entre les titres de FEveque de Tournay. . 25 
Mémoire pour prouver le droit de visite et la jurisdic- 

tion de M. TEveque de Tournay sur l'hôpital 

Comtesse* • • • • 29 

Lettre de. (1) • • • Evoque de Tournay & M. Denis 

Godefroy. 
Pour la jurisdiction de TEveque de Tournay sur Tab- 

baye de S^Amand 37 

Explication du dessein de ce recueil 37 

S'ensuivent les titres eonceruans les abbayes 
S'-Amândi abbâtb : 1** Ceux qui regardent l'abbaye de 

S^Amand , divisés en trois laiettes , toutes trois 

étiquetées, if OAMtonum SancH Amandim 
Première laiette, ab anno 681 ad annum 1644. • • 45 

Cet inventaire n'a pas été fini. 
Papiers et titres par lesquels il se voit que l'Eveque de 

Tournay est en possession immemorialle de pren- 



(1) Hr de Gboiteul. 



— 60 — 

di*e â soy et aux droits de son eveehé , l€& biens 
meubles délaissés par. les prestres et eurés bafttards 
et illégitimes , ou biea de tous autres pi^eti^ de 
son diocèse decedés intestat et sans dispésition 
testamentaire , - et qu'il est en outre , en droit de 
prendre l son profit les revenus des bénéfices liti- 
gieux • • • • . 4 . • S7 

Explication de Finventaire raisonné des titres de 
î'Ëvecbé de Tournay , pour ce qui regarde et con- 
cerne les eveques 77 

Suite des titres de TEvcebé de Tournay* • . • * 83 

Inventaire de la laîette portant pour inscription : Diffi- 
rems «I oectHls «b M. PEvequé de Taurnm/ , eonfre 
plusieurs ehàpiths et abbayes en yemercd , el bf 
subsides açeéMis aux Êvéques dudk Tournay. 

On y a mibcequi eoneà^ne les visites de plusieurs 
églises et les droits de Visitation et procuration 
deus à càlise d'ioellei aVee les comptes des subÉidn 
accordés aux EvequeSi a leur avènement a Fdpis^ 
copaté •••••••^*é*'«.k iftS 

Laiette» Temporel de FEveché de Teiumaij. 
On y a mis les lettres royaut qui ordonneikt qiie le Tiem-^ 
porel de FEvecIié de Tournay, ressortira au Bailtage 
de Vèïmandois, ses rappoifts et debombrémens flnte 
par tes Evéqués a * eause de leur tempérel aux 
Princes souverains* : un vient relie en parebemin 
contenant la reeette générale dad. Eveèbé : le re^- 
connoissance des droits de triùutkie et foulques 
{mleitra et /lif^a), ordonnanèes touchant les répara-^ 
tions de FEvèohé et a ta charge de qui elies sont, ^ 
visites des lieux a ce sujet , titres concernant la 
maison de l'Eveque a Paris et a Bruges, union de 
quelques maisons et jardins a la maiso^n Bpkcepalei 



— 61 — 

recoDDoissance d'une ke\ï\ùie{Eehoppe) mise contre 
les murs de TËTeché et l'échange de partie du eime- 
tierre de S'^Nicaise de Touifnay contre «ne place 

joignant le palais Epîscopal 139 

Inventaire de la laiette aiant pour inscription Sinoie»^ 14i 
Table du contenu en ce recueil de titres et affaires 
conoernaiisles Eveques et l'Eveché de Teurnay , par 
H. Denis Godefroy, conseiller historiographe du Roy. 

Le 1" titre est de 1i4S, ces pièces sont oopiées dans 
le Tolume 148 

Il y en a 198. 

Recueil historique , ecclésiastique , de quantité de 
copies» transcrites sur les originaux conservés et 
distribués en diverses layettes dans le trcsor des 
chartes de TEveché de Tournay, de lettres, titres et 
actes concernant l'ancienne étendue dud. Eveché , 
la jurisdiclion et Tauthorité de ses Bveqiies , leur 
droit de nomination et patronage à divers bénéfices 
de leur diocèse , reglemens d'hôpitaux et àutrcà 
lieux, fonctions, immunités et privilèges ecclésiasti- 
ques dans retendue de leur ressort, accords et 
transactions sur quelques différends ou procès , fon* 
dations de bénéfices , revenus et emolumens ^ et 
telles autres matières et sujets eccicsiastiques. . . 205 

Divers inventaires de titres de l'Eveché de Tournay. • 207 

Table du contenu en ce recueil de titres et affaires 
concernant les Ëveques et l'Eveché de Tournay. 

Le i« titre est de 1077 209 

Recueil historique, ecclésiastique de quantité de copies 
transcrittes sur les originaux consei^és en diverses 
laiettes dans le trésor des chartes de l^Evéché de 
TourOay, de lettres, titres et actes, concernant l'an- 
cienne étendue de l'Eveché, la déclaration dés bene- 

BULLETINS T. XVI & 



— ^2 ^ 

fiées situés sous chacun des douze doiennés qui te 
composoient autrefois I etc., etc., etc 245 

Le tout transcrit sur lesd. titres et collationnë par 
moy, etc.^ cte., et signé D. G. {Denis Godefroy), 
en novembre 1674 247 

Titres servans à prouver la jurisdiction des Evoques 
de Tournay , tant dans leur église cathédrale qu'en 
plusieurs autres de leur diocèse, contre les préten- 
tions des chapitres^, etc. .•••••••• 2K7 

Titres concernant l'obligation des doiens de Teglise 
Cathédrale de Tournay, de présenter l'élection faite 
de leurs personnes aux Evoques 4ud. Tournay, 
pour en obtenir la confirmation et de prendre d'eux 
le soin des âmes des suppôts d'icelle 280 

Titres touchant les provisions de l'archidiaconé de 
Tournay , confirmées par l'Eveque Maximilien, en 
1620 à Jean Boucher, qui a été mis en possession 
par TEveque au refus du chapitre 285 

Titres concernans la jurisdiction des Evoques sur Tab- 
baye de S^-Amand et plusieurs chapitres séculiers 
de son diocèse 287 

Accueil historique, ecclésiastique de quantité de copies 
transcrlttes sur les titres originaux conservés dans 
diverses laïcités dans les archives de TEveché de 
Tournay , do lettres^ titres et actes , concernant 
l'ancienne étendue dud. Eveché, sa distribution eu 
douze doiennés , la jurisdiction tant spirituelle que 
temporelle, etc., etc., etc. 

Le tout transcrit et collationné sur lesd. titres origi- 
naux par moy, etc«, et signé D. G. (Denis Godefroy). 295 

Table du contenu en ce recueil de titres et affaires, 
concernant les Evoques et TEvechc de Tournay. 

Le !«' titre est de i2»5. 297 



— 65 - 



Immunitës eccJesiastiqucs 303 

Saccession et biens meubles des prêtres bastards. • 505 

Testaments des ecclésiastiques. 507 

Perception des fruits des bénéfices esquels ceux qui en 

sont pourveus ne résident pas « . id. 

Jurisdiction ecclésiastique id. 

Abbaye de Cysoing, différend entre l'Archevêque de 

Cambray et l'Eveque de Tournay 5i& 

Condamnation de la proposition de M* Jean Petit , 

intitulée, la Justification du due de Bourgùgne. • 531 
Recueil de fondations de bénéfices situés dans toute 
retendue de l'ancien diocèse de TEveche de Tournay, 
qui ont été faites depuis environ quatre siècles. 
Distribuées suivant Tordre des douze doiennés qui 
composoient autrefois cet Eveché. . • . . . 535 

Doicnné du Tournesis , . . • 537 

de Lille 539 

deSeelin 550 

de Courtray 55f 

de Roulera 540 

d'Oudenarde 544 

deGand 545 

de Waes .556 

de Bruges 560 

d'Ardenbourg 566 

d'Oudenbourg 571 

Recueil de fondations de bénéfices situés dans toute 
l'étendue de l'ancien diocèse de l'Eveché de Tour- 
nay , depuis cinq a six siècles • • 577 

Doienné de Tournay et Tournesis 579 

» deHdchin 585 

> de LUIe 384 

» deScclin 586 



— «4 — 

DoiéDaé de Courtray 387 

> . d« GsDd 996 

» deWaea MU 

> d'OndoMrde MS 

• . de Rollers «9 

■ de Bruges 412 

* d'ArdeDbourg 431 

h d'Oudenbourg. 429 

Répertoria litteranmi inaerlplMum ia tribiu tibris 
peTgameai super CaodatimihuB b«iMScisrQm et 
luribai EpiscopatUB Tornaeensla coofeetis, «1 finmo 
proniMr reperloriau liOeraram iorra scriptarun 
in quodam regislro aeu libro pcrgameai super hoe 
coBt^to iocipieals ngàtrum parpatuum. 

S* Répertoria littnarumcODcerDeiKîuBi jars Spis- 
oopatas Tornacensis , ia quibus fit procoassa per 
Archidisconatus incipiendo ab Arcbldiaconatu Tor- 
nacenti, deiude annectendo de Gandenii et deinde 
de Brugenai. 

3' Ponïtur repertorium litterarum fondalioais 
beneficiorum et aliorum acioram tan^MFe quo 
cçcleaiffi Tornaceasi, prefaerual Ludovicas do Tre- 
mauîlla et loaoaes de Tbasiaca, scriptOTHiH in quo- 
dam Ubro pei^ameai ineipiente Uaivtrmp-aentes 

Utter(a,ete 437 

Sequitor ei^o repertorium primî tîbri. 

In ArdhidiiOMala Tornacoiri . . 49t 

In AnbidiÎBeoData Oandimii 469 

1b Arcbidiaconatu BnigoiBi SIS 

Bapertorium lUteraruni joriam et alîquornm oobmp- 
aeatïuDi Episcopatum TornaeeDScm iurri acripto- 
vam in registre pergameoi ineipiente, fia^iMnim 



— «5 — 

la Arehidiaconatu Tornaeensi SK5 

In Arehidiaconatu Gandensi 601 

In Archidiaoonatu Brugeosi. 617 

Repertorium lîtteratum, sive cartarum fondationis 
beneficiorum et Qliorum actorum temporibus quibus 
ecclcsiœ Tornaeensi prœfuerunt dominas Ludovicus 
de Tremouilla, et Joannes de Thosiaco, et quarum* 
dam aliaram infra scriptarum în quodam libro per- 
gameni incipientei Universis pre$en[es litteras 
inspeeturis, etc. 

In Arehidiaconatu Tornacenis 633 

In decanatu Gandensi 657 

» Wasiœ. . ^ ....... . 669 

» Rollosiensis 673 

> Ardenburgensi. • • , 681 

» Brugensi 693 

> Oudcnburgensi 725 

Munimenta et Jura communia dominum Episcopum 

Tornacensem et totum Episcopatum ac jurisdictio- 
nem concernentia. 

Le l*' titre est de 1462 * .... 729 

Repertorium de litteris, libris, registris et aliis juribus 
Episcopatus Tornacensis existentibus in loco The- 
saurari» domus Episcopatis Tornacensis de man- 
date reverendi Ferrici de Glugniaco Episcopi Torna- 
censis factum per me Walranum de Beauffremezi 
clericum dictœ curiae Episcopalis notarium anno 
1470. 

1^ decanatus Tornacensis et Tornaeensi 717 

» Helchinicnsis 837 

n Insulensis 841 

> Sccliniensis 857 

» Gortracensis «861 



— «« — 

decanatus Aldcnardensis . 877 

9 Gandensis » * • 885* 

n firugensis 897 

FIN DE LA TABLE DU PREHIER VOLUME. 



Apres suit une table alphabétique des villes, TiUages, chapelles, etc., 
Aommés dans le cours de ce Yolume. 



— 67 — 



TABLE DU SECOND VOLUME. 



Table du contenu en un Registre en papier contenant 
85 pages touchant les droits et hauteurs de H. 
TEveque de Tournay. 

Cette table est dans le 2« vol. fol. 145. . . . Fol. I 

Titres et inventaire des registres des scelleurs de 
FËvechë de Tournay et de la recette et dépenses 
par eux faite en l'exercice dud. oJGce depuis 1354 
jusfjties i385. 

Le dernier compte finit en i568. 

Les scelleurs font recette de l'emoluraent du sceau, des 
dispenses et publications de bans , des reconnois- 
sances deues pour différentes grâces accordées, des 
amendes encourues par les infracteurs , des pré- 
ceptes et ordonnances, des reconciliations, etc., etc. 17 

Division du diocèse de Tournay en douze doîennés 
faite par H. de Vendeville, Eveque de Tournay, le 
22 }uin 1589. 

Doienné de Tournesis — 31 paroisses» Quenoy 20 paroisses. 

S»-Amand — 17. Vavrin — 22. 

Helchin — 20. Courlray — 20. 

Tourcoiu — 10. Menin. — H. 

Roubaix — 17. Seclin — IÇ. 

Lille! — 11. Carvin — 15. 
Fol. 21 

Table générale des Intitulations des cent registres 
reliés en 1677 concernant TEveché de Tournay 
depuis plusieurs siècles. 






— 6« -^ 

Au devant de chacua registre eu partieulier i] sera 
'a propos d*écrirc un îhvcnlaîre des titres princi- 
paux et pièces plus considérables qu'ils contiennent, 
afin d'en pouvoir tirer phis facilement l'utilité re- 
quise dans les occurences 25 

Index Regisiri Jurium Episeopàtos « i^ ». * . 43 

Table du contenu en lin registre intitulé jnra Efi^co- 
patus 85 

Papiers et titres par lesquels il se voit que TEveque de 
Tournay est en possession îmmcmorialle de prendre 
a soy et aux droits de son Evecbé les Biens meti- 
bles délames par leè prêtres et cures ïiastards et 
illégitimes ou bien de tous autres prêtres de son 
diocèse decedés intestats sans disposition testamen- 
taire et qu'il est en outre en droit de prendre a son 
profit les revenus des bénéfices litigieux et vacans 
t/tftmmeen 1665. • 101 

Dépendances des douze anciens doienncs de TEveché 
de Tournay avant l'érection des nouveaux Evechés 
des Pays-Bas, mises en ordre alphabétique. . .121 

Table de divers titres et actes concernant M'* les Eve- 
ques de Tournay, depuis 5 a six siècles en ça. 

Cette table et les 58 pièces dont elle est composée sont 
aussi dans le S« volume de cet inventaire rangées 
Wus le même numéro fol. 1"* et seqtibus . . . .145 

Liste des inscriptions mises sur les layeltçs de TEveché 
de Tournay 161 

Avis touchant l'ordre qu'il semble qu'on (Icvroit tenir 
dans la disposition des archives de l'Eveché de 
Tournay, par M. D. Ciodefroy. . .> . . . . 165 

Inventaire des laïcités du Ohartier de Toornav. 

C'est le même qui est cy devant fol. 161 173 



— «9 — 

Explication de Tlnventaire raisonne des titres de 
l'Eveché de Tournay pour ce qui regarde et con- 
cerne ies Eveques 181 

Suite des titres de TEveché de Tournay. 

C'est une table assez détaillée de plus de cent pièces 
dont la première est une chronique des Eveques 
depuis S^-Piat jusqu'à Maximilien de Morillion, 
mort le 27 mars 1387 193 

Inventaire de la laictte ayant pour inscription Synodes. 

La première liasse des Synodes est depuis 1341 jusques 
1600. 

Cette table contient dix liasses 261 

Inventaire de la laiette aiant pour inscription, Tent" 
porel de VEveché de Tournay, 

Les lettres pour faire ressortir TEveché au Baîllage de 
Yermandois, les dénombremens etc., etc. . . . 263 

Table de la laictlc intitulée différends et accords de 
l'Eveque de Tournay contre plusieurs chapitres et 
abbayes en général^ et les subsides accordés aux 
Eveques • 277 

Les premières pièces sont des visites faites en 1313 
de plusieurs Eglises., Procès contre S^ Donat de 

. Bruges, et S. Pierre de Lille. Cette laiette contient 
douze liasses. 

Table de deux layettes aiant pour inscription : Diffe- 
rens et accords entre l'Eveque de Tournay et son 
chapitre. L'une marquée de la lettre À et l'autre de 
la lettre B. depuis 1344 jusqu'en 1660. 

Ces deux laiettes contiennent plus de 300 pièces . . 281 

Il y a un récit de ces dijfTerents qui finit 313 

Table des Titres qui concernent les abbayes. 

Saint- Amand : l"" L'abbaye de Saint Âmand en trois 
layettes étiquetées Monasterium Sancti Amandi. 

BULLETINS T. XVI. 



— 70 — 

•Cette table ne eontient que 20 pièces. • . • . . 405 

L'abbaye de S^ MarUfi de Toumay. 

Cet inventaire contient plus de 80 pieœs • • . .413 

L'abbaye de S^ Nicolas des prêts, autrement dite 
S^ Mard, (S*-Medard) a Tournay 458 

Cette laiette contient soixante dix pièces. 

Cysoing : L'abbaye de Cysoing. 

L'Inventaire de 4ieiie laiette est aussi dans le volume 
particulier de l'abbaye de Cysoiug, Elle contient 
près de cent pièces 449 

Chapitre de Lille : dans la laiette Chapitre de Lille. 

Visites, Procurations, Procédures, Exemption de FE- 
vcquc, Présentations etc. Elle contient près de 
cent pièces. • . • 475 

A. Laiette, Prévôté de Lille. 

PREvotii De S' Pierre a Lille : Fondation , Accord entre 
le Prevot et les doien et chapitre, Collation des béné- 
fices, la Magdelaine érigée en paroisse, Dominicains, 
etc., etc. 

Letires de Placet des Arcliiducs de 1620 quoiqu'il ne 
soit pas fait mention dans les Bulles du droit du 
Prince : inventaire des titres de la Prévôté, 

Registre : Prévoie de Lille^ (j'en ai une copie que j'ay 
augmentée de titres autentiques). 

Cette laiette renferme plus de cinquante pièces. . . 489 

Dans une laiette intitulé : Doienné de Lille : 

Fondations a S^ Etienne, visites a S^ Maurice, a S* Sau- 
veur, hôpital, etc. 

Cette laiette contient environ trente pièces. . . ^ 497 

Une seconde laiette, Doienné de'Lille^ cotté B. 

Denombremens des biens , des cures et bénéfices du 
doienné de Lille, fondations de chapelle, etc., etc. 

Elle contient plus de 50 pièces 505 



— 71 — 

Laiette iBtitttliSe, chapitre de Seclin. 

Beliqaes, foadations, chapelles, résidence des cbfr* 
noines, punition des suppôts, dédicace, etc. etc. • 509- 

1677. 28 Septembre a Toumay. Lettres de Jeaa Gea- 
naro doien de la cathédrale de Toumay et de Gilbert 
de GhoiseuI-Duplessis^Praslin par lesq^^Ues il» unia* 
sent une prébende caxKmiale dcSecIin a la cure dui*. 
lieu et ce a la requête de Gbarles Castillon pasteur 
de la ville de Seclin ••«•••.... 510^^ 

La laiette intitulée chapitre de Courtray eontien^t la vi- 
site des maisons do& chanoines, le différend des 
doien et chapitre contre les Etats généraux, les no- 
minations, élections, conGrmfttionB et sermens de 
fidélité des doicns do lind. église^ les différons et 
accords entre les suppôts d^icel^ et autres papiers . 
tant en françois qu'en ffamand, etc. etc. 

Elle contient 41 pièces 517 

Harlebekb. Deux laiettes intitulées Chapitre d'Harle- 
beke A et l'autre B. Privilèges donnés a Feglise 
d'Harlebeke^ dixme de Houscron, visites, différend 
entre le chapitre et TEveque de Tournay, jurisdic- 
tion, etc., ete 529 

Gand. La laiette la ville de Gand. 

On y a mis ce qui concerne les églises de S^ Bavon, 
S' Pierre, S^' Pharailde, la paroisse de S^ Jean, le 
couvent de S^ Jérôme, et Jooriscamp, les abbayes 
et monastères de filles, les hôpitaux et paroisses 
de ce district, et le différend entre TEveque de Tour- 
nay et les Brigitimes de Tenremonde. . . Fol. 573^ 

Bruges. Laiette aiant inscription Bnyes. 

Elle contient ce qui concerne les églises de S* Donat, 
Notre-Dadie, S' Sauveur, S** Walpurge, S* Jaques 
et S^* Croix, les abbayes de S' André; et d'Ëechout 



— TS — 

a Bruges, de S* Pierre a Oudenbourg, de Douest, 
de Douxval, de Lunebeqae, les abbayes de filles et 
monastères de S' Tron et de Moerkerke, de S'* Go- 
delive près de Guistelle, le monastère d'Oostbourg, 
les hôpitaux de la Poterie, de S^ Obert et du S' Es- 
prit a Bruges, celui de S* Jean a Ardenbourg, celui 
deThourout, les pauvres dixlmoreghemetc, etc. SOS 

Deux laiettes intitulées, Tune Vhospital d'Overleye et 
Y auire hôpitaux et monastère de Courtray . • . 6Q1 

Laieiie subsides eeelesiastiqtm 617 

Penombrement. 1629. 7 may : Rapports et dénombre- 
mens des biens temporels de TEveché de'Tournay 
tenus en fiefs des princes souverains des Pays fias 
rendu au Royd*Espagne, Ârcbiduc d'Autriche, etc., 
par Maximilien de Gand (Vilain) Eveque de Tournay. 

Il est dans le 4« volume fol. 817 633 

FIN DE U TABLE DU SECOND VOLUME. 

Il y a à la fin une Table alphabétique des villes, bourgs^ 
ebapelles. Eglises etc., contenus dans ce volume. 



— 75 - 



TABLE DU TROISIÈME VOLUME. 



Table latine de cinquante huit pièces qui sont copiées 
après ; comme cette table est très abrégée et latine 
j'ay jugé a propos de la faire plus détaillée ainsi que 
pour tous les titres qui sont dans ce volumo et le 
suivant Fol. I 

Hôpital de Seclin 1248. A Lyon, la cinquième année 
du Pontificat d'Innocent 4. Bulle de ce ineme Pape 
adrc<isée a i'£veque de Tournay et au prieur des 
Dominicains de Lille, de reformer tant dans le chef 
que dans les membres ce qu'il y avait a reformer 
a Thopital de Seclin, qui venait d*etre fondé par 
. . • comtesse de flandrcs 17 

EvEQUE DE Tournay. 1212. La treizième année du Pon- 
tificat d' Innocent.,*, , a Latran^ le douze des calendes 
de Juin, Ce Pape confirme a TEveque de Tournay 
la jouissance paisible de Veglise de Eynes et si 
quelqu'un ose le troubler dans cette possession il 
encoure Tindignation de Dieu et de S. Pierre et 

S.Paul 21 

Imp. dipl. Belg. 1. 2. fol. 7d5. 

Orke. 1186, a Tournay^ la 14« année de la Conseera-- 
eration d'Evrard de d*Oisy, Eveque de Tournay (il 
est mort en 1191). Lettres de ce même Eveque par 
lesquelles il ordonne que les habitants de la ville 
de Orke lui paient tous les ans deux deniers a la 
S. Rémi, et dix sols au jour de la nativité du Sei- 
gneur et plusieurs autres redevances, dixmcs, etc., 
etc, 25 



— 74 — 

LrCHTERVEL&B. EVEQDE DE TOURNAY AbBB DE S. fiBRTIIf. 

1198. A Donay le 4< des ides de mars. Lettres de 
Pierre, ministre de l'église d'Arras et de Raoul, ar-* 
chidiacre d'Ostrevant, pris pour arbitres dans un 
différend qu'il y avait entre Etienne, Eveque de 
Tournay et Jean abbé de S. Bertin, touchant Tau- 
tel de Lichtervelde que Tabbé disoit avoir acheté de 
laiques etl'Eveque appartenir a la manse episcopale : 
l'accord est dans ces lettres* 

L'abbaye de S. Bertin jouira et tiendra perpétuelle- 
ment dud. Eveché, lad. terre de Li ch ter veldev> sauf 
le droit de l'Eveque, seavoir reserve les synodes et les 
eoutumes de la chretienneté {summatis sinodis) au 
cens annuel de sept livres monnaie de flandres. 
lad. abbaye paiera cette redevance a Gérard Gh' et 
Aelia sa femme, de qui ils avaient acheté cet autel, 
tant qu'ils viveront, et après leur mort elles retour- 
neront a l'Eveque. Cette transaction est signé de 
beaucoup de personnes qui toutes ont promis de la 
faire observer . ^ 39^ 

1217. ci Courtray^ la sixienne ferie après 5. Bar- 
nabe. Jeanne comtesse de flandres et de hainaut 
mande a Wautier de Gourtray d'envoîer dans les 
biens de l'Eveque de Tournay et surtout a la 
dixme de flissenghem quelqu'un de sur, pour en 
avoir plus de soin et repondre sûrement des de- 
niers 33 

Id. 1218. la veille de S. Donat a Bruges. J. doien de 
Bruges et Wautier de Gourtray déclarent avoir été 
preseus quand Pierre surnomorié de Ghune a donné 
de bonne volonté la dixme de flissenghem a l'Eveque 
de Tournay, en reconnaissant n'y avoir aucun droit. 37 



— 75 — 

DixvB A GoMmBS. DiXHE DE Gavre. 1224. Janvier, a 
Toumay dans la chapelle de S. Vincent. Bauduin 
S' de Gomioes déclare avoir vendu de consentement 
de sa femme et de Bauduin son fils aine a Wauticr 
Eveque de Tourhay , toute la portion de dime 
delghavere, savoir la troisième partie de la dixme de 
Gqmines, pour liO livres nionnoie de Sandres. . 41 

Différend, S. DoNAT A Bruges. 1224. A S. Orner y le 
dimanche après S, Pierre- aux - liens, Philippes^ 
doien et P. Wahelin, chanoine de S. Omer nommés 
par le siège apostolique et choisis pour arbitres 
pour décider la querelle qu'il y avait entre Wauticr 
Eveque de Toumay et le doien et chapitre de 
S. Donat a Bruges, au sujet de la jurisdiclion. 11 a 
été résolu que quand TEveque vicndroit a Bruges a 
la fête de S. Donat il officierait a Teglise de S. 

Donat • .... 45 

Imp. 2» vol. des dipl. Belg. 990. 

Chapelle du Plouich. 1227. Royer, châtelain de Lille, 
donne après sa mort au chapitre de Seclin sa cha- 
pelle du Plouich , et quand elle aura été quinze 
jours sans que led. chapitre y nomme, la collation 

appartiendra a l'Eveque de Tournay 49 

Le Plouich est dans la forest de Phalempin a 5 lieues 
de Lille, et estoit l'ancien château des Ghatelains de 
Lille. 

S. Paul. S. Gilles. 1259. juliet, la §• ferie avant 
la division des Apôtres. Bauduin abbé et tout le cou* 
vent de S. Pierre de Gand approuvent le compromis 
qui avait été fait entre Henry, doien de Waes, Eus- 
tache de Belzele et Arnoul tle Vavrc prêtre pour un 
différend qu'il y avait entre l'abbaye de S. Pierre 
et Wautier Eveque de Tournay, au sujet des Patro- 



— 76 — 

nats des églises de S. Gilles» S. Paul etc., il a etë dé- 
cidé que le droit de patronage des églises de S. Paul, 
de tous les Saints et de S. Gilles appartiendroit a 
Teveque, mais que TEveque et Tabbaye jouiroient 
ensemble du droit de Patronat et la dime de Teglise 
de S. Gilles (Dixme était la S"' gerbe) réservée la 
portion congrue du curé : quand Teglise de S. Gilles 
vaquera ; ils nommeront le curé alternativement, 
mais l'abbaye, nommera la première fois. 

Kebisekew. Frassene. Il y parle aussi de Tcglise de 
Kemsekwe et de vingt sols qu'on donnait annuelle- 
ment au curé de Frassene •.'.... 53 

Waishodstier. 1241 may. Compromis entre Gilles, 
chanoine de S. Donat et Jean de Lcns et Nicolas 
de Bruges chanoines de Tournay nommés par Wau- 
lier Ëveque de Tournay et Thomas comte de flandres . 
et de hainaut et Jeanne sa femme, touchant une 
difficulté qu'il y avait entre eux au sujet de la 
jurisdiclion de la terre de Waismoutier qui appar- 
tenoit a l'Eveque : ces arbitres décident que le comte 
Thomas aura tant sur les hostes de TEveque que sur 
les autres la Justice du sang : quant aux autres 
justices particulières (de melleiis, de falso pondère, 
et mensura, Cervisia, pane, elle sera égale entre 
le comte et l'Eveque. Quant a releclion de sept ma- 
gistrats qu'il doit y avoir dans cette paroisse, le 
eomte et TEveque doivent envoler chacun une per- 
sonne qu'ils jugeront a propos p(»ur faire le choix 
des echevins conjointement avec le curé du 
lieu : Ce compromis contient aussi plusieurs autres 
clauses • ... 57 

1S41. Juin, Thomas, eomte de flandres et de hai- 
naut et Jeanne sa femme confirment et approu- 



— 77 — 

vent les lettres cy dessus conteDi&t le eompro- 
mis au sujet de Waismoutier et qui y sont iiisé«* 
rées • f 1 

RoussELABR. 1243. La veille de V Assomption de la. 
Fterjfe. Wautier eveque de Tournay décharge Gos^ 
suin de Housselaer (de Roilapîo), de quinze livres 
monnaie de flandres qu'il était tenu de donner au 
curé de Rousselaer (de novoRollario) a condition 
que le curé actuel en jouiroit sa vie durant « fol. 69 

4243. AousU Maître W de Gand, chanoine et officiai 
de Tournay déclare que Willaume, chevalier do 
Mooske, a vendu a Waultier eveque de Tournay, 
tout ce qui lui appartenait tant en maison, olleu, 
revenus, etc. dans la paroisse de Wasemoutiermo'ienr 
nant soixante dix livres monnoie de flandres et qu'il 
a promis de faire ratiûer cette vente par sa femme, 
en présence des echevins de Wasemoustier. • . 73 

Wasemocstier, 1246. La 3« ferie après l'octave de la . 
Trinité» L'oilicial de Tournay déclare que Bauduin 
de Moorske Ch' et sa femme, Jean de Thidenghem 
et Bealrix sa femme ont vendu a Wautier eveque 
de Tournay, ce qui leur appartenoit tant Gef, que 
allceu, dans la paroisse de Wasemoustier, promet- 
tant de n'y avoir dorénavant aucuns droits ... 77 

1286. Juillet^ le lendemain de toetave de S. Jeanr. 
Baptiste^ a Tournay. Lettres des Prévôts, Jurés, 
Echevins, etc., de la ville de Tournay, par les- 
quelles ils confirment un accord fait par M* Jean de 
Flati^^doien d'Orieans et chanoine de Laon , et 
Willaume de Hangest, bourgeois de Montdidier, en» 
voies du Roy de France pour se terminer un diffe^ 
rend qu'il y avait entre lad. ville et Michel, Eveque 

JIULLBTINS T. ZVf. iO 



— 78 — 

de Tournaji tottchant le droit de battre monnaie 
dans la ville de Tournay. 

L*Eveque peut faire battre et forger monnoie dans 
la cité, mais avant d'avoir cours^ il doit la faire 
porter aux Echeirîns de lad. ville qui examineront 
si elle doit avoir cours ou si on doit la fondre. 

Il y a encore plusieurs articles. 

Cette lettre est imprimée dans les diplômes Belgi- 
ques, 1. 3) fol. 421, sous le seel de Michel de 
Varcnghiem, Eveque de Tournay 81 

Hôpital a Oudbnboorg. 1247. Mars. Accord entre 
Wautier, Eveque de Tournay et les Echcvins d*Ou- 
denbourg par lequel il est convenu qu'on ne pourra 
recevoir personne dans l'hospital d'Oudcnbourg, ni 
pour l'administration des biens, et qu'on ne pourra 
donner aucunes prébendes aux pères, aux sœurs, et 
autres sans leur consentement commum . • . . 89 

Hôpital a Dah. 1249. Juillet. Lettres des Echevins et 
de la communauté de la ville de Dam, par lesquelles 
il en dit, qu'attendu le mauvais état des biens et les 
revenus modiques de Thopital de S*« Marie a Dam^ 

on n'y mettra aucun (verecundus) ni (vere- 

cunda).. , et qu'on ne recevra ni frère ni sœur, 

jusqu'à ce que cela soit réduit au nombre de cinq. 
Le choix des (verecundus).. est laissé aux Eche- 
vins et celui des frères et sœurs à TEvcque de Tour- 
nay. 

On n'y en recevra point, passé ce nombre, que les 
revenus de Thopital ne soient augmentés. 

Ils en établi différentes personnes pour veiller a la 
conservation de leurs biens qu'ils rendront compte 
a Teveque \ 9S 



I 



— 7» — 

CoMiRES. La 9* ferie^ avant la division dei Apotr^é. 
Accord entre Wautier, Eveque de Tournay et Bau- 
duin S' de Comines et Bauduin.son premier fils, 
touchant la justice que TEveque de Tournay préten- 
dait avoir sur ce qui lui appartenait tant dans la 
Tille que dehors. 

Cette pièce est imprimée en latin , sous le sceaa de 
Bauduin Sf de Gomines, dans le 3* volume des dipL 
belg. â, pages 1231. .. * • 97 

CoHiNES. 1250. La 2* ferie avant la division des 
Apôtres. Le même Wautier déclare qu'il n'y a pas 
d'autre avoué que le comte de Sandres pour les 
terres qui luy appartiennent dans la terre de Co« 
mines, et dans les canonicats et biens de Feglise de 
Comines, qui sont a sa collation, excepté une seule 
chapelle que Baudouin de Comines Ch' et son fils, 
lui ont donné en aumône et entremis dans les mains 
de Marguerite comtesse de Flandres et de Hainaut. 

Cette pièce est imp. dipl. Belg. 1. 2, fol. 1234. Fol. i09 

1d. Prébendes. 1290. La $« ferie, aprestla fêlé de 
S, Jacques et de S. Christophe, Juillet. Marguerite 
comtesse de Flandres et de Hainaut confère a TEve- 
que de Tournay du consentement de Bauduin de 
Comines Gh' et de son fils, et de plusieurs autres per- 
sonnes y nommées le droit de nommer aux prében- 
des, et canonicats qui sont a collation dans la ville 
de Comines, et confirme l'accord fait entre led. Eve- 
que et le Sg' de Comines, touchant la justice qu'ils 
avaient respectivement dans lad. ville et dans les 
environs. 

Cette pièce est comprise dans la pièce imp« des 
dipl. Belgiques, Tome 2. fol. i23i. , Fol. US 

HoueHiN. i25S. Le lundy après S. Laurent. Mai^^ae- 
rite comtesse de flandres et de hainaut conseai qmt 



— 80 — 

pour termiaer le dëbal qa*il y avait entre elle et 
Waatier, Eveque de Tournajr, pour scatoîr de qui 
etoit tenu le fief de Mouscin (Mouchin), iU ont cboi-* 
sis des arbitres y nommés, a la décision desquels 

ils se rapporteront • • * • ISI 

Maison de Cambb. 1251. Le Samedy après S. Mathieu. 
Wautier Eveque de Tournay donne pour toujours 
a Renier Leskcmcul et Marie sa femme, une maison 

appellée (franca camba) près du puits de Bau- 

duin de Leauwc^ pour 7 1. monnaie de Sandres 
de revenu annuel et un denier tournisien de cens 
a la S. Remi^ pour la sûreté de laquelle rente ils ont 
obligé enfers led. eveque plusieurs parties de biens 
qu'ils ayoient a Chierch, paroisse de S. André, près 

Tournay •.«*•••. 135 

Patronat a Houtbm« liBl. £a6« ferie après F Epi-* 
phanie. Wautier eveque de Tournay promet et s'obli* 
ge de nommer pour le personat de Houtem après la 
rmort de Mattbiçu de Audenarde a qui on avait 
donniS ce bénéfice, un prêtre a qui il assigne quiuae 
livre» de reyenu qui sera tenu de dire la messe tous 
les jours dans l'église de Houtemon dans la chapelle 
de Daoiel de Maghues, chevalier et d'aider pour le 
service divin de la paroisse quand il en sera requis. 
Il est dit dans ces lettres que Daniel de Maghues 
Ch' et Olivier son fils avoient donné led. Personnat 
aud« Eveque et ses appartenances tel que le frère 
de Daniel, chanoine de Lille, le possedoit et qu'il 
etoit tenu en fief de Blarguerite comtesse de flaii- 
dres et de hainaut., lesquels Daniel et son fils avoient 
fait serment pour eux et les successeurs de ne trou- 
bler en rien led. Ereqae et ses auccesseors dans 
cePersonntt . l%9 



— 81 — 

fiBKEFiCB A HoiTTBttii. 1891. Fetrier. Marguerite com- 
tesse de flandres et de hainaut, conGrme ta donation 
cy dessus du Personnat de Houthem^ en faveur de 
Wautier, Eveque de Tournay, par Daniel de Moske-* 
lincs^ chevalier, Olivier, son fils aine et Jeanne sa 
femme, et déclare qu'ils ont abandonné led. person- 
nat, entre les mains de différentes personnes : Mar- 
guerite exempte led. Wautier et ses successeurs de 
tout le service de féodalité qu'ils lui dévoient a rai- 
son dud. Patronat ..... 153 

DixME DE Saint Gbnest (Saint Génois) Chapelle de 
Helchin. 1251. Femer. Royèr deCoienghien, cheva- 
lier, décharge et exempte pour toujours de tout ser- 
vice de fief la dixme de Saint^enest (Sancti Génesii) 
qui avait été vendue a Wautier, Eveque de Tournay, 
par Jean de Sceilimbroch, Peronae sa femimè et 
Jean son fils, pour 10 1. monnoie' de flandres : 

Celte dixme avait déjà été vendue aud. Wautier par 
Wanto de Mauroft et Yolende sa mère, maïs elle ne 
pouvoit Tetre attendu la minorité dud. Jean de 
Sceilimbroch : elle etoit tenue eh fief dud» Royer et 
etoît destinée pour la chapelle de ïiekhin* • • • 197 

HoNNEVAiN. DixiiB A Frelinghien. 1354. £a £2eK:tteNM 

ferie après la convershfide S. Paul. R doyeù 

et le chapitre de Tournay donnent a toujours a 
W..., Eveque de Tournay, leur maison de ffênne^ 
veng avec les appartenances et dépendances, en 
échange dequoy led. Eveque leur donne les fruits 
de la dixme de Frelinghiem jnsqu'i 40 1. touraoia; 
si elle vaut d'avantage, les frais paies, ils seront obli- 
gés de rendre le surplus a FËveque, si au contraire 
l'Eveque sera obligé de leur r^idre jusqu'à cm* 
curreoee dead. 40 K tournois IW 



— M — 

CoMiiiBS. 1255 OM environ ^ a Auvigny^ le cinquimne 
des kalendes de novembre^ la 2* année du Pontificat 

Jf Alexandre Bulle de ce même Papequi confirme 

et approuve la donation faite a Wautier, E?eque de 
Tournay, par Baudoin sire de Comines et Baudoin 
son fils aîné chevaliers, du Patronat de lad. église 
et du droit de nommer les prébendes et bénéfices 
de cette église : laquelle donation a été faite en pré- 
sence de la comtesse de flandres et de hainaut. Ces 
lettres sont insérées dans la bulle soos la date de 
la 2* ferie, avant la division des apôtres 1250 à Lille. 
Imp. I. 2. fol. 1230 des dipl. belg. . . . • .145 

ViiiAGB d'Espibrrb. 1257. Juin. Amoul sire de Hor- 
tagne et cbatelain de Tournay promet d'être cau- 
tion pour Royer son frens ch% [sire d*£spierre qui 
avoit fait hommage a TEveque de Tournay du Wi'^ 
nage d'Espierre qui valoit 50 1. parisis, a moins 
que ce vinage ne lui fut otë par un traité qu'il devoit 
faire avecRàouli son frère et Huon, ch' châtelain de 
Gand 149 

PBifiTBMctBR A Tournât. 1257, La veille de FAssomjh 
Hon. Wautier, Evoque de Tournay, ordonne que le 
canonicat de Willaume de Brigardes (du consente- 
ment du doien et du chapitre) sera doresnavant 
rempli par un prêtre, qui sera le grand péniten- 
cier de Tournay, lequel aura douze semaines de 
vacance par an : il sera obligé d'assister comme cha- 
pelain quand TEveque officiera, ou messe ou vespres 
etc. La formule du serment de ceux que l'on rece- 
vra pour remplir cette prébende y est insérée. • 15S 

Hôpital a Rodenbourg. 4258, La 5« ferie avant la 
nativité de S. Jean^Baptiste. Accord entre Wautier 
Eveque de Tournay et les echevins de Rodenbourg 



~S5 — 

au sujet de Thopital de 5. Jtan a Badenbcurg par 
lequel il est dit que 
Les Echevins de Rodeuboui^ pourront nommer sept 
personnes des deux sexes pour régir les affaires de 
la maison sous les ordres des administrateurs. 
L'Ëveque et les Echevins pourront nommer ehaeun 
deux personnes pour avoir soin du temporel dud. 
hôpital. 
On ne peut recevoir que six personnes tant frères 'que 
sœurs dans led. hôpital^ lesquels seront a leur choix 
et a celui des administrateurs. Et autres articles. 1S7 
Abbaye DE DouxwALLB ZoETBNDAELs. 1269, Le lende^ 
main de S. Vincent. Janvier. L'humhle abbë de 
Douxwal ou Zoetendaele et son couvent prient l'Eve- 
que de Tournay de confirmer une vente qu'ils ont 
faite de dix livres de rente*pour paier leur^dette. 
Cette abbaye a été supprimée par une bulle [du pape 
Grégoire 13, en iS84et leurs biens ont été donnés 
au collège des Jésuites. 
Imp. I. 3, fol. 252 des dipl. Belg. (ils etoient cha« 
noines réguliers de Tordre de S. Augustin du dio- 
cèse de Tournay a présent de celui de Bruges • .161 
Bois de Bbeuze. i2Q9. Avril. Jean de Chatillon comte 
de Blois et sires d'Avesncs dit a l'Eveque de Tour- 
Day qu'il veut bien tenir de lui le bois de breuze 
qu'il avait acheté de Jean de MortagnCi a tel ser- 
vice de fief que Hues d'Antoing le dira. • • • . 165 
Pateonat de Rousselaer, 1275, Le jour de Pexalior- 
tion de 5^* Cr(nx. Gossuin Oppidamus de Gand et 
Sgr de Rollario (Rousselaer) donne a Philippes, 
Evoque de Tournay, a toujours la collation de Feglise 
de Rousselaer et consent qu'elle soit donnée a Siger 
dit Hoefelakeo 169 



— «4 — 

WiPPBf. i91i. Àoust. Jean sîrede Hortagne et châ- 
telain de Tournay déclare avoir donné.en fief et 
hommage a Pierre de Guignies ch' les Wines , Fi- 
viers et les Chingles de Wipp^j et lui permet d'ac- 
quérir sans service iO 1. de rente dans les paroisses 
de Biandain et de Froienne . ••••••• 473 

Id. 1277. Décembre, Le même Jean de Mortagne dé- 
clare avoir charge Sohier de Haudion son baillif 
d'adbériter l'Eveque de Tournay des viviers et des 
écluses de Wippes que Mes. Pierre de Guignies lui 
avait vendu. . • • 177 

Sbclin. 1277. La2*ferie après S. Matthieu. Ar..... 
Prevot et le doien et chapitre de Seclin accepteni 
la donation qui leur a été faite par Philippes, Ëvequo 
de Tournay (dont les lettres sont Ici insérées sous la 
date du lendemain de S. Matthieu 1277) de la pré- 
bende dont les Evoques avoient coutume de jouir 
dans leur chapitre, se contentant de recoToir pour 
la procuration de sa visite de lad. église cent et douze 
sols tournois • • • , • . • 181 

HoNNEVAiiiG. 1277. Jfars. Jean sire de Mortagne et 
châtelain de Tournay fait scavoir qu'il a vendu a 
FEveque de Tournay a tenir perpétuellement et 
iretaulement toute la justice qui lui appartenoit sur 
son manoir de ffonnevain et sur toutes les apparte- 
nances et appeodances et sur les terres à labeur, 
dont les abouts sont désignés et qui contiennent 
environ 28 bonniers, et les Winiers de Wippes. 

Marie de Gonflant sa femme confirme ces lettres . • 185 

HoNiiBVAmç. 1278. AvriL Le même Jean de Mortagne 
déclare avoir vendu a TEveque de Tournay tout ce 
qui est repris dans les lettres cy-dessus a HonnOi* 
yaiag moien^ant 1501. tournois qu'il a reçu dud. 
Evoque. : . fol. 189 



— 8» — 

CTSOiNfi. 1378. À Rome, UH* des Calendes de May^ 
la première année du Pontificai du Pape Nicolas 3. 
Bulle de ce Pape a l'Eveque, au Doien et a Henry 
Tuebout,chanomecleParis,paF laquelle il leur mande 
de s'informer et de décider sur la difficulté qu'il 
y a^ait entre l'Eveque de Tournay et l'Archevêque 
de Reims sur ce que ce dernier pretendoit avoir 
droit de visite dans le Monastère de Cysoing^ ordre 
de S^Augustin^ diocèse de Tournay* 

Il dit aussi dans la Bulle que si pat* haine, faveur, ou 
crainte, les témoins cités se dérobent a la citation, 
ils les contraignent a rendre témoignage par la cen- 
sure ecclésiastique • • . • f9S 

Bre0zb. 1279. May. Jean de Chatillon , Comte de 
Blois et Sire d'Avesnes nomme Jean Hazart , son 
Châtelain de Brabant pour faire hommage a l'Eveque 
de Tournay, de son Bois de Breuze. (Breuze est un 
hameau de Cisoiog) (i). Voir cy-dessus, au fol. 165. 197 

Justice Souveraine 1286. Le mercredy^ après Pâques 
fleuries. Lettres de Jean Halings, Prevot de S*- 
Quentin et de Hibemont, par lesquelles il déclare 
avoir fait remettre en sa présence par Watier de 
Nivelle, Bailly des hoirs de la demoiselle de Morta- 
gne, Chatellaine de Tournay a Etienne de Suissy, 
envoie de l'Eveque de Tournay , les prises que les 
officiers de lad. demoiselle a voient fait a Coqueriau- 
mont et a Marcain injustement', parce que TEveque 
comme seigneur et souverain a seul droit de faire 
rendre la justice a lad. châtelaine SOI 



(1) Cette note du copiste ut fautive , Breuse est un bois très- 
inconnu 4 une demie lieue de Tournay. 

BULLETINS T. XVI H 



ditleBel, lojr 4e AnMe, coùlifiiie tÊà «Mèrd fift 
entre la Prevot, litfé|.et Edievits ds Tottrttiy, él 
rSteqM dtad. fies» tndiaat le dfoit 4e kilift 
monnoie* 

Cet aœord y est inwré eo datedefSMyletattdd&eiii 
de ToeUfc S* ieui^Biptiste, il est cj-devtnt M. M. 
Imp. T. 5, foU 421 , di|rf. Beig S05 

Cbapitib db Sbcliii. 1288. La «ûmme ferie apm I^ 
vocavii me. Accord entre Midiel, Sireqne de Toor-* 
nay et les Doiea, dnpitre de TEglise de SeeUn, an 
SDJet d'une sentence interlocntisîlne qni Avoit été 
rendue par Lambert de Thon, officiai de Tonmay, i 
l'înstanee de Wiliaume Kempe, cbanolne de Seclin, 
con^ laquelle sentence led. Chapitre aveit appeW 
au Pape qui leor arolt donné pour juge Hngues de 
Bappaumes délégué par le Do^n de Lille : pour 
mettre Gn, a cette dîscassîoni ils regardent tontes ces 
elioses comme non aTennes et sont comme ils etoient 
avant toutes ces difficultés^ • • • • . «^ . 217 

Abbatb db Montbose. 1290. Lé jour di Sie^-Marguê^ 
rite. Beatfix, humble abbesse et tout le eourent de 
MoQtrose, près Wasemonstter (Mentis rosarum) 
prient TEveque de Tonmay de consentir a la reeep* 
tion qu'ils avoient faite d'une jeune fille de Gand. • 221 

Chapelle a DoDBEfeLB. 4261. ta veille de la frifliiê* 
Aoeord entre Miche), Ereqttede tournayet V. Ddien 
et le Chapitre de S^Donat a Bruges, ^ar lequel lift 
nomment des arbitres, au jugement desquels lift 
promettent de se rendre pour terminer une diffi- 
eolté qu'il y^avoit entre eux au sujet d'une nomina- 
tioti de éfaàpelle A l'Eglise de Dudxeèle, dtùeesë de 
Tournay, qu'ils prétèâdôièht être en droit de 
Mmmer 225 



— w — 

ïù. iS9|* iAi" fkrUg,pÊH SàrBwmbà. îm Bomo 
et GhiipUr? ^ rJEgiiw ik Tournay pvomfttCDt et 
foo^nt.ent.qu^ U difficulté cjr-dessiis entre Hichd, 
Eveque de Toara«iy et II... Doien et la Chapiire ée 
S^D<>9a( 4q Bruges 0dit jugée. ....•« 339* 
1291. £a tieîl'e d^ 'S^^tmofi 0l de ^/ude. Le P^en 
de S^^Dout^ A Brttge$ et J. de Hurd , ch«aoîne de 
Touruay, arbitrf^de lu difficulté cy-desfus pour 
une cl^pell^ a I>ud^9]e9 (urevoyeut }iuqu'& la PurN 
fication de la Vierge , le terme ou cette difficulté 
de?oit être jugéç. .••«•«..». 235* 

Accord. Evscq^ de Tourna^ Echevins. 1293. AParis^ 
lejetidjfapre9 k& Brandon$. (l)OrdonQaDee faite par 
Philippe le Bel, Roy de France, touchant les diffîçul-* 
tés qu'il y avoit entre J, Eveque de Toumay et lea 
Prevot et Ecbeviu9 jurés de lad. ville, qui avoi^A^ 
eovoîé a la cour pour finir tous ces debatç, FEveque 
y etoit pour lui du consentemeot de son chapitre 
et Jacques dit B(outon$ çt Ittîchçl de froiçanç etoient 
les députés de la yille, qui ont été ju^és par plu- 
sieurs personnes nommées par le Roy, 

Bbguine^. LTveque aura droit de nommer la maiUçs^e 
des Beghines et y exercera tout ce qui regarde lo 
spirituel et les Echevins ce qui regarde le ^mporçl. 

MoNNOiE. On rendra a l'Ëveque de Tournay Ig mjQnnoie 
qui y a cours, parce qu'elle est fausse et qu'elle 
n'est pas d'un poids juste. 

L'Eveqqe aura dans sa maison episcopale toute sa jus- 
tice haute, moienne et basse, seul çt sans la parti-» 
eipation de3 Echevins* 

(1) i^ dimanche de Carême, aînaî appelé d*une coutume ai^penii' 
ticuie de courir dani let campa^^net avec des torcMei enflammées. 



— sg — 

Il y a encore plusieurs autres articles qu'il seroit trop 
long de rapporter et dont plusieurs ne yallent pas 
la peine de l'être • 297 

DixKE D£ CouBTRAY. 1299. Jonvier. W. Doien et le 
Chapitre de Tournay, déclarept que W. Eveque de 
Tournay, pourra les rembourser, quand il voudra, 
de la somme de 654 1. monnoie de flandres qu'ils 
lui avoient prêtée pour acheter une dixme dans la 
paroisse de Gourtray, de Henri dit Rusing, de Hou» 
them, laquelle dixme led. Evequeleur aroit donnée 
jusqu'au remboursement. 245 

Aqueduc ne la Maison Episcopale. i3i9. Le mardy 
47 avril. Les Prevot, Jurés, Echevins et Gouverneur 
de la ville de Tournay déclarent ne vouloir porter 
aacun préjudice a l'Eveque quand ils ont fait refaire 
et appareiller le pavé du conduit de Tcau courant de 
la maison episcopale 249 

i320. MarSy a Paris. Echange entre Philippes 5 dît 

le Long, Roy de France et l'Eveque de Tournay. 
L'Eveque donne au Roy l'hommage et la faculté de la 

Chatellenie de Tournay que la demoiselle de Mor- 

tagne, châtelaine dud. Tournay, tenoit en fief dud. 

Eveque : 
l'hommage de l'avouerie de Tournay : 
Les forages des bierres dont led. Eveque jouissoit dans 

la ville de Tournay : 
La justice qu'il avoit dans la ville d'Orque et celle sur 

22 bonniers de terre, près de la potence , excepté le 

fond qui reste a l'Eveque. 
L'Eveque donne de plus au Roy l'hommage de franc 

martel el omnium eampstn^m : 
La prisée de la fausse monnoie et celle dont le poids 

n'est pas juste : 



~ 89 -- 

La maison de S^-Piat : 

Toute la justice qu'il avoit dans la ville de Tournay, 
excepté dans la maison episcopale : 

Et tous les reyenus qu'il avoit dans la ville de Tournay. 

Le Roy lui donne en échange de tout cela a perpétuité 
avec haute môienne et basse justice, plusieurs terres 
et rentes situées a Wes. — Les rentes a Lezennes. 
— Les rentes a Esquermes, il amortit toutes ces par- 
lies et veut qu'elles jouissent des' mêmes libertés et 
franchises que les autres parties de FEveché. 

La donation de l'Eveque de Tournay est en latin et 
celle du Roy en françois. • • • 253 

Bailliage de Verhandois. i 552. Mars , à Paris. 
Philippes 6 dit de Valois, Roy de France, veut que 
les lettres de Philippes 5 dit le Long, insérées dans 
celle-ci| en date de i519, dans l'Âbbaye Royalle de 
S*^-Marie, près Pontoise, soient exécutées : elles or- 
donnent que TEveque de Tournay et ses Vassaux 
ressortiront au Baillage de Vermandois 28t 

Arghidiaconat. 1556. Le dernier aoust. Accord entre 
André, Eveque de Tournay et Jean , archidiacre de 
lad. église, par lequel les droits et émoluments ap- 
partenans a l'archidiaconat sont réglés. • • • • 285 

Id. 1556. Le 5 septembre, Le Chapitre de l'église de 
Tournay. Les Doien et Chapitre de cette église ap- ' 
prouvent l'accord cy-dessus 295 

Droit de visite Harlbbeke. 1556. La 6* ferie après 
la nativité de la Vierge. Le Prevot, Doien et Cha- 
pitre de Harlebeck approuvent les lettres d'André, 
Eveque de Tournay (qui y sont insérées en date de 
1556, le lundy après l'Assomption de la Vierge, a 
Helchin), par lesquelles ils conviennent que sur une 
diflSculté qui avoit été meue entre led. Eveque et 



~ w — 

Chapitre ao sujet du droit de procurQti^n àc^ ^W 
Eveqoes par les ^Upea q«'ilf Tisjtiçat t W Chfipitw 
don^era aud. Eveque» a la prenûere visitCi pour 
son joiepx aveneoient, vingt livres parisis, moiinoie 
de Qaadrea et pour \e$ autrçs visites 10 livres. 
L'Eveque peut y avoir aussi sa nourriture pendant 

son séjour « . • . • 397 

Id. DnoiT w PftocuaATion.» CooaTaAv. Même daU. 
Le Doien et Chapitre de S^« Mariç a Gourtray ap^ 
prouvent les lettrea d'^ndr^, Eveque de TQurpay, de 
même date et de mente teneur que les précédentes 
W sujet du droit de Procuration due aux Eveques 
par le$ Eglises qu'ils viaitenl. • ... $05 

S'-YAAaTs Badvin» Pnoiavm» $an$ date. Pieee qui paroit 
n'avoir pas etd copiée tn entier par laquelle on voit 
une sentence rendue par le Pénitencier de Tourpay 
et Wiilaume dit le Veau, arbitres pour juger le 
différend qu'il y avott entre l'Eveque «t rArchidia** 
tre de Tournay et le Doien de Chrétienté de Lille, 
et le Conv^Qt de S^Vaaat à Arras, par laquelle sén^ 
tence il est décidé que quand rArobidiaere de Tonr^ 
nay et le ïMm de Chrétienté iront visiter Us egtiw 
de Baupinet de Prommj les oesisiers de ces villagea 
devront loger et noMirir Icad. visiteurs selon ruaage. HZ 

Icy finissent les 58 pieees dent il a été fait mention 
ai| commencement de ce trojateme volume» 

Rente ANNQEt'i'K. 1179. Lettres de PhUippes , Comte 

de Vermandois touchant le rachat fait par l'Bvegne 

de Tournay, de sept livres de rente annuelle qu'il 

' devoit a Bauduin de Wase pour le prix et somme de 

25 marcs une fois payés. . . . . • • . .817 

S^Sau?«db a BftUGsa. Sam date. Lettres de Gérard, 
Eveque de Tournay, par lesquelles H fait savoir a 



- ♦! - 

Thien^, «eîgneûi^ ié Wase, qu'il à assigné Sûf Ih 
prêtres de â^-Sauveur de Bruges, les sept livres de 
rebte qu'il devait a Bodin, clerc de Barale, pendant 
sa vie, dont la moitié de voit se payer a la fe(e dé 
S*-Bavon et Tautre moitié a traques !S2i 

Harlebë&b, prëbende. Sans date. Robert, Prévost de 
fEgliSe d*Harlebeke donûe a Gemrd , EveqUe de 
Tournay et a ses successeurs a perpétuité, une pré- 
bende dans son Eglise, a conditions que TEveque y 
nommera un ficaire (vicarius) pour faire son service 
a l'Eglise, moichnant trente sols 32S 

Autel de Courtray. Sans date. Thierry, Comte de 
Sandres, Sibille sa femme et Bauduin son fils don- 
nent a Gérard , Eveque de Tournay fautel de 
Courtray, qu'Arnoul d'Audenarde, qui le tenoit en 
fief dud. Comte, lui avoit remis, mais dont il s'etoit 
réservé les hommages de ceux qui relevoient de lui 
et qui ne appartiendroient point a l'Evoque, a 
moins qui! ne les achetât ou qu'on ne les lui don- 
nât en aumône « . 329 

ExcoKHUNicATidN CoûRTRAf. 4200. Jcaii dé Alcnlile, 
chapellain de S*-Marie a Courtray mandé a l'Official 
de Tournay, qu'il a fait exécuter et publier la seo- 
leàce d'excommunication prononcée contre Pierre 
Becq; s'il y a quelqu'un qui malgré cette sentence 
y contrevienne, il lui fera scavoir, • • • . • 535 

Eenoam, lÊGLiSE DE Eynes. 1205. JanvicT. F... Archi- 
diacre, J.... Doien et WlMaume, chanoine d'Arras, 
nommés par le Pape pour arbitres d^un différend qu'il 
y avoït entre Gossuin, Eveque de Tournay et Wau- 
tier, abbé et les moines d'Eenham , pour scavoir a 
qui appartenoit l'église de Eynes , Fabbé a déclaré 
n'y avoir et prétendre auèuns droits. 
Imp. dipl. Belg. T. 3. fol. 1308 535 



— «2 — 

NoTRB-DaHB A COOBTRiT. RkiHB DBS CbAROMBS. 120... 

Pièce qui n'a point été entièrement copiée , conte- 
nant les statuts et règlements faits par Gossuin , 
Eyeque de Tournay touchant i*£tat et le Régime des 
Doyen et Chanoines de TEglise Collégiale de Notre 
Dame de Courtray, et la correction des délinquants 
en lad. Eglise 341 

Id. 1210. Février. Lettres du Procureur de flandres 
et de hainaut, touchant le droit qu'a FEveque de 
Tournay de conférer deux prébendes dans Teglise 
de Notre Dame de Courtray 549 

FiJRCAM ET CuLciTRAH. 4217. /tnimer. Sous Gossuin , 
Eveque de Tournay : Etat des personnes qui doivent 
a l'Eveque de Tournay le droit de furcam et cul- 
citram. 

C'est a proprement parler un droit de Giste {Gisti). 
Voir vol. !•' fol. 23 551 

DixME A Flissenghek. 1218. À Lille y le mardy après 
S^'Pierre et S^-PauL Jeanne , Comtesse de flandres 
et de hainaut mande et ordonne a Willaume de 
Stades, de mettre en prison, a Bruges , plusieurs 
personnes y nommées et autres pour avoir injurié 
ceux qui ont mis obstacle a ce que G..., Eveque de 
Tournay, perçut son droit de dixme a Flissenghem , 
et de ne les en faire sortir sous bonne caution et 
quand l'Eveque jouira tranquillement de sa dixme. 365 

lo. 1218. A S^'Guislain j le lundy dans Voctave de 
P Assomption delà Vierge. La même Comtesse maude 
et ordonne a André, son Baillif de Bruges et a 
Willaume de Stades de faire mettre en prison plu- 
sieurs personnes qui troubloient l'Eveque de Tour- 
nay dans la jouissance paisible de sa dixme de 
Flissenghem. « ., . . 367 



— 95 — 

Id. 1218. Juillet^ le iamedy avant les vigihs de 
St« Marie-Magàelaine. Lettres passées par devant 

W , Prevot de Bruges et Chancelier de Sandres, 5 

de caution donnée par plusieurs personnes a TEve* 
que de Toumay de la somme de 48 marcs et de 27 
marcs et demi (le marc faisant 55 sols et 4 deniers) 
pour la part de la dixme dud. Eveque a Flissen- 
ghem, Cetle somme devra être paiée en trois termes, 
scavoîr a la naissance du Sgr, a la Purification de 
la Vierge, et au jour de Pâques ' . 569 

In. 1218. La veille de ^'DonaL Willaume Senechal 
du Châtelain de Bruges^ fait scavoir qu'en sa pré- 
sence Pierre surnommé Ghuna a déclaré n'avoir 
aucuns droits sur la dixme de Flissenghem ti qu'il 
abandonne a l'Eveque de Toumay^ le droit qu'il 
pouvoit yavoir • 371 

Id. 1218. A Lille^la 6* ferie après la décollation de 
S^-Jean^Baptiste. Mandement très exprès de Jeanne, 
Comtesse de flandres et de hainaut^ a Guillaume de 
Ostkca et a André Bailly de Bruges, de faire empri- 
sonner ceux qui troubloieot l'Eveque dé Tournay , 
dans la possession de la dixme de Flissenghem , sous 
peine de récupérer sur eux les dommages que led* 
Eveque en pourroit souffrir 581 

Id. 1218. A S^'Ghielainj la 2<> ferie après l'Assomp" 
tion, La même Comtesse réitère les ordres qu'elle 
avoit donné cy-dessus et au même sujet de la dixme 
de Flissenghem ....«• 38S 

Id. 1219. A Courtray, le 1" dimanche d'aomt^ M. de 
Harnes mande a André Baillif de Bruges de la part 
de la Comtesse de flandres d'établir aux frais de 
l'Eveque de Tournay, des sergens de lad. Comtesse 

BULLETINS T. XVI. 12 



— w — 

four garder «t lever la dixme liud. Eveque a 
Fliflseogbem. . M5 

]d. iSi^- iotofp ia 3* /«rie avant rAuomfUim de la 
Vierge^ Lettres de l'achat fait fiar Jeao de Gbeisera 
de la dâme^ des droits appartenant a l'Eveqoe de 
Touroay, a Fliisenghetn (proeter leges Episeopi) 
pour la somine de eent mares et 23 1. a payer en 
trois termes, scavoir a TEpiphanie du Seigneur, a la 
Purification de la Vierge, et am dimanche de Mue" 
rkordia iomini ; le marc étant de 33 sols et 4 
deniers. . 395 

Strbs. 1220. À Tùumay, dans ta trésorerie ^ aouet. 
Accord fait entre Wautier, Eveque de Tournay et 
Ar^oul de Landes , seigneur d'Eynes, par lequel ce 
dernier cède a TEveque du consentement de ses fils 
tout le droit qu'il avoit a la collation des prébendes 
de Teglise d'Eynes. 

Imp. i« vol. dipl. Belg. ((A. 411. fort tronquée. . 395 

DiiHBS DE Wasb. 1221. £a 6*/ene avantla nativitéS^^- 
Marie, a Thamise. Siger, châtelain de Gand déclare 
qu'en sa présence et celle de plusieurs personnes y 
nommées Bauduin de Baisela, chevalier, son parent, 
a donné a Wautier, Eveque deTournay, tout le droit 
qu'il pretendoit avoir sur les dixmes de Wase | 
scaVoir de £ooi^e, de Waeemoustierj de ffelversek, 
de Behehy de Tkitroie, de itupe/monde , de Buisek 
et autres que led. Eveque possedoit, ied. Baudoin, 
après avoir eu l'absolution, a juré sur l'autel , le 
corps du Seigneur et les saintes reliques a Thamise, 
qu'il ne redameroit jamais rien dans lesd. dixmes. 401 

DiXMB OB Flissbnghbh. 1222. Conon, abbé de Eechout^ 
Guinaume, Prévost de Bruges et plusieurs autre 
font seavoir qu'en leur présence^ Jean de Pôle, Roger 



~ tï — 

son frère» S...r9 fflame de Jean aGavtfudc leur 
mère, Henri Rigett et Ogîfye: b» femme , et BanduiO' 
de Gaieka^ oiat renoneé de leur bonne teLooti eu 
droite et preteations qu'ils pouf oieni avoir sur la* 
dix»»e de FliêiBnghienf et l'ont ad jtiré sur les sainteB' 
Evangiles. « • 40S 

FCiisaENGHBM. . HouTALBA. 1224. La ki^ fevie après 9^ 
Catheritiey à ^ André près de Bruges* Gérard ée^ 
Roden déclare qu'en sa présence Jean de Bigghiv 
a promis de s'en tenir au jugement de l'Evecfue de 
Tournajr, pour les diNiits qu'il atoit sot la dixme 
de Flissenghem et pour les difficultés qu'il avoit 
avec Boidekin de Flissenghem; s'il ne tient pas le 
jugement, led. Jean de Biggha donne a l'Eveque, du 
consentement de Wesir son frère, la dtime de 
Houtalha qui etoit tenu dod. Gérard de Roden. • 407 

Sentence RsvoQDJte* S'-Donat a Bauges. iSSIt. Aj^rU^ 
Bruges. W., abbé de S^André près de Bruges 
mandes Pfa....^ Doien, obaiitre et P. Wasselm, 
cbanoîne de S^-Omer, que par l'antorité des lettres 
qu'ils lui aroient envoies ainsi qu'a Vckbi d^SeehôuM 
dans l'octave de S^Pierre et de S*-Paul, il révoque 
la sentence de suspension que FEveque de Tournay 
avoit porté contre les Doien et Chapi^e de S^- 
Donat a Bruges. . ». ..•..••.. 4*1 3 

DiPPBRCNS. Dboit db PROCuaiTioi?. 1^8, fil 4* fetie 
endedans le jûur de Paquesi W... , arcbidiacre 
d'Anvers, Th^.., arcbidiacre de Brabant, et R...., 
Doien deGambray, envoient aux Doien, Chantre et 
Pierre Wasselm , chanoine de S'-Omer , une Bulfe 
du Pape Bénorius (y insérée, donnée a Latran, le ii 
des nones de décembre, la 8* année éer son* Pbntiff- 
cat, ee qui revient ) adressée auxdl archidiik 



— »« — 

cre et Doien, par laquelle il leor est enjoint de 
terminer le différend qu'il y avoit entre l'Eveque 
de Tournay, et l'abbé de S^Thierry de Reims, le 
Chapitre de S'-Donat a Bruges et plusieurs autres 
des dioeeses de Tournay et de Reims, touchant le 
droit de procuration deu par les . abbé et Chapitre 
au susd. EYeque. . . . • 41 Sf 

L'Etequb de Toubnat. S^-Donat a Bruoes. 1225, d 
S^^Gmer, la 3« ferie après Quasimodo. Assignation 
donnée a l'Eveque de Tournay pour le samedy de 
l'Ascencion pour proposer ses exceptions dans sa 
difficulté contre le Doien et Chapitre de S'-Donat 
de Bruges, pour seavoir le jugement par le Prevot 
de Bruges et le Prevot de Chrétienté 42t 

S'-DoNAT A BauoEs. 1225. Avrils a Bruges. Lettres de 
Willaume, Doien de Chrétienté de Bruges, a Ph..., 

Doien, chantre et P Wasselm , chanoine de S^- 

Omer, par lesquelles H leur fait seavoir qu*il a reçu 
leurs lettres y insérées ; données a S*-Omer, la 4* 
ferie après Oculi mei, 1224, qui lui mandoient de 
finir la difficulté qu'il y^avoit entre l'Eveque de 
Tournay et le Doien et le Chapitre de S^Donat de 
Brugesi( led. Willaume leur mande qu'il ne peut 
révoquer la suspension de l'Eveque et la sentence 
d'excommunication qu'il avoit portée contrele Doien 
de S*-Donat, sans que le Prevot de Bruges avec qui 
il devoit juger, y soit présent, et aiant appelle 
l'Eveque 42S 

EvEQUE DE Tournai. S*-Donat de Bruges. i2S4-122S. 
A S^Omer, lait* ferie après Oculi meî. Acte par 
lequel des Doien et Chapitre de S^-Donat de Bruges, 
demandent que l'arrêt et saisie de leurs biens faits a 
la requête de l'Eveque de Tournay soit levé avec 



- w — 

despeos ; la difficulté etoit que le dimanche apretf 
Toctave de S*-Martin , l'Eveque de Tournay ctoit 
venu a leur église a Bruges et avoit demandé son 
droit de visite, deux mois après il fit citer deux 
chanoines pour se trouver a Tournay ou ils n'ont 
pas voulu aller ; TEveque leur écrivit de lui envoler 
60 sols pour son droit de visite, ce qu'ils n'ont pas 
voulu faire. Peu de tems après, TEveque vint a 
Bruges et maoda au Doien et Chapitre qu'il ne vou- 
loit venir dans leur église , ils repondirent qu'il 
serait le maitre de prêcher et de faire tel office qu'il 
voudroit, mais de ne faire aux chanoines aucunes 
corrections, par ce que leur Doien etoit chargé de ce 
soin. L'Eveque fit suspendre les chanoines, s'empara 
de leurs biens et leur fit deffendre l'entrée de l'Eglise, 
immédiatement après Pâques > ils demandent la 
levée de cette saisie de leur biens 429 

Id. 1225. Dans Voctave de S^-Jean-Baptiste. Assigna- 
tion donnée a l'Eveque de Tournay pour le lende- 
main de St-Pierre aux liens, a S^*Omer, contre le 
Doien et Chapitre de S'-Donat a Bruges . . • 435 

Id* Le 9 des Kalendes d'aatistj la 8* année du Ponti- 
ficat d'Honorius. Bulle de ce même Pape au Doien, 
chantre et P..., chanoine de S^Omer, diocèse de 
Therouanne , par laquelle il lui mande de décider 
sur la difficulté qu'il avoit entre l'Eveque de Tour- 
nay et le Doien et Chanoine de S^-Donat a Bruges, 
et de condamner aux dépens ceux qui auront appelle 
injustement » • • ^3K 

Sentence. Eveque de Tournai. S*-Donàt de Broges. 
1225. Le dimanche^ après S^Pierre aux liens. 
Lettres de Ph..., Doien et P. Wasselmi , chanoines 
de S^'Omer, par lesquelles la difficulté qu'il y avoit 



— 9S — 

entre Wautier, Eveque de Tournay el le Doien eC 
^ Chapitre de S*-Donat a Bruges, est décidée de cette 
façon. Quand l'Eveque ira a Bruges, le jour de S*- 
Donat, il pourra y célébrer Toffice divin et il aura 
la même part que les autres chanoines et pourra 
assister au réfectoire avec les personnes qui rac- 
compagneront; s'il fait aussi le service Tapres-diner, 
on lui donnera 40 sols, mais dans ancun autre jour 
excepté celui de la première visite ; si l'Eveque de 
de Tournay ne peut faire consentir son Chapitre a 
cette sentence, le Chapitre de Bruges n'y sera plus 
sujet, s'ils le veuUent. Ces lettres sont scellées des 
sceaux de TEveque , de TEglise de S'^Donat et des 

arbitres 443 

LiMiTBS nu DiOGBSB. A Latran^ le aeeond des noneê 
d'avril^ la 5» année du pontificat de Grégoire.,.., 
Pape» Bulle de ce même Pape, adressée aux Evequea 
de Cambray el d'Arras, par laquelle il leur mande 
de mettre fin et terminer les difficultés qu'il y avoît 

entre l'Eveque do Tournay et l'Eveque de 

(trajectensis) touchant les limites de son diocèse. 447 
Avoué DB Tournay. i^5k. Novembre^ le Samedy après 
TousêainL Compromis fait par Ansiaus, ehevalier et 
avoué de Tournay, par lequel il se met entre les 
mains de Waùtter, Eveque de Tournay et promet 
devant plusieurs personnes en passer par tout ee 
qu'il voudroit pour une difficulté qu'il avoic avec 
led. Eveque touchant soixante livres de blancs et 
d^Artisiens qu'il demandoit.aud. Ansiaus. • • .449 

AvouERiB ni TouRNiY. i534. Juin, le Samedyapree 
l'ÀscBmiany ett la chapelle de l'Eveque a Tournay^ 
Sentence rendue par Jean l'arehidiacre , Watiers, le. 
Tresdrief; Willaiime archidiacre dç flandre^, Att^ 



— 99 — 

noîûe ée Totlrafty, Btitidouîn li Karous de Auroe, 
AUrd Maire de Hekhîn, Ch' Evrare de le Yigne et 
Libers de le Cost, homme de fief de Watier, Eveque 
de Tournay, .a son profit, comme Ansiaus avoué de 
Tournay, qui le condamne a pater aud. Eveque deux 
cent livres parisis pour le marché de l'avouerie de 
Tournay qu'il avoît acheté 451 

Différend. Limites du diocbse. i255. Xe 48 de^Kalén* 
des de juillet^ la fietivieme année du Pontificat de 
Grégoire. Bulle de ce Pape a Fabbé de Smilles, au 
Doyeu de S^Lambert, et a Willaume chanoîoe de 
LiegC) par laquelle il les nomtne pour prendre 
connoissaDce et mettre fin a des difficultés qu'il y 
ayoit enUe TEveque de Tournay et ceux de(trajee- 

tenfiis) , Gambray et Liège, touchant les limites, 

les dixmes et autres droits de son Eveehé. • « . 457 

Chapelle de H^lchin. Dixue de S*-Genois. 4236. Juin, 
Wautier,Eveque deTournay donne en augmentation 
de. biens a la chapelle de Helcbio, la dixme ëe 
S'-Genois (Sancti Genesn) qu^il avoii «ehétée de 
Roger de Bossut Ch'' (de Boseo) et plusieurs autres 
parties y détaillées; et il la charge d'y dire la messe 
tous les jours ci d'assister a l'église paroissiale les 
jours d'office divin ; les dimanehes aucuns habitants 
d'Helchin et autres ne peuvent venir entendre Ul 
messe dans cette chapelle, et sont obligés de l'en* 
tendre a leur paroisse. Ces charges sont faites selon 
le principe de l'evangilc ; qui non laborat non man- 
ducet • . . . . 469 

DiXMB DB Flissenghem. 4357. La 2* ferie aprei S^ 
André. Eustache Baillif de Bruges deelare qu'en sa 
présence et celle des Echevins do Anne y nodmiÀ 
Wàutief fils de Nieolas de Weins a juré de ne poa« 



voir rien prétendre el réclamer dans la dtxtne de 
Flissenghem^ d'en laisser jouir tranquillement l'E- 
veque de Touroay, plusieurs de ses parents y nom- 
més jurent aussi la même chose 465 

Id. i237. La 6" ferie après S. André. Lettres de B.... 
Doien de Gbretienté de Bruges par lesquelles il dé- 
clare aussi qu'en sa présence led. Wautier, fils de 
Nicolas de Weins a promis et juré la même chose. 467 

8^* Walpurgb à Bbugbs. Chapelle a S*-Sauveur. 
4239. Le dimanche avant la Magdelaine. Thomas 
et Jeanne Comte et Comtesse de flandres et de Hai- 
naut consentent que W...,£veque de Tournay, érige 
leur chapelle de S^* Walpurge de Bruges en paroisse 
et ils lui accordent la collation pour luy et ses suc- 
cesseurs : led. Eveque leur donne en échange la 
collation d'une chapelle dans l'église de S^-Sauveur 
dont il etoit patron • 473 

Rbdbvancb AimuBLLB. Wasbmoustibr. 1239. La 6* ferie 
avant Octi/t. Sentence rendue par M" Pierre Du- 
chesne, chanoine et oflSeial de Tournay contre Bau- 
duin de Morsche Ch% a la requête de Hugues de 
Sainghin, Baillif de l'Eveque de Tournay, au sujet ' 
d'une redevance annuelle de 6 deniers et une obole 
monnoie de flandres, et dont il devoit plusieurs 
années aud. Eveque pour des terres situées a Wase- 
moustier tenues dud. Eveque 475 

Abbaye de S. André a Brugbs. Dixhbs de Coleswerf et 
ViNiNAHAED. 1242. Juilkt. Accord fait entre W..« 
Eveque de Tournay et W.... abbé et tout le couvent 
de S. André près de Bruges, touchant les difficultés 
qu'il y avoit entre eux touchant les dixmes de Wini- 
namaed et de Coleswerf près de Houtalba et de 
Fliesenghenij par lequel la dixme de Coleewerf 



— 101 — 

appartiendra aud. Etreque et a ses successeurs et 
l'autre a lad. abbaye et a toujours 481 

Nouveau RoLLERS. 1242. La veiUe d$ l'Assomption de 
la Vierge. Wautier,Eveque de Toumay déclare que 
Gossuinde Rollers Ghatelaia de Gand et ses héritiers 
ne seront plus tenus de paier aud. curé du nouveau 
Rollers f quinze livres monnoie de flandres qu'il lui 
paioit jusqu'à ce que les revenus eussent pu valoir 
cette somme et lui donne le droit de conférer lad. 
cure et U |;arde dans lad. Eglise du nouveau Rollers. 485 

Ghapbllb A TouRCOiivG. 1242. La 2* ferie après V As- 
cension. Lettres de Wautier, Evoque de Tournay, 
contenant plusieurs ordonnances faites par led. 
Evoque touchant les charges d'un chapelain dans 
l'église de Tourcoing dont il etoit le patron . . • 485 

DixHE d'Esquerhbs. 1243. Le jour de la ToussamL 
Jeanne, Comtesse de flandres et de liainaut mande a 
son Baillif de Lille d'adheriter selon les loix, W..., 
Evoque de Toumay dans la dixme de la paroisse (de 
Schelmis) i'EsquermeSjqu'il avolt achetée de Jean de 
Haya chevalier et qui etoit tenue d'elle en fief, la- 
quelle dixme elle exempte pour toujours de tout 
service féodal 495 

lo. 1245. Novembre. Adheritement donné par Thomas 
Baillif de Lille a W.... Evoque de Toumay d'une 
dixme a Esquermes et dans son personnat qu'il avoit 
acheté de Jean de Haia €h' et Usilia sa femme et de 
Jean son fils aine, aiant appartenu a Jean du Moulin, 
pour 390 livres monnoie de flandres, laquelle dixme 
etoit tenue de la Comtesse Jeanne qui lui donne 
exempt de tout service féodal 493 

HouppuNBS. DiXMB. 1248. La 6* ferie après la Magds" 
laine* G... prieur de Houplines aiant l'administra- 

BULLETINS T. XVI. 43 



tion des, biens de Fabbaye de..... (Saaeti RasoU) 
donne et cède a l'Evec^ue de Tournay le droit qu^ii 
avoit sur une partie de dixioe au yillage de Houjh 
plines que led. Eveque avoit achetée de WiilauDue de 
Harlebeke et de sa femme ..•••••• 501 

S^-PlBBRE DE GanD. WaVRB. DlXMBS. HOPITÀL COVTBSSB 

A LiLiB. i248. A Ehnare^ la â" ferie avant les Ba^ 
meaux. Accord fait entre l'ETcque et le Chapitre de 

Tournay, et Tabbé de S. Pierre de Gand, qui met 
fin aux différend qu'il y avoit entre eux touchant 
différentes dixmes novâles des noUTClles paroisses 
de Wavre et de Ofmonskerke^ près de Bodetibourffy ' 
et dont rSveqde de Tournay avoit donné ane partie 
a l'hôpital comtesse a Lille : il est réglé dans cet 
accord les parties de dixme qu'ils doivent avoif 
chAemi respectivement et avec les aboots. . . • SOS 

Pré a Hblomiii. Saiivt Gbivois. 4349. Lavetilede tous 
k$ Saints* WiUaume Gh' et Sgr de Avelghem donne 
adheritemen^ Wm Eveque de Toori^ay, d'un quar- 
tier de pré gisant a Helchin et d'une somme giMnte 
aud;. lieu de HelehÎD et Saind-Gehois, qu'il àVmt 
achetés de Hugues de Annes Ghi*, de Heile sa fedume 
et de Jean leur fils aîné, lesquelles parties etôîent 
tenues au fief dud. Hugues et les donné actuelle^ 
ment exemtes de tout serviecfr feodatx . . • , M5 

Id. 1249. i^ovsm6re. Lettres de TOfficial de Tottrilay 
touchant la yetite de ce quartier de p^é cy-dessus . 517 

Ghapitrb db Gourtrat. 1249. Le samedy^ après FAs*- 
eentian dU' Seigneur. Wautier, Eveque de Tournay, 
donne des statuts et reglemens aux Doien et Chapi- 
tre de.Gourtray, fixe le tems de leur résidence, de 
leurs Tacandes, des revenus des prébendes, et des 
règles particulières des vies des chanoines ^ et en 



— iÔ8 — 

verHi d'une Bulle du Pape Innocent.... y inserëe 
donnée a Lion le jour deis Ides d'oetobre, la S*' année 
de 8oa pontificat 521 

BONNIEBS DE TeRRE. PiERRE DE LiLLÉ. 1260. Lq 5* 

ferie âpres Oculi met. Ph , Doien de Chrétienté 

de Lille, fait scaroir que Pierre de Lille et Margue- 
rite sa femme ont werpi entre les mains de W...., 
prêtre de Seclin , et Henry Eslreloy, clerc, au nom 
dud. Eveque , deux bonniers de terre. .... 555 

Hommage de Froyenne. Blandain. Honnevâins. 1250. 
La 4" ferie après le dimanche de la Résurrection. 
L'Offîcial de Tournay déclare qu'en sa présence 
Colard de Orke, Jeanne sa femme, Colard son fils 
aine, et Pierre ont reconnu avoir vendu a FEvcque 
de^Tournay, ["pour .la somme de 17 livres arlois , 
l'hommage de Alard de Froienne, Chevalier et ce 
qu'il tenoit en fief dud. Colard; led. Âlard a fait 
aussi hommage aud. Eveque de plusieurs terres qui 
lui appartenoient a Blandain , Honnevaing et 
Froienne 555 

Chapitre de Courtray. 1251. La 5« ferie après la 
Purification de la Vierge, Lettres de W...., Eveque 
de Tournay , confirmées par Marguerite, Comtesse 
de flandres et de hainaut, par lesquelles ils nomme 
les prébendes de l'Eglise Collegialie de Courtray qui 
doivent être conférées aux prêtres, aux diacres et 
aux sous diacres, et ee du consentement du Doien et 
Chapitre de lad. Eglise 541 

Personmat de HouTflBM. Iâ51. La 6* ferie après 
l'Epiphanie. Lettres de W...., Eveque de Tournay, 
par iasquelles en conséquence de la cession a lui 
faite par Daniel de Maglives et Olivier son fils du 
persoonat de Houthem avec ses appartenances, ilpro- 



— 104 — 

met d'eUblir, opres la mort da possesseur du béné- 
fice , un seeoad prêtre qui aura quinze livres du 
bénéfice et qgi sera tenu de dire la messe dans le 
château de Houthem ou dans l'Eglise paroissiale, 
toutes les fois qu'il en sera requis par les héritiers 

dud. Daniel de Maglives btë 

Chapelle de Hblchin. Paroisse a Tournât. 1251. 
Dans Voctave de la Purification de la Vierge. LJettres 
de Waûtier , Eveque de Tournay, par lesquelles, du 
consentement des Doien et Chapitre de Toui'nay, il 
transfère sa chapelle de Helchin, après la mort du 
bénéficier, dans la ville de Toumay , pour l'y eri* 
ger en paroisse , ce qui depuis a été fait sous l'invo- 
cation de S^*-Marie-Magdelaine 549 

Chapelle de Hblchin. Dixme de S^enois. 1251. 
Dans Poctave de l'Epiphanie, Lettres de l'Official 
de Toumay qui contient l'agreation faite par Jean 
de Stelimbroch, de la vente de la dixme de la pa- 
roisse de S. Génois faite a TEveque de Touraay 
par Wauch de Mauroit, (vitricus) sa grand mère, du 
consentement de Roger de Coyenghem Ch' de qui 
lad. Dixme etoit tenue en fief, laquelle vente avoit 
été faite à son préjudice étant alors mineur d'ans, et 
qu'il confirme ainsi que Perone sa femme et Jean 
son fils aine, déclarant de ne jamais y rien préten- 
dre-: laquelle dixme avoit été donnée a la chapelle 
d'Helchin. Voir cy-dessus fol. 157 551 

Usuriers. 1254. A Bruges^ kSamedy avant le Diman- 
che, isti sunt dies. Marguerite, Comtesse de flandres 

mande a Adam Thojecta chanoine de de ne plus 

se mêler d'affaires des Usuriers et qu'elle en a remis 
la connoissance a l'eveque de Toumay «... 557 

Chapitre de Courtray. 1254. La 3* ferie après S. Eue. 



Les Doyen et Chapitre de Notre Dame de Courtray 
reeoDnoisaeDt devoir et s'obligent de payer a Bau- 
doin, Chapelain de leur église, 50 livres monnoiede . 
flandres pour emploier en achat de rentes au profit 
dé sa chapelle 5S9 

Chapitre db S' Donat. Droit db visites. 4254. A. Wa^ 
zemmesj le Samedy après Pâques. Jean Lodemar 
chanoine de S. Donat a Bruges et envoie du Doien 
et du Chapitre de cette Eglise pour exécuter le juge- 
ment qui avoiteté porté sur la difficulté qu'il y 
avoit entre eux et l'Bveque de Tournay, jure et pro- 
met que dans la première visite que l'Eveque vien- 
dra leur faire a Bruges ils iront au devant de lui 
processionnellement comme a son joieux avènement 
et que dans les visites qui suivront la première ils 
seront tenus de lui paier ce qu'il est marqué dans 
ces lettres et selon la taxe que le Pape en a donné. S67 

Id. 1257. Le Dimanche de Qtiasimodo. Les Doien et 
Chapitre de S' Donat de Bruges, confirment et ap« 
prouvent les lettres cy-dessus de Jean dit Lodemar, 
leur confrère, aW Evoque de Toornay. . 571 

S^-DoNAT DE Bruges. 12,57. La 5® ferie avant Quasi^ 
modo. Procuration donnée par les Doien et Chapi- 
tre de S^-Donat de Bruges^ a Jean de Lodemar, leur 
confrère, pour traiter et accommoder tous les diffe- 
rens qu'ils avoient avec l'Eveque de Tournay. , • 573 

Patronat. Paroisse de Lohbardie. 1258. Le dimonr- 
manche ou l'on chante Isti sunt dies. Lettres de 
Gilles de Tescrep dit le Chien , par lesquelles il 
déclare que pour finir les differens qu'il y avoit 
entre loi , et W.... , Eveque de Tournay , ils ont 
choisi Jean, Doien de l'Eglise de Furnes et Gilles , 
Doien de Chrétienté de Bruges pour arbitres et au 



— i06 — 



jagement desquels ils promet de se rendre, s'tto ne 
sont pas de même avis , il choisit pour troisième 
arbitre Gilles , Prevot de S*-Pierre de Doaay , le 
point de diiBeulté etoit de seavoir a qui devoit ap- 
partenir le Patronat de la paroisse de Lombardie. S75 

Id. iâ58. Le iamedy ou Ton chante Sitientes. Lettres 
de Jean , Doien de rEgiise de Furnes et de Gilles, 
Doien de Chrétienté de Bruges , par lesquelles ils 
adjugent a Wautier , Eveque de Tournay , la colla- 
tion de TEglise deLombardic, comme patron, Gilies 
de Tescrep dit le Chien , présenteront aud. Eveque 
et a SCS successeurs les gardiens de lad. paroisse 
que TEveque sera tenu d'admettre s'ils sont juges 

capables 581 

Les lettres ey-dessus y sont insérées tout au long. 

Assignation DE Douaire. Bois de Weis. 12S(9. Janvier. 
Lettres d'Ansiaus d'Aigrement Ch', avoué de Tour- 
nay, confirmées par Rénier son fils, par lesquelles il 
reconnoit avoir donné en mariage a Boussarde sa 
femme, mil livres tournois, pour lesquels il lui 
assigne quarante deux bonniers de bois a Weis , 
tenus de la Comtesse de flandres 589 

1270. La 6« ferie avant S^Vincent. Le Doien et Cha- 
pitre de Tournay donnent consentement aux lettres 

cy attachées et scellées de sceaux de J , Eveque 

de Tournay et de M , Comtesse de flandres. . 593 

Il n'y a point de lettres qui aient aucun rapport a 
celles-ci. 

1260. Mars. Chirographe passé par devant des Bche> 
vins y nommés par lequel il est dit que la maison 
Monnart le Carlier que Hoc de Popoele tient près du 
Marché des Vadies, doit a Teglise de S^^alizte, 
5 sols parisis da rente. 
Il n'y est pas fait mention de ville 59S 



— i07 ~- 

RcjHB. Obkb. i270« Avril, Jean châtelain de Toornay 
et sire de Mortagne assigne a Jean Ëveque de Tour- 
naj dix livres tournois a prendre tous les ans sur sa 
terre de Rume jusqu'à concurrence de quarante 
livres pour le dommage fait aux sujets dud. Eveque 
dans la terre d'Orke par Willaume son frère, lesquels 
doivent être paies après le sire de Diestre. . . 601 

Beguihage d£ Bruges. 1270. Janvier. Lettres de J... 
Eveque de Tournay, scellé du sceau de M... com- 
tesse de flandres et du sien, par lesquelles il conte 
que la collation des bénéfices du Beghinagc de 
Bruges appartient a Marguerite, comtesse de flandres 
et de hainauty a Guy son fils et a leurs successeurs, 
et la collation de la chapelle qui sera desservie a 
S'-Sauveur a Bruges, a FEveque de Tournay; si 
quelqu'un veut y fonder encore quelques chapelles 
la collation appartiendra a FEveque et a ses succes- 
seurs. 

Je crois que la lettre cy-dessus page 595 repond 
a celle-ci * 60? 

DixMB DE Frelinghem. 1275. La 6^ ferie après 
S^'André. G...., Doien et le Chapitre de Tournay 

prient M , Comtesse de flandres et de haînaut 

de les exempter de tout service féodal pour la dixme 
de Frelinghem qu'ils venoîent d'acheter de Wil- 
laume fils et héritier de Jean Desprets de Frelin- 
ghem et dont ils avoient été adherité par Michel 
de le Deosle Baillif de Lille. . 609 

Patronat de Rollbrs. Roussblaer. 127b. Le jour 
de tExaltatiùn de S^^Croix. Gossuin, châtelain de 
Gand et seigneur de RoUers renonce a tout le droit 
qu'il avoit a la collation de la cure de Rolierd, en 
faveur de Philippe, Eveque de Tournay, et consent 



— 408 — 

que Siger de Haefelaken qne l'Eveque y avoit 
Dommé ait la cure 611 

Chapellb de la Macdelainb a S'-Pibrre a Lille. 1277. 
La ^^ ferie après S^yicaist. Lettres passées par 
devant TOfficial de Tournay, par lesquelles Jean de 
Mesplace, prêtre, chapelain de la Magdelaine dans 
Teglise de S^Pierre a Lille a reconnu devoir a Jean 
le Monne..... (Armigtro) de Philippe Evoque de 
Tournay, 28 florins d'or, par lesquels il s'oblige lui 
et ses biens et son revenu de la chapelle • . . .617 

Excommunication Jean Begk. 4278. LejourdeS^Pierre 
et de S^'PauL Un curé de Courtray mande qu'il a 
mis a exécution (a TOfficial d^ Tournay) son mande- 
ment de publier de nouveau la sentence d'excommu- 
nication portée contre Jean Becq 624 

Sentence d'Excommunication. 4278. La veille de 
S^Piene et S^-Paul. L'Official de Tournay envoie 
aux prêtres, chapelains du diocèse de Tournay et 
particulièrement a ceux de TEglise de Gourtray, des 
ordres de prononcer une nouvelle sentence d'ex- 
communication contre Jean Beck , de la prononcer 
dans TEglise et quand il y aura beaucoup de 
monde, et contre ceux qui lui donneraient aucuns 
secours soit en manger, boire , feu, eau et autres 
choses nécessaires a la vie, tant qu'il subsistera 
dans son excommunication 625 

A la Vieille vilky aux nones d'aoust^ la neuvième armée 
du Pontificat de Nicolas. Bulle de ce même Pape, 
par laquelle il mande a Jaques dit Gastaingue , ar- 
chidiacre de Liège , de connaître du troubleret du 
degat fait sur les terres de l'Eveque de Tournay par 
Hugues Dufour et Robert de Peuly des diocèses de 
Gambray el de Noion €29 



— 109 — 

Ghapblle a S^-Sàuvevr a Bruges. 4281. La deuxième 
ferie (xvant le jour des Cendres» Philippe^ Eveque de 
Tonrnay interprète, a la faveur de Gérard de Gand, 
ehapelain d'ane ehapelle a S<-Sauyear a Brages, cer- 
taine ordonnance qu'avoit fait Waatier son prédé- 
cesseur, touchant les charges de lad. chapelle qui 
etoient de chanter la messe tous les jours dans le 
ehœur da lad. Eglise et y joint un autre chapelain 
appelle Gérard de Bredene pour faire le service 
altematÎTement. « é 631 

EspiERRE. 1282. Le dimanche après S^-Denis. Jean 
Despierre, Gh' reconnoit devoir a l'Eveque de Tour- 
nay et s'oblige de lui paier dans l'Octave de Pâques 
prochain vingt livres parisis, qu'il lui avoit prêtés et 
pour lequel il oblige un bois qui lui appartient aud. 
Espierre que TEvêque pourra lui acheter s'il ne 
paie pas dans le tems prescrit 657 

RuMiLLiEs. i284. Le jour de S^-Marc VEvangeliste» 
Wautier , sire d'Ainghien , commet Thierry de 
Howes, Ch' etSohier de Ramulot pour requérir 
son droit en la Cour de l'Evéque de Tournay, au 
sujet d'un fief a lui appartenant, séant a Rumillies, 
et des autres fiefs qui en mouvoient 64! 

S*-NicoLAS DBS Prêts. Lembrbcbies. RAMEcaorx. iâ82^. 
La S® ferie après la Circoncision* Le Prieur et Con- 
veat de S^f ieolas des Prêts près de Tournay donnent, 
par le conseatement et avis de M«... Eveque de Tour- 
nay, de l'abbé de S^Hartin et autres, a Jean de 
LeQs, leur ancien abbé tous les prêts, terres, ete. 
qui leur appartenoient a Lembreehies paroisse de 
Ramecrois , pour en jouir pendant sa vie, et s'il 
prend avee lui quelqu'un de levyrs confrères il aura 

BULLETINS T. XVI 14 



— no — 

deux prébendes telles que les autres chanornes ont 
accoutumé d'en avoir 643 

^HoMiiAGB* 1285. Le mercredi/ après S^Philippe. Guy 
de Ghatillon comte de S*-Pol commet Jeau de Biau- 
quesne Baillif de Lens, pour se transporter vers 
M.....vEvequede Tournay, qu^il appelle sire, pour 
lui faire hommage en son nom de certaine terre 
qu'il ne nomme pas et qu'il tenoit dud. Eveque. . 649 

'Moulin à Helchin. i286. La nuit de la Tousêaint. 
^Pierre de Erbaudenghien et Catherine sa femme 
vendent a Michel, Eveque de Tournay , pour 80 liv. 
tournois dont ils ont été paies , un moulin situé 
devant leur maison de Jerpenghien près du chemin 
de Helchin , ils promettent sous l'obligation d'une 
amende de cent livres de jie faire construire eux 
ni leurs héritiers un moulin a une lieue de cet en- 

.droit en-deça de l'Escaut 651 

Id. 1286. Février. Lettres de l'Official de Tournay, 
pardevant qui il est dit que la vente du moulin cy- 
dessus s'est faite aud. Eveque, et ils .promettent de 
ne jamais venir a l'encontre sous peine de l'excom- 
munication 657 

Abbaye de Tronchiennes. 1288. La 5* ferie après 

S^'Bfatthieu, M et tout le couvent de l'abbaye 

de Tronchiennes , ordre de Prémontré, reconnott 
que Philippes, Eveque de Toumay s'estoit volon- 
tairement et de grâce spéciale obligé a promouvoir 
aux ordres les Religieux de lad. Abbaye et que cela 
ne peut prejudicier a aucuns de leurs droits res- 
pectifs. ... 9 G6S^ 

£vBQUB DE Tournât. Chapitre de Tournât. S^Bavon a 
Gand. Dixhes novales. Hôpital Comtesse. 1289. La 
3r ferie après POctave d€ S^'Pierre el de S^-PauL 






— iil — 

Lettres de M...., Eveque, Doicn et Chapitre dé' 
Tournay, des Maître, frère et sœars de Thopital 
Comtesse a Lille, d'une part etTabbë et couvent de 
S^Bavon a Gand, ordre de S'-Benoist, diocèse de 
Tournay , par lesquelles , pour terminer les contes- 
tations qu'il y avoit entre eux touchant les dixmes' 
novaUSf sauf l'accord fait entre eux touchant les 
dixmes de Vlsle de Cadsant et des terres voisines , 
ils nomment M<> Jaques , archidiacre de Gand et 
Hugues de Oestburg, chanoine de Tournay , pour 
l'Ëvequc et ceux qui etoient de son parti, les moines 
de S'-Ba von nomment Banghelin moine et Willaume 
Cliebaut clerc, et nomment tous de commun accord 
pour cinquième Henri archidiacre de Tournay, pour 
examiner bien toutes ces difficultés et en rendre un 
jugement qui doit être fait le jour de S^^Remi iâ90; 
ils promettent tous de se soumettre au jugement 

qui sera rendu a ce sujet. • • 667 

CoAPELLE ▲ DuDzEELE. i29i. Laveille delà Trinité. 
Accord entre Michel, Ëveque de Tournay et le Cha- 
pitre de S'-Donat de Bruges, par lequel ils nomment 
des arbitres pour terminer une difficulté qu'il y 
avoit entre eux, au sujet d'une nomination de Cha- 
pelle a l'église de Dudzeele. 
Voir cy-dessus , page 225. ...••.. 671^' 

Id. i291« la^ferie après S*'Bamabé. G , Doien 

et le Chapitre de Tournay donnent leur consente- 
ment, en tant que cela ne portera aucuns préjudices 
a leur Eglise , au compromis mentionné es lettres 

précédentes fait entre M , Eveque de Tournay 

et les Doien et Chapitre de S^Donat de Bruges. • 683* 

iD. i291. laveille de S'-Simonet S''Jude.^Y , 

Doicn de S*-Donat de Bruges et Jean de Muro, cha«> 



) 



Dokiede Toornay, arbitres dans la diflGicuIbé de/ci 
chctpelhde Dudzeek^ proragent leur compromis 
jusqu'au jour de la purification de la Vierge* . . MS 

SAuvBGAaof • Protection. Frange. 1293. Ifavembrê^ d 
Melun* Lettres de Philippes 4 dit le Bel Boy de 
France, par lesquelles il donne sauvegarde et pro- 
tection spedalle a l'Eglise, aux Bteque et Chapitre 
de Toumay et veut qu'ils soient toujours sous la 
proteotion immédiat des Roy s ses successeurs en la 
couronne de France 687 

Imp. ordonnances des Boys de France, tom. Il, fol. B74. 

1297. Novembre, d Gand, Mandement de Guy, Comte 
de Flandre et Marquis de Namur, aui abbés de 
Anchin , Marchîennes , S^Bertin , S^Winnocq , 
S*-Bavon , S<-Pierre de Gand , S^ Amand , de Ham , 
de Hasnon, de Hufflegliem, de lui paier. • . . 
fpellîcias, Botas et 20 sols) qu'ils étoient tenus de 
paier tous les ans a sa Chancellerie , le jour de la 
Toussaint W9 

Tiré du Rcg. des Chartes cottë 7, fol. 198^ verso. 

1 297. La 3« ferie avant la eanversion de S^-PauL 
Ecrit donné par Nicolas de Soissons, Jean de Guise, 
Gérard avoué de Nivelle, et laques de Charniers, 
Procureurs de Guy, Comte de Flandres, aux archi- 
diacre de Hainaut , Jean de Marie , chanoine de 
Cambray , et a Jean, abbé de S*-Aubert a Cambray, 
au lieu de Jean , archidiacre de Cambray, juges 
délégués par le Saint*Siege pour examiner les diffi- 
cultés qu'il y avoit entre le Comte de Flandres et 
Jean, Evoque de Toumay , au sujet d'une maison 
dans le diocèse de Toumay qu'ils pretendoient tous 
deux leur appartenir : les juges nomment la 2« ferie 
après le dimanche on Ton chante invocavit me, pour 
entendre les parties ' . . 697 



— i«5 — 

Justice de Helchin et S^-Genois. 4231. 1501. La 4^ 
ferie avant S^Gregoire. — Accommodement fait 
par Wautier , Prevot de Seclio et Thrcsaurier de 
Touraay, Cille de Aigremeot, Châtelain deTour- 
nay^ Bauduin Garo, Sgr de Rume et Hellio, Sgr de 
Sainghin, pour les difficultés qu'il y avoit eu entre 
feu Gossuin , Eveque de Tournay, ei Thierry de 
Monnes etBauduin, Châtelain de Tournay, toudiant 
la justice de Helchin et S'-Genois. 

Cette pièce est fort embrouillée et mal ccritc je la crois 
del25i. 708 

CuAPELLE A Tournât. 4305. La seconde ferie après 
S^'Denis. Vidimus de TOfficial de Toarnay, des 
lettres de Guy de Boulogne, Eveque de Toumay 
du même jour, dans lesquelles il en est fait mention 
d'autres données par son prédécesseur Evoque , par 
lesquelles il amortit eertaines rentes données par 
Jaques, Chanoine de Toumay , pour la fondation 
d'une chapelle dans FEglise de Toumay, a chaîne 
de 60 sob de relief et d'en faire hommage aud. 
Eveque. 713 

Clercs btraugers. A Àvigmn, le second des nones de 
décembre f la 5"» année du pontifical de Clément 3. 
Bulle de oe Pape, dans laquelle est un accord fait 
entre André Cardinal Prêtre du Titre de S'^-Su- 
zaone, Eveque de Tournay , pour lui et son Eglise 
et rofficial de Tournay d'une part , et Ifi Doien, 
Chapitre et Tresaurier de lad. Eglise d'autre part , 
touchant la punition des Clers étrangers qui com-* 
mettent quelques fautes dans l'Eglise de Tournay. 717 

Ardenbourg. 4312. Onzième indication, le S février j 
la 8«« année du pontifical de Clément 5 , dans 
Vliôtel^de-Ville d'Ardembourg^ Lettres des Bourguc- 



— 114 — 

maistre, Echevins et Jean de Glaerhoud, syndic de 
la ville d'Ardembourg, diocèse de Tournay , par 
lesquelles ils font scavoir qu'ils sont convenus de 
donner a l'Eveque de Tournay, 500 grands denierà 
d'or, le denier d'or valant S5 gros tournois, pour 
dédommagement de ce que plusieurs personnes de 
leur ville avoient fais sortir de force et même 
avoient fait mourir plusieurs clers tonsurés qui 
etoîent dans TEglise de S*-Bavon qui est dans la 
même ville 733 

Id. i3i2. Acte de Jaques Hugo^ notaire de Ardem- 
bourg qu'il a veu, signé et fait les lettres cy-dessus 
de la ville d'Ardenbourg. 745 

Chapelle à Cysoing. 1316. Apres l'odave de la Ptirt- 

fication de la Vierge. G , Doien de l'Eglise de 

Tournay, Vieaire-general de G , Eveque dud. 

lieu y confirme une fondation de chapelle dans 
l'Eglise de Gysoin, faite par Jean, abbé et Guillaume 
de Cysoing clerc, exécuteurs testamentaires de dame 
Marie de Harnes, dame de Cysoing et de Claircrive. 747 

Chapelle ▲ Cysoing fondée. 431 6, Xa3« ferie après 
l'Epiphanie, Jean, abbé de Cysoing et Guillaume 
de Cysoing , clerc , prient Guillaume , Doien de 
l'Eglise de Tournay , Vieaire-general de l'Eveque , 
de confirmer, de son authorité ordinaire, une cha- 
pelle qu'ils avoient fondée en l'Eglise de Cysoing , 
pour le repos de dame Marie de Hames, dame de 
Cysoing, dont ils etoient exécuteurs testamentaires, 
et avec les biens de lad, Marie. 

La confirmation est cy-dcssus 754 

Aqueduc de la Maison Episcopale. 1319* Mardy M 
avril. Les Prevot, Jurés et Echevins de la ville de 
Tournay, déclarent ne vouloir causer aucun pre-> 



— 115 -^ 

Judice a Guy, Eveque de Tournay, quand ils ont 
fait refaire et rappareiller le payé du conduit de 

Teau courant de la Maison Episcopale 759 

Maison dbs Anciens Prêtres a Tournay. 1532. ^a 
5<> ferie après l'Epiphanie. Lettres de Guillaume , 
Eveque de Tournay, par lesquelles il déclare que 
doresnavant personne ne pourra être reçu dans la 
Maison des Anciens (ementortiifi) Prêtres à Tournay, 
fondée par TEveque Wautier , et ce du consente- 
ment du Chapitre, qu*il n'ait desservi quelque cure 
du diocèse au moins pendant deux ans, ou qu'il 
n'ait pas de quoy vivre décemment. . • • . 7G1 

AccoAo. Eveque. Archidiacre. i336. Le dernier aousU 
Accord entre André, Eveque de Tournay et Jean, 
archidiacre, par lequel ils terminent plusieurs 
diiferens qu'il y avoit entre eux, touchant plusieurs 
droits dus a l'Archidiaconat. 

La Guria de l'Archidiacre, sa Jurisdiction, sont unis a 
FEveché de Tournay, les émoluments du sceau qui 
appartiennent aussi a l'Archidiaconat seront actuel- 
lement a l'Eveque qui sera tenu de lui donner 250 
livres tournois par an, pour les emolumens appar- 
tenans a l'Eveché^ sont pour les registres, pour 
l'audition des Comptes , et l'Archidiacre en aura le 
tiers. 

L'Archidiacre pourra aussi demander a l'Eveque la 
copie des comptes qui l'intéressent pour les émolu- 
ments et autres et l'Eveque sera tenu de les lui 
montrer. 

Il y a encore plusieurs autres articles dans cet accord 
qui a été fait du consentement du Chapitre. • • 765 

Wasemoustier. Accord. Justice. Magistrat. i34i. 
Juin. Thomas, Comte de fiandres et de hainaut et 



— Ii6 — 

Jeanne Comtesse sa femme, confirment les lettres j 
insérées en date de may i34i , de Gilles , Doien de 
S'-Donat a Bruges, Jean de Lens et Nicolas de Bru- 
ges, chanoines de Toumay , nommés arbitres du 
difierend qu'il y a voit entre lesd. Comte et Comtesse 
de Sandres et W , Eveque de Tournay, tou- 
chant la justice a Wasemousiier : il est dit dans 
ces lettres , que la justice du sang , tant sur les 
manans de l'Eveque que autres appartiendra au 
Comte. 

Les difficultés qui arrivent] au sujet du faux poid et 
mesure, cervoise , pain, (de mellecis) appar- 
tiendront aux deux parties et en commun, quoi- 
qu'il arrive même effusion de sang. 

Ce qu'il proviendni des ventes , des changemens, des 
mouvances de l'Eveque, des contrats entre les hostes 
de l'Eveque et du Comte appartiendront a l'Eveque 
seul ; mais il appartiendra seul au Comte quand ce 
seront de ses sujets, ou qui contracteront entre eux 
ou avec les étrangers. 

11 y aura sept Echevins dans la ville de Wasemoutier 
qui seront esleus par un homme probe que le Comte 
et la Comtesse enverront pour cet effet, ainsi que 
l'Eveque , ils nommeront les Echeviiw de concert 
avec le curé; s'ils ne sont pas d'accord, le Comte en 
nommera trois des hostes de l'Eveque qui en nom- 
mera trois des hostes du Comte, le septième sera 
nommé par le curé. 

On les changera tous les ans, le jour de S'-Jaques et 
de S*-Pbilippe. 773 

Cbapbllb db Rdhbs. 134S. A WasemmeSj le sept 
juin. Jean, Eveque de Toumay, nomme Jean de 
Hanyel, prêtre a la chapelle de Rumes, dans la 



— 147 — 

maîsaD de nobe homme Guillaume de Mortagne 
Sgr Temporel de Dossemés , dont il a le droit de 
patronat, qui etoit vacante par la résignation de 
Adam de Buri 781 

Voir cy-dessous, fol. SU. 

Annoeulin. Sinode. 1349. La 3<^ ferie après le diman- 
che Lœtare. Lettres de Jean , Evoque de Tournay, 
par lesquelles il dëeide, que sur les difficultés qu'il 
y avoit entre les Paroissiens et £che?ins d'Annœul- 
lin (a trois lieues de Lille) d'une part , et le Doien 
de Chrétienté de Lille d'autre part , le curé.du lieu 
de concert avec les Echevins, pourront instituer le 
Sinode dont ils feront part au Doien de Chrétienté. 785' 

Indulgence. 1349. A Reims^ k jour de la eonversim 
de S^Paul. Les VicaireS'-generaux de Jean , Arche- 
vêque de Reims , envoient a l'Eveque de Noion, une 
Bulle du Pape Clément 6, y insérée, donnée a Avi- 
gnon, le i5 des Ralendes de septembre, la 8" année 
de son pontificat, dans laquelle Bulle il y en a encore 
une dud. Clément, insérée, donnée a Avignon^ le 
6* des Kalendes de février, la première année de 
son pontificat, par laquelle il accorde aux habitans 
du diocèse de Reims et de ses suffragans, une grande 
indulgence tous les cinquante ans , Boniface huit, 
son prédécesseur en aiant accorde, une pour cent 
ans 789 

Préséance au Sinode. Abbé de S^-Mabtin. Abbé de 
S'-Amand. 1351. Cinquième indiction^ le ^6 mars9 
la dixième année du pontificat de Clément 6. 
Lettres de Philippes d'Arbois, Evoque de Tournay, 
par lesquelles il décide une contestation qui s'etoit 
élevée entre l'Abbé de S*-Martin de Tournay et 
Fabbé de S^-Amand qui pretendoicnt avoir la pre- 

BDLLETINS T. XVI. i^ 



— uz — 

imiere place , après l'Evcque, quand il tettolt 6mi 
iSinode ; il est réglé <)u^ils auront chaebn lear année 
la première place après i'Ëveque ; et que pour cette 
année l'Âbbé de S*-MartLn aura la première « Ces 
lettres sont données en présence de plusieurs efaa- 
noines, archidiacres, etc., qui ont signé. . .. . 801 

Intbrbit levé. Visite du IHacESB. 45!(â. Cinquieine 
indiction^ 5 ami, la dixième année du ponJHfie^t de 
ClemmtSf a Avignon, Guy, GardiAal, E?eque de 
Porto et de S^''-Raffine , permet a Philippe d'Ar^ 
bois, Eveque de Toiirnay, sur la representatioa 
qu'il lui avoit fMt, de faire la yisite de son diocèse 
et ce qui etott dud. domaine de lean , illustre Roy 
de Pranee^ malgré i'intérdit que le Papeavmtmis 
sur la Flandre de sa propre authoritë. . . ». 807 

CHÀPftLLB k BrcMES. 1555. La 4* fàrie avani S^Btttntdni. 
J., Dbicn de Chreiiometé d'Helchtn, mande a Jeaik, 
Evoque de Tournay, qu*il a mis Jeimdit Haûyel, en 
peissessiDQ d« k chapelle qu'il lui «Voit donné, dans 
la tnaisen dé Guilkume^lc Hortagoe, Ch<^ a Bûmes. 

Voir oy^^dessus, page 781 , la nefilinà^tioa de l*ËveqMe 
a celte chapelle^ dud. lean dit Hafnyel^ le 7 juin 
1345. Ainsi erreur de date » 811 

ABBAtTK BB Peteghbm. GfTEiS d'Oobkb. Dixite d'OncKB. 
1356; Le samedy après le dùnanehe de Lœtare* 
Lettres de Henry de Puthem , licencié en droiA 
Ganon, Jean Graoman, curé de S'*-Miirre a Gaod 
et i^ Arnoul de Rieephoost , àuvé d'Esoancifléi 
dioicese ée Càmbray, nommés arbitres pour d^ider 
la contestation qu'il y a?oit eàtre Tabbaye de Pele- 
ghem près Audenarde et le cui^é d^ Odeke, par le^- 
-quelles it est deéidé que k Dixme de6 somonceS. de 
râpes (ou navets) qui se perçoit dans la paroisse de 



OdikOi. appartient a r£f;li9Q 4ucl. Odeke et au eurc- 
de eoUe Eglise a toujours ; il y a dans ces lettres un 
acte Avariai dooné au Qfooasiere de Peteghem , 
devant la fenestre de fer, le 17 avril 155(1, par le-» 
quçi le coQYent et l'abbaye de S*^-Claîre a Petegbem 
et U^ curé de Odeke, ont nomipé les personae^ cy- 
de$$iis pour décider cette eonteslalion cl ont promis 
de s'en rapporter ce qolls jugeront, il y a aussi 
d'autres lettre^ de 4356. La 6' ferie après S^Micolas, 
adressées a Philippes , Eveque de Tournay , par J., 
Doien de Chrétienté d'Âudenarde, par lesquelles il 
lui demande, au nom desd. parties eontestantes , 
qu'il approuve et ratifié le jugement qui sera porté 
par les arbitres nommés. ........ 815^ 

La confirmation de i'Eveque est ey^apres^ fol. 8^. 

HoMH4aB. AncuipuGONAT. i^o7. Dixième tndiciiQn% le 
Sjuilht^ la 5'' année du pontificat d'InfMcmt^. 
Acte notarial, passé devant plusieurs chanoines y 
nommés, de Thommage fait par Tfaomajs le Tour- 
neres, archidiacre de Tournay, a l'Invemrable 
Philippes, Kveque de Tournay, a qause de sa dignité 
d'Archidiacre dans cette Eglise» 829^ 

Double de ces lettres. .«.•...••• 85S 

EcHEviNS DB GAffn. ^XQOHiiufiicATiON. 1397. l^^ mars. 
Jean Blankard, curé de Gand , mande a Philippes, 
Eveque de Tournay, qu'il a été trouver (en vertu 
du mandement de TEveque qui est ey-apres) , tous 
les Echevins de la ville de Gand , qui y sont nom- 
més, et qu'il les a absous , les aiant entendus a con- 
fession, puisqu'ils avoientrevoquél'editqu'ilavoient 
donné contre sa j.urisdiction • 837 

Id. 1357* S6 février^ a Tournay. Philippes» Eveque 
de Tournay, mhndc a Jean Blankart, maître en 
théologie et Doien de Chrétienté de Gand , de lever . 



— 120 — 

rexcommunicatioD, lesEchevins delà ville de Gaod 
qu'ils avoient eu eu Tertu des statuts de Reims 
et des Sinodes de Tonrnay , pour avoir rendu un 
edit ou il ctoit deffendu a tout habitant de la ville 
de Gand d'avoir recours a l'Eveque et a son Officiai, 
pour cause civile et personnelle; mais que la con- 
noissance leur en appartenoit auxd. Echevins de 
Gand ; et lui mande de les absoudre, après avoir 
entendu leur confession, parce qu'ils avoient révo- 
qué cet edit 839 

SiNODE Provincial db Noyon. 1557. Février. L'Offi- 
cial de Tournay^ mande au Doien de Chrétienté de 
Gand, aux abbés de S^Pierre et de S*-Bavon, aux 
prieurs, couvents, prêtres, curés, et dans la ville 
de Gand, qu'après un avertissement qu'ils feront 
aux Echevins de lad. ville, d'excuter et faire exécu- 
ter le Sinode Provincial de Noion et en conséquence 
de faire cesser l'office divin, et sous peine d'excom- 
munication pour les prêtres et autres qui exécute- 
roient cette sentence avec négligence, et cette 
sentence est prononcée parce que les Echevins de 
Gand avoient prononcé un edit public , par lequel 
il etoit deffendu a tout bourgeois et habitant de 
recourir a l'Eveque ou a son Officiai pour cause 
civile et personnelle : cette sentence aura lieu 
jusqu'à ce que cet edit sera révoqué. .... 845 

Abbaye de S^- André près de Bruges. 1358. A Tour- 
nay,lei\ aoust. Philippes, Eveque de Tournay, 
confirme les lettres de l'abbé et du couvent de S^ 
André près Bruges, au sujet de l'administration de 
leurs biens et revenus : l'Eveque se reservant de 
changer, d'augmenter, diminuer, de son authorité, 
comme il le jugeroit a propos. 

Les lettres sont cy-apres, fol. 861, ,..'.. ,855 



— 121 — 

ÂBBÀYB DE Petëgheu. Gitré d'Odeke. 1558. i^' mayf 
a Tournay. Philippes, Eveque de Tournay , con- 
firme et approuve Taccord qui avait été fait entre 
l'Âbbesse et couvent de Peteghem, près Audenarde, 
ordre de S^^'-Claire et le curé de TËglise d'Odeke. 85^ 
L'accord est ey-devant fol. 815. 

Abbatb de S^-AndréI paes BrIges. i558. 7 Juilkt^ la 
6« année du pontificat d'Innocent 6. Lettres de 
Henry abbé, du Prieur et autres moines de Tabbaye 
de S'- André près Bruges, par lesquelles ils sont con- 
venus, d'abord que le couvent jouira de tous les 
biens qui appartiennent a l'abbaye et qui regardent 
la nourriture des moines, l'abbé y nommera un 
receveur, et jouira de deux prébendes. 

Le couvent jouira de tous les biens qui leur appar- 
tiennent dans la paroisse de Ghistellcâ. 

L'abbé jouira de tous les biens appliqués pour Tbabil- 
lement du couvent et rendra compte tous les ans a 
l'abbaye, et sera tenu de donner au Prieur pour son 
prieuré dix livres parisis tous les ans, etc. . . • 861 

Voir cy-dessus la confirmation de l'Eveque fol. 855. 

Chapitre de Codrtrat. 1560. 16 octobre. Lettres du 
Doien et Chapitre de Courtray, par lesquelles ils 
conviennent que si un*cbanoine vient a mourir et 
qu'il ait résidé a son Chapitre l'année de sa mort 
depuis la S'-Jean-Baptiste, ses héritiers et exécuteurs 
testamentaires jouiront des distributions journalières 
selon l'usage. La confirmation cy-dessous fol. 885. 875 

Reliques. S*-Ba VON. 1560. 16 Octobre.Philippes, Eveque 
de Tournay mande et ordonne que l'on célèbre a 
Gand et dans les autres paroisses du decanat de 
Chrétienté de Gand un jour qu'il indique, au deux 
des noncs de décembre, et que Ton s'abstienne 



— 122 — 

pcn.daut ce jour de tous les œuvres senriles, et oe v 
cause des reliques d'une vierge et roavtire que l'on 
a trouvées a l'Eglise de S*-Bavon a Gand . . '. , 879 

Chapitre de Gourtray. 4561. Le Pénultième de 8ep^ 
tembre^ a Toumay. Philippes, Eveque de Touniay, 
confirme et approuve les lettres du Doien et Gha* 
pitre de Gourtray, touchant la perception de leurs 
prébendes et les distributions journalières . . . 885 
Elles sont cy-dessus fol. 873. 

Magistrat de Tournât. Ghapitrb de Tourivat. t362. 
26 Novembre. Arrêt rendu au Parlement de Paris, 
sous le roy Jean, par lequel il condamne les Prevet, 
Jurés et Echevins de Tournay a prêter serment t«as 
les ans le jour de S<B-Lucie dans le Chapitre de Tour- 
nay en présence des Doien et Chapitre, et les con- 
damne en plusieurs autres points de difficulté qu'ils 
avoient ensemble et qui sont insérés «dans ce long 
arrêt, et condamne lesd. Prcrot aux dépens . • 88S^ 

Abbaye de S'- André. 1562. 8 May, a Totmujiy. Philîp- 
pes, Eveque de Toumay, notnmeJean Vemaecbtea 
moine de l'abbaye de S^André près Bruges, coadja- 
teur de lad. abbaye pour régir et administrer les 
temporel de lad. abbaye au lieu et place de H..., 
abbé qui etoit vieux et infirme, duquel téÉiperel il 
sera tenu de rendre compte tous ies ans a l'abbé et 
aueouvent. • • • • 909 

Doien ds Tournât. Soin des ames. 1362, ^^ février ^ 
la première année du pontificat d'Urbain §• Phr- 
lippes, Eveque de Tournay, donne et commet a 
Bonaturs-Thomasi qui venoit d'être nommé Doien 
de l'Eglise de Tournay, le soin des ames de toutes 
les personnes qui composent lad. Eglise et de celles 
dont les Eveques sont dans l'usage de lui donner le 



«oio, il y a, a la fia une atlesiation de Jean de Nazard 
de.Soney^ notaire de Gambray, qui deelare avoir été 
preseot a la eonfection de ces lettres 913 

Eglisb PB S**-Walbuiigbs a Bruges. 1562. 22 septem- 
bre, a Tou^ay» Lettres de Philippes, Eveque de 
Tournay, au sujet de la eontestation qu'il y avoit 
entre le curé et dii chapelains perpétuels de TEglise 
de S^WaliMirges a Bruges, et d'autres chapelains de 
lad, J^lise, tatichant la perception et le partage des 
distributions journalières. 

Ces lettres sont fort longues, il y a d'abord une cédule 
ou requête présentée a l'Eveque au nom des dix cha- 
pelains nommés dans eesd. lettres avec les fonda-« 
teurs desd. cbapelles, leurs charges et leurs rétri- 
butions, par laquelle ils les prie de les laisser sub- 
sister dans leur communauté et de ue leur fako 
aucuns procès sur leurs titres qu'ils avoieot perdus 
malheureusement dans une incendie ; il y a encore 
d'autres lettres dud. PhUij^es, du 10 dec. 1361, 
adressées au Doien de Chrétienté de Bruges , au 
même sujet , l'Eveque prononce et ordoane après 
différentes informations faitesi qu'il y aura corn* 
munauté de biens , de revenus, entre led« curé et 
lesd. chapelains, il ordonne» encore plusieurs choses 
qu'il seroit trop long de détailler 9^17 

S^DoNAT A BauGBS. Daoit de ViSkTE. Justice. 156â, 
Frf^ment de kttres contenant Taecord entre Phi- 
lippes, Eveqoe de Tournay et le Chapitre de S'- 
Donat de Bruges , touchant le droit de visite de 
l'Eveque dans leur Eglise : les conditions de l'accord 
sont que l'Eveque fera quand il lui plaira la visite 
du Chapitre de S*-Doaat. 
Le Chapitre aura droit de jurisdiction pour le civil et 



criminel sur toutes les personnes attachées a leur 
Eglise , a moins que si quelqu'un n'etoit de lad. 
Eglise après le délit commis, pour lors la connors- 
sance en appartient a TEveque et autres articles 
touchant les droits de FEveque et du Chapitre. 
Il y a des procurations du Chapitre de S^^Donat pour 
finir raffaire et ils confirmeront ce que les procu- 
reurs auront fait et d'autres approbations et rectifi- 
cations dud. accord) de la part de TEveque , des 
Chapitres de Tournay et de S^-Donat. .... 935 

Chapitre de S^-Pierre a Lille. 1395. La 5* ferie après 
le Dimanche de miséricorde. Lettres de J., Evèque 
de Tournay, contenant un accord fait entre lui et les 
Prevot, Doien et Chafntre de iS^Pierre a Lille, pour 
finir une difficulté qu'il y avoît entre eux touchant 
la présentation et l'institution des Chapelains, des 
chapelles fondées et a fonder dans les Paroisses ou 
Eglises ou ils ont le droit de patronat. 

Dans les Eglises et Paroisses ou ils ont patronat, le 
Chapitre est obligé de présenter a TEvequeles Clers 
qui doivent être nommés a des Chapelles fondées 
depuis quarante un an ou qui le seront dans la 
suite, mais pour celles qui le seront avant ils peu- 
vent les nommer eux mêmes sans présentation. 

On excepte dans les quarante un an marqués cy-dessus, 
les ehapelles de S^-Etienne^ de S'-Maurice, de S^-Ni- 
colas de deux Pots, des fieghines, de Halluin, de 
Broch, de Fiers, de Verlinghem, de Wervy, dont 
la correction doit appartenir a l'Evoque ainsi que 
les autres Chapelles. 

Quant aux Chapelles de S«-Pietre, de S'^-Marie et d'Es- 
quermes fondées, ils ne sont pas tenus de présenter 

. les pourvus a TEveque 949 



— 125 — 

CHAriTRE DE S^^PlBBRB i GaSSEL. CvRÉ D*HeDEGHBM. 

DiXMES KOTALES. 1565. La veille de S^-Bamabé^ 10 
Juin^ lu première année du pontifical d'Urbain 5. 
Sentence de Bînde de Piles de Florence, chantre et 
chanoine d'Ârras et de Tournay, et de Jean Hau- 
wiels avocat a Tournay, nomniés arbitres^ en pré- 
sence de l'abbé de S'-Vaast, du différend qu'il y 
a?oit entre leDoien et Chapitre de S'-Pierre a Cassel 
diocèse de Terouane et Henry de Puthem, curé de 
Hedeghem, dioce&e de .Tournay^ concernant les 
• dixmes novales de lad. paroisse; par laquelle il est 
décidé que led. curé et ses successeurs jouiront des 
deux parties de la dixme des novales de sa paroisse 
de Hedegheni,nioiennant une rente annuelle de dix: 
livres parisis monnoye de Flandres qu'il fera aud.. 
Doien et Chapitre. 

11 y a dans ces lettres qui sont très longues d'autres^ 
pièces qui y ont rapport, entre autres les lettres de 
1562, 10 sept^ du Doien et Chapitre de Cassel, par 
lesquelles ils nomment plusieurs personnes de leur 
chapitre pour plaider leur cause, la conGrmation 
de Philippes, Evoque de Tournay, et de plusieurs 
autres et notaires en présence desquels ces lettres 
ont été faites 957 

Abbaye de S*-Martin a Tournay. Prieure db S'-Amand 
PRES Thouroot. Diocèse de Noyon. 1564, 21 aoust. 
lettres de Pfailippes, Evoque de Tournay, par les- 
quelles il prononce et juge selon les informations 
par lui faites , que le Prieuré de S*-Amand , près 
Thourouf, diocèse de Noyon est dépendant de l'ab* 
baye de S'-Mariin a Tournay et de la manse abba- 
tialle. 

L'Eveque a fait ses informations et prononce en vertu 

Bulletins t. xvi. 16 



tl'inic Bulle, insérée dans ces lettres, donnée a Avî* 
gnon, le 16 des Calendes d'aoust 1364, par Urbain ^, 
adressée aud. Eveque et par laquelle il lui demande 
d'informer et de décider cette question ; ces lettres 
sont signées de beaucoup de personnes , et confir- 
mées par des notaires qui ont mis leurs actes a la 
fin. 
la fondation de ce Prieuré en lt05, par Bandry, 
Eveque de Noyon et de Tournay est imprimée t. 5, 
fol. 315 des dipl. Belg ' • « . 981 

S*-NicoLÀS DBS Prêts a Todrnay. 1363. 9 novembre^ ' 
a Tournay. Lettres de Philippes, Eveque de Tour- 
nay, dans lesquelles il est dit qu'étant allé faire la 
visite du Monastère de S'-Nicolas des Prêts , près 
Tournay y ordre de S*-Augustin et aiant demandé 
selon l'usage a Jaques de Lens , abbé et Jean de 
Salchel, prieur , si toute la maison etoit bien réglée 
tant pour les offices que pour autres choses , a 
quoi ils repondirent que tout àlloit très bien, un 
chanoine régulier de cette Eglise nommé Jean 
Deeani a dit a TEveque que celte maison etoit très 
mal réglée par Tabbé et le prieur, qu'on en depen- 
soit les revenus en luxe et magnificence , et 
•qu'apeine ils avoient leur nécessaire, en consé- 
quence l'Eveque a ordonné qu'il seroit fait des in- 
formations par devant l'Official pour constater ce 
fait, l'abbé a dit dans son interrogatoire que ce 
Jean Deeani avoit abjuré, 

li'Eveque déclare qu'après avoir vu l'interrogatoire 
(qui n'est pas inséré dans ces lettres)^ ce qui a clé 
annoncé par Jean Deeani se trouve faux, que l'abbé 
est innocent de ce qu'on avoit avancé contre lui et 
qu'il fera ce qu'il pourra pour faire rétablir sa répu- 
tation et les biens dont on l'avoit privé. . • . 993 



— 127 — 

Eglise de S^-Sàuveuh ▲ Baucss. 1365. 20 juillet, a 
Tournay» Lettres de Philippes, Eveque de Tournay, 
par lesquelles il ordonne et décide des difficultés 
qu'il y avoit dans l'Eglise de S'-Sauveur a Bruges, 
diocèse de Tournay^ touchant quelques messes et 
fondations, pour lequel objet les Recteur et Beoe- 
ficiers lui avoicnt écrit des lettres insérées en date 
du 9 juillet 1565, signées de tous les bencficiers. 1009 

Bulle. Eglises violées. 1 564. A Avignon, le iO des 
Kalendes de septembre, la deuxième année du pon^ 
tificat d'Urbain 5. Bulle de ce Pape, adressée a 
l'Eveque de Tournay, par laquelle il lui donne le 
pouvoir, pendant deux ans seulement, de bénir ou 
faire bénir par un Prêtre {reconciliare valens) les 
Eglises et les Gimetierres des Eglises qui auraient été 
violées par l'effusion de sang ou de semence {pro 
effusione sangtUnis vel seminis violatœ). . . . 1017 

Melsele. Dedicasse. 1564. 7 Avril, a Tournay. Phi- 
lippes, Eveque de Tournay, accorde au curé et habi* 
tans de la paroisse de Melsele, a leur prière et 
recommandation, un jour de dedicasse pour leur 
Eglise, le premier dimanche avant la nativité de la 
Vierge, et de pouvoir faire une procession avec les 
croix et reliques, et une indulgence de quarante 
jours a ceux qui auront été confessés, communies et 
auront fait du bien a l'Eglise ....... 1019' 

Wez. 1566. 8 Aoust, Lettres d'acquisition faite par 
M' l'Eveque de Tournay , d'un héritage a Wez. . lOSS^ 

Abchiducoftat de Gand. Hommage. Laurent de Paya. 
1566. l"*' Novembre. Philippes, Eveque de Tournay, 
reçoit la foy et hommage que lui fait Jean du Ghesne 
ehanoine de Tournay, au nom de Laurent de Paya,, 
chanoine de Tournay et archidiacre de Gand^ dont 



— i28 — 

il doit procureur, pour \ei, archidiaconat dont ii 
peut jouir Tespaee d'un an a dater de ces présentes 
pour la perception des fruits de son archidiaconat. 
Les lettres de procuration données par Laurent de 
Paya, a Toulouse, le 5 octobre 1366, dans la maison 
dud. couvent, a Jean du Ghesne et Jean Héron 
prêtres, pour percevoir les fruits de son canonicat 
et de son archidiaconat et faire les devis nécessaires 
pour cet objet, sont insérées en entier dans ces 
lettres 1029 

ARCHlDIACOIfAT DB GaND. HoHMÀGE PRÊTÉ. 4567. 

27 May. Acte notarial par lequel il est dit que Lau- 
rent de Paya, chanoine de Tournay et archidiacre 
de Gand a fait a TEveque de Tournay, foy et hom- 
mage pour son archidiaconat, qu'il avoit fait précé- 
demment par procureur, en cette forme, qu'il sera 
fidèle a Phillppes, Eveque de Tournay et a ses suc- 
cesseurs, qu'il n'assistera dans aucun conseil ou il 
sera question^ de faire perdre la vie a quelqu'un, 
qu'il conservera les droits, libertés et possessions 
de son archidiaconat, qu'il ne révélera pas les secrets 
de la cour de l'Ëveque et qu'il fera comme ses pré- 
décesseurs, TEveque Ta admis et reçu aud. hommage 
après lui avoir donné le baiser de la Paix, . . 1057 
Haisox des Anciens Prêtres a Toornat. 1567. 3 Sep^ 
iembre. Philippes, Eveque, Bonnatursius Doien et le 
Chapitre de Tournay consentent et accordent que 
Odard de Assegny prêtre demeure toute sa vie dans 
la maison des anciens prêtres a Tournay et qu'il ait 
soin des biens de cette maison, comme tous les 
proviseursanciens, sans aucuns salaire, en faveur de 
quoy il a donné a lad. maison cent francs d'or • 1041 

COUPAGNIBS, SOCIÉTJÊS, CONPRAIRIES, DEFFBNDUBS PAR UNE 

Bulle du Pape. 1411. OctobrCj a Paris. Charles 7, 



— i29 — 

Roy de France fait scavoir qu'il y a dans le Trésor 
des €hartes de la S'^-Chapelies a Paris, les Bulles 
suivantes du Pape Urbain 5, données a Massilies, le 
7 àes ides de may, la cinquième année de son pon- 
tificat (1367), par laquelle pour remédier aux abus 
qui se commetloient journellement dans le royaume 
de France dans les sociétés, compagnies, etc., il 
ordonne qu'aucun ecclésiastique ou séculier n'entre 
dans ces Compagnies où on fait un capitaine, un 
connétable et où il y a une bannière ou drapeau ; il 
déclare que ceux qui resteront dans ces compagnies 
ou y entreront de nouveau seront excommuniés et 
leurs biens mis en interdit ecclésiastique, laquelle 
excommunication ne pourra être levée qu'a l'article 
de la mort et par le Pape même; il prive de tous 
privilèges, libertés, immunités, etc., les villes, 
bourgs, villages, etc., ou il y aura de ces sortes de 
confrairies, déclare inhabiles, jusqu'à la troisième 
génération, de posséder aucunes dignités, office^ ou 
bénéfices, les descendans des personnes qui contre^ 
viendront a cette Bulle : absout les vassaux des coa« 
trevenaas du serment de fidélité qu'ils leur doireoft, 
il veut qti'ils soient déclarée infâmes, qu'on ne les 
puisse appeler a témoignage^ qu'ils ne puissent faire 
de testament tiy hériter, que les fils et neveux, jus- 
qu'à la troisième génération, ne puissent avoir 
aucuns honneurs mondains ou ecclésiastiques, que 
leurs maisons soient désertes, qu'on les abbate et 
qu'on ne puisse lés rebâtir, depo^ les capitaines^ 
connétables, caporaux, etc., de ces confrairies de 
tous les honneurs, dignités, etc., qu'ils pouvoient 
avoir : si quelques beneficiers ou autres restent dans 
ces sociétés, les collatcurs des bénéfices peuvent les 



— 150 — 

donner et conférer a d'autres, et si les collateursr 
n'en disposent pas, le Pape s'en attribue et reserve 

la collation, etc. etc i04^ 

Imp. ordonnance des Roys de France, tom. iO fol. 158. 
Cette pièce est en entier dans mon gr. recueil. 
Sociétés, Compagnies. 1411. ^ Paris^ 18 octobre j dan» 
Rassemblée générale de l'université tenue a S^-Âfa- 
thurin. Le Recteur et l'université de Paris prient 
l'Eveque de Tournay de faire publier et observer 
scrupuleusement dans son diocèse la Bulle du Pape 
Urbain contre les sociétés, et ce après avoir été 
décidé par toute la faculté de Paris, parce que ces > 
compagnies etoient autant d'ennemis du Roy et 
pouvoient troubler It Royaume et empêcher que la 
tranquillité n'y règne 1061 

Benbficb a Dons. 1568. 22 juin. Sentence de l'Official 
de Tournay nommé juge dans cette partie par Phi- 
lippes, Evcque de Tournay, sur une diflSculté qu'il y 
avoit entre Jean de la Porte, prêtre et Nicolas Eghe- 
ric clerc, touchant la nomination du bénéfice a Dons 
ou OEdonCf par laquelle led. Jean nommé par le Pape 
n'y a aucun droit et qu'il appartient a Nicolas 
Egheric qui y avoit été nommé par Ingbelbert En- 
ghien Sg' de Nivelle a cause de sa femme, le béné- 
fice aiant été fondé par un seigneur de Nivelle. 1069^ 

VlLLB DE COURTRAY. HOPITAL NoTRE-DaME. AcCORD. 

1568. 25 octobre. Lettres de Louis, Comte de Flan- 
dres, de Philippes, Eveque de Tournay, des Prevot 
et Ecbevins de Courtray et de la Prieure et sœurs 
de l'hôpital Notre-Dame de Courtray, par lesquelles 
ils confirment une ordonnance qui avoit eté-pro- 
nonce par M* Sohier de le Beque, Prevot de Harle- 
heke, H'« Roger Bœtelin, Ch' et Sire Lambert- 



i 



— 431 — 

Bromand, secrétaire, député dud. Comte et par 
Jean de Melsele, promoteur, et Henry de Heere, 
clerc envoies dud. Eveque pour terminer les diflS- 
cuUés qu'il y avoit entre la ville et Thopital de Cour- 
tray, par laquelle ordonnance il est dit que le Comte 
de Flandres, l'Eveque et la ville de Courtray devront 
nommer chacun un preud'homme, par devant qui 
la prieure et les receveurs dud. hôpital rendront 
compte des biens dud. hôpital. Le Prevot et la 
prieure nommeront chacun a leur tour un pain aud. 
hôpital, dont le Prevot nommera te premier et pré- 
sentera le pourvu a la prieure qui le fera recevoir 
a la manière accoutumée : quand la prieure vien- 
dra a manquer les religieuses de Thopital la nom- 
meront avec le conseil des trois preud'hommes. 

S*il y arrive dans led. hôpital quelques différends, les 
trois preud'hommes le jugeront ou TEveque de 
Tournay, pour le spirituel et le Comte de Flandres 
pour lé temporel. • • 9 i075 

Première MESSE A Dàm. 1568. 6 Ifovembre, a Bruges. 
Accord par devant notaires et autres personnes entre 
Nicaise de Clerc et Nicolas de Plassche, par lequel, 
du Conseil de Jaques de Uffenzele Doien de Chre- 
tienneté de Bruges et Jean Reynevance, curé de Dam 
et autres, ils s'arrangent entre eux pour les jours 
ou ils devront dire chacun la première messe dans 

l'Eglise de Dam 1085 

La confirmation de l'Eveque de Tournay est cy- 
dessous fol. 1107. 

Vente de terre a Pecq, Estaimbourg et Leers. 1 598. 25 
juillet^ dans la chapelle de S^-'Vincent a Tournay. 
Lettres d'adheritement donnée par Jean sire de 
Lauwart, et Jean sire de la Plasche, Echevins du 



— 152 — 

Roy9*-pour les allœues du Tournesis, a Philippe d'Ar- 
bois, Eveque de Tournay, de plasîeurs parties de 
prés et de bois situées dans les villages de Pecq, 
d'Eslaimbourg et de Leers, vendues par noble hom- 
me Jean dou Sart, Ecuier, fils de feu noble homme 
M' Gilles, sire du Sart, Cb' son père du consentement 
de noble dame Marie de BriffueJ, dame de Sorjel, de 
Parppes et de Florench, sa tante, pour la somme de 
886 florins et demi d*or appelles frans-boids et suffi- 
sans d'or et de poids de cinq le Roy de France et 
deux sols tournois, lesquelles terres sont francs 

allœues - . 1091 

Voir cy-dessous, fol. 1111. 
Previere mbssb à dam. 1568.1*' décembre^ a Jottrnay. 
Confirmation de Philippes, Eveque de Tournay , de 
raccord cy-dessuS| page 1085, entre deux chapelains 
de Dam par lequel ils s'arrangent entre eux pour 
dire la première messe tous les jours dans lad. 

église de Dam 1107 

Ventb a Pecq, Etainbodrg et Lebrs. 1568. 24 /u»^ 
let. Jassart de Montreuil, Baillif du Tournesis et de 
Hortagne pour le Roy de Franco consent que l'adhe* 
rilemeot ey-dessus fol. 1091 en faveur de TEveque 
de Tournay ait lieu, et lui en donne l'oetroy • . 1111 

Nouv^u DOisaifé de Sbclin et ses villacbs. 1569. 
A Tournay f le 27 may. Philippes,£veque de Tour* 
nay^ nomme Jaques de Haila prêtre curé de Chemy, 
Doien du aouveau doienaé de Seclin, et le compose 
des paroisses de Attiches , Annevelin, Annœulin, 
AotrœuUes, Avelin, Alennes^ Bersées, Bauvin et 
Prouvin, Camphin, Carvin/Cbemy, Gamin, Fretin, 
Falempin, Gondecourt, Herin, Houplin, Hecfain. 
Mops-en-Pevele , Marque -en- Pc vêle , Meurchin , 



— 155 — 

Merignies, Noidles, P«ronne, Pont^a-Vendin^ Se- 
din, Thumerîes, Vahaignies, Templemars, Tourmi- 
gnies, Wattignies et Wavrin^ qiill démembre da 
doienné de Lille parce qu'il devenoit trop peuplé et 
trop nombreux 1115 

Maison à Lille. Especb db Couvent. 1370. i** février ^ 
a Toumay. Philîppes, Eveque de Tournay, fait sca- 
voir a toutes les personnes de son diocèse qu'il y a 
dans la ville de Lille, près des frères mineurs, sept 
femmes ou environ qui vivent ensemble, pauvres et 
de bonne vie, gagnant, du travail de leurs mains» ce 
qui leur est nécessaire pour la vie, en aiant soin des 
malades e( ensevelissant les morts et qu'il les prend 
sous sa protection et mande au Doien de Chrétienté 
de tenir ta main a ce qu'elles soient immédiatement 
sujettes a rEveehé et de ne recevoir personne dans 
cette maison que de son consentement. • . . 1119 

Accord. Eveque de Tournât. Prevot de S^'-Marie a 
Bruges. Collation de Bénéfices. 1572. 5ti juitij a 
Tournaj/j la deuxième année du pontificat de Gré^ . 
goire IL Accord entre Philippes, Eveque de Tour- 
najr et Jean de Hertsberghe, Prevot de l'Eglise de 
S**-Marie de Bruges, touchant la difficulté qu'il y 
avoît entre eux pour la collation des chapelles dans 
les Eglises paroissiales de S^Gilles et de S*«-Cathe- 
rine a Bruges, par lequel ils sont convenus que le 
Prevot aura le droit de conférer les Chapelles dans 
l'Eglise de S'^-Harie, sauf la cure dont la collation 
appartiendra a TEveque : la collation des cures de 
ces deux paroisses appartiendra au Prevot qui s*en 
reserve le droit de présentation. 

La collation des deux premières chapelles dans ces deux 

bulletins t. xyi. 17 



— 154 -^ 

églises appartiendra a l'Eveque sur la présentation 

du Prevot, elles autres aud. Prevot il2S 

Sentence. Dixmes yoiturêes. Port d'armes. i57â. 
8 février en la cour du Baillage du Vermandois^ 
Sentence rendue par Tristan du Bos Gh' sire de Fa- 
mechon fiaillif de Vermandois, par laquelle pour 
terminer les difficultés qu'il y avoit entre le Procu^ 
reur du Roy de la souveraineté de Tournay et les 
gens de justice de l'Ëveque et du Chapitre de Tour- 
nay, il ordonne que toutes les dixmes qui se voltu- 
rerontsans fraude avant le soleil levé ou après le 
soleil couché, ne doivent être prises ni arrestées par 
les scrgens du Roy. Si des personnes armées vont 
sur les terres d'un haut justicier et qu'ils soient pris 
par un sergent, on doit les rendre a la réquisition 
du haut justicier : si plusieurs personnes sont trou- 
vées aiant armes a la main pour assiéger ou nuire, 
pour lors la connoissance en appartient seule aux 
officiers du Roy « 1131 

Restitution d'un homme pris pour avoir des armes. 
1372. Le dernier marSj a Barges, Acte notarial, par 
lequel il est dit que Allard le Maire sergent du Roy, 
a remis entre les mains des officiers de l'Ëveque de 
Tournay, Golard de Melle qu'il avait pris a Barges 
sur les terres de la jurisdiction de l'Eveque de Tour^ 
nay parce qu'il portoit des armes » . . « . 1155 

Arbayb d'Eechout. 1374» 13 septembre, a Tournay. 
Philippe, Eveque de Tournay, confirme et approuve 
les statuts et autres choses contenus dans les lettres 
de l'abbaye de S^Barthelemy d'Eechout a Bruges, j 

ordre de S*-Augustin diocèse de Tournay . . 1139 i 

Id. 1374. 12 septembre, a Bruges. Nicolas abbé et 
toute l'abbaye d'Eechout sont d'accord de diminuer 



— ISB — 

le nombre des religieux, qui etoit de dix hait, a' 
quinze, tant pour les pertes qu'ils avoient souffert 
que pour la modicité de leurs biens et la chereté 
desviyres . • • • il4î 

lo. 1374. 6 septembre , a Toumay. Philippes, Eve- 
que de Tournay confirme et approuve l'accord fait 
entre l'abbé et le Couvent de S*-Barthelemy d'Ee- 
chout, et se reserve lui et ses successeurs la facqlté 
d'ajouter, d'interpréter et de corriger cet accord 
quand il le jugera a propos 4147 

Abbàyb d'Eechout ▲ Bruges. 4374. 4 septembre. Acte 
passé par devant notaire , contenant l'accord fait en 
sa présence et de plusieurs autres personnes, entre 
Nicolas abbé, d'une part et les religieuses de l'abbaye 
de S*-Barthe]emy d'Eechout a Bruges, ordre de 
S^Augustin d'autre part, par lequel ils conviennent 
que l'abbé en recevant les biens de l'abbaye n'y 
entrera pour rien que pour la portion qui lui sera 
assignée, qu'il ne pourra vendre ou aliéner les biens 
de lad. abbaye sans le consentement de tout le cou- 
vent, qu'il tiendra tous les règlements qui ont été 
faits précédemment entre l'abbé et le couvent ; si 
l'abbé fait des dettes, le couvent n'est pas tenu de 
les payer ; si l'abbé fait quelque chose contre ces 
conventions, il peut encourir la peine de la priva- 
tion de sa dignité abbatialle : ils prient tous unani- 
mement l'Eveque de Tournay de confirmer cet 
accord . , . 445f 

ToNLiEu DU Sel. 4376. ^ avril. Jugement de Tristan 
du Bos, Ch' seigneur de Fammechon, Bailly de 
Vermandois, qui condamne Roger de Cuinghien a 
paier tous les ans a l'Eveque de Tournay, un muid 
de sel sur le tonlieu d'une razicre de sel qu'il per« . 



^ ISC — 

çoit stfr chaque ûef de sel qui passe la rivière de 
TBacaot a Tournay iiB9 

Id. 1376. S8 avril» Lettres passées par devaDt le 
Bully de Vermandois au même sujet 4161 

Wase. Pbiupks d'Arbois. i576. Waotier, Doiea 
de Chrétienté de Wase, déclare qu'en sa présence 
Hugues, eurë de Verrebrount, ka administrateurs 
et autres paroissiens de lad. Eglise ont promis de 
dire et faire, dire tous les ans pour Philippes d'Ar« 
bois, Eveque de Tournay, des messes, parce qa'H 
leur ayoit donné la permissien de faire une proce»^ 
sion et des indulgences 4167 

Restitution d'un paisonKiBR. 1377. 9 octobre* Tris<« 
tan du Bos, Ch% seigneur de Rainceval, Bailly de 
Vermandois, ordonne que Hannequin Regnanlt qui 
av(Ht été pris sur la Jurisdiction de Wez^ appart^ 
nani a rE?eque de Tournaj, lui seroit restitué en 
paiant l'amende de 60 sols 1171 

Justice a HoifNByBira. 1377. 9 octobre. Ordonnance 
de TrisUn Dubois , €h' Sg' de Fameohen , Ballly de 
Vernuindois , par laquelle il est dit que ia justice 
que TEveque de Tournay, avoil fait mettre a Honne* 
veng y reateroit , comme haut justicier, le Procu* 
reur du Roy duTournesis s'y étant opposé en disant 
qu'il n'y avoit dans le Tournesis que quatre sei^ 
gneurs haut justiciers sçavoir , oeux de terres de 
Mortagne, Tournesis , Rume et Warcoing. . . 1173 

Baillif a Orkb. 1379. 2 février, Pierre, Eveque el 
les Prevot et Jurés de Tournay , donnent comntission 
de Qaillif de leur seigneurie commune a Orke, a 
Jaquemin Gollet • • . .1179 

SbRHBUT de FIDELITE PRETé A i'IifEQUE. 1579. SO 

février. Acte notarial dans lequel il est dit que dans 



— 157 — 

la ehapelle de S'^Viacent de la maison Bpîscopate 
de Tournay, tes Pretot, Jurés et Echevîns ont prêté 
sennent et fidélité a l'Eveque de Tournay et promis 
de conserver et ne jamais enfreindre les privilèges 
et immanités de toutes les Eglises de Tournay , 
lequel serment y est inséré ainsi qu'un serment par- 
ticulier de Pierre li Muysis, Prevot dé la Cité et de 
la ville. . il81 

Charob p'Aiies AU DoiBN. 1380. 25 may. Acte passé 
devant notaires , par lequel TEveque de Tournay , 
donne a Henry de Briardc^ Doien du Chapitre , la 
charge et le soin des âmes des personnes attachées 
a TEglise et aux paroisses de la ville de Tournay. ii91 

Bannissement. Jugement de l'Opfici alité. 13822. La 
8» ferie après h jour des âmes. Sentence de TOffi- 
cialîté de Tournay, qui condamne Wautieir de 
Planke, clero, non marié, au bannissement perpé- 
tuel de la ville et diocèse de Tournay, et confisque 
ses biens au profit de TEveque, pour avoir assassiné 
et tué Jean Groul, frère de Siger Groul , clerc , il y 
a dans la même pièce différentes informations et 
plaintes de ce même SIger a ce sujet 1193 

Reddition de Comptbs. 1383. 18 aetis^ Pierre, Evoque 
de Tournai, déclare avoir examiné le compte Richard 
Cognate, prestre, curé de S^-André près Tournay, 
receveur temporel de TEveché pour les années 1381, 
1383 et 1583, pour raison duquel compte il le lient 
quitte lui et ses successeurs. 1307 

Punition des clercs. 1383. 14 aoust. Lettres de 
Pierre, Eveqoe de Tournay, par lesquelles il pro- 
met entretenir l'accord fait entre ses prédécesseurs 
et le Doien^ Chapitre et Trésorier de son Eglise, 
touchant la punition dos Clers qui faisoicnt des deliets 



— 158 — 

dans cette Eglise : Cet accord fut fait au sujet de 
Jaques li barbieres qui avoît blessé jusqu'à effnâon 
de saag, Pierre Doukesne, clerc 1209 

Abbatb db S'-Nicolas des Prêts (S^-M^oard) ▲ Tournât. 
1383. 27 juin. Lettres de Pierre, Ereque de Tour- 
nay , par lesquelles, a la requête de Jaques abbé et 
du couycDt de S^-Nlcolas des Prêts près Tournay, 
qui y est insérée , et selon l'avis de plusieurs per- 
sonnes et de Tabbé de S'-Martin de Tournay , et 
après informations faites par Guillaume Amald Offi- 
ciai il permet aud. abbé de demeurer sur le mont de 
S*-Medard a Tournay où ils avoient d'abord été fon* 
dés et de s*y transporter avec les reliques, orne- 
mens, etc., qui etoient dans l'abbaye de S^-Nicolas, 
et autres choses 1215 

CoRB DE Zble. 1584. La 5« ferie après Finvention de 
laS^'Croix* Alard, abbé d , diocèse de Colo- 
gne, présente Jean de Sioai pour être nommé et la 
cure de Zèle vacante, dont il etoit le patron, et du 
diocèse de Tournay 1231 

Prisonnier rendu. 1385. 12 avril» Tristan duBos, 
Ch' Gouverneur des Baillages de Tournay, Morta- 
gne, S<-Amand, etc., déclare que l'emprisonnement 
par Willaume de Bouchigay , lieutenant du Gou- 
verneur d'Henrict Pourret pris pour port d'armes 
sur les terres de l'Eveque , a Barges, sur le chemin 
qui mené de S*-Maur de Huy Sempierre a Tournay 
ne peut porter aucun préjudice a l'Eveque. • • 1233 

Justice de l'Eveque. 1390. 2 février. Arrêt de la 
Cour de Parlement de Paris , rendu pour terminer 
le procès qu'il y avoit entre l'Eveque de Tournay et 
Henri Dave Prevot, Jean Cottrel juré et autres Eche- 
vins de Tournay qui avoient emprisonner les offi- 



/ 



— 150 — 

ciers de M' l'Eveque qui alloient exercer la haute 
justice sur les terres a lui appartenantes, par lequel 
arrêt il est dit que les officiers de TEveque pourront 
mener dans Tournay leurs prisonniers pour être 
transportés d'Helchin a Touruay ou de Tournay & 

Helchin • . . . . i259 

S^-DoNÂT ▲ Bruces. 1392. 27 janvier. Lettres de 
Louis, Evoque de Tournay, par lesquelles il promet 
aux Doien et Chapitre de S*-Donat de Bruges de les 
garder dans la possession des privilèges , franchises 
et libertés, qu'ils avoient conformément aux traités 
faits entre eux et les Evoques ses prédécesseurs, au 
sujet de l'exemption qu'ils pretendoient de la juris- 
xliclion de Tordinaire, ........ 1S55 



JHN DE LA TABLE D0 TROISIÂME TOLUVB. 



^9 



— 440 — 



TABLE DU QUATRIÈME VOLUME. 



Prisonnier. 4407. Le pénultième novembre^ a PariSj 
en parlement. Arrêt du Parlement qui annolle un 
appel interjette par TEveque de Tonrna}% d'une sen- 
tence ou appointement rendu par le Bailly de Tour- 
naj, sur la demande faite par led. Eveque,d'un 
nomme Lîevin, prisonnier dans les prisons du 
fiaillage de Toumay , pour être sa cânse traitée par 
devant les officiers dudit Eveque. • . • FoK 1 

TatsoRiBR DE Notre-Dame. Hoopplin lès-Sbclin. 
Hommage. 1409. 22 juin^ a Toumay. Lettres de 
Jean Destrainquerque^ Ecuier Baillif de l'Eveque de 
Tournay, par lesquelles il Icye la plainte et la sai- 
sine par loy qu'il avoit fait sur le fief de Houpplin 
près SecUuy appartenant a noble homme Guillaume 
de Ghalenton , Chanoine et Trésorier de l'Eglise 
Notre-Dame a Tournay, parce qu'il n'avoit point fait 
foy et hommage a l'Eveque pour sond. fief et sa 
dignité de Trésorier qu'il tenoit de luy , laquelle 
saisinne il levé parce qu'il lui avoit fait foy et hom- 
mage. . . . 9 . . 3 

Archidiaconat. Hommage. i4i0. 5 mars, a Pam. Acte 
et formule y insérée du serment de foy et hommage 
prêté par Jaques de la Trimouille, Chanoine et 
Archidiacre de Tournay» a cause de sa dignité d'Ar- 
chidiacre y 15 

Double de la pièce cy-dessus 15 

EvECHtf DE Tournât. Eveché de Camrray. 1410. 1*' 
matfj a Gand. Acte passé par devant notaires , par 



— 141 — 

leqael il est dit que Maitre Guillaume Arnaldi Cha- 
noine et Officiai de rEveehé de Tournay et vicaire 
du diocèse et Siger Vaye , promoteur dud. diocèse 
et Procureurs de TEveque, se sont plaints a Pierre 
d'Ailly, Eveque de Gambray, de ce qu'il avoit fait 
des fonctions episcopales dans la ville de Gand, qui 
etoit toute entière du diocèse de Tournay et le prient 
de remettre les choses dans TEtal ou il les a trouvées 
ou qu'on s'en plaindroit et feroit exécuter a cet 
égard tout ce qui avoit été ordonné précédemment 
qu'un Eveque ne pouvoit faire aucunes fonctions sur 
les diocèses étrangers. 
Cet acte est approuvé par Lievln Baudekin, prêtre et 
notaire 21 

luRisDiGTioN. 1411. 22 deeembrey a Tournay. Lettres 
des Prevot et Jurés de la ville de Tournay, par les- 
quelles ils consentent et déclarent que la restitution 
faite par eux a TOfficial de Cambray^ d'un nommé 
Jean Delekiese dit Motc de Rassoncamp, qu'ils 
avoient fait mettre dans leurs prisons pour crimes, 
délits et maléfices et le refus qu'ils avoient fait de 
rendre led. prisonnier a l'Official de Tournay , ne 
porteront aucuns préjudices a la jurisdiction spiri- 
tuelle de l'Eveque de Tournay 55 

Double de la même pièce 37 

S^-DoNAT A Bbuges. 1411. Le deux des Idea de juin^ 
a Rome^ la deuxième année du pontifical de Jean 25. 
Bulle de ce Pape aux Beneficiers de l'Eglise de 
S*-Donat a Bruges, diocèse de Tournay, par laquelle, 
a leur requête, il leur accorde et permet a eux et 
leurs successeurs de jouir, en résidant, de ces distri- 
butions journalières qui se font pour certains bene- 

BULLBTINS T. XVI 18 



fices ecclesiaatiqttes qu*iU ont obtenu selon la BUIe 
du Pape Boniface ft * .... 41 

JasTiCB* Clbrg a Glbrg. Laïc a Laïc. i4i2. 20sep^ 
tembre^ a Melun. Lettres de Jeaù » Duc de Bourgo- 
gne, Comte de Flandres, par lesquelles il mande an 
Souverain Baîlly de Gand, Bruges et Ypres, et a ses 
autres officiers de son pays et comté de Flandres^ 
d'empêcher que ses officiers troublent en rien la 
jurisdiction qu'avoit FEveque, ou ses vicaires et 
autres officiers^ sur tontes les aetions personnelies 
soît do clerc a clere oti a laiq, ou de laicq eontrela^ci}. 45 

Hôpital de Harlebbck. i4i5, 9 fetrier^ a Tournay» 
Lettres de Jean de Tboisy, Eveque de Toumay, par 
lesquelles il commet Henry de Zwavenaende PretrOi 
administrateur de l'hôpital de Harlebeck. • • • S5 

Hôpital de S*-Nicolas. i4i4. iâ fwvembre a Tour- 
nai/. Lettres du même Eveque , par lesquelles il 
commet sœur Agnes Bcrnysers professe de Thopital 
des pauvres de S^Nicolas a Courtray, Maitresse et 
Gouvernante pour le Spirituel et le Temporel dud. 
lv>pîtal .••«•« 57 

Maison des Angiëns Prêtres a Tournât. 1414. 25 no- 
vembrCy a Tournay. Jean Eveque deTonrnay nomme 
et commet Gulard des Aubeadx chanoine de Tour- 
nay, conjointement avec les autres députés du Chapi- 
tre, administrateur de la Maison des anciens Prêtres 
de Tournay 61 

Arghidiaconat db Gand. 1414. i5 octobre^ a Tournay. 
Acte c|e rhommage et serment de fidélité prêté a 
l'Eveque de Tournay par Jean de Brouke ou de Ber- 
leke archidiacre de Gand, pour raison de son archi- 
diaconat * • • 6S 

Argbidiaconat de Bruges. 1414. 2 septembre^ a Tour- 



— 143 -- 

nay. Acte de rhommage çt serment 4e fidélité 
prêté a Jean, Eveque de Toorpay, par Guillaume 
Bernard, chanoine au nom et eonuBe procunwir de / 
Gaillaume, Gardinal-Pretre du Titre de S'-Marc et 
arcbjdiacre de Bruges par raison de 900 Ârcbidia- 
conai ()9 

PROcuaiTiON. 1414. 19 fuin^ a Bologm» Guillauine, ' 
CardinaUPretre du Titre de S^Marc donne pouvoir 
a Henry Carpentini, Guillaume Amaldi, Uevin de 
BleeLei Gulard de Albell^, Hugues Lutin, ti autres, 
tant chanoines de Tooraay, de Camhray qu'autres, 
etc., de recevoir pour lui tous les bénéfices sécu- 
liers, réguliers, dignités, patronats, etc., qui lui 
appartenoient dans oe pays, ainsi que son archidia- 
conal de Bruges, diocèse de Gand et de faire a ce 
sujet toutes ohQses nécessaires 77 

Thiblt, 1415. 15 am/ awint Paque$ a Thielt. Acte 
passé par devant notaires, par lequel II paroit 
qu'après information faite sur ce que les officiers 
de Jean, Eveque de Toumay, s'etoieat plaints de ce 
que les Echevins de lad. ville les avoient maltraités, 
cela n'etoit pas vray, mais que le frère du pcocureur 
de TEveque Tavoit été pour causes étrangères. • . S9 

Justice. Gonnoissangb des Clbucs. 1416, lSjam?i>r, 
a Paris. Mandement de Charles 6 Roy de France 
au Baillif de Touroay et Tournesis de ne pas jnotles- 
tés Jaques et Martin Lamin frères et Jaquemart 
Lanseil Clercs du diocèse de Tournay que l'on disoit 
coupables de la mort de Jean CoUebare, Clere, et de 
ne pas avoir la eonnojssaoce des Clercs du diocèse 
qui devoit appartenir a TEveque de Toumay • « 89 

SiNone X TevBNAY. 1416. Certificat de ce qui s'est passé 
au Sinode de rJBveché do Tunrnay tenu du tcms de 



— 144 «- 

r£veqoe, Jean de Thoisy , le 5 m^y i4f6 , rendv 
par les Vicaires de TEvechë en aoust i469, on se 
Toit le rang , et la préséance observée entre les 
abbés du diocèse. 

Nota les abbés de S'-Marf in de Toarnay et de S^-Amand 
'assis en rang plus honorables que les abbés de S^ 
Nicolas des Prêts (dit a présent S'-Marc ou S*-Mé- 
dard) parée qu^'ils sont placés a droite le plus proche 
du siège episcopal, et les abbés de S^Nicolas et die 
Phalempin qui soDt du raeme ordre scavoîr cha- 
noines de Tordre de S^Augustin, placés a l'entrée 
du Chœur, plus éloignés de i'Eveque que les autres. 9t 

Chapitre de S^-Donat. 1416. 2 avril. Acte ou accord 
entre Jean,Eveque de Tournay et lesDoieu et Cha* 
pitre de S^-Donat de Bruges, par lequel si les bene- 
ficiers du Chapitre de S^Donat jouissent de quel- 
qu'autres beneices dans le diocèse de Tournay, ifs 
sont tenus de présenter a TBveque quelqu'un capa- 
ble de remplir le Bénéfice a sa place, selon la Bulle 
du Pape Jean 33 dont il est parlé cy«devant, fol. 4i 
de ce volume. 

Sentence infirmMb. i4i5. 15 avril ^ avant Pâques^ a 
Paris. Arrêt du Parlement de Paris sous le Roy 
Charles 6, rendu sur un appel interjette par Jean 
de Hornut, clerc du diocèse de Tournay contre les 
Prevot, Jurés de la ville de Tournay qui avoient 
rendu une sentence contre led. Jean de Hornut a la 
requête de Marc Yillain, Ingherrand de Soltenghien 
et Pierre Hostelart, laquelle sentence est infirmée 
comme rendus par juges incompetens et n'aiant au- 
cune espèce de jurisdiction sur les Clers du diocèse. iO& 

Chapelle Episcopale de S^Vincent. 1419. Le trois des 
Id& de juillet j a Florence, la troisième année du 



— us — 

pontifical du Pape Martin 5. Bulle de ce même 
Pape, par laquelle il accorde a Jean, Ereque de Tour- 
nay, qae la chapelle de S*-Vincen( qui est dans sa 
maison Episcopale a Tournay ne puisse être confé- 
rée par lettres apostoliques quand elle vacquera. i2f 
Mariagb DBCtARiî NUL. i42i. 51 mars a Gand^ dans ta 
maison de Simon Utenkove châtelain de Gand. Sen- 
tence rendue par Jean, Eveque de Tournay, par la- 
quelle il déclare nul et invalide le mariage contracté 
entre Nobles et puissantes personnes Philippes de 
Maldeghem Chevalier et Marguerite fille de Gérard 
de Guis(elles Chevalier veuvede Daniel de Masmines, 
parce qu'ils etoient doublement parens au quatrième 
degré et leur donne la permission de se marier 
ailleurs pourveu que ce ne soit point avec des per- 
sonnes de la même famille, condamne et taxe led. 
Philippes a paier soixante livres monnoie de Flan- 
dres et lad. Marguerite a quarante livres et a paier 
les frais du promoteur et antres faits a ce sujet : 
les personnes présentes a cette sentence sont les 
abbés de S*-Pierre et de S*-Bavon, Henry Goethals 
Doien de Liège, Jean de Colsbrouc , Prevot de S^*- 
Pharailde, Nobles hommes Félin de Steenhuyse, et 
Guy de Ghistelle Chevalier et Jean de Broghe, Con- 
seiller du Duc de Bourgogne Comte de Flandres et 

plusieurs autres 12S^ 

CouRTRAT. 1422. i6 juillet^ a Courtray, Philippes, Duc 
de Bourgogne Comte de Flandres mande a l'Eveque 
de Tournay, qu'il a pris en ses mains un prisonnier 
dont la ville de Courtray s'etoit emparé et que l'E- 
veque demandoit comme étant clerc du diocèse, 
qu'il espère faire finir cette affaire a la satisfaction 
de l'Eveque et le prie de lever Texcommunication 



— 146 — 

qu'il a?oi( porte sur les Echeviiis de la ville de 
Courtray • IS7 

EcHBViNS DE Gano. EKEGUTiOff. 1433. 9 aouiî^ a Ypres. 
L*£yeque de Tournay commei Jean de Gulsbrouck 
Prevot de S^ Pharailde de Gand et le Doien de 
Chrétienté de Gand pour s'informer et prendre 
connoissanee de ce que le fiaiilif et les Echevtns de 
Gand a voient fait décapiter le sept de ce mois Gabriel 
de Vatene leur prisonnier, que FEveque avoLt rede** 
mandé comme clerc, et leur promet de leur par«- 
dooner eette offence pourvu qu'ils promettent de ne 
plus rien faire de semblable contre la justice de 
TEveque 459 

EcHEVizfs DE Bruges* Justice . Vibrob 0'Arobmbouro. 
Pelerihage. 4423« 3 seplem6re, la cinquième anses 
dupomtifieat de Martin 5. Aete passé par devant 
notaires, par lequel Hadulpbe , Prevet de S^Donat 
a Bruges , Nicolas Scaercolf , Doien de Gbretienneté 
et Jean de Galeide, Garde des Seaux de i'Eveebé a 
Bruges, absolvent au nom de Jean, Evoque de Tour- 
nay, les Bourgmaistre et Eebevins de Bruges de 
roflense qu'ils avoient commise envers lui en punis- 
sant et bannissant Lievin Neuyts de l'ordre des 
frères bermites de S^A^^ustin et Jean Hemoe prêtre, 
laquelle punition devort regarder la justice ecele- 
Elastique del'Eveque comme étant dans son dioeese s 
Cette absolution se fait parce qu'ils oïA fous promis 
ensemble et séparément de ne plus faire chose pa- 
reille a l'avenir et a condition qu'ils iroient tous 
avant la Cete de la Toussaint faire un pèlerinage a la 
Vierge Marie de Ardembouif et ]eeux qui n'iroient 
pas seroient tenus de donner aux pauvres une au- 
mône de vingt gros motaoie de flandres. . • • 445 



— 147 - 

1d. Mêmes lettres «?ec une eedole du Magistrat de 
Bruges, en françois, qui est leur soumission et leur 
exeuse a l'Ereque iS3 

Festc de S^Geoross a Gakd. 1423. i*^ décembre, a 
Lille. Lettres de l'Eveque de Toornay Jean^ par 
lesquelles, il ordonne que l'on célébrera doresna- 
vant dans la ville de Gaad, la feste de S^-Gcorges, 
martir^ le jour de sa mort qui est le neuf des Ca* 
lendes de may ou le â5 avril , et que ce soit un jour 
de fête dans la ville ou tout travail servile est 
deffendu pour ce joor-la et relaehc quarante jours 
de pénitence a ceux qui iront visiter la chapelle de 
ce Saint qui est dans le cimetière de l'Eglise de 
S*-Nicolas de lad. ville 161 

«Ghanqblier de Tournât. Hommage. Dixmb de Spahille. 
i435« 24 juilleî. Acte passé par devant notaire , par 
lequel il est dit que Berard de Menile, Chancelier et 
Chanoine de Tournay , a fait a Jean , son Eveque/ 
hommage et fidélité pour la diime du village de 
Spahille, diocèse de Toornay, qui lui appartenoit 
comme Chancelier 169 

EcHBviïis BB 6Airf>4 Absolution. 4423. 23 août. Acte 
notaîrial, par lequel il est dît que Jean de Culsbronc 
licèntié Prevot de S'^'-Pharailde a Gand et Liévin 
Seoop Doien de Ghretienneté ont absous au nom de 
lIBveqoe de Tournay, les Baillif, Amman et Ecfae- 
vins de la ville de Gand, qui avoient fait mettre en 
prison et décapiter Gabriel de Wateoe , Clerc non 
marié, quoique cela appartint a l'Offidal qui l'avait 
refusé 2 lad. absolution faite après avoir demandé 
pardon a TEveque. . « 173 

Abbé obS^-Pierrb a Gand. 1423. 15 juitlet. Acte par 
lequel Bussard de Mous qui avoit été élu abbé de 



— 148 — 

S*^Pierre de Gand recoanoit que, malgré les Bulles 
qu'il avait reçu du Pape Martin 5 pour la confirma- 
tion de son Election, cela ne doU porter aucun pré- 
judice a l'Ëveque de Tournay a qui il doit obéissan- 
ce, révérence et honneur, comme ses prédécesseurs 

ont fait 181 

Ck)URTRAY. Justice de l'Eveque. 1423. Le dernier juil^ 
letf a Lille. Acte par lequel il paroit que Jean de 
Hove Ecuier et Olivier Vulf, clercs du diocèse de 
Tournay, emprisonnés par les EchevinsdeCourtray, 
et rendus a Jean, Evequede Tournay, par Philippes 
Duc de Bourgogne, Comte de Flandres, ont été punis 
a donner aud. Evoque et a sa justice cinquante livres 
parisis monnoie de Flandres . . "I . . • .189 
Voir cy-dessus fol. 137. 

Id. 1423. Le pénultième de JuilleU Lettres au même 
sujet par lesquelles TEveque de Tournay déclare 
avoir reçu ces prisonniers et qu'il les condamnera 

le lendemain selon leurs crimes 193 

Id. 1423. 28 juillet. Acte par lequel Siger Comme- 
lin, Doien de la Collégiale de Courtray , absout au 
nom de TEveque de Tournay, les Ecbevins, y nom- 
més, de la ville de Courtray, qui avoient été excom- 
muniés pour avoir mis en prison et n'avoir pas voulu 
rendre Jean Vandenbolve et Oger ou Olivier de 
Wulf, Clercs non mariés, quand TOfficial de Tour- 
nay les leur avoit demandé pour être jugé par la 

justice ecclésiastique de TEveque. 197 

Id. 1423. 2S juillet. Acte par lequel il paroit que 
l'Eveque de Tournay a absout lui meine Judoc Eppe, 
Prevot, Jean de Bode, Jean de Rentei et Willaume 
de Waie, Ecbevins de Courtray, qui avoient été ex- 
communiés pour les raisons cy-dessuset qu'il rend 
a la communion des fidelles 205 



— 149 — 

Aechidiaconat de Bbuges. i425. li décembre ^ à 
Lille, Jean, Eveque de Tournay, mande a Toussaint 
Mercier, Prêtre Archidiacre de Bruges, dans l'Eglise 
de Toarnay, que il lui accorde le delay d*un an 
pour lui faire hommage de cet archidiaconat que 
possédait auparavant Guillaume Cardinal-Pretre du 
titre de S*-Marc et que luy avoit donné le Pape, et ^ 
lui laisse pendant ce delay d*un an la libre jouissance 
des fruits de cette dignité d'Archidiacre. . . .215 
Id. i4â4. Le i5...., a Rome. Pouvoir de Toussaint 
Mercier, Ghambrier du Cardinal de S'-Marc, Archi- 
diacre de Bruges, aJeanPochon, chanoine deCam- 
bray, Guillaume Bernard, Jean de Wastines et 
Michel Goye chanoines de Tournay et Slmphorien 
Mercier habitant de Cambray, de faire hommage a 
l'Eveque de Tournay de TArchidiaconat de Bruges, 
du diocèse de Tournay que lui avoit donné le Pape 
Martin cinq, par lettrée apostoliques d'un induit, et 
d*en recevoir les fruits, et revenus. , « . . . 217 
Id. 1424. A RomCy te trois des Ides de mars^ la sep^ 
tieme année du pontificat de Martin 5. Deux bulles 
de ce Pape (sous le vidimus de l'Official de Tournay 
du 13 Juillet 1428), la première adressée aud. Tous- 
saint Mercier et par laquelle il lui donne l'Archi- 
diaconat de Bruges, la seconde adressée a l'Eveque 
de Tournay, par laquelle il lui mande qu'il a donné 
led. Archidiaconat a Toussaint Mercier et que pen- 
dant dix ans qu'il sera au service de Guillaume Car- 
dinal de S'-Marc a Home il doit jouir de tous les 
fruits, revenus, emolumens de cet Archidiaconat 
comme s'il etoit présent et sans être obligé de ré- 
sider 225 

S^ Jacques a Bruges. Heures Canoniales. 1424, 27 
Bulletins t. xvi. 19 



— 180 — 

-septembre, a WajtemmtSj près Lilh. Jleaai Eveqiie 
de TourDay confirme et approuve la foAdation faite 
par QiUes de Cassel, Joseph Befio, jet autres provi- 
seurs de la mançe des pauvres daas relise cle 
S^Jacques (Je Bru|^es, de sept heunes eaaooialeSy 
sçayoir, matines, priin^s, tterce^, sextes, nooes, 
vespres et con^Ù^s , dfios lad Eglise paroissiale de 
S*" Jacques; les prdonnances. et reglejoieus pour la 
distribution des emolumeqs exUre les prêtre^ liabi- 
tués en lad. Eglise sont cooteiM^es dans m^e requête 
preseptée aud. Evoque par le^d* proviseurs en le 
priant de confirmer c^9 regl0mens et fondations. • 241 

Limites d^s diocèses bb Tournât et j>u CUiifiRAY. 142^. 
ilSjuilkL Lettres de Jaques, Prevot du Monastère àe 
S^^-Marie de Watene, ordrB de S^Aujgustin diocèse 
>de Terrpuane^ nommé par Pierre Nards ^e Verailese 
docteur en droit, chanoine a Rome^ Chapelain du 
Pape Martin $, par lettres dud. Pierre y insérées en 
date du 23 Décembre i425 a Rome, pour juger et 
décider le différend qu^il j ayoit eptre Jeaa^ £ve<{ue 
de Cambray et Jean ]Sveque de Tournpy, sur ce que 
le fleuve de TEscaut separapt les deux dioe^ses» 
l'Eveque de Tournay avpit f^it de l'autre cpté de 
TEsciiut des fonctions qui n'etoient réservées qn'a 
l'Eveque djocesain« par lesquelles lettres ied. Pré- 
vost oblige lesd. Evpqups a envoier devant lui 4e$ 
personnes pour ei^aminer la contesti^tion. . • . 257 

S*- Jaques a Baui^ES. 1424. Copie non entière des lettres 
cy-dessus fol. 241, touchant la fondation dçs heures 
canoniales en l'Eglisa paroissiale de S^Jaques a 
Bruges 281 

Chapitre ob Seglin. Fornications. Concubinage^. 1484. 
5 octobre f a LUU. Jean ^ Evoque de Toarnuy et te 



Doieo tt Cbflpi(r6 àe S'-Pia€ a Seelîn, confirmenf 
la eedule de l'accord fait entre eux et y inséré, sor 
le différend qa'il y avoit entre eux pour la correc- 
tion des Chanoines et Chapelains de lad. Eglise , it 
est dit dans cet accord que led. Chapitre a reconnu 
que l'Eveque etoit leur prélat^ jtige ordinaire et 
supérieur immédiat, et que Doien , Chanoines et 
. autres beneficicps dans lad. Eglise y sont sujets. 

Que rEveqâc peut faire vigiles dans le Chapitre et y 
punir et corriger les personnes qui auroient manqué. 

Le Doien et Chapitre peuvent knposeir ufie peine, 
punir les Chapelains, ficaires et Beneficiers quî 
mànqiieroient a' lear devoir, et peuvent juger de 
toutes les . querelles^ verbales qui arriveront entre 
lesd. Beneficiers ainsi que des menaces. 

Les Doien et Chapitre connoitront aussi dies crimes 
de fornications simples et concubinages et pourront 
les punir au nioins^ qu'un* mois après , l'Eveqtie 
pourra les punir si la punition n'est pas suffisante. 

La connolssance des crimes, tels que le vol , Phoui- 
micide, le sacrilège, iHuceste, etc., appartiens 
dra a FEveque et autres articles peu essenCiefs. . f98 

JoRismcTmN OB l'ëvequb. 1427. SO janvier. Arnoul 
de Hekeamp) Ecuier du R^y, Baillif de Totirnay et 
Toumesis , mande que par l'ordonnaDce publiée a 
Maire et S^*Amand de ne traire pcrâonné en cause 
que par devant juges laiques , il i^'a pas prétendu 
prejudicie^a la jiiribdiction de l'Eveque de Toornay. 502^ 

HoiiAfiBDE l'Aachidiacorat DE B^AOGBs. i438. 8 Aoust, 
Acte passé par devant notaires de Fhommage fait par 
Michel Goye.aii nom et comme procureur de Tous^ ^ 
saint Be Allier, a PËveque de Tournay, par raison * 
de la dignité d^archidtacre de Bruges 307 



— 432 — 

Succession d'un Bâtard ^ curé a Bruges. i43i. S sep- 
tembre. Âcle devant notaires dans lequel est inséré 
un accord entre Jean, Ei^que de Tournayet les 
Bourgùemaistre et Echevins de Bruges, qui preten- 
doient avoir tous deux la succession de Thierry 
Clément Prêtre bastard curé de SWaques a Bruges, 
par lequel ils déclarent être tous deux contens de 
ce qui s'est passé entre eux a ce sujet 5iS 

Archidiaconat DE BauGjEs. i43i. Lettre de Guillaume, 
Cardinal du titre de S^--Marc, par laquelle il prie 
Jean, Evoque de Tournay, son ami de ne point faire 
saisir les revenus de TArchidiaconat de Bruges 
qu'il avoit resigné a Toussaint Mercier et sur lequel 
il s'ctoit réservé une pension de laquelle il ne pou- 
voit plus être paie si on en saisissoit le revenu, et dé 
recevoir par procureur l'hommage dud. Archidia- 
conat 521 

Archidiaconat de Gand. i43i. 28 juin. Acte de l'hom- 
mage fait a Jean, Evoque de Tournay, par Etienne 
Vivien, archidiacre de Gand dans l'Eglise de Tour- 
nay pour raison de son Archidiaconat 32S 

Archidiaconat de Bruges. 145i . iO septembre^ a Rome. 
Lettres de Toussaint le Mercier, archidiacre de Bru- 
ges, par laquelle il prie l'Eveque de Tournay de 
différer le serment de fidélité qu'il devoit lui prêter 
en personne pour son Archidiaconat de Bruges ou 
de lui permettre de le faire par procureur et de lui 
laisser percevoir les emolumens de son Archidia- 
conat parce qu'il faisoit une pension au cardinal de 
S*^Marc qui le lui avoit resigné 329 

Id« Hohmage. i431« i5 iepiembre. Acte notarial de 
l'hommage et du serment de fidélité prêté a Jean, 
Evoque de Tournay par Toussaint Mercier, archi^ 
diacre de Bruges a cause de son Archidiaconnat. . 531 



— 183 — 

Archiduconat de Tournât. Hommage. 143â. 6 avrils 
le Dimanche de Pâques. Acte notarial de l'hom- 
mage et du serment de fidélité prêté a Jean, Eveqae 
de Tournay par Jean de Thoisy, archidiacre de Tour- 
nay a cause de son Archidiaconat 537 

Chapelle a la Maison de la Ville de Gourtray. 4434. 
Le 8 des Kalendes de fehvrier^ la quatrième année 
dupontificat d'Eugène, Bulle de ce Pape par laquelle 
il accorde aux Prevot et EchevinsdeCourtray d'avoir 
dans leur maison Echevinalle un autel portatif pour 
y dire a Voix basse la messe et autres offices tous 
les jours excepté les dimanches et fêtes .... 341 

Suppôts de S^Donat a Bruges. 4438. 26 février. Accord 
entre Jean de Thoisy, Eveque de Tournay et les 
suppôts et beneficiers de TEglise coUegialle de S'- 
Donat a Bruges» au sujet d'un différend qui etoit 
entre eux pour la résidence de ces suppôts de S'- 
Donat dans les Eglises du diocèse de Tournay, 
esquelles ils possedoient des bénéfices et dont ils se 
pretendoient exempts. 

Il est dit dans cet accord que les beneficiers attachés 
aud. Chapitre et possédant dans le diocèse des béné- 
fices a charge doivent présenter a l'Eveque des per- 
sonnes capables de le remplir, en paiant au Doien 
de Chrétienté 40 sols parisis monnoie de Flandres 
chaque année. Si ces bénéfices sont sans charge, 
ceux qui les desiroient devroient paier au Doyen de 
chrétienté 20 sols par an ; cet accord ne doit durer 
que sept ans parce que l'Eveque ne veut point as- 
treindre ses successeurs a le tenir 343 

Indulgence. 1439. 6 avrils a Lille. Jean, Eveque de 
Tournay accorde vingt jours d'indulgence aux per- 



— i54 — 

sonnes qui ^H^tant confessé feroient les ouvrages 
spécifiés dans les lettres jointes a celles-ci • 
Ces lettres ne sont pas dans ce recueil. . • « • . 3S? 

JURISDICTION DE l'EvEQUE. ACTIONS PERSONNELLES ECCLE- 
SIASTIQUES. i440. SO février f a Bruges, Lettres de 
Philippe , Duc de Bourgogne , Comte de Flandres , 
pa^ lesquelles il mande au Souverain Baillif de San- 
dres et autres barllifs particuliers des villes , de ne 
point troubler FEveque de Tournay dans la juris- 
diction qu*il pouvoît avoir tant sur les clercs que 
sur les laies, sur les actions personnelles. • • . 355 

4443. 3 octo6re. Pierre de Rassoncamp, sergent du 
Baillage de tournay fait scavoir au grand Baillif de 
Tournay, qu'en conséquence de ses ordres et a la 
requête de TEveque de Tournay, il a signifié a sire 
Hierome du Mortier , Prevot de la ville, Michel de 
Horent Maieur , Simon de SMvenois, Maire des 
Eswardeurs , de Perceval GaHois, Doien des Métiers 
et a Jaques a le Gambe^ Procureur de lad. ville de 
Tournay, les lettres du Roy cy-dessous et lui mande 
les réponses que le Procureur de la ville lui a faites. 365 

Pbivïlbgbs de l'Eveque. 1443. 5 octobre ^ a Paria. 
Lettres de Charles 7 Roy de France , par lesquelles 
il mande an sergent de faire Venir devant le palais 
E^iscopal les Prevot, lurés, Echevins de la ville de 
Tournay qui avoient fait emprisonner les chartiers 
qui avoient mené du vin dans led. Palais du cru 
dud. Evoque ; et de les faire s^ortir et d'empêcher 
doresnavant que pareiTIe chose ne se fasse. 

La signification de ces lettres est ey-dessus. • . . 373 

BENEFICIEES DE S*-DoNAt A Bruges. i447. 20 mat/. 
Confirmation de Faceord frit ey^dessus , entre Jean 
de Thoisy , Eveque de Tournay et les suppôts de 



JusTicB PB l'EvBQUB. 1448. 45 ovriV, a Parie, Lettres 
de Ch&rle9 7 Roy de Fraoce, par lesquelles il mande 
au Parlement de Paris, de poursuivre et avoir répa- 
ration des Prevot et Jurés de Touniay, de ce qu'ils 
avotent fait emprisonner et exécuter des Clercs non 
mariés et ce au préjudice de l'Eveque de Tournay^ 
qui devoit en avoir la connoissance S8{$ 

Archimagonat db Bruges. i45i. 47 aotist. Arrêt de 
Jean, Sgr de Proisart , Chambellan du Roy, Baillif 
de Tournay et Tournaisis qui remet a quinzaine de 
payement le procès qu'il y avoit entre Gilles d'Es- 
cornay, Prevot de Harlebecque et archidiacre de 
Bruges en l'Eglise de Tournay demandeur, et Jean 
Descamps, Pierre Chon et Pierre de Velengues deffen- 
deurs, touchant le rev^iu et l'argent touché de cet 
Archidiaconat : il est fait mention dans cet arrêt de 
plusieurs pièces de procédure données de part et 
d'autres * . . 389 

StiPPOTS DE S^-DoNAT A Bruges. 14Sâ. Lvndt il juillet. 
Accord entre Jean Lomdin Officiai et Nicolas de 
S^Hilaire^ Chanoines et Vicaires-généraux de Tour- 
nay et Cilles de Beversiuns, Chanoine de S*-Bonat à 
Bruges, au nom des beneficiers de lad. Eglise, con- 
tenant la même chose qpie les accords faits ey-devant 
entre feu Jean de Thoisy, Evoque de Toiiraay et les 
benefieiers de S^Donat. 

Les aecords sont cy-dessus , fol. 345 et 577. . . . 401 

ABBAyB DE S^-Bavoh prbs Gand. 4457. Le 6 dee kalenr- 
dee de juin^ 25 may, a Remet la irmiens^ armée du 
pontificat de Calixfe. Bulle de ee Pape, par laquelle 
il mande a l'Eveque de Tournay qu'aiant oté a Wil* 
laume l'abbaye de S<*Bavon près Gand , pour les 
fautes qu'il av(ût faites, il donne l'administration de 



— 156 — 

i'Ëglise de S'-Donat a Bruges et prolongatioa de cet 
accord pour cinq ans. 

Cet accord est cy-dessus, fol 343 377 

lad. abbaye a Jaques religieux de S'-Pierre près 
Gand et de lui donner la bénédiction usitée en pa- 
reil cas , • 409 

GmLLAUHE FiLLASTB EvBQUB DE TouBHAT. 1460 OU envi- 
ron. Mémoires et Instructions de Guillaume Fillas- 
tre nommé a TEveché de Tournay par le Pape Pie 11% 
ensuite de l'admission de Jean Ghcvrot, E?eque dud. 
Tournay, pour soutenir ses droits aud. Eveché a 
rencontre du Procureur du Roy qui au nom de 
Charles 7 Roy de France, s'etoit opposé a la jouish 
sance dud. Eveché par led. Guillaume qu'on pre- 
tendoit pourveu contre les reglemens de la Pragma- 
tique sanction. 

Ce Guillaume Fillastre etoit bâtard , ses lettres de légi- 
timation .sont enregistrées au reg. des Ch. cotté fol. 
dans la chambre des comptes du Roy a Lille. 
Il etoit Chancelier de l'Ordre de la Toison d'or et a 
donné au public un ouvrage a ce sujet 413 

1d. Guillaume Fillastre. i46â« A Fabbaye de S^&iti- 
veur de Clugny^ diocèse.... le 6 des kalendes d'aouêt^ 
la quatrième année du pontificat de Pie â. Bulle de 
ce même Pape» par laquelle il mande aux Evequcs 
de Cambray et de Terrouane qu'il a nommé Guil- 
laume (Fillastre) a l'Eveché de Tournay et de lui 
faire faire sa visite, condamnant a la censure ecclé- 
siastique les personnes qui s'y opposeroient • . . 441 

Id. Excommunication. 1462. ^Àoustj a {Monte- 

eUnio aretinensis diocesis in domo suœ restdentiœ). 
Alvare, Eveque de Soissons, mande a tous les abbés, 
prieurs, prévôts, etc., qu'en conséquence d'une 



— 167 — 

Buile du Pape Pie itou a lui adressée, ils fasseni pa« 
blier et arertir que dans quinze jours de la publics» 
tioB de celte Bulle et de ces lettres j Içs personnes 
qui se seraient emparé des biens» fruits^ revenus 
appartenans a Guillaurae . connue Eveque de Tour«- 
na y, les lui rendent ou tiennent avouer leurs fautes; 
s'ils ne les rendent pas, ils sont excommuniés. 

La Bulle du Pape Pie 2, qui y est insérée, en date de 
4463, le quatre des Kalendes d'Âoust, donnée a 
Tabbaye de S^^Sauveufi ordonne aud. Eveque et a 
l'Archidiacre et Trésorier de Cambray de faire pu-»- 
blier contre les personnes qui auroient pris du reve* 
nu dud. Eveque et les excommunier 445 

Id. 1462. Le lit des Kalendes d'aoust^ a Vabhaye de 5*- 
Sauveur diocèse de...* la quatrième année du Ponn 
tificai de Pie 3, Bulle de ce Pape insérée dans la 
pièce cy-dessus. •..••• 42nr 

Justice. Mouvcaux. Lahbbrsàrt. DiFLoaiTioiis. 1461^. 
5 S§piembiiBy a Paris. Lettres de Louis li, Roy de 
France, par lesquelles il mande a son premier hui»* 
sier au Parlement de faire comparoitre par devant 
la justice de Antoine Dailli Cbr Sgr de Varennes, 
de Mouveaux et de Lambersart , a Mouvaux, Jean 
Zadelare Officiai de Tournay ci autres officiers de la 
cour de l'Eveque pour les faire déporter en faveur 
dud. Seifpaeur de Mouvaux de toutes les poursuites 
qu'ils avoient faites contre Miehault le Père qui avoit 
défloré Jehennon de Grimaupont, de Chrétien le 
Comte qui avoit défloré Jehennon Carette et de Mar- 
tin le Père qui avoit défloré Bertrix Deslueux dite 
Descamps, dont la connoissance appartenoit au Sei'* 
gneur de Mouvaux comme habitans de sa terre. • 46 1 

Id. 1465. 45 Sef^embre. Jean Wattepaste sergent du 

BULLETINS T. XVI. 20 



— 1î» — 

Roy' aa baillage d*Ainiens, Prévôté de Beauqoesne, 
mande au Baiilif d'Amiens qu'il a signifié les lettres 
cy-dessus et que l'assignation a été faite a Houvaax 
près de Bondues 468 

Prisonihbr. 1463. 5 Janvier^ a Paris. Arrêt du Parle- 
ment de Paris qui annulle l'appellation faite tou- 
chant une difficulté qu'il y avoit entre Jean le Han 
prisonnier en la Conciergerie du Palais et d'autres. 477 

Réfugiés. Baisieux. Tressin. GoDYBaNAifce de Lille. 
i468« 7 Mars. Appel interjeté par le Procureur 
du Duc de Bourgogne contre Jean de Zadelare Offi- 
ciai de Tournay qui avoit donné des Monitoîres 
pour laisser, jouir des Immunités de l'Eglise Gérard 
Dubus et autres du même nom bannis criminelle- . 
ment du Royaume de France et qui s'etoient réfugiés 
dans les églises de Baisieux et de Tressin, lesquels le 
Procureur du Ducen la gouvernance de Lille, Douay 
et Orcbics vouloit prendre pour les juger. . . . 481 

SiNODB ▲ Tournât. 1416. 5 May. Certificat de ce qui 
s'est passé au Sinode de l'Ëveché de Tournay tenu 
du tems de Jean de Thoisy Evoque, rendu par les 
Vicaires du diocèse, en aoust 1469, où se voit le 
rang et la préséance, observée entre les abbés de 
S'-Martin, S'-Amand et S^-Nicolas des Prêts. . . 489 
Voir cy-devant pareille pièce. 

Canonigat de Tournât. 1475. 21 Aoust. La deuxième 

. année du pontificat du Pape Sixte quatre. Guillaume 
Evoque de Tournay nomme M'« Sigeri Maître es arts 
et licentié en théologie chanoine de la caihedrale 
de Tournay, qui avoit été recommandé par l'univer- 
sité de Paris et présenté par la faculté de théologie. 

Ce titre copié de la main de mon grand père est dit 
avoir été tiré sur un livre en parchemin qui contient 



— 159 — 

les actes du Chapitre de Tournay depuis le 3 Âoust 
4472jusqu'au28Nov. U74 495^ 

Succession. Fbrry de Clugny. i483. iâ février. 
W Guillaume de Clugny Sgr de Montclon Maitre 
des Requêtes, se faisant fort de W Barthélémy de 
Clugny, son frère, Archidiacre d'Autun, donnent pou- 
voir a M* Jean Hermetis Promoteur de la Cour spiri- 
tuellede Tournay, Jean du Havenon avocat du Roy, 
et Jaques du Vivier promoteur de flandres, pour 
recevoir, demander tout ce qui leur poovoit revenir 
de la succession de feu Ferry de Clugny Cardinal et 
Evoque de Tournay^ leur oncle 497 

1d« 1485. 17 février , a Tournay. Ëustaçhe Savary, 
Cbr. Sgr. de Warcoing, d'Antrœuiles Chambellan 
du Roy, lieutenant du Baillf de Tournay interine 
les lettres de bénéfices d'Inventaire accordées le 14 
novembre 1485, la première année du règne de 
Charles Roy de France, en faveur desd. Guillaume 
et Barthélémy de Clugny frères et neveux de Ferry 
de Clugny, Cardinal et Evequc de Tournay pour la 
succession de leur oncle 501 

Id. 1482^. 25 may. Acte notarial de la revocation de 
la procuration donnée par M. Hugues de Clugny, 
Cbr. Sgr. de Tousonguion a noble homme Jean de 
Clugny, estantde Champetiielloa et Pierre Regnault, 
laquelle procuration avoit été donnée pour recouvrer 
la succession de M' Ferry de Clugny , Cardinal et 
Evoque de Tournay, frère dud. Hugues de Clugny. 509 

Procubation donnée pour REGIR l'Eveché. 1497. 4 avril 
a Paris* Lettres de Louis, Evoque de Tournay, par 
lesquelles il nomme Guillaume de Chardonnet Prêtre 
Prieur du couvent de...» (de Doyaco) diocèse de 
ChartreSi son Vicaire légitime dans son Evcché de. 



— 160 — 

ToumajTy lui doQtM) pouvoir de gérer les afihires de 
IZpiscopati d'en recevoir les Revenus, de conférer 
les Ordres, de consacrer le Saini Gresme et gênera- 
lemenl toutes les fonctions attachées a son Eveché, 
même des cas réservés ordinairement aux Eveques. SIS 

Louis Pot, Bvbqui db Tournât. — Abbb db S**Amand. 

ExcoHicofitCÀTtoif 4499. 3 sspfem6re, a Paris, Lettres 
de Germain de Ganoy, Conseiller au Parlement et 
Ghamrine de Paris, nommé juge et commissaire avec 
les abbés de S*^-Genevieve et de Saint M agloîre, par 
le Pape Alexandre 6, par sa Bulle y insérée, don- 
née a Rome, le douze des Kalendes de may 1499, 
par laquelle Bulle il leur mande diibsoudre de Tex- 
eommunication portée contre Louis Pot, Eveque de 
Toumay, etc., par lesquelles lettres led. Germain 
aiant fait assigner différentes personnes y nommées 
déclare contumace Pierre Rike, abbé de S*-Amand 
en Pevéle, casse toutes les censures qui avoient été 
portées contre led. Eveque, Louis Pot, ote l'interdit 
qui avoit été mis sur les Eglises et absout le même 
Eveque , le Chapitre, Prevot , Jurés et peuple de 
Tournay, Guillaume Chardonnet , Paul dcLandas, 
Pierre Cotterd , Nicolas de S^-Genois Chevalier M 
autres personnes. 

Cette pièce esi curieuse, elle est trop longue pour 
en faire l'extrait dont elle aurait besoin et d'ailleurs 
je crois qu'elle est peu correcte S35 

SiMODB. Mémoire contenant un projet ou formulaire 
des oereÉionies a observer a l'ouverture et a la tenue 
duSinodede Tournay ^ • . B49 

Punition db hauvais propos. 1302^ S4 may, û Matines. 
Phiiippes, Duc de Bourgogne Comte de Flandres, 
mande et ordonne a ses Baillift de Gand, Ipres, etc.. 



— i6l — 

de s'informer de toutes les personnes tant ecclésias- 
tiques que séculières qui tiendroientde mauvais dis- 
cours et propros scandaleux touchant le différend 
de TËveque de Tournay , et de les faire prendre et 
punir selon le cas et les faire mener a leurs dépens 
au château, de $57 

EvECBti DE Tournât. Différend. i502, a Borne, i*' 
may, la dixième année du pontificat de Alexandre 6. 
Bulle de ee Pape, par laquelle il mande & Louis Roy 
de France qu'il envoie Louis Pretrc-Gardinal du 
Titre de S^^'-Agathe pour terminer les differens 
qu'il y avoit entre Pierre Kike, Eveque de Tournay 
et Louis Pot, Eveque de Leictoure S61 

Id« i50ây a Paris f onze juillet. Lettres de Louis 12 
Roy de France, par lesquelles il mande aux Baillifs 
de Vermandois ^ d'Amiens, de Beauquesne et aux 
Gouverneurs de mettre a exécution les arrêts diffe- 
rens qui avoient été rendus en faveur de Louis Pot, 
Eveque de Tournay contre Pierre Rike, religieux de 
S^Amand qui pretcndoit avoir été nommé aud.Eve- 
ché de Tournay et contre ceux qui le soutenoient. 
Il paroit par cette pièce et celle cy-dessus que Pierre 
Kike, religieux de S^-Amand avoit été nommé h 
l'Eveché de Tournay par 1er Pape et que Louis Pot^ 
Eveque de Leictoure y avoit été nommé par le Roy 
et que cela a formé beaucoup de contestations. « . 565 

Nomination d'Officiers. 1505. À Tours , ^H juillet. 
Charles de Hautbois nommé a TEveché de Tournay 
nomme Pierre Cotterel Vicaire gênerai du diocèse 
et confirme TOfficial, le Promoteur, les Procureurs 
fiscaux et autres officiers de sa jurisdiction, lesquels 
avoient été nommés par feu Louis Pot, Eveque de 
Tournay 573 



— 162 — 

Accord. iS09. A Gand, 8 may. Accord entre Maxi- 
iiiilieD 1 Empereur et Charles 3 son petit-fils d'une 
part et Charles de Hautbois Evoque de Tournay 
d'autre part, touchant le débat des jurîsdiction des 
deux parties. 
Copie informe 577 

Copie correcte de la même pièce de la main de Jean 
Godcfroy mon grand-pere. . . ... • . .601 

Sentence CASSÉE. Lo0i3 GuiLLARD. 4516, S2 avrils a 
Paris. Lettres de François I Roy da France- par 
lesquelles il ajourne au Parlement' de Paris le 
Bailli f de Tournay et les Prévôts et Officiers et £che- 
vins de la ville de Lille a la requête de M* Louis 
Guillard pourveu et administrateur de l'Ëveché de 
Tournay contre qui ils avoient rendu une sentence. 609 

Id. Empereur -assigné au Parlement de Paris. i5i6. 
25 avrily a Paris. Le même François I ajourne a 
comparoitre au Parlement de Paris TArchiduc d'Au- 
triche, comte de Flandres, Pair de France (Charles 
5 empereur) et d'amener avec lui les officiers de son 
conseil a Gand et l'abbé de S*-Michel d'Anvers, pour 
casser et révoquer les torts faits par led. Conseil et 
l'abbé de S'-Michel a Louis Guillard pourveu et ad- 
ministrateur de r£veché*de Tournay sur sa jurîs- 
diction Ecclésiastique 617 

Id. Conseil de Gand. i516. 8 may. Rapport fait au 
Parlement de Paris par Josse de Hessin sergent au 
Baillage d'Amiens de la signification faite des lettres 
de relief d'appel obtenues par M« Louis Guillard 
pourveu et administrateur de l'Eveché de Tournay 
le 6 May, a M^* Clair Utenhove Ch' Président du 
Conseil de Flandres a Gand et autres conseillers de 
lad. chambre, et de la réponse a )ui faite. • • .621 



— 165 - 

Id. Echbvins de Lille. 1516. 21 may^ a Paris. Fran- 
çois premier mande au premier huissier du Parle- 
ment de Paris de mettre a exécution les lettres de 
relief d*appel ey*dessus du 22 avril par devers les 
Echevins de Lille qui avoient fait la difficulté de les 
recevoir 625 

Id. 4516. U septembre , a Parie, Nouvelle assignation 
donnée par François premier aux Echevins de Lille 
en Flandres 629 

Archidoc d'Autriche vassal du Rot de Frange. 1520. 
22 décembre, a Paris. Lettres de François premier, 
par lesquelles il ajourne Gbarlesi Archiduc d'Au- 
triche (depuis Empereur), a comparoitre au Parle- 
ment de Paris, comme son vassal pour y rendre rai- 
son des entreprises faites par luy et ses officiers au 
préjudice de la souveraineté du Roy sur la ville et 
Eveché de Teurnay 657 

Id. 1520. 22 décembre ^ a Paris, François premier 
mande et ordonne aux Prevot de Paris et Baillif de 
Tournay de faire bonne justice aux parties assignées 
dans les lettres précédentes et qui sont insérées en 
entier cy-dedaus 645 

Id. 1520. Samedy 22 Décembre. Lettres de Gabriel, 
Baron et Seigneur d'Alegre, Garde de la Prévôté de 
Paris, Commissaire du Roy en cette partie, par les- 
quelles il mande au premier sqrgent d'exécuter le 
contenu des lettres cy-dessus 659 

Arrêt. Béguines de Gourtray. 1522. 25 aoust, a Ma- 
Unes. Arrêt du Grand Cbnseil de Maliiies pour ma- 
tières d'anticipation entre Jaques Van Thieit, vicaire 
de Tournay^ curé de S^-Martîn a Gourtray et les 
Beghinnes dud. Gourtray 665 

Id. 1528. S décembre , la 6' année du pontificat de 



— 164 — 

Clément sept. Acte notarial dans lequel le même 
Jaques Van ThicU promet s'en tenir a ee qu'il sera 
décide par des proviseurs qu'il a nommés touchant 
les di£BcuItés qu'il avoit avec les Beghinnes de Cour- 
tray 665 

Abbaye d'Eechoute et de Douxvallb. 1530, a Aome, 
Katendes de deeembrej la 8' année du pantificai de 
Clément 7. Bulle de ce Pape par laquelle il mande a 

l'Evcque de (Wigonneusis) et aux abbés d'Ee« 

choute et de Douxwaile du diocèse de Touroay, 
qu'aiant appris par Charles de Croy, administrateur 
perpétuel de l'Eglise de Tournay et des monastères 
de S^Pierre, d'Afflgihem (Affliginiensis) et de S'- 
Guislain, diooese de Cambray, que quelques per- 
sonnes mal intentionnées font un tort infini a ces^ab- 
baycs en se faisant donner par des actes, obligations, 
testamens, les biens, revenus, meubles et im- 
meubles, de faire publier dans leurs Eglises que les 
personnes qui ont fait toutes ces choses et qui font 
rentrer les biens de ces abbaies dans les manses 
episcopales, viennent Tavouer aud. Cbaries de 
Croy et lui en faire restitution 675 

Pour la restitution des titres que quelques personnes 
mal Intentionnées avaient enlevés, voir une ordon- 
nance de Charles-Quint Empereur a ce sujet. 

Préséance, Mémoire contenant divers raisons pour 
prouver la préséance de l'Eveque de Tournay sur 
les Eveques, suffragans de Cambray et de Malines. 677 

Voir a ce sujet dans les diplômes fielgiques une 
Bulle du Pape Pie 4 de 1865. 

Id. 4565. 3 avril, a Rome^ la eixieme année du Pon-' 
tificat de Pie 4. Bulle de ce Pape par lesquelles il esl 
dit que quoique dans les lettres d'érection en Arche- 



— 16» — 

veché dé TEveché de Cambray d0iiiié0 par Paul 4 
soD prédécesseur, Arras aoiC Dommé le premlor 
Eyechë safEragant, cela ne deit prej4idîcier en 
rieo aux àaires Evechés qui oat toujourt le mette 
droit 681 

Imprimée t, S. fol. i556 des diplômes Belgiques. 

Canokicats du TocRifAT. 1368. A RonUf aux ides de 
juin^ la troisième année du pontifkat de Pie 5. 
Bulle de ce pape, par laquelle H mande et ordomie 
que les Ganonicats de TËglise de Toumay qui rs^ 
queront ne seront donnés doresnavant qu*a desgeua 
nobles ou qui auront étudié dans une «nW^rftité 
fameuse • • 685 

Gilbert d'Oignies, sacré en i565, mort en iS74, etoit 
alors Eveque de Tournay « 

Vente a Orques* i571. 9 décembre. Lettres d'acbat 
fait par Thomas Delobel, des tuteurs de Jean Ma- 
rissal, fils mineur, de la moitié d'une maison, eour, 
estable, fournit, jardin et héritage contenant demy 
bonnier a Orques ^ . • • .689 

Nomination a l'Ë veché de Touanay. i58â. En Portu- 
gal^ le dernier de mars. Philippes 2 Roy d'Espagne 
mande au PapeGregoire 15, qu'en conséquence de la 
permission a lui accordée par le Pape Paul 4^ de 
nommer aux Archevêchés et Evechés d'Allemagne 
et de la Belgique ; il lui propose Maximilieii Moril- 
lion, Prevot d'Aire et Vicairc-general de Malines 
pour remplacer dans TEveché de Tournay, Pierre 
PintaflouT, Eveque qui venoit de mourir, en le priant 
de reserver dessus led. Eveché une pension de mil 
florins pour fEvequede MiHdhourg et une pension 
seisbIaMe pour le séminaire nouvellement établi a 

Dmfay 701 

Bulletins t. xvi. 21 






— 166 — 

CfliNOiNKS se PLAlGIfAIfT DE LEUR IIIStaE. 158S. iOjuin^ 

a Toumay. Lettres deMaximilien Doiea et du Cha* 
pitre de l'Eglise cathédrale de Tonratayi dans les- 
quelles ils se plaignent de leur misère et de leur peu 
de re?enu ainsi que TEveque, parce que toutes leurs 
terres sont depuis deux ans sans culture et que 
toutes leurs maisons ont été ruinées au siège de 
Tournay qui a Qté en septembre i 58i 705 

Sbrhert. 1594. Formule du serment prêté par Michel 
élu £T«que de Tournay 709 

HiciBL d'Esnbs, Evbque de TouRifiT. 1 597. A JRome, , 
6 œtobre. Vidimus d'Asarcellus Vantes protonotaire 
Apostolique^ d'une bulle du Pape Clément 8 y insé- 
rée en date de 1597, a Romci le dix sept des Ca- 
lendes d'octobre, la siiieme année de son pontiGcat, 
par laquelle il confirme le choix qu'avoit fait Phi- 
lippes 2 Roy d'Espagne^ de Michel d'Esnes, esleu 
Evoque de Tournay ^713 

Prbseangb. 4899. 41 décembre ^ a Gond. Lettre de 
Pierre d'Amant Evoque de Gand a l'Eveque de Tou- 
nay touchant la préséance qu'il prétend sur led. 
Evoque de Tournay . 725 

Id. 1599. 27 may. Certificats de notaires dans les- 
quelles il est dit que aux obsèques de Philippes 2 
Roy d'Espagne, l'Eveque de Tournay a eu la pré- 
séance sur ceux de Gand, de Namur et d'Anvers. 727 

Et deux autres certificats en 1622 l'un de notaires et 
l'autre de Philippe de Merode comte de Middel- 
bourg. 

Id. 1599. 11 décembre. Protestation de Pierre Damant 
Eveque de Gand contre Michel d'Esne Evoque de 
Tournay a cause de la préséance que ce dernier a 



— 167 — 

eu aux obsèques de Philippes 2 Roy d'Espagne a 
S<«-Gudule a Bruxelles 719 

Id. 1599. 22 may. Autre certificat de ce que TEveque 
de Touroay a eu la préséance aux vigiles ^et messes 
pour le service de Philippes 2. ..... • 731 

Droit dus Eveques. 1602. 28 juin et 1606. 20 aausf. 
Deux déclarations de la congrégation des cardinaux 
commis â l'interprétation du Concile de Trente en 
faveur de Michel d'Esnes E?eque de Tournay qu'il a 
droit de visiter son Eglise cathédrale et toutes les 
Eglises séculières de son diocèse, même celles qui 
sont ou se prétendent exemptes comme celle de 
S^-Pierre de Lille, d'approuver les confesseurs, don- 
ner permission de prêcher, instituer le concours, 
même pour les Eglises qui sont du patronage de son 
chapitre, publier des Indulgences etc 735^ 

Chapitre DE Harlbbeqce. Eveque de Tournât. 1617. 
23 février, a fifand. Lettres de Guillaume de Cas- 
tillo abbé de fiaudeloo ordre de Citeaux, et de Fran- 
çois Delrio, Doien de S^-Bavon a Gand, juges délé- 
gués par M. d'Âscagne Archevêque de Bar et nonce 
du Pape dans les provinces Belgiqucs, pour décider 
sur la contestation qu'il y avoit depuis longtems 
entre les Eveques de Tournay et le Chapitre de 
S^-Sauveur a Harlebeque, par lequel accord il est 
dit que lad. collégiale sera soumise a Tordinaire de 
l'Eveque immédiatement, et qu'il en fera la visite, 
le Chapitre aura connoissance des choses criminelles 
et civiles, par prévention, et n'en aura aucune des 
crimes d'heresie, sacrilège, homicide, simonie, so- 
domie , et dont la connoissance appartiendra a 
l'Eveque. 

Les pouvoirs et confirmations de Haximilien Vilain 



de Gaad dit de Rafiseghem et da Chapitre d'Harle- 

beke sont insérées dans ces lettres 7S7 

Chapeub Càstrallb au Qdbsvot. 4618. 22 jonvisr, ou 
Quesnayt liettres de Dom Jean de Robbes eomté 
d'Apappes, Gouverneur de Lille, Douay et Orehtes, 
par lesquelles il est dit qu'en présence de deux per^ 
sonnes nommées de sa part, M'* Louis de Maillj 
Cb' S^duQuesnoy^ s'oblige lui et ses successeurs 
pour Tentretien d'une chapelle eastralle fondée en 
son château du Quesnoy sur la Deule le 8 Novem- 
bre 1616 745 

HoBT DE PfliUPPBS S. 1619. i4 avril f a Bruxelles. 
L'Archiduc Albert mande a i'Eveque de Toumay de 
faire faire un service dans son diocèse pour le Roy 
d'Espagne Philippes 3 et le fairo recommander par 

les prédicateurs • • 749 

S^-F^iEiBB DE LiUE« Lettre du Théologal de Lille au 
Pape touchant la visite de l'Eglise de S'-Pierrc de 
Lille par I'Eveque de Toumay en i6i9. 
Cette copie a été envoiée en novembre 1619 a TEve- 

que de Toumay par le nonce Luc San Severin • • 755 
SiNODE.-i619. 16 avriL Acte de ce qui s'est passé au 
Sinode de Toumay ott se voit le rang de l'abbé de 
S*-Hartin avant celui de S^NicoIas des Prêts. • • 761 
Siège Episcopal* 1 630. 20 juin , S ei 7 aousL Extrait 
du décret de la congrégation des Cardinaux commis 
a l'Interprétation du Concile de Trente en faveur 
' de M^ximilien de Gand a Villain Ëveque de Tournay 
touchant l'usage du siège Episcopal au chœur de 
son Eglise eathedrale : av^ le mandement du Nonce 
es Pays-Bas pour l'cxeoution dud. décret et la rda- 
tion des Notaires Apostoliques qui pnt insinué ie 
susd, Mandement aux Doien et Chapitre dud, Tour- 
nay 76S 



— 169 — 

SiNODB. 1621. !27 avril- Acte de ce qui s'est passé au 
Sinode de Tournay tenu par Maximilien de Gand a 
Villain Eveque de Tonroay 775 

SiNODB. i622. Acte de ce qui s'est passé au Sinode 
de Tournay. 781 

Prescb/incb. 1622. 9 mars. Protestation de Maximilien 
de Gaud a Villain Eveque de Tournay touchant la 
presceancc de son Eglise sur celles suffraganles de . 
Cambray, pour assister aux obsèques de TArcbiduc 
Albert 789 

Id. 1622. Mémoire contenant des raisons pour prou- 
ver la presceance de l'Eveque de Tournay sur les 
autres Eveques, suffragans de Gambray, contestée 
aux funérailles de l'Archiduc Albert 791 

SiNODB. 1625, 2J/at/. Acte de ce qui s'est passé au 
Sinode de rEveché de Tournay ou il se voit que 
l'abbé de S'-Martin a eu la presceancc sur Tabbé de 
S*-Nicolas des Prêts 795 

Sinode. 1625. 15 avril. Acte de ce qui s'est passé au 
Sinode de rEveché de Tournay. 80t 

Id. 1625. Sinode de l'Eveché de Tournay. ... 805 

Id. 1626. 28 avril. Sinode de l'Eveché de Tournay. 809 

Moulin a eau. 1628. ^10 février. Homologation d'un 
jugement rendu au sujet d'un moulin appartenant 
à l'Eveque de Tournay, gissant en la rivière de 

^ l'Escaut sous le Pont-à-Pont a Tournay. . . . 815 

Dénombrement. 1629. 7 may. Rapport et dénombre- 
ment par Maximilien de Gand a Vilain , Eveque de 
Tournay^ des biens temporels de l'Eveché de Tour- 
nay tenus en fiefs des Princes souverains du pays. Il 
est dans le deuxième volume de ce recueil fol. 6$3. 817 

Reclusb A Lille. Capucines. 1650. 12 juin. Lettres 
d'Anne d'Anchin abbesse et de Claude de S**Genoi8 , 



— 170 — 

Prieure de l'abbaye de Messines, par lesquelles du 
consentement de l'Eveque d'Ipre, elles accordent a 
])«ii« Françoise Joseph de la Motte dite de fiarastere, 
religieuse deTabbaye , une somme d'argent pour 
pouvoir se bâtir nne petite maison et 'se rendre re- 
cluse sous la règle et habit des pe&itentes Tufgai- 
rement dites Capucines du tiers ordre de S^ 
François, près de sœur Jeanne Cambio aussi re- 
cluse près S*-André au faubourg de Lille.. * . 897 

Prbvoté de S*-Pierrb. 4630. A Rome , le six dés Ides 
de febvrieTf la huitième année du pmtifieat de 
Urbain 8. Bulle de ce Pape, par laquelle il nomme 
François Vilain.de Gand a la Prevotë de S*-Pîerre 

' de Lille, vacante par la nomination d'Engilbert a 
l'Evechë de Namur. 901 

Id. 1631. il eepiembre. Installation de Florent 
Vandethaer , Trésorier de S*-Pierre, au nom de 
François Yillain de Gand, nomme Prevot de S*- 
Pierre : lad. Installation faite par Robert Imbert, 
Chantre de lad. Eglise. 908 

Id. 1631. € septembre et i6Z\. 9 septembre. Lettres 
de Maximilien, Eveque de Toumay et de François, 
Archevêque de (Csesariensis) au même sujet. 910 

iNDULGEifCE. S^QuiRiN. 1658. 20 fsvrier ^ à Rome, 
Bulle du Pape Urbain 8, par laquelle il accorde des 
indulgences pour sept années, a ceux qui visiteront 

^ l'Eglise de S*-Quirin a Tournay, le premier diman- 
che de septentbre, jour delà fête. • . . . .915 

Abbaye de S*-Mbdard. ("ragment d'une Bulle du Pape 
Urbain 8, touchant Tabbaycde S^*NicoIas des Prêts, 
ordre des chanoines réguliers de S^-Augustin, sous 
le nom de St-Mard ou St-Medard, a Toumay. . .917 



; 



— 171 — 

EiiTBaaBiinis dbs sécolibas dans us Raisons rbii- 
61BUSBS. i649. A Aome, 17 may , /a cinquième année 
du pontificat de Innocent 10. Lettres de Prosper 
€a£Farell.us Protonotaire Apostolique, par lesquelles 
il ordonne aux provinciaux, prieurs, gardiens, reli- 
gieux de tous ordres, compagnies de Jésus, d'exeeu- 
ter ou faire exécuter les décrets, ^rapportés en 
extrait dans ces lettres^ touchant les enterremens 
des morts dans les Eglises et maisons religieuses et 
ce a la prière de FEveque et du Chapitre de Tour- 
nay, des Doiens de chrétienté, et des curés dud. 
diocèse 92i 

Enterremens. 1649. À Rome , 2i juin. Le même Pros- 
per €affarellus mande aux réguliers mendians et a 
la Société de Jésus d'exécuter et faire exécuter les 
décrets insérés en extrait daus ces lettres touchant 
les enterremens des Morts dans les couvents. . . 935 

Palais Episcopal. 1671. 8 may. Procuration de M. 
Potier œeonome de TEveché de Tournay pour em- 
prunter 20000 florins pour faire rebâtir le palais 
Episcopal 94S 

Avis de M. le Pelletier. 1675.20 décembre. Ad vis 
rendu par M. Michel le Pelletier Intendant en Flan- 
dres sur les differens meus entre le Magistrat de la 
ville de Tournay appellaot et demandeur et M. Gil- 
bei^t de Choiseul du Plessy Praslin Evoque de Tour- 
nay Intimé et deffendeur. 

Il est ensuite intervenu un arrêt du Conseil d*£tat 
donné a S^-Germain en Laye^ le 28 Février 1676, 
portant règlement sur le sujet de ces différends. 
Cet arrêt est imprimé dans le recueil des edits et 
reglemcns pour le ressort du Parlement de Flandres 
in-4<' page 55. 



— in - 

Le dispositif 4e Tarrel est a la suite de cet atis. 
fol. 1061 949 

SoucHANTBBRiB. ^ Novembre j a Toumay. Transaction 
sur le sujet de la ehantrerie et de la souscfaanterie 
de l'Eglise catliedralle de Toornay entre le Chapitre 
de lad. Eglise d'une part et W Vincent Ragot 
chantre et chanoine de cette Eglise et Paul Martin 
Grau aussi chanoine, pourvcu par le Pape de lad. 
souchantrerie, d^autre part 106!> 



FIN D0 QVATBlàHB ET DERNIER TOLUVE. 



— 175 — 



LISTE 



ras BENEFICES DU DIOCESE DE TOURNAT. 



Dimiejmr Doymnez avant PEreeîiim de» nouveaux evechés 

PAR Philippe 2 Roi d'Espagne ek 1560. 

VEvechi de Gand et celui de Bruges ont été démembris 

de celui de Tourna}/. 



DOYENNEZ. 




i Touroay • . • . 


. Pag. 174 


â Uekhin • 


) • a 


17T 


3 Lille • • 


» • < 


179 


4 Seclîn 


• « 


183 


5 Courtray . 


» • < 


185 


6 Roulers. Rousselaer 


• • 


187 


7 Audenarde 


» • < 


190 


8 Gandy a présent Evechë < 


1 • < 


193 


9 Waes 


• 


198 


iO Bruges, a présent Evechë 


• 


JMO 


il Ardembourg 


» • . « 


SOS 


12 Oudembourg 


» ' « 1 


807 


BULLETINS T. XVl. 




32 



— 47* — 

BE6ISTRDH BENEFICIORUH TORNACENSIS DlfCBSlS 
PBR DECANATUS ET COLLAHONES. 



I. In iecanatu tomacesiu 


—Deeanus eecleriê tamacemU. 


Landas • * 


• 


• 




ZXVllj 1. 


Auchy • 


. 


. 




XXUlj 1. 


DecanuB et eapitulum ecdesie tomaeensiê 


« 


Blandaing • 


• 


. 




liji. 


Capellania ibidem 


. 


• 




XTJ 1. 


D0D8 


• 


• 




xxuij L 


Capellania ibidem 


• 


. 






Capellania des wastines : redditas sunt alie- 






mati| quia rex tenet 


• 








Espamg . 


. 






XX 1. 


£r6 • • • 


'. 






XX 1. 


Capellania ibidem. 


« 






xxuij I. 


Houardrie 


• 






XIJ I. 


JoUaing 


• 






• • * 

XXIJ 1. 


Lesdaing. 


• * 






xxuij L 


Namaing. 


> « 






xc L 


Orcbies. 


• « 






1 1. 


Capellania ibidem Béate ■. 


Harie. 






xvj 1. 


Ibidem alia capellania. 








X 1. 


Ibidem alia capellania 


» . 








Capellania bc^inarum. 


« 






XIJ I. 


Wez. 


• 






XX 1. 


Welvaing. 


.. 






xl I. 


Saceriotes 


majaris aUaris. 






AfS» . • • 


• 


. 




xxviij L 


Baissy. 


. 


. 




• ••• m 

XXUlJ 1. 


Bourgiella. 


« 


. 




xxiuj 1. 


Capellania ibidem 


• 


. 


xvij 


1. xii 8. 



— 17» — 




Abbtti S" Amandi in pabula. 


Lecelle. . . • , 


XZZTJ h 


Rosut. • • . , 


1 XXUIJ 1. 


Froimont. • • • . 


XTJ 1. 


Wîlkmiel. • . • . 


XTJ 1. 


Capellania ibidem de haudion 


** * 

XIJ 1. 


Hertaing. • • . , 


XX 1. 


Moussin ..... 


xl I. 


Capellania ibidem. 


XIJ 1. 


Nivelle .... 


XX 1. 


Rongy .... 


xxviiî 1. 


Rome ..... 


xV 1. Tiii 1. 


Capellania ibidem. 


XTiij 8. 


Capellania ibidem de cleppes 




Rumegies .... 


XXIUI I. 


Stufl Martinus in S*» Amando 


xl. 1. 


Capellania ibidem Béate Marie 


xijl.xyj 8. 


Capellania ibid. S'^-Nicolai 


XIJ 1.' 


Capellania ibid. S*' Johannis evangel. 


xvj I. 


Capellania ibid. S^ Jacobi. 




Capellania béate Marie leprosoram jaxta 




Stum Amandum. 




Capellanium leprosorum in ecclia. 




Capellania S^ Nicasii 


XIJ 1. 


Thuns ..... 


ZIJ 1. 


Taintegnies .... 


• • • • « 

XXUlj 1. 


Briilon .... 


• • • • « 

XXUIJ I. 


Abboi S^ Martini Toumacen 


de. 


Rsplechin 


xl 1. 


Samion (Saméon) . 


xxxij 1.. 


Capellania ibidem. 


xvj 1. 



— i16 — 



Abba$ S*i Peiri GandemU. 

Hollaing. .... 

Capellania ibid. redditus sunt alieoati 
Bf uidle 8ur l'Eseaut. 

Àbbas de Marchenis. 

Bovri . • • 9 • 

Abbas CisonienM. 

BaisioD. 

Capellania ibidem. 

Boavinea. • • 

Chereng. , 

Cobrieu. 

Canfaing. 

Cisoiog. 

Capetlania de clerriea in ecclesia de Cisoiog. 

Capellania de ma. • 

Gruisons. 

Genech. . ' 

loury. 

Templuvia in pabnia. 
Capellania Béate, Marie. 
Capellania beati, Joannis Baptiste 
Capellania alia ibidem. 
Cieipellania in pabula cava. 

Capitulum ÀfUhoniensA. 

Lamaing. • • . • 

Dominus de Wannechain Laicus.^ 
Waonecbalog. 



XX I. 
xi) I. 

XX L 

XYJ 1. 

xxxj L 
xxxiuj u 



XX 1. 

XX I. 



xliriij L 



XXUlj I. 



xvj I. 



XX U 



— 177 — 

II. In Decanatu HekhinensL — Ad eollaiioHem Reverendi in 
Christo patris Domini Domini EpUcopi Tomacenm. 



Honnep. • . • . 


XXXT 1. 


Capellania ibidem nova. 




Helchin ..... 


XX I. 


Capellania Ibideia nona • , 


XT K non tax. 


Capdlaaia in Castro 


XV I. non tax. 


Torcoing. .... 


xxxviij 1. 


Capellania ibidem . • . 


xuj I. 


Decanus et capitulum ecdcM tomacensis^ 


Sanctns Leodegariua . . • • 


xîvitj 1. 


Hestrud «... 


xxvij I. 


Capellania ibidem 


XUJ !• 


Espierre. . • . < 


xxvii] î. 


Pech ..... 


xxnrj 1. 


Capellania ibidem. 


* • 1 * 

XIJ 1. 


Capellania du Biez. ' . 


xij I. 


Estaimbourg 


xxvuj 1. 


Bailleul.i 


xxviij 1. 


Capellania ibidem. 


XX !• 


Ramegnies. • • « 


XX 1. 


Luigne • • . . < 


XXllj I. 


Herseaux. .... 


XX 1. 


Roubaix • • • 


xxxii) L 


Hem sur la Harcq . . 


xxxij U 


SaUly . 


xxj 1. 


Willem .... 


. xxxviij^ L 


Conter ceçlesU tomoconm 




Néchin • • • . 


xxxvij I. 


CapellaniA ibidem. 


. XY L ma laxv 



— «78 — 

Hoipitalarius eeclerie tomacensis. 
Warquoing .... xxij L 



Capellania ibidem • . . x 


1. non tai. 


Saeerdotes majoris altaris. 


« 


Sanctus Genesius . 


xxxviij 1. 


Capellania ibidem . • . x 


1. non tax. 


Abbas 5^ Martini Tomacensis. 




Mouscron . • • . xxiiij 1. 
Capellania de Rames . • • xv L non tax. 
Evregnies ... • . xliij 1. viij s. 
Templeuve . • • • xlv L ij 8* 
Capellania de le Cacheriez . • xvj 1. 
Capellania CasCri de Daesemer a Tem- 


pleuve. .... 
Capellania de Rumea . ... 
Estaimpuich • . • . 


XVIJ 1. 

xvj K 

XVlj 1. 


Abbas Cisaniensis, 




Toufflers. .... 


xix 1. 


J<fV8* • • • » . 

Capellania ibidem. 


XVIIJ 1. 
xxij 1. 


Abbas S^ Pétri Gandensis 




Auclenghien. . . . • 

Capellania ibidem. . • 

Âltapîppa. Haute rive. 

BousBut. • . ... 


• ••• 1 

XXllIJ u 

XIX I. 
XVlj 1. 


Abbas S^ Bavonis Gandensis. 




Watpelos. ; ... 


xxj. 1. 


Capellania ibidem. . . . xv 


1. non tax. 



— 479 — 
Àbbas S*^ Theodoriéi Remensis. 



Dottigies. 
Capellania ibidem. 
Quinghien. 



xlj I. 
• xij L noo lax. 

XXllj I. 



Abba$ Hanoniensis. 



Lecrs. • • 

Capellania ibidem. 



xxxij h 
• XV i. non tax. 



m. In deeanatu insulensL — Ad eollationem Reverendi in 
christo patris et Domini Domini Epiaoopi Tornacênsis. 



Lezennes. 

Deuslemons 

Capellania ibid Béate Marie. 

Frelengbien 

Wazemmes 

Esquermes 

Capellania Béate Marie ibid. 



Houvaux. 



Sacerdotes majoris altaris. 



Vnus sacerdotum majoris altaris 



XXXV 1. 
XXX I. 

XXX I. 

XX 1. 

XXX I. 



XVllj 1. 



Bondus • 


• • 


XXXV I. 


Capellania ibidem 


« . 


XX I. 


Prœpositus S^ 


Pétri insnlensis. 




Stus Stephanus insnlensis • 


. . 


XXX 1. 


Capellania prime misse . 


• . 


XX 1. 


Capellania panehin 


. • 


• • • • 1 
xuij 1. 


Capellania bouvrie 


• . 


XV 1. 


Capellania Campane scabin. 


insul. 








— f 80 — 



Capellania Petronîlle 

Capollania S^ Jacobi 

In hospitali S^' Nicolai inter duos pontes 

Capellania S^ Nicolai zega 

Capellania S^ Eligii appell. Sauvage 

Capellania Galet. 

Sanctus Andréas • 

Capellania de Cisonio 

Sancta Maria Magdalena . 

Saneta Catharina • 

Capellania beguinaniai insul» 

Deeanus et capitulum eeekâie S^ Pétri 

Cara S^ Pétri in ipsa ecelesia 

Sanctus Mauritius. 

Capellania prime misse • 

Capellania Béate, Marie • 

Capellania Beati Stephani 

Capellania D^î Philippi de Bassend 

Capellania S^ Nicasii in hospital 

Capellania alia du Remuée (?) 

Capellania magistri Jacobi Capriord 

Sanctus Salvator. 

Capellania prime misse 

Capellania S^ Nicolai 

Capellania d^ Simonis de Anapia in hosp 

tali S^ Salyatoris iosulctisis 
Capellania leprosorum 
Capellania S^' Trinitatis 
RoRchin. 
Lesqoin • 
Fiers 
Capellania de Kikeopois. 



XVII] 1. 



xvuj I. 

XX 1. 

• ••• 1 

XXUIJ 1. 



xxxij L 


xxxj 1. 


XXlj 1. 


insulensis. 


XX i. 


XXXY 1. 


XfUJ 1. 



XXX 1. 


XTJ L 

*•* 1 


xxj 1. 


XV 1. 


xiij L V s. 


xvj 1. 
xviij 1. 


XXX 1. 


XX h 



— 181 — 

Capellania de Mastaiag 

Capdlania de Broquo 

Anappe . , 

Marquette (à l'embouchure de la March 

dans la Deule) « 
Capellania ibidem. 
Wambrechies (sur la basse Deule) 
Qoesnoy (sur la basse Deule) • 
Verlinghem . . • . 
Capellania ibidem. . . 

Lompret .... 
Lambersart . • . . 
Perenchies . . ; . 
Premuques • • « . 
Campingliehem ... 
Sequedin ...» 
Santés (sur le canal de Lille a Douay. 
Lomme. . • • . 

« • « 

Capitulum eecleiie tomaemsis* 

Marka juxta insulas (sur la Marek) 
Capellania ibidem • 
Wasqiiehal . • . . • . 
Hellesmes . . • . ' 

Decanus ecclesie sicliniensts. 

Croix ••••,• 
Los • • . ' • . • ' 

Cantor sicliniensis. 

Maisnil •••••• 

Capellania ibidem • * . . • 

Àbhas S'»' Pétri gandensis, 
Aanetières . ... 

BULLETINS T. XYI. 



XX 
XXXV 

xxxi 
xl 

XV 

xxvij 

XXX 

XXV 

XXXV 

xxij 

XV 

xvij 

xjx 

xxvij 



XXVllj 

r 

• • • 

XVllJ 

xxvij 
xxviij 

xl 

XV 



xl I. 

2o 



— iW — 
Àbba$ CtiomeMti. 

« 

Ascq ' ^ !• 

Capellania ibidem • • . » . 

AbhoA Sfi Qninf tnî in insulà. 

Ânstaing . • • . • • • i^ul 1* 

Àhbas S^ Eligii tfofiùmen$i$. 

Radinghem xl h 

EiMiuinghem • x^ L 

WauviQ . . • • • • XXX 1. 

Capellania ibidem . . . . . x»j L 

Abbas Sa Basoli RemenM* 

Houj^ines • - • - • • • xl K 

ÀbbM de monte 9^ Eligiù 

Ancvîn • xyiij I. 

■ 

Capellania ibidem • • • • • 

Abbatissa de Dènaing. 

Hallènoes • . • • . • • xxx I. 

Haubourdîn •••••• xx U 

Capellania ibidem . • • 

Prier de Fivid. 
Fivia et fâches . • • « • xxiiij 1. 

Prier de Englos. 

Beaucamp Englos xv 1. 

Dominue de. Reval hicue. 

Capellania delemotte a Lambersart . 

Dùmims de SAgny Laieus» 

lîgnjr "^ '• 



• 



• 



• • 



— 183 — 

IV. In deeanatu S0€ilinfenri od coUaiionem Beverendi in 
ehristo patris et Doffitni Dnù Ejnsccpi Tornaeensis. 

Wattignies ...... xx I. 

Capellania béate marie îbid • 

Decanus •ccleêie i»maeen»iê. 

Templemars xxzj L 

Capellania de Ramon 
Capellania ced..(?) • 

CapihUum udetie iornaeenêis. 

Avelin xlviij L 

Capellania ibidem xx 1. 

Antreulle xxviij I. 

Fretin IL 

Peronne ...•.• xxv 1. 

Cafritulum eeckiie seclinieMif, 

Lesquin xxv I. 

Seclin xxx 1. 

Gondecourt xxij 1. 

Astiohes xviij L 

Tourmegnies xx I« 

Thumeries. xxv 1. 

Capellania de Wahaîgnies. • , . xvij 1. 

Carnin xv 1. 

Houplin 

Saeerdotes majoris aUaris ecckM Tounum^ci. 
Pont a-iWendin ..... xviij I. 

Àbhas S^ Martini Tornaeensis. 
Anneulin. . . . . . xxv I. 



— 184 — 



Capellania S'* Marie de Dons sita infra paro- 
chiam de Anneulin de nov fundat 
Allennes. . * . . 

ÀbboB S^ Pétri Gandensis. 

CamphiD. • • • • 

Capellania ibidem .... 
Carvîn. . • : , 

Ahbas S** Quintini in insula. 

Singhin« • . • . 

Capellania ibid. prime misse. 

Capellania beati Nicolai, . 

Capellania Castri. 

Anvelin. • . • 

Harka in pabula. 



Noyelles . 



ii66fi» S^ Eligii NoviomenHs. 



Àbboi S^ Vedasti Atrebatensis. 



Bauvin . 

Capellania ibidem 

Meurchin. 

Herignies 

Mons in pabula • 



Abbas de Phaiempin. 



Phalempin 
Hevin 



Capiîulam S** Amati Duatensis. 



XX L 



Ix L 

XIJ I. 

1. 1. 



XXUlj 1. 

XIIJ 1. 

Xilj 1. 

x?ij 1. 

xxviiij 1. 

XV I. 



XXX 1. 



Bercées . 



XXX L 
xix 1. 

XVllj 1. 

XXTÎij I. 

XXX 1. 



xxiij !• 
xlvilj I. 



XXX L 



— 183 — 



in 



V. In decanatu curtracensi ad collathnem Rwerendt , 
christo patris et Domini dni Episcopi îornacensis. 



Linselles ..... 

Gomines duo curati quilt . 

Gapellania ibidem. 

Item prébende de Gomines 

Gapellania hospital. 

Houtem juxta Gomines 

Gappellania ibidem 

HoUebecque .... 

Item due prébende in ecclesia Gurtracensi. 

Item scolœ Gurtracens* . ^ . 

Gustodia S^ Martini curtracens. . 

Gustodia de Houttem 

Gustodia de HoUebecque . 



XX 

XXX 

• • 

xxvij 

• • 

XIJ 
XXX 

XX 
XX 

xl 

XXX 



Decanus ecclesie Tomacensis. 



Belleghem 
Aelbeke . 



xxviij K 
xl 1. 



Decanus et capitulum ecclesiœ tornacensis. 



Waregbem 

Gapellania ibidem. 

Derlicke , 

Gapellania ibidem nova . 



xxviij 1. 
xxxvij L 



Sacerdotes majoris aliaris eccksie torn. 



Fana Sanoti Elegiî 
Olsene • 



Abbas S^ Amandi in pabula* 



Bisseghem 



xix 1. 

XYllJ J. 
XXV 1. 



— IM — 



Àbbas S« Martini Tomaeetuis. 

, * 

Ledegbem. • • 

Weydghem 

Gheadelghem 

Capellania ibidem nona 

Capdlania de Biest 

Lede* • • 

Capclknia ibidem. 

Cuerne • 

Wiesbeke 

Pana Sancti Bavonis 

HuRe . 

Abba9 S^ 



XXTij 1. 
XXlj 1. 

xxTiij 1. 

XXXY I. 

xxij 1. 
xxTtij I. 

XVllj 1. 

xxii I. 



xxvij 1. 

XVllJ 1. 

XXlj I. 

••• t 

XTIIJ 1. 

xxvii I. 

xxviij L 



• • • 

' Pdri gandenfis. 

Ocdeghem ... 

Capellania ibidem. 

Derseighem. 

Baerne juxta heUebe<q • 

Abbas HanonimM. 

Heniii • • • • 

Dadizelie. • . • • 

Abba» S^ Bartholomei IfwiomenM 

BavicoTe. . • . • 

Cornes flandrie in eeclesia euriraeensi confert prebendas. 

Item marka juxta cortracum. • • xxx ]. 

Rodelghem . • xx !• 

Capitulum eedesie Candatensis. 

Rechem . • . . « xx K 

Capellania de noTo fandat. . • xx I. 

Capiivlvm eçdesie Sa Petriinsuhnsis. 
Hallevin . . « . . xx 1. 



— 


♦87 -- 


- 


Capelania ibidem . 




XV 1. 


Busbecque 




XXXV h 


Noyavilla 




xvj 1. 


RoDcq . 




XXlj 1. 


Gapellania ibidem* 




XV 1. 


Capellania de Rolengliem. 




xix 1. 


W»viq . 




XX 1. 


Ghelve • 




xxxiij !• 


Lauwe . . . 




XXXV 1. 


HaecMine 




xxiij l. 


Quelle • 


1 


XXX l: 



Decanùs et eapitulum eccle. Curtraeen. 

SanctDS Hartinùs Gurtracen. duo curati qlt. xv 1. 

Oipèllania nova S'' Johannis. 

Capellania nova hospitaL 

i • 

Decanui et eapitulum eeclesie hàrlebeceén. In sua eccle$ia 

conferuntur xiij. cap. plenojure. 

M 

Harlebecca cura • • • . xx 1. 

Zweveghem . .• . • xxvij 1 

Hulste « " • . • • xxj 1. 

Morsella • . • . • xxv 1. 

Gapellania de RoUeghem in eadem parochia. xix 1. 

Prepositus ffarkbeceen confert in dicta eeeksia xij 

prebendas» 

YI. Indecanatu Rolariemi dominus episcùpmnihil confert.* 
Decanattis et eapittUum eecle tomacensis. 

Stadën ..... xxxiiij 1. 

Rosebecca. . • • • xxxj 1. 

Morsiede. • . . • xx 1. xii s. 

Capellania hospitàl de bievre . * • xxlxij L 
Gapellania béate marie nôvà in Morsiede • 



— 1«8 — 



Saeerdotes majoris altaris, 



Oeuighem 
Gothem . 



XXTJ 1. 
XXXV 1. 



Semipredendarius ecc/c. tornacen. 



Ixix K 
XXXV 1. ix s. 



• • • • « 

.xxnij 1. 

XXV \m 

xij 1. 



I • 



n* 



»!«*••• « « • 1 * 



»« »»♦ \ 



Deotreghem . . • • 

Croulerghem .... 

Abbas S^ Àmandi in pabula. 

MarkcDghem .... 
Hochlede. • • . . 

Capellanîa ibid. béate marie 

AbbiisS** Martini Tornacensis. 

Paskendale 

Iseghem . . • .;..<• 

Emeighem 

Beurene juxta Rolarium 
Gapellania de verdegheer ibid. ' 
Waekene. 

Capettania nova ibidem 
Gapellania xj. vioginum in domo de Lem- 
becque per Dominum Loci. 

AbbiM S^ Bavants gandensis. 

Grammene . • • . xix L 

Abbas 5f'-^tco/at de praîis juxta pmac. 
Heedighem • • . . xxv I. 

Ghelvelt. . . . . xxviij I« 

Abbas de Zunnebecque morinensis. 

Rollarium ... • . xlv| I. 

Gapellania bospital, ibid . . • xv 1. 



xvj 1. 
xlviij h 
xxvij l. 

iji. 

XV 1. 

ktx L ix s. 



— 189 — 

Capellania béate marie ... 
Capellania. . . , , 

Capellania sancti Hichaelis 
Capellania nova per Rogerium de Lîchtcr- 

vel fundat in honore sancti Georgii. 
Capellania sancti Jacobi de novo fundat : per 

judocum de heemsrode. 

Nova ecclesia .... xxix I. xij s. 
Besselare . . . . x^^. ,^ 

Abbas S^ Bertini in 8*^ Odomaro. 

^^^ xxix I, 

0"^«n^ XXX I. 

^^^^^^ xxxiiij I. 

Abbas 5'» Pétri de Lobiis cameracensis. 

Arcule xxviij 1. 

Abbas Eynamensis cameracensis diocesis. 
Rosbecca super' mandram. . . xx 1. 

Abbatissa de MontrœuL 

Hardoye xxx 1. 

Capellania ibidem. 

Dominus temporalis de muclembecque. 

Capellania béate marie ibidem . . xxviij 1. 

Capellania beati Nicolai ibidem . . xxj 1. 

Dominus de Puihem, 

Pulhem . . . . . XX I. 

Capellania ibidem. . « , xx h 

Bulletins t. xvi. 24 



— 490 — 



Cappellania Sti Pelri in loco de Zfvinvoet apud Wiêlk in 
fundata per Gerardum du Done ad quam dictus Gerardu& 
présentât prima vice et dominus de I^utbem preaentabit 
derceto, 

Decanus et Capituhim S^ Pétri insutensis. 

Geits • • • • « XX h 

Decanus et capitulum Harlebeccen^ 



Inghelmunster 

Coolscarap 

Molembccke 

Gapellania nova beati Âmandi 

Tielt UDUS curatus 

Alter curatus 

CapcllaDia hospital ibid. 

johaoBes de KethuIIe capellania ibid. 

Johannes de Valle capellania ibid 

Jacobus capellania ibidem. 

Capellania Stuvers eapelle in cadem padro<dii«« 

VU. In decanatu atdenardensi ad coUatimem Reverendi in 
christopatris domini dni Episcopi tomacensis^ 



xxxj L 

XYIIJ 1. 
XXJ 1. 

xxxiîj 1. 

xxxij t. 

XV I. 

xvj 1. 



Personatus de Eyne 
Secundus curatus. 
Dominus Jacobus de laroco 
Magister Jo. de Muyse 
Dominus Henricus de 
Dominus Waltenis de Hagha 
Capellania ibid. jo. de Valle. 
Capellanus alius ibidem . 
Ûiaconus ibidem • 



Ix 1. 

1 1. 

1 1. 

xl I. 

xl I. 

XXX 1. 

XX I. 

xvj I. 



— 491 



Subdiaconus ibidem 
Houtem sancle crucis 
Capellania ibideïn 
Capelfânia ibidem tonos (?) 
PersoDatus ibidem. 
Ghiselbrechteghem 
Wanedeghem 

Due custodie in ecclesia de Eyne 
Scolae ibidem . . 

Ilem duae vicar : ibidem que sunt tempo- 
rales ad nutuiâ revocant 

Decaîius et capitulum ecclesk tornacensis. 



XV L 

xl U 

xvj U 

X 1. 

XX ]. 
XXV ]« 
XXT }« 



Huerne . 
Mullem . 
Oedike . 
Helseghem 



Eecke 

Ofetéghem 

Ausdeghem 



Zinghem . 
Haspre • 



: xxiiij 1; 

;xxviii i^ 

XXV iij i« 

.XX 1. 



Abbas Su Pétri gandensU. 



XXX I. 

XXXVllj I. 

XXXV I. 



^6605 Su Bavonis Ganden$is. 



XX 1. 
XX 1. 



Ahbas S^ Theodorici Remmiiè. 



Moreghem 

Worteghem 

Warmande 

Kerckove 

Tiedeghcm 



kxxv I. 

• • • • M 

XXlllJ 1. 

xxîv L 

XXIllj I. 

• • • • m 

XXIllj 1. 



— i92 — 

Abbas Su Nicolai juxta tomacum. 

Indoedîghem .... xviij I. 

^^^ xiiij 1. 

Ahhas Corbiensis. 

Husse • . . . . 

Castre ..... xx 1. 

Àbhatissa et conventus de Peteghem. 

Prepositum de Peteghem . . . iiij j. 

Cura ibidem . , . , xx 1. 

Cornes flandrie 

Personatus AldenardcDsis ... Jxx 1. 

Aller cura tus . . , . jx l. 

Aller curatus .... xl 1. 

Aller curatus . . , . xl 1. 

Dominus de Aldenardo. 

Capellania Caslri aldenard. . . x I. 

Dominis de Peteghem» 

Capellania castri de Peteghem . . x 1. 

Dominu$ de le Vichte. 

Vichte . . . . . - XX 1. 

Capellania de Werde . • • xv I. 

Decanus et eapiiulum ecclesie laudunensis. 

Nokere ..... xxiiij 1. 

Curati de Aldenardo confcrunt quatuor capel- 
lanias in eadem ecclesia valent. |qult. . xv 1. 



— i9S — 

Beverne juxta aldenardum. 
Capellania dewon. 
Capellania hospitalis aldenard. 

VIII. In decanatu Gandensi. 

Dominus episeopus confert bénéficia subsequentia 

Bassevelde 

Item due capellanie, quelibet 

Lembecque. 

Due càppellanie, quelibet . « 

Oostecloo. 

Nasareth. 

Capellania ibidem. 

Bach. 

Capricke duo 6urati quilibet, 

Capellania ibidem. 

Scolas de Bassevelde. 

Item castodias ecclesiarum predictarum qua- 

rom melior valet. 
Alie, valent. , i 

Decanm et Capitulum eccle. Tornacm. 

Kuesselare. «... 

Ursele. . • , • 

Zomerghem duo curati quilibet. • 
Bethléem. . • , • 

Meerendre. .... 

Lederne S*i Martini, 
l^estwinckele. 
Waerscoet. .... 



XIX . 

X I. 
Xlj 1. 



1 

XV 

xl 

XV 
XXX 

xxiii 

XV 

•• • 

XVllJ 
XXX 



Sadertotes majoris aliarL 



Zeuerne* 
Vinct. 



X vel xlj I. 
e. solid. 



xl 1. 

xl h 

xl 1. 

xyj 1. 

XXV 1. 

XX 1. 

XX h 

XX I. 



XXV 1. 
XXY 1. 



— 194 — 

Semiprebendartus Tomoêeimê. 

Léo justa Poukc. . • , xxviij ]. 

PouLe. • • . • . XV I. 

Abbas S^ Martini Tomacensis, 

Haeltre • . . • • xxx 1. 

CapdlaDia îbideiù . . . xv 1. 

Abbas S^ Pétri gan^nsis. 

1*> Prot ecclesia sancti J(k gand.ires eurati 

quilibet pro portioDO sua . • Ixx 1. 

Capellaaie duarum primarum missarum 

quelibet • ' . . • xv 1* 

In ead^m ecclesia alie xxxij capellanie qu^ 

libet . . . • • XV I. 

Item alia capcllania . . • xviij L 

Item alie quinqae capellanie, quelibet • xiiij I. 

Item alie due, quelibet • • . xiij L 

Item alia capellania. 
Item alia capellania 
Item alie due, non tax. 

Eccleêiam prot, 

2» Duo Curati quelibet. 
In eadem ecclesia xj capelli 
Item aiie due 
Item alie très 

Ecclesia proK Smicti Nicolai gaudensis. 

5* Duo curati quilibet ... iv. L 

In eadem ecclesia capellania . « xx I. 

Item alie cappellanie xiiîj, quelt . • xv 1. 
Item alia capellania. 

Item alia. * % • » x 1. 



S** Jacobi gandensis» 



xlj 1. 



lij 1. 



anie qh . xv 1. 

xiiij 1. 
X 1. 



- 195 — 



Item alia. 




• 


ix 1. 


Item alis^f 


• 


xl 1. 


Ecelia prot Béate Marie Gandeusis, 




4'^ Unus solus curatus. 




4**** 1 

Imj 1. 


In eadem ecelia Capellanîa una. 




xix I. 


Item octo capellanie^ quelîbet. 




XV 1. 


Item due eapellanie qaclibQt. . 




xu:i. 


Item alia capellania* 




X I. 


Item alia. 




TIIJ 1. 


Item alla. 




• • • • * 

im 1. 


Buralia bénéficia. 






5*" Desselberghine. . 


• 


xxy 1. 


Staffelare. 




9 


xxj L 


2}winaerde. 






XX K 


^weverghem 






XX3| L 


Wi^lrcm. 






xviij L 


AuiSene. 






XX 1. 


Baeale. 






xvnj l. 


Oleerem • • 






XXT 1. 


l40Yeiideghcm 






XXXV U 


Gapellania ibidem 




• 




Item alla capellania de Broucke. 






XV I. 


Abbas S^ Baronis gandensis. 




i° Ecelia Sti Ghristophori unus solus curatus 


xl I. 


Ecelia S^ Michaelis gandensis suot curati 




quinque 






I^imus. 




Ixx 1. 


Secundus . 




XXXV 1. 


Tertius 




XXXV 1. 


Quartus . 




XXXV 1. 


Quintus . • ' < 


» 




XXXV h 



496 — 



In eadem ecclesia est eapellania. 

In eadem ecelesia capellanie ix. queit 

Item alie due capellanie quelt • 

Item alla • 

Item alie due, quelibet 

Ecclia de Eckergem. 

2* Unus curatus. 

CapelIania ibidem 

Due capellanie in hospitali lepros. 

Item très capellanie quelt 

Item alia eapellania • 

Item alia • 

Ruvalia bénéficia. 

5» Waudelghem 

Loosancti christ! 

Desseldoncq. 

Mendone . 

Lathem • 

Durle 

Caneghem. 

CapelIania ibidem 

Rousloe . 

Vinderhoute. 

Poesele 

Everghem. 

CapelIania ibidem 

Flosdeghcm 

Septemqueseq 

Abbcis Sa BerHni insto audomaro. 

Rauslede . 

CapelIania ibidem antiqua 



XVI1J I. 

XV I. 

X 1. 

ix I. 
vij 1. 

xl I. 

XV I. 

xxviij I. 

XV I. 

XH]J I. 

X 1. 



XV 

xvij 

• • 

XVJ 
XV 

xxvij 

XXV 

XV 
XXX 
XXX 

XV 

1 

XV 
XXX 

• •• 

XIIJ 
xl I. 

XV L 



Alia «pellania nova. 

Item altéra capellania in carte de axpoele. 

il&&af tronehimentis. 

Astrue 

Peteghem . . / 

Hansbecke 

Nivella 

Voselare. • 

Landq;heiii. 

Tronobinium. 



Abba$ S^ Nieobd in boseo. 



fluesdeo 

Laeme 

Calken 



Borchte 



XV 1. 

xtiij 1. 

x?sg L 

XX 1. 

xxij 1. 

XV ]• 

xxj 1. 

XX 1. 

Xllj 1. 

XX I. 

XXllj I. 

l. 



CapihUum trajeeiefm. 



Ixj I. 



Prepoiitus S^ Pharahildts gandensis. 

Confert inead eeclia. ix prebendas taeca- 

tas in commani . . .^ cl. 

Dùcanus et capitutum ipèita eede S** PharcJUUU confirunt 
in ecelia sua capellanias sequentes. 



Gapellania una 

Item alie qoatoor capellanie» ^t 

Item alia capellania • 

Item alia 

Item alie due qlt. 

Item alia capellania 

Item alla. 

Item alie due qlt. 

Item alia . 

BULLBTIlfS T. XVI. 



xix 1. 

XV 1. 

xuij K 

xiijLxs. vj d. 

xuj I. 

xy I. 

xj L 

X I, 

Tllj I. 
S» 



vij 1. X «. 

Tjl. 

V 1. XTJ S. X d. 

Y I. X S. 

XIJ 1. 



XX !• 

XY 1. 

XIJ I. 

XX 1. 

XY 1. 

XXX. !•• 



— 198 

Item alia . 

Item alia. 

Item alia . 

Item alia. 

Capellania castri eomitis 

Persona de Donze. 

Donze : . . . 

Capellaoia ;S*« €atharine ibid 

Capellania S'* Marie 

Persooa ibidem • 

Meynghem 

Lederae S'* Marie. 

Cuslodia ibidem non taxata 

IX. In deeanatu Waste ad colhUionem Domini tornaeenris. 

Waesmunster 
iBelsele • 

Sancta Maria de Boseo ' 
Lokere . 
Steene S*^ Johannis 
Rupelmonde 
Moesbecque 
Sanctos Paolas . 
Erubecke 
Sinay 

Custodia ibidem . 
Bassele . 
Sanctus Nicolaus . 
Capellania ibidem 
Stekcne 

jStiu Egidius Yicissîm dnus Episcopus el 
^bbas S^ Pétri gandeosis 



1. 
xl I. 

XY 1. 

xlYÎij 1. 

XYij I. 

XX I. 

XX L 

xl I. 
XX ]. 
xl 1. 

xl 1. 
xl 1. 

XXVJJ 1. 
XXX 1. 



199 — 



Exarde, dominus toroaçensis pleno jure . 


xi 1. 


S^ Maria in chastinghem . 




Stw Laarenlius in chaestînghem . 




Capellania de vesledonc . 


xvij 1. 


Item eustodia S^ PauU 




Custodia Sti Nicolai 




Custodia de Stekene 


" 


Gustodia de Sinay 




Custodia saneti Eligîî 




Decanus et capitulum ecck. tomac. 




Zwindrech .... 


xxvj 1. 


Sacerdotes majaris altam 




Beveme ^ . . . . 


Ixxv I. • 


Semiprebendarius . 




Heluersele .... 


xv| 1. 


Tielrodc ..... 


xxvj 1. 


A hbas S*^ Pétri gandemis. 




Beerlaer ..... 


XXX vj 1. 


Kemsel ..... 


xviij I. 


Melsele . . . « . 


Ix I. 


Onin. storum . . , . 


XXX 1. 


Item.castodias dictarum eccliarum. 




Caluloe ..... 


XXX I. 


Kieldrecht .... 


c 1. 


Bracene ..... 


XXXV 1. 


Havendonc .... 


XXX I. 


Tamisia duo curati quilt . 


1 1. 



AhhoJè Sa Bavonis gandemis. 



Moosseke 



XX l 



Huosberghioe 

Oaenneere 

Dackeoam 



Abboê delobiit eamerae. dioees. 



Hamme . 



Il I. 

XX h 
XXT h 



XXXY 1. 



Abbas trtmchinienM. 



Verrebroncq .... zxx 1. 

Abba» vel prepasUus wardunen. eohn. dioces. 



Zde 

Capetlania ibidem. 

Gremberghe 



IL 

XV 1. 

zxvj 1. 



X, In dêcanatu Brugemi ad efdbuionem B/^ Patris D^ 

Epi$. fom. 

Eeelesia pro^ S^ Salvatoris Brugensis très 

curati qailt 
Iq eadem ecclesia capellanie una 
Item alla capellania 
Item quatuor eapellania quel t. 
Item due capellanie quelt . 
Diaconus • 
Subdiaconus 

Item très capellanie non taxate 
Item quatuor capellanie, non solventes de- 

cimam. 
Item alla nova capellania fundata per domi- 

^ellam Agnetem de Bouée ad altare S^ 

Eustaebii • . . • 

Item alla capellania nora fundata per Rdum 

Patrem Ep . • 



Ix I. 


1 1. 


xl L 


XXX 1. 


XTIIJ 1. 


XX 1. 



— 201 — 



Cofltodia in eadem ecclesia 

Item scolas • . • • 

Ecclesia prot. S^ Jaoobi unus curatus 

Jofaes capellanas prime misse 

Cappellania secunde misse. 

Item una nova capellania non solvit deei* 

mam » • • • • 

Item capellania béate Marie magne non tax< 
Item capellania Su Jacobi * 
Pro^ ecclia S^ Walburgis unus curatus 
Capellania ibidem. 
Item alia capellania 
Item alia nona nontaxata • 
Sanctus Bavo juxta brugas 
Sanctus Petrus juxta Dye 
Vlisseghem 
Custodia ibidem • 
Jabcke duo curati qlt 
Custodia ibidem • 
Stalhille .... 
Custodia ibidem • 
Capellania ibidem 
Capellania S^ Amandi in brugis. 
Item nova capellania ad altare beati eligii 

in dicta ecclia S^-Walburgis . 

Abbas ^i-Ainandi inpabula. 
Wioghene .... 

AbboB S^ Pétri gandeniiê. 
Zedelghem .... 

Abbas Sa QuinUni in ingula. 
Dam S** Marie duo curati qlt. 



Ix I. 
xxj 1. 
xxj h 



ut. 


XX l. 


xxL 


zxr 1. 


XXX I. 


xlij 1. 


Ix 1. 


xxix I. 



xl? 1. 



1. i. 



Ix I. 





— 202 - 


* 




Capellania ibid. prime 


misse 


XVllj 1. 


In eadem ecclia capellanie quioqae qlt 


XV 1. 


Capellania hospital 


• • • 




dira S*« Catharine in Dam 




XXV L 


Osikerkc duo curati 


• * 




cl. 


Capellania una pinguis 






xlvl. 


Houcke • 


% 




XX I. 


Muda 


• 4 




Ixiij 1. 


Capellania ibidem 


• 




XV 1. 


Weatcapelle 


• 4 




xil. 


Capellania ibideqi 


• < 




XV 1. 


Suelleghem 


• « 




xil. 


Una capellania nova in 


claastro aororum de 




Masseborch 


• i 


• • 





il66cu S^ Bertini in Sto auiomaro. 

Lisseweghe très coratî 
Item due capellanie solven. decimam 
Coudekerke .... 
Evocfaem .... 



• • • ««Tv • 1 

lUJ^XIX I. 

zlT I. 

XXIj 1. 



Abbas 5^ Barthohmei in eeAo»(er 



Meetkerke. 



IV L 



Abbas S^ Andrée juxta brugas. 



Sancttts Andréas juxta brug. alias de straete 
Houchauwe • • • • 

Novum tempium • . • • 

Abbalissa et canventus S*^ Trudonis. 

Sanctus trudo .... 
Capellania ibidem 



xviij 1. 
xlvij 1. 

XXXV 1. 



XV 1. 



— 305 — 

Abbatiêsa de Bourbourg. 

Vessenase . « . . • Ixt K 

Xlapellania ibid. S*< Marie 

Cernes Flandrie. 

Viota brugensis . • • • xi 1. 

Item due capellania antiqae soluen. decim. 

Capellania alia ibidem . . . xxxv I. 

Item due capellanie nove non so|ven. 

decim • . « . • 

Item begadavam in brugis * . xviij 1. 

Dominus de Assenbrouc. 
Assenbrouc .... xxij I. 

Dominm de Eyne 

Capellania Su Pétri io brugis • . yj 1. 

Prep08itu8 béate Marie brugensis. 

In ecclesia sua confert octo prebendas 
solven decimam . . • xl !• 

Item sunt très eurati 

Item capellanie antique solventes decimam 

Item sex nove» non solven. 

Sancta Catharina juxto brug. 

Sanctus Egidius • • • • 

In eadem ecclia très capellanie, non solven 
deciiûam .... 

Coolkerke .... 

Zuzelles ..... 

Capellania ibidem. 

Item ad nominationem scabinatus ville bra- 
gensis habet prepositus béate Marie con- 
fère Guram S^ Marie magne 

Cura liospit. S^ Jo. brugensis 



XX 


1. 


XXXT 


1. 


XX 


i. 


XX 


1. 


XV 


1. 


XXX 


I. 


xl 


1. 



— 904 — 



PreporituB S^ Dûnafiam brugen. conferî in eadem eeelesia 

frAtndoi. 



Item eura S^ Donatiani 
Ooncamp. 

Capellania ibidem ona 
Itemqualaor eapdi. lo eodeaiaStt 
brageosis . • • . 

Deeantia S^ Donoltam. 

lYarB • • • • • 

Rudderroorde «... 
Zwenezeile • • • • 

Deeanvs et eafUtdum Su Donaltam. 

Prot. ccclia Sancte Crucis juzta hrug. 
Duo curati • • ... 

* # 

Item due eapellanie. de novo fund^ non 
solv decimam • 

Dudzeele duo curati 

Duo cappellanie ibidem • 

Capellania St^ Laurentii juxta bnig 

Ramscappella 

Zuwenkerke 

Sanctus Johannes supra dyc 

Hautkerke duo curati 

Scaerphont 

Item capellania ibid. in bospit* 

Item due capell. de noro fond, non 8ol?en 

4ecimam. 

Capellania S^ Auberti 

Capellania do Poteria in 

Wendunen 

L(q[>bem • • 



xzix I. 
zl h 
zlj 1. 



••• • 

XTIIJ I. 

XXX I. 
XXX? 1. 



I. 



xll. 

XXX 1. 

• ••• 1 

xxtuj I. 
hrl. 

XVIJ 1. 

Ixxl. 

XXXT 1. 

xrl. 



I. 



drl. 
xlTl. 



— 805 — 

Sanctus HichMl JQxta brag. • . xlv h 

Item omues capellanîas in ecclesia Sancti 

Donatiani brugensis 
Item capellania Sanctorum JobanDÎs et 

Chrislophori . . * • 

Item capellania Sancti Laurentis jnxta 

brugas. • • 

Dominus EpUcopus tomaeens et abba$ Sa Andrée jmia 
brugas eonferunit vieiiêim ûîa bemefieia BubêequenHa. 



Ghistella duo carati qnilibet 


xl !. 


Item cappellania ibidem . 


XV 1. 


Alia capellania . ' . 


XX I. 


Alla . • 


XV L 


Ilndem custodia . . . . 


X \. 


Norwest aliis znecote 


1 1. 


Ibidem caatodia . . • . 


Xl.v 


Ook€lliete . . • • • 


XX 1. 


• 

Zande . . . • < 


XVII j 1. 


Cttstodia ibidem . 


VIJ 1. 


Horescate 


XXV I. 


Custodia ibidem . 


. . vij L 


PUsseghem . . . 


xlij I. 


Custodia ibibem . 





XI. In deeanaim arimburgensi ad eoUaUanem dmim 

Episcapi» 

S^^ Georgius de Distele • • • ux U 

S^i» Johannes in eremo ... 

Stiu Laurentuis ia eremo . • • 

Novum Rolarium • . . . xxx l. x s. 

BULLETINS T. XVl. 20 



— 206 — 



Beruen 



Abbas Sa Amandi in pabula» 



Abbas 5ft Peiri gandensis 



Osbourg duo corati qlt . 

Item très capell. qlt. 

Item capellanîa de Osboorg 

Item capellania faoapital de Osbourg 

Item capellania jo colue . 

Item capellania fundata per Jacobum malin 

redditus sunt alienati . 
Item capellania beguinarum redditus sunt 

alienati 
Oost béate Gatharine 
S^^ Baveo de Osbourg duo curati qlt 
Oostmanskerke • 
Groedecost 
Gaternesse 
Isendicke 
Wattervliet 

Hames . , • « 

Berne S^ Nicoiai submersaest 
Scoondike. 
Capellania ibid, duc qlt . 

Abboê 9* Bavoniê gandensis. 

Eeclesia béate, Marie, aldeburgensis duo 
curati quilibet • . • . 

Capellania ibidem 

Item capellanie XXV qlt 

Capellania hospital . • 

Capellania beguinarum redditus sunt alie- 
nati ..... 



xl I. 



IXVJ 1. XV 8. 
XV l 

XV L 
XV !, 



zxviij h 

Ixv L 

xl 1. 

XXXV 1. 

XXXV 1. 

XXX 1. 

XXX 1. 

XX L 

XXX 1. 

XV L 



Ixx 1. 
xvij I. 

XV I. 

XV I. 



— 207 — 



Cdpellania fundata per Jacobum malin red^ 




ditus sunt alienati 




Item alia capellania nova fundata pcr exe- 




cut, m' relicte Baldui Razem 




Ecclesia Su Bavonis ardenburgen duo cu- 




ratiquilibet .... 


Ixx I. 


Capellania ibidem. 


xvij !• 


Item alie octo capellanie qlt 


XV 1. 


Item alia capellania 


Xllj 1. 


Item alia non taxata 




Ecclesia S*« Crucis de Ardembourg 


xxxij 1. 


Bernardskerke .... 


• • • • . 
xuij 1. 


Capellania ibidem 


XT I. 


Hëyle • . . . . 


xnv >. 


Hanckinswne .... 


xl 1. 


Capellania ibidem 


xl 1. 


Ecclesia béate Marie de Slusa valet 


xl I. 


Capellania ibidem 


XVIJ 1. 


Item octo capellanie qlt • 


XV 1. 


Item due qlt . 


XVllj I. 


Item très nove capellanie qlt 


XV 1. 


Alia capellania in hospitali leprosorum 




Item in curti beguinarum capellan. 


xvij 1. 


Item due capellania qlt . 


XV 1. 


Ecclesia S^ Johannis de Slusa 


xl I. 


Capellania ibidem 


XV 1. 


Coedsaut ..... 


1 1. 


Item due capellanie qlt . 


XV 1. 


Oostende in wlpe. 


xl 1. 


Vanekerke in wîpe 


XX 1. 


Raramersdorp submerse sunt 




Westende in wlpe submerse sunt 




Sto Margareta juxta Ardembourg . 


XX 1- 



Ahhoë Stt QmMitii inimula. 



Laepseure • . * ; 


XXX L 


Capellania ibidem 


XX I. 


Moerkerke .... 


xl 1. 


Capellania ibidem . . • 


xxij I. 


Brieie in wlpe , . . • 


XX I. 


DeeanuB et capitulum eeck harkbeceen. 




Adeghem. . 


1? 1. 


Maldeghem duo curati qlt 


xItU 


Ecolo, Ticissîm cum capitulo tornacen 


xxxij 1. 


i/vest • • 




Capellanie ibidem très qlt. 


XV 1. 


Item alia capellania S^ Amandi . . 


xvij 1. 


Preporitus béate Marie brugensie. 




Oedelghem. .... 


zl 1. 


Capellania ibidem 


xxij 1. 



XII. In decanatu oudenburgemt ad û(Mnfi(mem domtm 

epiecopi tamaeensis. 



Lombardie 

Capellania ibidem 

Item dominus Episcopus et abbaa S^ An- 
drée juxta brugas conferunt vicissim ca- 
pellanias prime et sccunde misse de 
Oudembourg qlt, tax. 

Capellania hospital ibidem 

Moere .... « 

Sande . . . • . 

Zeuccote • . . • . 



XXTÎj 1. 



XXV 1. 

XV I. 

XXV h 

xvij I. 
xlvij I. 



— 20» — 

Oakenvlieie ; . . • xxj I. 

Ghistella duo curati qlt . . xl I. 

Abhas Su Amandi in pabula, 

fiékeghcm. .... xxxij I. 

Abbas S** Martini tomojcensis. 



Zarvem . 


• 


• 


X7 I. 


Abbas Sti Peiri 


gandensis. 




Vladerzloe. , 


• 




xl i. 


Berst 


• 




xl 1. 


Item due capellanie ibid qlt. 


• 




XT 1. 


Item alia capcllania de berst 


• 




xxvij 1. 


Reyem 


• 




XXX 1« 


jjeK.e • • • 


• 




XX 1. 


Score 


• 




• • • • . 

XXUlj I. 


Stuvinskerke 


• 




XX 1. 



Abbas S^ Eligii noviomensis. 

Werkine . . xvj !. 

Abbas S^ Vedasti Attrebatensis. 

Zerkeghem • . . • xxxix 1. 

Capellania ibidem non tax 

Abbas St( Ridiarii m Ponlino, 

Stft Catharina west . . • xx 1. 

Breedeo. .... xxv 1. 

Abbas S^ Bertini in Sto audomaro 

Coukelare .... xxv 1. 

Bonnekerke . * . . xxij 1. 



— 310 



Lichtevuclde .... 


x\ 1. 


Ichteghem .... 


Ijl. 


Guerghem .... 


XXXV 1. 


Wcslkerke .... 


XXXYÎj 1. 


Royem • . . • . 


XX 1. 


Suellegherskerke. 


XXXY 1. 


Eltelghem .... 


Ix 1. 


Abbcta Ef/namemis eameracen. diocesis. 




Cortemaer .... 


XXV 1. 


Uausame • • . • 


XX 1. 


Abbas S*^ Pétri oudenburgensis. * 




Oudembourg duo curati qlt 


XXX ]. 


Gapellania béate Marie îbid. 


XV 1. 


Zautforde. • . • • 


XX ]. 


Cornes Namureemis. 




Middelkerke .... 


• • • 1 

XVllj 1. 


Oostende. .... 


xxviij 1. 


Sts Maria de streep 


xxvij 1., 


Westende .... 


xxvij 1. 


Magister hospitalis S^ Johannis Jerosolimit, 


LefiBoghem duo curati qlt. 


XXV I. 


Arlçbardi capellan. alias slipè 


xl 1. 


Maintekinsveere .... 


XX 1. 


Steene ..... 


XX 1. 


Willekinskerke .... 


xxxix 1. 



Decanus et cajritulum S*^ Donatiani Brugerms. 

Elemskerke duo curati ... 11. 

Artricke ..... xxxv 1. 



— 2H 



l 



as 



SÉANCE DU JEUDI 7 HAKS 1872. 

M. F. Dd Bus , aine, Président, 
M. Iules Wacqubz , Secrélaire. 



Le proeès-verbal de la séance précédente est lu et 
approuvé. 



OUVRAGES OFFEETS. 

Revue catholique j nouvelle série, tome septième, 2* livrai- 
son. — 45 février 1872. 

— Messager des sciences historiques ou archives des arts 
et de la bibliographie de Belgique ^ année 1870 , 1'® livrai- 
son, année 1871, 4« livraison. 

— Revue agricole^ industrielle , littéraire et artistique 
de la société d'agriculture^ sciences et arts de Varrondisse- 
ment de Valenciennes» — - Table des matières du t. XXIV. 

— Bulletin de l'Académie royale des sciences^ des lettres 
et des beaux-artê de Belgique^ 41« année, 2' série, tome 33, 
n« 1. 

— Bulletin du Comité flamand de France, tome V, n* 11. 
— Juillet, août et septembre 1871. 

— Atlas des monnaies obsidionaks et de nécessité^ 4* li-* 
vraison. — Planches 31 à 40 et 4* cahier du texte. 

CORRESPONDANCES. 

M. Clément Lyon, sous-lieutenant au 12« régiment de 
Ligne offre i la Société un exemplaire de son ouvrage sur 



les iABlitaUoiiB piriitifiMi et MligieiiMB, rdatives i b Ville 
Basse de Charleroi ; une lettre de remerciments lui sera 
adressée. 



Mgr le Vicaire-général VctsiR, eontinue la lecture de son 
travail sur les autels. 



M. l'abbé HuavBT dit qu'il a trouvé de nombreux et 
importants documents sur Néchin, i l'aide desquels il espère 
pouvoir faire une histoire complète de ce village. La notice 
sur le château de la Royère dont il a donné lecture à la 
dernière séance en formera un chapitre. 



La séance est levée/ 



IH. ,ï; âii Biis.aiiîf, 



— 213 



NOTICE BIOGRAPHIQUE* 



SUR MONSIfiUR 



FrançeisJiMÛ- Joseph DU N8, 

PRÉSIDENT DB LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE TOURNAI, 
l«e par M. jr. irae^nes, 

dans la séance du sept Août 4875. 



Messieurs, 

Lorsque notre société perdit le membre distingué qui en 
était rame, quand Mgr Voisin fut enlevé par une mort 
imprévue i la science dont on le considérait à l'étranger 
même comme Tun des tributaires les plus zélés et les plus 
capables, nous ne prévoyions pqs que six mois plus tard, 
nous aurions de nouveaux regrets à exprimer, de nou- 
velles larmes, dirai-je, à verser, sur une nouvelle tombe. 
Oui, laissez-moi dire des larmes, car les hommes éminents 
dont il ne nous reste plus hélas ! que le souvenir, ne méri- 
taient pas seulement notre admiration et noire estime, 
mais encore toutes nos sympathies , toute notre affection, 
Mgr Voisin et M. le Président du Bus n'étaient pas seu-* 



(*) Cette notice néorologiciue e«l mUe ΀Πpar anticipatioDi afin 
qn^eUe puisae trouver place dans le présent Tolume. 

BULLETINS T. XVI. 27 



— 214 — 

• 

lement pour nous des collègues vénérés; c'étaient encore de 
véritables amis. 

Ils avaient l'un pour l'autre une espèce de culte; ils s'ai- 
maient et ils s'admiraient comme nous les aimions et les 
admirions. La mort du premier fit sur le second une im- 
pression profonde. C'est avec une vive douleur qu'il nous 
entretint de ce triste événement dans notre séance du mois 
de juin 1872. Tout en déplorant amèrement cette perte 

irréparable, M. F. du Bus , malgré son grand Age, résolut 
néanmoins de faire tous ses efforts pour que notre société 
à laquelle il attachait le plus grand prix n'en fut pas ébran- 
lée. Et nous le vîmes, malgré ses quatre-vingts ans, faire 
parfois un long trajet pour assister à nos séances qu'il pré- 
sidait avec tant de dignité. Ce n'est que lorsque la maladie 
vint clouer ce vénérable octoginaire sur son lit de souffrance 
qu'il ne nous donna plus l'exemple de cette exactitude 
remarquable qui était une de ses vertu;. Notre société 
occupait cependant toujours sa pensée et ce fut par trois 
fois qu'il «me fit demander de remettre la séance du 16 jan- 
vier dernier, dans l'espoir qu'un rétablissement complet de 
sa santé et de ses forces lui permettrait d'y assister. Hélas t 
l'heure qu'il avait fixée pour se retrouver au milieu de nous 
était l'une de ses dernières ; au moment où nous nous réu- 
nissions, il était à l'agonie et sur le point de paraître 
devant Dieu. 

Beaucoup plus jeune que notre regretté président, et ne 
l'ayant connu pour ainsi dire que dans nos réunions scien- 
tifiques et littéraires, je ne saurai retracer convenablement 
une vie si belle et si bien remplie, dépeindre la beauté de 
ce caractère digne des temps antiques, la supériorité de 
cette grande intelligence. La biographie que vous m'avec 
prié de rédiger sera donc fort insuflBsante et fort incom- 
plète. Permettez-moi d'en emprunter les principaux élé- 



— âiS — 

ments aux discours si remarquables qui ont été prononce»" 
sur sa tombe par M. Charles Dereino, président du Tribu- 
nal de premier e-*instance de Tournai, par M. le représentant 
Barthélémy Du Mortier, et par notre honorable président 
M. le Comte de Nédonchel. Le premier a dépeint le ma* 
gistrat ; le second, l'homme politique ; le troisième a rap- 
pelé les nombreux services que le savant a rendus à notre 
compagnie. 

Monsieur François-Louis-Joseph nu fius naquit à Tour- 
nai le 22 janvier 1791. Son père, M. François-Joseph 
du Bus, membre du conseil provincial du Toumaisis sous 
le régime autrichien^, puis de la chambre générale des 
comptes sous le gouvernement hollandais , était l'un des 
plus savants jurisconsultes, et l'un des administrateurs les 
plus distingués de notre ville. C'est sous son habile et sage 
direction, qu'après avoir fait ces humanités au lycée et son 
droit à l'université impériale de Bruxelles, où il obtint son 
dernier diplôme à l'âge de 19 ans, il débuta en 1811, 
comme avocat au barreau de Tournai. 

Doué d'une conception prompte, d'un jugement sûr, 
sérieux, appliqué, opiniâtre dans l'étude, il n'abandonnait 
une affaire qu'après l'avoir mûrement examiné sous toutes 
ses faces, qu'après en avoir approfondi les moindres dé* 
tails. On conçoit facilement qu'avec de telles qualités il ne 
tarda pas à devenir l'une des sommités du barreau tournai- 
sien qui comptait cependant, à cette époque, des membres 
distingués. Le 20 mars 181 9^ il fut nommé juge suppléant, 
et le 4 octobre 1852 son éclatant mérite l'appela aux fonc- 
tions si importantes de Président du Tribunal de première 
instance, qu'il remplit avec supériorité pendant 35 ans, 
c'est-à-dire jusqu'au mois d'août 1867, époque & laquelle il 
fut, en vertu d'une loi nouvelle, appelé i prendre sa retraite 
avec le titre de président honoraire. 



Vmd en qneAs termes, son honorable Mcoessenr, M. 
Cbaries Dereine a rendu hommage à son immense savoir 
et à ses incompirables aptitudes en retraçant, auprès de sa 
dépouille mortelle, sa belle et longue carrière dans la ma- 
gistrature. 

» Vous savez, Messieurs, de quel ëclat i\ a brillé et 
iqudle fut sa réputation. 

n Jamais réputation ne fut mieux méritée. 
» Doué d'une intelligence supérieure et d'une mémoire 
prodigieuse, traTailleur infatigable, se reposant de ses 
travaux de chaque jour avec les poètes latins ses vieux 
amis, avec les littérateurs et les historiens anciens et mo- 
dernes qui abondaient dans sa riche bibliothèque, avec les 
vieux manuscrits qu'il lisait couramment, il devait acquérir, 
il avait acquis une immense érudition, et cette érudition, 
jointe à sa science juridique^ en avait fait un jurisconsulte 
accompli, Vir doctus juré periiuê* 

» Sa tète était une véritable encyclopédie du droit mo- 
derne, du droit romaiu, du droit eoutumier, et tout y 
était classé dans Tordre le plus parfait. 

1 Dans ses jugements, dans ses ordonnances, toujours 
si complètes et si claires, et où il ne laissait dans l'ombre 
aueun point digne d'être rencontré, on admirait, on admire 
la science avec laquelle il exposait les faits, la vigueur et 
la profondeur avec lesquelles il discutait les questions de 
droit, et comment il savait démontrer et convaincre : 
beaucoup d'entr'eux peuvent être offerts comme des mO'- 
dèles à suivre. » 

0a homme d'un tel mérite ne pouvait rester dans l'oublî 

de la part de ses concitoyens ; la vie publique devait lui 

être ouverte. Il fut nommé membre du conseil de régence 

de Tournai le 8 mars 1825. 

La bonté de son cœur, sa générosité bien connue, l'amour 



— 217 — 

* 

et la'pratique de la charité que ses sentiments religieux Ihî 
inspiraient en faveur des déshérités de ce monde, lui ouvrt. 
rent les portes du bureau de bienfaisance dont il fut nommé 
membre, puis président. C'est, on peut le dire, lorsqu'il 
siégeait parmi les membres de cette administration qu'elle 
atteignit le degré de prospérité auquel elle est parvenue. 
Si des donations nombreuses, parmi lesquelles nous devons 
citer celle faite par Mademoiselle Félicité Vifquin, vinrent 
coup sur coup augmenter son riche patrimoine, il faut en 
savoir gré aux hommes intègres, capables et dévoués qui 
la composaient à cette époque. Il y eut dans la ville un 
regret universel lorsqu'en 1860 M. F. Du Bus, accablé 
d'occupations et commençant à sentir, si pas intellectuelle- 
ment (il garda jusqu'à la fin de sa vie la plénitude de son 
admirable intelligence), physiquement dumoins^ le poids 
de l'âge, se vit forcé d'abandonner un poste ou il avait fait 
tant de bien. En reconnaissance des nombreux et impor- 
tants services qu'il avait, pendant 56 ans, rendus k la cause 
des pauvres, ses collègues lui donnèrent le litre de Prési- 
dent honoraire et le conseil communal s'empressa de rati- 
fier leur décision. 

Mais ce n'est pas seulement dans sa ville natale que 
M. F. Du Bus était appelé à rendre service et à briller ; 
un plus vaste théâtre l'attendait. Un esprit et un caractère 
de cette trempe devaient nécessairement jouer un rôle 
important sur la scène politique, prendre une part active 
aux destinées do pays. 

Il débuta par être élu membre des états provinciaux du 
Tournaisis le i"» juin 1824. En 1830, loi'squ'éclata la ré- 
volution qui mit fin au royaume des Pays-Bas pour consti- 
tuer la Belgique en nationalité indépendante, il fut nommé 
par le gouvernement provisoire membre du comité chargé 
d'élaborer la constitution. Le 5 novembre de la même 



— 218 — 

nnnëe il fut appeië & faire partie du Congrès national et le 
29 auût i83i le district de Tournai le choisit pour être 
Tun de ses mandataires à la Chambre des représentante 
dont il occupa Tune des vice->prësidences pendant iO années. 

C'était l'une des illustrations de ce fameux banc de Tour- 
nai que Ton montrait avec tant d'orgueil au parlement. 

De i83i à 1848 période pendant laquelle il eut à rem- 
plir un mandat législatif, il prit une part active i la di»- 
eussion de toutes nos lois organiques ; bien souvent, il fut 
chargé d'en revoir le texte avant la discussion. On le citait 
comme l'un des légistes les plus distingués de la chambre. 
— C'est en vain qu'à différentes reprises, on le pria d'acccp^ 
ter le portefeuille de la justice ou la place de procureur & la 
eour de cassation. Son éloignement des honneurs et son 
désir de rester à Tournai lui firent refuser ces offres bril- 
lantesr 

« Chacun, a dit Monsieur Barthélémy Du Mortier le jour 
de ses funérailles, sait la part qu'il a prise i notre pacte 
fondamental et aux travaux du Congrès, mais la grande 
époque où il brilla^ du plus vif éclat fut celle de i830 à 
1840, lorsqu'il fut question de sauver la liberté dont le 
progrès avait doté la Belgique. 

» La France avait sauvé notre nationalité en 1831. Elle 
nous avait donné une reine, la vertueuse Marie-Louise, 
dont le nom est si cher à tous les Belges, bès lors, on con- 
çoit la pression que le gouvernement français pouvait 
exercer sur nos affaires. Pour Louis-Philippe, nos institu- 
tions quasi républicaines étaient un mauvais exemple, et 
notre situation territoriale constituait un mauvais voisi- 
nage. II fallait donc refaire la Constitution par les lois 
organiques et enlever par ces lois les libertés dont le Congrès 
avait doté la Belgique. Alors eut lieu cette grande lutte, 
lutte de géants, entre le pouvoir et la liberté, lutte dans- 
laquelle François du Bus joua un rôle immortel. 



— 219 — 

» C'est alors que du Bus apparaît comme Tuo des pre- 
miers orateurs du Parlement. Nourri dès l'enfance par de 
fortes études, partisan, comme nous venons de le dire, du 
droit et de la liberté pour tous, on trouvait en lui l'union 
d'une grande intelligence et d'un grand caractère auxquels 
venaient se joindre une abnégation et un dévouement sans 
bornes, qui lui firent refuser toutes les faveurs du pouvoir 
pour rester simple, citoyen. C'était un caractère trempé à 
l'antique, comme il en manque aujourd'hui dans la société. 
Aussi quand il se levait pour détendre le droit et la liberté, 
il fallait voir comme le silence s'établissait à l'Instant dans 
ioute l'assemblée, eomme toutes les oreilles étaient atten- 
tives pour recueillir toutes ses paroles, si fortes de dialec- 
tique, si puissantes pour la démonstration de la vérité. 

c Dans les questions religieuses , peu nombreuses à cette 
époque, sa parole était acquise à la défense des droits des 
catholiques et la vigueur de son raisonnement était la ter- 
reur de ses adversaires, n 

Ce fut la loi sur les incompatibilités parlementaires qui 
en 1848, mit un terme à la carrière politique que M. 
François Du Bus a remplie d'une manière si brillante. 

Tel fut le magistrat, tel fut l'homme politique. Il nous 
reste à parler des services que notre regretté président a 
rendus à la société historique et littéraire de Tournai qu'il 
présida pendant 26 ans. 

Je laisse ici la parole à Monsieur le Comte de Nédonehel 
qui me permettra sans doute d'emprunter une partie du 
discours qu'il a prononcé sur la tombe de cet homme 
éminent. 

» En 1846, alors que dans d'autres villes de la Belgique, 
se constituaient différentes sociétés savantes, Tournai son- 
gea aussi à avoir son académie. M. François du Bus , le 
savant et éminent jurisconsulte fut appelé un des premiers 



— MO — 

parmi les fondaleuvs de m eotpe des voldAtaîreft du (vai:ail 
de la peosëe. Cette rëuMoa d'ëléuwats diveraëtaii destiaée 
à utiliser ses aptitudes et aes ij^avaux par des étodes hiato- 
riques, avchéok>gk|iMi et acieaiifiques* M« le présideot 
du fiufi cooltibua à développer Tasaor que prenait alors 
en Belgique le goût de ees études suit les diffiéceiUes braa- 
ehes de uetre histoire nationale. Gomme président, car il 
£ut élevé & ce poste dès la naissance de ceeorps siudioux, 
il savait guider, encourager les premiers pas^dea oommen* 
çants dans la can'ière des^ lettres; ses conseils étaient d'aur 
tant plus fructueux, qu'il possédait TeatiâFe coi^noe da 
<>e8 cdlègnes ; il prouvait d'ailleurs l'intérAt qu'il portait à 
la Société, par la remarquable exaelitude qu'il montra à se 
ti^euver aux séances de chaque mois.. Il suivait ses travaux 
et indiquait par ses avis judicieux la meiUeure marche à 
suivre el où devaient se porter les recherches et les. études 
dans l'iatérél de rueîté générale. 

1 Nul n'avait plus d'aptitude pour disigicar une société 
de ee genre. Ses connaissances étendues, et variées, son 
goût four la lecture el le travail ei son jugeoienl aolide 
contcibuèrsnl puissamment à lui donner wtta manehe se- 
Koase- el imporlante qu'elle* prit dès aaik origine; les 26 
yohimes qpi^elln a publiés en sont In meilleure: preuve et 
Vem peuffc conslater en toutes* cireemtaneeseombieB sûn.vé^ 
nérable président lui fut utile et dévoué.. 

> U, Ikk du Bas iSaisaii voir que Vémtnent magistrat 
savait, dans les inteovalle» d* travaux phis importants, 
uÉUiaer aea loisim et s^ooupcv aussi de-aeienoe etdlhialoûre. 
Sou aptitude à saisir les côtés faibles, les oublis et les inifr- 
tilités dans toute: eapiœr d'éertlS' qja'on souaiettaità'Son 
appréciation, ses aperçus pkinSide juaLsss0'etidft¥éBléet 
aaacottp*dmtl sûr et prompt^ rendaient ses ohasnatmas 
ll*໫pr4cie«8as«i l!on s!en mppoetail d'isilkima en; tante 



— 22i — 

sûreté à ses lumières ; si Ton désirait coDnaitre son opinion; 
c'était ordinairement pour s'y conformer. 

» Président d'une société libre et composée d'hommes 
d'études, dont plusieurs s'étaient déjà fait connaître dans la 
république des lettres, il fallait tout le tact et l'autorité dont 
jouissait M. François du Bus pour faire accepter , sans con-' 
testation et sans crainte une critique modifiant une proposi- 
tion hazardée, ou nécessitant une correction dans un travail 
de ses collègues ; mais la confiance qu'on avait dans la rec- 
titude de son jugement faisait ordinairement accepter la 
remarque toujours bienveillante que |son autorité de prési- 
dent rendait toute paternelle. 

> Malheureusement les années s'écoulaient; mais , si les 
forces diminuaient , les facultés de son esprit et la prodi- 
gieuse mémoire de notre regretté président rendirent jus- 
qu'à la fin de sa carrière, de véritables services à la réunion 
scientifique qu'il présida tant que sa santé le lui permit. Un 
travail utile et remarquable sur les produits de la presse 
tournaisienne depuis son origine, nous promettait un aperçu 
chronologique bien curieux et intéressant, quand malheu- 
reusement la dernière maladie vint le saisir au milieu de 
son ouvrage et interrompre pour toujours cette vie si labo- 
rieuse et si pleine de mérite. » 

Quelques mots maintenant de l'homme privé. C'était on 
peut le dire, un beau type de loyauté et de franchise. La 
droiture de son cœur, la chasteté de ses mœurs, son amour 
pour le travail; l'élévation et la sincérité de ses sentiments 
religieux en faisaient un véritable modèle pour l'homme 
d'étude et pour le chrétien. Toujours simple, toujours mo- 
destCi il ne voulait pas que l'on parlât de lui. En dehors 
des travaux de sa vie publique, il a passé ses jours dans son 
cabinet de travail au milieu de ses livres,, de ses chers livres 
dont il faisait son unique délassement. Jamais il ne connut 

BULLETINS T. XVI, 28 



— 2ââ — 

déplaisirs frivoles; il s^adonnait à la science dès la plus 
tendre jeunesse. Collectionner de vieux et précieux manus* 
crits, des ouvrages rares, des éditions remarquables et se 
former peu à peu une riche bîHliothèque, voilà ce qui char- 
mait ses quelques heures de loisir. Nulle vente de livres ne 
lui échappait et lorsqu'il ne pouvait y assister lui-même , il 
avait soin de remettre un catalogue annoté de sa main à 
un mandataire intelligent chargé de faire les acquisitions 
qu*il désirait. Aussi sa bibliothèque devint-elle Tune des 
plus belles et des plus importantes du pays. On doit y trou- 
ver un grand nombre d'ouvrages relatifs à l'histoire de 
Tournai qu'il affectionnait particulièrement et surtout les 
premiers produits de Timprimerie tournaisienne sur l'ori- 
gine et les progrès de laquelle nous lui avions demandé de 
faire un travail que nous n'avons pas été assez heureux pour 
obtenir. Bien qu'il fut, comme on Ta dit, un véritable puits 
de science et qu'il travaillait sans relâche, aussi modeste 
dans son immense érudition que simple dans ses goûts et 
cherchant toujours à s'effacer lui-même, jamais il ne put 
se résoudre à faire publier le fruit de ses savantes recher- 
ches, de ses laborieuses études. Tout ce que nous pâmes à 
force d'instances obtenir de lui, c'est la nomenclature an- 
notée des nombreux ouvrages de Gilbert de Choyseul , 
Ëvéque de Toumay qui fut imprimé dans le tome XIII de 
nos Bulletins et tiré à part. Il a du laisser un grand nombre 
de notices sur notre histoire locale , sur la bibliographie et 
le droit, qui sont en possession de sa famille. 

Ce vénérable octogénaire conserva jusqu'aux dernières 
années de sa vie sans tâche, toutes les facultés de sa belle 
intelligence. Il avait gardé une telle sûreté de mémoire 
que, lorsqu'on citait devant lui,* comme cela est arrivé 
souvent dans nos séances, le nom d'un personnage ou un 
événement quelconque de notre histoire, il indiquait sans 
hésiter la date y relative. 



— 223 — 

Qu'il nous soit encore permis de rendre hommage à 
rhomme de foi, au ehrétien fervent, pour terminer eette 
notice bien insuffisante en ëgard à celui qui en est Tobjel. 
L'église catholique a perdu en M. François Du Bus un de 
ses plus fidèles et de ses plus dévoués serviteurs. C'est pour 
la défendre qu'en 1830, il se fil révolutionnaire contrôle 
gouvernement des Pays-Bas qui opprimait nos libertés 
religieuses, et jamais à la chambre il ne dévia de ce terrain 
où il se sentait ferme comme un roc. 

Jamais on ne l'implorait en vain pour les malheureux. 
Aux aumônes privés, i) ajoutait une large participation aux 
bonnes œuvres que la charité catholique a multipliée dans 
notre ville, 

La cause' du Saint-Père était une de celles qui lui tenait 
le plus au cœur. 11 se fit gloire d'élre à la tète de l'associa- 
tion de Saint-Pierre dont il présidait les. réunions avec 
l'exactitude qu'il apportait partout, et il eut la douce satis- 
faction de pouvoir réunir sur sa noble poitrine les insignes 
de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand à ceux de l'Ordre de 
Léopold dont il était commandeur. 

Sa belle âme ne fut pas troublée aux derniers moments. 
On le vit supplier son médecin de lui faire connaître com- 
bien il lui restait de jours li vivre pour qu'il put se préparer 
à mourir saintement; et lorsqu'il sut que sa fin approchait, 
la prière ne quitta plus ses lèvres défaillantes. C'est le 16 
janvier dernier vers minuit qu'il rendit le dernier soupir. 
Il était sur le point d'atteindre sa 82<^ année quand il quitta 
ce monde, emportant au tombeau l'estime, le respect et la 
vénération de tous ceux qui l'ont connu. 



— 224 — 



SÉANCE DU JEUDI 4 AVRIL 1872. 

M. F. Du Bus , aîné^ Président. 
M. Jules Wacquez , Secrétaire. 



Le Secrétaire donae lecture du procès-verbal de la der- 
nière séance; la rédaction en est approuvé. 



ouvrages offerts. 

Bulletin de la société des antiquaires de Picardie, — 
Année 1871. 

— Annuaire de l'académie royale des sciences ^ des 
lettres et des beaux-arts de Belgique 1872. 

— Compte-rendu des séances de la commission royale 
d*kistoire ou reci^il de ses bulletins, — Troisième série, 
tome treizième, II« bulletin. 

— Publication de la section historiqtée de l'institut royal 
du grand-duché de Luxembourg» (Année 1870-1871) 
XXVI (IV) 

-r Bulletin de tacadémie royale des sciences, des lettres 
et des beaux-arts de Belgique , M^ année, 2« série, tome 55, 
n»2. 

— Cartulaire de la commune de Namur^ recueilli et 
annoté par Jules fiorgnet, archiviste de l'Etat. — Période 
des contes particuliers (2118-1450) , tome I, 2* livraison. 
— Envoi de Monsieur le Ministre de la Justice. 



— 225 — 

— TabiB chronologique des documents que contiennent 
les dix-sept séries des analectes historiques publiées par 
M. Gachard* 

— Revue catholique. Nouvelle série, tome septième, 
3« livraison. — 15 Mars 1872. 

*— Annales de la Société d'émulation pour l'étude de 
l'histoire et des antiquités de la Flandre. — Troisième 
série, tome VI, n^ 5. 

— Causeries d'un octogénaire. — Suite aux tablettes 
liégeoises par Alb. d'Otreppe de Bouvette, cinquième 
livraison, février 1872. 



Monseigneur Voisin, donne lecture du commencement 
d'un travail analytique du registre contenant les délibéra- 
tions du chapitre au sujet des travaux faits à la cathédrale 
et aux églises de la rive gauche de TEscaut de 1615 à 1711 . 
Ce travail qui contient des particularités très-intéressantes 
sera publié dans les bulletins de la Société. 



M. Fabbé Vos communique ^'intéressante notice ci-après 
sur un de ses honorables prédécesseurs, M. Louis-Ignace 
Charles, ancien curé de Bruyelles : 

» On connaît l'efFroyablc persécution que l'Eglise catho- 
lique subit en France à la fin du siècle dernier. Plusieurs 
historiens nous ont laissé le récit détaillé des noyades de la 
Loire, des fusillades de Lyon, des massacres de Paris, de 
Reims, de Mcaux, de Châlons, de Rennes, où les prêtres 



— 226 — 

périrent par milliers. Mais à côté de ces généreux chrétiens 
qui scellèrent de leur sang la foi catholique, il y eut, pen- 
dant la Terreur, une foule d'ecclésiastiques dont la vie fut 
une série non interrompue de sanglants opprobres^ de 
mortelles angoisses, soit dans Texercice de leur ministère 
pastoral, soit au fond des prisons. Chaque jour ils crai- 
gnaient d'être égorgés, et s'il est vrai que l'attente de la 
mort est plus cruelle que la mort elle-même, quelles durent 
être les souffrances de ces nobles victimes de la Révolution ! 
Ces anxiétés prolongées ne pouvaient être racontées que 
par ceux qui les avaient éprouvées ; or, un bien petit 
nombre de ces saints Confesseurs ont légué à la postérité, 
ce que nous appellerions volontiers leurs Actes. Cependant 
un de ces précieux récits nous a été communiqué, et il a 
pour nous une valeur plus grande encore, attendu qu'il 
concerne un de nos prédécesseurs, Louis-ïgnace Charles^ 
décédé curé de Bruyelles, au mois de Novembre 1855. 
Nous devons cette faveur à M. Chotin, le savant auteur des 
Etymologies du Hainauty ancien juge-de-paix à Antoing. 
Cet honorable magistrat avait reçu des héritiers de l'abbé 
Charles, MM. Baugniet de Bruxelles, des morceaux de 
papier informes qu'il mit en ordre avec beaucoup de peine. 
Il ne fut pas peu étonné de voir que ces feuilles volantes 
contenaient la relation des missions du vénérable curé en 
1795, i796 et 1797, et de sa captivité à Lille et k Douai, 
jusqu^au 29 septembre 1799. Il trouva en outre plusieurs 
lettres écrites de la prison de Douai par M. Charles à son 
frère Dom Etienne, ancien moine de l'abbaye de Cambron, 
et un opuscule intitulé : Dtgttus Dei, ou parallèle de Tem- 
pire Romain avec l'empire Français on 1801. Les évé- 
nements présents rendent ce travail plein d'actualité. 
A ces documents M. Chotin ajouta lui-même des ren- 
seignements biographiques que nous avons complétés 



— 227 — 

auprès de personnes dignes de foi. Parmi ceux que nous 
avons consultés, nous devons citer M. Lcclercq, doyen 
d'Antoing depuis 1851, M. Firmin AUard, de firu- 
yelleS; aujourd'hui curé de Ville-Pommerœul, M. Mi- 
chel Chavalle, bourgmestre de Bruyelles, M. Debouvry, 
curé de Willemeau, M. Wagnon, médecin à An^oing, 
depuis plus de cinquante ans. Tous les cinq ont parfaite- 
ment connu M. Charles, et ont vécu, en quelque sorte, dans 
son intimité. 

Nous aimons à croire que notre publication intéressera 
vivement le lecteur. Si Tabbé Charles ne fut point du nom- 
bre des membres du clergé que la révolution française 
moissonna, il ne mérite pas moins les hommages de notre 
admiration, à cause de sa piété solide, de son attachement 
inviolable au Saint-Siège, de son dévouement sans bornes 
pour le salut des âmes ; il fut un intrépide témoin de la 
foi catholique , apostolique et romaine. Il a donc droit 
d'occuper une place distinguée dans cette longue galerie de 
héros, qui est pour la vraie religion de J.-C. le plus beau 
monument de sa gloire, comme un gage certain de son 
immortalité. » 



— 228 — 



VIE 



DE 



L'ABBÉ CHABLES. 



Chapitre I. 

Naissance de M. Charles; son éducation; ses étu- 
des ; il est promu au sacerdoce, nommé vicaire 
h Orchiesy à Saint-Jacques à Tournai, desser- 
vant à Saint-Sauveur à Lille ^ à Saint-Léger; il 
se fait missionnaire. 

Louis-Ignace Charles naquit h Tournai, le i4 Août 1757. 
n était fils de François-Louis Charles et de Catherine- 
Françoise Van Dalle. Son père, originaire de Champvent, 
canton de Lucerne en Suisse, ayant quitté sa patrie^ à la 
suite de contrariétés intimes^ entra dans un des régiments 
hollandais, qui, h cette époque, occupaient la Belgique, en 
vertu du traité des Barrières. Attaché à la secte protestante 
dès ses plus jeunes années, on croit que, pour se marier, il 
embrassa la religion catholique. Plus tard il obtint un em- 
ploi à Toctrol municipal de Tournai, et, sur la fin de sa 
vie, il jouit d'une pension de retraite en récompense de ses 
bons et loyaux services. 



— 229 — 

Ces époux comprenaient que de la première 
éducation dépend souvent l'avenir des enfants. Ils 
s'efforcèrent d'inspirer à leur fils des sentiments chré- 
tiens, confirmant leurs leçons par les meilleurs exemples. 
Ces soins tendres et assidus portèrent des fruits. Louis* 
Ignace manifesta de bonne heure une aptitude rare pour 
les sciences, un goût prononcé pour la vertu. A l'âge do 
douze ans, il fut envoyé au collège Saint-Paul (i) célèbre 
par la solidité de ses études et par le grand nombre de sa- 
vants qui en sortirent. Son esprit vif et plein de justesse, 
son jugement exquis, la bonté de son cœur, lui gagnèrent 
bientôt l'estime de ses Maîtres et l'amitiéde ses condis- 
ciples, pour qui il ne cessa d'être un modèle d'édification. 

Doué d'une mémoire heureuse et singulièrement fidèle, 
Louis-Ignace fit en peu de temps ses cours d'humanités et 
de philosophie. Pendant toutes ses études^ il développa de 
grands talents embellis par un esprit de fol et de piété. 
Son âme était restée pure au milieu des tempêtes que Tes- 
prit malin soulève à l'époque critique de l'éveil des passions ; 
Dieu voulut se réserver pour lui seul ce cœur déjà si cou- 
rageux et si fidèle. Louis-Ignace se sentant appelé à la 
vocation ecclésiastique, s'empressa de répondre k l'appel 
divin. Encouragé dans ces dispositions par un iVère plus 
âgé que lui, devenu dans la suite religieux à Tabbaye de 



(1) Le coUége Saint-Paul avait été fondé fers 1S32, par le chapitre 
de Notre-Dame de Tournai, qui réunit pour subvenir aux besoins de cet 
établissement, ce qui restait du collège des fions-Snfiints, tombé en 
décadence, la fondation de J. de Trouille, faite en faveur des cborattx 
de la cathédrale, et diverses bourses fondées par des chanoines. Établi 
d^abord rue du Four-Chapitre, ce collège fut transféré, en 1562, dans 
une maison de la rue des Récollets. 

Bulletins t. xvi. 29 



— 250 — 

Cambron, sous le nom de dom Etienne, il entra au sémi- 
naire ëpiscopal de Tournai. (!) 

Au sëpiinaire comme au collège, il montra beau- 
coup de passion pour Tétude. Ses maîtres ne tardèrent 
point à s'apercevoir qu'il deviendrait un jour un profond 
théologien. Il tint en effet le premier rang parmi les 
prêtres les plus estimés pour leurs connaissances de la 
théologie morale et dogmatique. 

Vers la fête de Noël de l'an 1782, Louis-Ignace fut promu 
au sacerdoce. Il recueillit de son ordination un grand désir 
de renoncer au monde, et de travailler à l'instruction des 
fidèles. Quel esprit de zèle, d'onction et de lumière céleste 
lui fut alors communiqué ! 

Jouissant auprès de ses supérieurs ecclésiastiques d'une 
considération méritée, M. Charles fut nommé, au com- 
mencement de l'année 1785, vicaire à Orchies, petite 
ville située aujourd'hui dans le département du Nord, 
en France. 

Dès le début de sa carrière sacerdotale, M. Charles ré- 
solut de ne point perdre son temps. Les heures qu'il 
n'employait pas à la prière ou au salut des âmes, étaient 
consacrées à l'étude des belles-lettres dont la connaissance 
s'harmonise si bien avec le ministère des autels. La lecture 
des chefs-d'œuvre de l'antiquité était au reste pour lui un 
véritable délassement, et l'on aimait à l'entendre citer dans 
ses discours de longs passages des meilleurs auteurs clas- 



(1) Le séminaire épiscopal se trouvait alors dans TOrde-Rue (au- 
jourd'hui des Sœurs de Charité) ; il avait été construit en 1687, par les 
•oins de TEfèque de Ghoiseul du Plessis-Praslio. Cet établissement fut 
Tendu i Tépoque de la Rérolution française, et sert aujourdliui dlios- 
pice pour les Incuriblf s. 



— 251 — 

siques et ascétiques. Il faisait surtout ses délices du livre" 
par excellence : De Imitatione ChrtstL Cet ouvrage immor- 
tel de Thomas à Rempis fit pendant toute sa vie, mais par- 
ticulièrement pendant son incarcération aux Écossais, son 
unique consolation. 

Nommé professeur au collège d'Orchies, il se fit chérir de 
ses nombreux élèves par ses manières affables et préve- 
nantes ; mais en même temps il se faisait craindre par une 
sévérité nécessaire et raisonnéc. 

Quoique fort instruit, M. Charles parut toujours humble 
et modeste. 

Recommandable par In pureté de se^ mœurs, par sa 
charité vive et touchante, animé d'un grand zèle pour tout 
ce qui regarde la Religion, ]e jeune vicaire d'Orchies fut 
un prêtre digne des beaux jours de l'Eglise. Infatigable 
dans Texercice de ses fonctions, il ne retirait de toutes ses 
peines que la satisfaction d'avoir faft le bien et les jouissan- 
ces que donne la vertu. Ainsi sa vie donnait le plus grand 
poids à ses conseils et à ses exhortations. 

Après s'être acquis le respect et l'amour de tous les ha- 
bitants d'Orchies, M. Charles fut nommé, vers la fin de 
i784, vicaire à la paroisse de SMacques, à Tournai, où sa 
mémoire demeura longtemps en bénédiction. Il quitta cette 
paroisse pour aller desservir celle de Saint-Sauveur, à Lille^ 
puis celle de Saint-Léger. 

Jusque là, M. Charles avait vu couler ses jours dans un 
calme profond. Mais Dieu, dont les desseins sont impéné- 
trables , avait réservé à son fidèle serviteur un ministère 
d'autant plus glorieux, qu'il était plus difficile et plus pé- 
rilleux de le remplir h cette époque. Le jeune pasteur se fit 
missionnaire. Plein de l'esprit apostolique, il donna des 
missions dans un grand nombre de paroisses du diocèse de 
Tournai. Frappés de Ténergie de sa parole, touches de l'âne- 



— 2M — 

tioa de ses discours, les pécheurs se eooTeitissaieiit en 
faule» Llionorable M, Chotin boqb a dit avoir appris de 
persoones qui ayaieot ëlë l'objet de la sollicitude de l'abbë 
Charles, que ce saint prêtre reodit de irèa^rands serfices 
à un nombre considérable de fidèles privés depuis long- 
temps de tout secours spîriluol. 

Attentif aux nécessités temporelles de ses frères, M. 
Charles leur venait en aide avec une charité active et géné- 
reuse. Sa main, comme son cœur, ne cessait de s'ouvrir pour 
soulager tous les' genres d'infortunes. Aucun indigent n'a- 
bordait en vain cet ami des pauvres; mais tandis qu'U 
s'épuisait en bienfaits pour autrui, constamment austère 
envers lui-même, il ne se permettait qu'une table où ré- 
gnait la plus sévère frugalité. Sa nourriture était celle des 
pauvres habiiants de la campagne ; il no demandait rien de 
plus, et se réjouissait même de n'avoir pour se soutenirt 
pendant les fatigues des missions, qu'une petite portion 
d'aliments grossiers» Enfin, il n'avait pour se reposer qu'une 
couche dure et sans draps, privation qu'il s'imposa jusqu'à 
la fin de ses jours. H. Chotin, qui recueillit son dernier 
soupir, s'est assuré de la vérité de ces fiiiis. 

Sur ces entrefaites, la révolution éclata. Au nom de la 
liberté, elle suscita contre l'Eglise catholique, d'abord en 
France, puis en Belgique, une des plus terribles persécu*- 
tions qu'on ait jamais vues. Les décrets contre les membres 
du clergé se multiplièrent. Le i novembre i789, décret qui 
met les biens du clergé à la disposition de la nation. Le 13 
juillet 1790, Constitution civile du clergé. Le 36 août 1793, 
Ici qui bannit les prêtres insermentés ou qui se sont ré- 
tractés. Le 4 floréal, an I (33 avril 1795), loi qui con- 
damne à la déportation les prêtres insermentés. Le 23 
ventôse, an II (33 Mars 1794), co&fiscation, au profit de 
la république, des biens des ecclésiastiques déportés. Le ti 



— 255 — 

fruetidor, an IV, (3S août 1796), loi qui excluait les parents 
et alliés des prêtres insermentés de toute fonction civile. 

Nous devons dire quelques mots de la Constitution civile 
du C'hrgi. On donne ce titre aux décrets de rassemblée 
nationale renfermant une nouvelle organisation de l'Église 
de France. Cette constitution supprimait les cent trente-cinq 
sièges épiscopaux existants en France, et créait, à leur 
place, quatre-vingt-trois nouveaux évéchés, un por dépar- 
tement, qui en formait la nouTcUe circonscription. Les 
évéques et les curés étaient élus par les électeurs civils, 
catholiques, protestants, juifs, n'importe. Chaque évéque 
élu devait demander l'institution canonique au métropoli- 
tain où au plus ancien évéque ; au Pape, il écrivait une 
simple lettre d'avis et de soi-disant communion. Les cha- 
pitres étaient supprimés; mais il y avait des vicaires épis- 
GopauXi conseillers nécessaires de l'évèque. Enfin, tous les 
élus, évéques et curés, étaient tenus de prêter serment à la 
dite constitution. 

. Par son bref du 10 Mars 1791 , le Pape Pie VI releva les 
erreurs, les hérésies même dont celte constitution était 
entachée. Par un second bref du 18 avril, le même Pape 
condamna le serment, excommunia ceux qui l'avaient fait, 
s^ils ne le rétractaient, frappa de nullité les élections, l'é- 
rection des nouveaux sièges, et tous les actes de juridiction 
des nouveaux élus. 

Les vrais ministres de J.-C., préférant obéir à Dieu qu'aux 
hommes, refusèrent de prêter le serment à la constitution 
civile du clergé, et furent a{q^elés de là insermentés. Bien- 
tôt les proaeripUons, les massacres se succédèrent sans in- 
terruption. La guillotine fut en permanence ; les prêtres 
qai ne périrent point sur l'échafaud furent déportés à Ro- 
chefort, & Rhé, i Oléron, dans les déserts brûlants de la 
Guyane, où ils trouvèrent une mort plus lente mais plus 
amère. 



— 254 — 

A cette époque néfaste de l'histoire, que les événements 
actuels menacent de faire renaître, M. Charles se distingua 
par sou dévouement. Si son âme avait toujours été ÎDacces- 
sible aux prestiges de Fambition, elle le fut aussi aux pro- 
messes perfides des révolutionnaires. Uniquement occupé 
du salut de ses frères, il les prémunit, par ses instructions 
et ses conseils, contre les séductions de l'erreur. 

Ses amis qui savaient l'apprécier, tremblaient pour 
lui; il était aisé de prévoir qu'il deviendrait une victime 
de la révolution. Tous le priaient de céder quelque 
peu aux circonstances; mais lîii ne voulut ouvrir l'oreille 
à aucune concession. 

Un ami le rencontrant un jour lui dit : Votre résistance 
à prêter le serment à la constitution vous mènera loin. 
M. Charles répondit : c Dut-elle me conduire dans les syrtes 

> de la Gctulie, dans les déserts de la Guyane, je préfère 
» mourir que de prêter ce serment. » 

Cependant Thorizoï s'obscurcissait de jour en jour, 
l'orage approchait. Il ne put ébranler le cœur de ce juste. 
On exigea enfin de lui le fameux serment. Les sophistes du 
jour cherchèrent à l'égarer; mais l'intrépide confesseur 
de J.-C. refusa de souscrire à un acte qui l'eût séparé de 
l'Unité catholique. C'est alors qu'il dit ces belles paroles : 
ff je suis disposé à tout souffrir plutôt que de prêter ce 

> serment, si l'on ne me permet pas d'en excepter expressé- 
» ment tout ce qui pourrait être contraire à la religion 

> catholique, apostolique et romaine. » 

Après la publication de la loi de déportation contre les 
prêtres insermentés, M. Charles résolut de demeurer dans 
le pays et de se rendre utile aux fidèles privés de leurs pas- 
teurs légitimes. On le vit alors passer de village en village 
pour administrer les sacrements, réconcilier les pécheurs, 
instruire les ignorants, aider les malades à bien mourir, 



— 255 — 

îcélëbrer les saints mystères. Cette conduite réjouit son 
frère Dom Etienne et ses amis, mais elle lui attira la haine 
des incrédules et des schismatiques. Alors commencèrent 
pour lui les jours de la persécution. 

M. Charles nous a laissé la relation de ses missions. Il 
va nous dire lui-même quelles souffrances il endura dans 
«es courses apostoliques. Il nous racontera ensuite comment 
il fut pris par les sbires révolutionnaires, mené à Lille, puis 
à Douai ; à quelles mortelles angoisses il fut en proie pen- 
dant une détention de deux années ; comment enfin il fut 
rendu à la liberté. Rien de beau comme ce récit que Ton 
croirait emprunté aux actes des premiers siècles de l'Eglise. 



Chapitre IL 

Première mission de M. Charles à Anstaing. 



Chacun doit mourir à son poste : le soldat 
pour son Roi, le prêtre pour son Dieu, 

Je partis de Tournay, ma ville natale, le jour de la STa- 
tivité de SWean-Baptiste de l'an 4795, à trois heures et 
demie du matin, pour la commune d'Anstaing (i), France, 
lieu qui m'était assigné pour y exercer le culte. J'étais le 



(1) Anstaing, petite commune du département du Nord, sur la 
Marque, i 9 kil. de Lannoy, 21 de LiUe, 44 de Douai. Anstaing, dépen- 
dait ayant 1789 du diocèse de Tournai. 



— 256 — 

premier ministre qui allais desservir cette oommune, depois 
la retraite de Tintrus, (i) certain Berteau, (S) religieux de 
Saint-Saulve (3). 

A moR arrivée, je fus trouver le secrétaire de la muniei- 
palité, certain fermier^ qui, attendant un ministre, me 
reçut d*abord comme un ministre légitime. M'étant enquis 
près de lui de ce qui s'était passé dans le temple et daos le 
cimetière, et qui aurait pu causer leur pollution, j'appris 
qu'ils avaient été profanés, le cimetière^ il cause d'un ho* 
micide qu'on y avait commis, et l'église, pour avoir servi 
d'écurie, de caserne, à des hommes et à des femmes qui y 
avaient couché ensemble. Je crus donc du premier devoir 
de mon saint ministère de rebénir le tempICé 

Au préalable, le clerc, qui avait prêté serment à la Cons- 
titution civile, dite du clergé, dut le rétracter. Il prononça 
avant la messe, et en présence de tous les assistants, la 
formule qui lui avait été prescrite par le Vicariat, conçue 
eu ces termes :je renonce au schisme* Les villageois qui ne 
comprenaient point la signification de ce dernier mot, 
encore nouveau pour eux, crurent tout bonnement que le 
magister s'était recommandé pour les cires; l'amour^propre 
de ce dernier n6 fut point Dtché de la lourde méprise. 

Le lendemain, je procédai à la nouvelle bénédiction du 
cimetière et de l'église, avant la célébration de la messe, 
qui fut dite à huit heures. Je ne la fis point solennellement; 
je sortis seulement avec le clerc, revêtu d'une aube et d'une 



(1) On appeUe intrus celui qui est introduit, établi par force, par 
ruse, contre le droit et sans titre, dans quelque dignité ecclésiastique. 

(2) Avant ctt iatma, Anataing avait eo, dès 9791, ua «leur Gifies, 
comme ouré ooostitutionneK 

(3) Prêt Yalenoiennes. 



— 257 — 

étole, et je récitai les prières usitées devant la porte, pals 
je rentrai, selon le rit, en achevant les prières et les cérémo- 
nies. J'avais auparavant bénit Teau dans la sacristie; la 
plupart des assistants jugèrent bien que c'était là une nou- 
velle bénédiction de l'église. 

Après les vêpres, ayant su que le Saint-Ciboire avait été 
déposé par le clerc chez le citoyen Delmé, alors maire de 
la commune, j'y fus, et le trouvai dans un coffre avec une 
grande quantité d'hosties que je ne consumai pas ; on nous 
avait si souvent parlé d'hosties^ empoisonnées, qu'il était 
prudent de ne pas les employer. 

Voici ce que je recueillis concernant le meurtre commis 
dans le cimetière du village. Quelques scélérats ayant appris 
que le propriétaire d'une ferme, située à quelques lieues de 
li, devait passer en cet endroit, nanti d'une somme de 5000 
livres, conçurent le projet de l'y attendre, et de s'emparer 
de son argent. A la nuit tombante, ils aperçoivent un 
homme, déjà sur le déclin de l'âge, venir à eux. Pensant 
l'avoir reconnu, ils courent se cacher derrière les gros 
arbres qui ombrageaient le lieu du repos, et à l'instant 
même où le vieillard se découvre, par respect pour la Crois 
du Calvaire, un des monstres lui assène sur la tête un rude 
coup de bâton qui l'étend mort à ses pieds. Ils se préparent 
aussitôt à le dévaliser; ils s'emparent de son havresac dans 
lequel ils espéraient trouver les 5000 livres; ils n'y trou- 
vent que quelques instruments; le malheureux qu'ils ve- 
naient d'assassiner était un pauvre ouvrier serrurier qui re- 
venait de son travail. Ils abandonnent avec horreur leur vic- 
time encore toute fumante. Elle ne fut aperçue que le lende- 
main matin par une vieille femme qui se rendait à l'église. 
Les meurtriers surent, pendant quelque temps, se soustraire 
aux recherches de la police, mais ils furent découverts 
quelques années après, et portèrent, en expiation de leur 

Bulletins t. xvi. 50 



— 238 — 

crime, leur tète sur réchafaud; car la main providentielle 
qui nous gouverne, ne permet jamais que le crime reste 
impuni, et la justice divine, pour être quelquefois lente k 
punir, n*en est que plus grave et plus terrible ; Divina 
enim ira plerùmque lento gradu procedit ad vindictam ai/l, 
tarditatemque 9upplicii gratitate eompemaL Val. lib. 
i. c. i. 

Le dimanche qui suivit, après avoir assemblé , à la 
sortie de la messe , les membres de la magistrature, je 
fis une soumission générale (i), que le maire lui-même 



(l) Nous Tenons de trouver dans une cartabelle de Tan 1795, écrit ^ 
de la main de M. Charles, le teite du décret auquel il fait ici aUusion. 
Décret sor la poUce extérieure du culte. 

Art. 1. Tout rassemblement de citoyens pour rexeroîoe ^on culte, 
est soumis à la surveillante des autorités constituées. 

Cette surveillance se renferme dans des mesures de police et de 
sûreté publique. 

Art. 2. Ceux qui outrageront les objets d^un culte quelconque dans 
les lieux destinés à son exercice, ou ses ministres en fonctions, ou 
interrompront par un trouble public les cérémonies reUgiensesde 
quelque culte que ce soit, seront condamnés à une amende qui ne 
pourra excéder 600 livras, ni être moindre de 50, par individu, et à 
un emprisonnement qui ne pourra excéder deux ans, ni être moindre 
d*un mois, sans préjudice aux peines portées par le code pénal si la 
naturo du fait peut y donner lieu. — On verra par la relation de 
M. Charles que les répubUcains forcenés d*Anstaing et des environs 
sUnquiétèront peu de cet article du présent décret, et leur audace ne 
fut point réprimée. 

Art, 3. Il est défendu, sous les peines portées en Tartide précédent, 
à tous juges et administrateurs, dHnterposer leur autorité, et à tous 
individus d'employer les voies de fait, les injures ou les menaces, ou 
pour contraindre plusieurs individus à célébrer certaines fêtes nli- 
gieuses, à observer tel ou tel jour de ropos, ou pour empêcher les dits 
individus de les célébrer ou de les observer, soit en forçant à ouvrir 
ou fermer les ateliers, boutiques^ magasins^ ou de teUe autro manière 
quQ ce soit. 

Art. 4, Par la disposition de Tarticle précédent, il n^est point 



— 239 — 

et ses bons paysans ignoraient que je devais faire en 
vertu d'un décret récent. Le canton de Lannoi (S), qui 



dérogé aux lois qui fixent les jours de repos des fonctionnaires publies, 
ni à Taction de la police, pour maintenir Tordre et la décence dans 
les fêtes ciTÎqnes. 

Art. ft. Nul ne pourra remplir le ministère d*aucun culte, en 
quelque Heu que oe puisse étroi s*U ne fait préalablement, derant 
Fadministration municipale ou l'a<yoint municipal du lieu où il Ton- 
dra exercer, une déclaration dont le modèle est dans l*artiole suivant. 
Les déclarations déjà faites ne dispenseront pas de celle ordonnée par 
le présent article. Il en sera tenu registre. 

Alt. 6. La formule de la déclaration exigée ci- dessus est celle-ci : 

Le devant nous.... est comparu N.. (le nom et prénom seule- 
ment), habitant à.... lequel a fait la déclaration dont la teneur suit : 

a Je reconnais que Tuniversalité des citoyens français est le souve- 
» raîn, et je promets soumission et obéissance aux lais de la repu- 
» blique. » 

Nous lui ayons donné acte de cette déclaration et il a signé avec 
nous. 

La dédaration qui contiendra quelque chose de plus ou de moin» 
sera nulle et comme non ayenue. Ceux qui Tauront reçue seront puni» 
chacun de 500 livres d'amende et d*un emprisonnement qui ne pourra 
excéder un an, ni être moindre de trois mois. 

Art. 7. Tout individu qui, une décade après la publication du pré- 
sent décret, exercera le ministère d*un culte sans avoir satisfait aux 
deux articles précédents, aubira la peine portée en Tartiole 6, et en oap 
de récidive, il sera condamné à dix ans de gêne. 

Art. 8. Tout ministre du culte qui, après avoir fait la déclaration 
dont le modèle est donné art. 6, Taura rétractée, ou modifiée, ou aura 
foit des protestations ou restrictions contraires , sera banni à perpé- 
tuité du territoire de la république. 

« S'il y rentre, il sera condamné à la gêne aussi â perpétuité. » 
Ce décret a été porté le 6 vendémiaire an III (27 septembre 1794). 

(2) Lannoi, petite ville du département du Nord, appartenait, avani 
1789, au diocèse de Tournai. £lle est située à 12 kil. de Lille et 45 de 
Douai. 



— 240 — 

comptait viugt-et*uoe communes, n^avait qu'un seul minis- 
tre catholique. Dans la plupart des autres communes, se 
trouvaient des intrus, de sorte que de quelque côté que je 
me tournasse, je ne rencontrais, pour me servir de l'ex- 
pression de répoque, que des Loups, ou de leurs élèves. 
En ces jours-là, les mystères sacrés étaient déjà entre les 
mains des apostats, et le schisme érigeait ses autels sacri- 
lèges dans tous les coins de la France, Entouré d'ennemis 
et d'impies, pour qui les temples, les autels et les choses 
les plus sacrées n'étaient que des objets de dérision, je ne 
pouvais m'adresser à personne pour obtenir la moindre 
consolation, et pour implorer un appui contre leurs in- 
trigues, leurs menées et leurs menaces furibondes ; je ne 
m'étais jamais trouvé dans une position aussi désagréable, 
aussi difficile. Pour rester ferme au poste qui m'était assi- 
gné, et pour remplir dignement les devoirs qui y étaient 
attachés, on voit que j'avais besoin d'un autre appui que 
celui des hommes. 

Je passerai sous silence toutes les injures dont je fus 
accablé, les exécrations et les blasphèmes que ma vue seule 
provoquait chez ces hommes grossiers et inhumains, qui 
me menaçaient tantôt de me rouer de coups, tantôt de 
m'ôter la vie : rien ne put m'effrayer sérieusement. Ce- 
pendant, plus d'une fois je courus de grands dangers, ainsi 
qu'on le pourra voir par les épisodes suivants de ma 
Mission. 

Depuis longtemps j'étais signalé à la fureur des ennemis 
de la foi. Un dimanche que tous les habitants du village 
s'étaient rendus dans une commune voisine à l'occasion de 
la dédicace, un des coryphées de la secte impie, qui avait, 
a-t-on dit plus tard, juré ma mort, mit à profit cette 
circonstance pour exécuter ses projets criminels. 

Ne craignant rien de semblable^ et ne soupçonnant pas 



— 241 — 

}c malheureux événement dont j*étais menacé ce jour-1&, 
qui devait être pour moi le dernier de ma vie, j'avais, 
comme de coutume^ célébré la messe et fait au prône un 
discours sur FÉglise ou la mission des ministres; il y était 
parlé du Souverain Pontife et de l'Evéque de Tournai, ou 
plutôt, le Siège vacant (i), du vicariat de ce diocèse. Ce 
misérable (2) qui ne fréquentait point l'église , avait eu 
connaissance de mon sermon, par un de ses abominables 
conjurés. Aussitôt il rassemble une vingtaine des siens, 
ameute la populace qui se grossit sur ses pas, se rend vers 
midi à la porte de l'église, va, vient, et fait garder les 
issues. Alors il vomit mille imprécations contre moi, qui 
catéchisais les enfants pour les prédisposer à leur première 
communion. 

Voyant que je ne cessais point mon enseignement, et 
impatient d*as80uvir sa rage, il entre, comme un lion ru- 
gissant dans réglise, en faisant beaucoup de bruit et de 
tumulte, et suivi d'une foule de gens en haillons, armés de 
bâtons, de pelles, de fourches et d'instruments tranchants; 
il s'avance en blasphémant et l'écume h la bouche, vers la 
proie qu'il destinait à sa fureur«.... Quel spectacle déchi- 
rant s'offrit alors à mes yeux ! les enfants effrayés s'en- 
courent et vont se cacher dans les confessionnaux, en 
poussant des cris aigus. Deux seulement restent à mes 
côtés et se disposent à opposer une digue à la rage de ces 



(1) Le siège de Tournai était vacant par suite de la retraite du 
prinoe deSalm etSalm, qui avait été nommé archevêque de Prague 
en 1794. 

(2) M. Charles a ajouté au sujet de ce misérable cette petite note : 
c G^étaiit le domestique d*un meunier, qui avait nom Lescraignez. Je 
puis dire qu'il fut pour moi, pendant tout mon séjour à Anstaing; 
un véritable instrument de supplice. » 



forcenés. Hélas I que la lotte est inégale, et qae feront ce» 
mains débiles, ces bras obortites contre ces corps dnreîs 
aux travaux? Seul je restai debout pour braver l'orage. Bfa 
contenance déconcerte le brigand, et sans trop me troabler, 
je lui dis : c Que venez-vous faire ici 7 retirez-vous, ne 
profanez pas ces lieux saints par votre présence I » Mais le 
forcené, loin de se retirer, franchissant quelques bancs qui 
me séparaient de la fouie : « Tu viendras encore, me dit-il, 
rebaptiser et remarier nos enfants et nos femmes ?» A ces 
mots^ il s'élance sur moi, me terrasse et m'entraine, mal- 
gré ma résistance^ vers la porte de Téglise. Là, il fait en- 
tendre des cris de mort. On me saisit au collet avec des 
hurlements effroyables et les cris : Qu'on le pende au mou- 
lin ! On m'accable d'outrages, on me fait les plus humi- 
liantes avanies, et déjà, è mon insn, les assassins levaient 
les instruments dont ils étaient armés, snr ma téte^ et me- 
naçaient de m'en frapper, lorsque quelques braves gens, 
accourus aux cris de leurs enfants, me délivrèrent des 
mains dea scélérats qui, fiers de leurs exploits, passèrent 
le reste de la journée à s'enivrer. 

Parmi les personnes généreuses qui me sauvèrent la vie, 
en empêchant la consommation du crime, je dois vouer k 
la reconnaissance publique les noms de Bernard, vieillard 
aux cheveux blancs, et Julie Marescaux, religieuse pleine 
de piété. Cette dernière quoique terrassée elle-même plu- 
sieurs fois, et accablée de coups de poing, parce qu'elle 
était soupçonnée d'avoir rétracté le serment , ayant saisi 
un bâton, ne cessa d'éloigner de moi les scélérats, jusqu'à 
ce qu'enfin un plus grand secours vint mettre en fuite la 
bande de bourreaux. 

On me reporta, privé do toute connaissance et respirant 
k peine, chez mon hôte où je me mis au lit. Cette scène 
inattendue altéra insensiblement ma santé, et il me fallut 



— 243 — 

plusieurs semaines pour me remettre des contasions et des 
blessures que j'avais reçues. 

Point de doute que si les cannibales qui me reprochaient 
sans cesse de leur apporter des lois de Tournai , avaient 
trouvé dans ma poche le Catéchisme antinalional (1), dont 
ce jour-là j'avais fait usage à l'église, ils m'eussent àté la 
vie ; fort heureusement il ne leur vint point à la pensée de 
me fouiller. 

Lorsque que je me vis rétabli, mon premier soin fut de 
convoquer la municipalité. Les magistrats s^étantas$emblés> 
je leur fis le narré exact de l'attentat commis sur ma per^ 
sonne et leur exposai la situation du village : c Les choses 
> étant ainsi , dis-je au procureur de la commuue, que 
» faire et quelle mesure allez-vous prendre pour empêcher 
» le retour de pareilles horreurs ? » Gomme cet homme 
pusillanime ne répondait point , et cherchait sur les lèvres 
de ses collègues une réponse qu'eux-mêmes n'osaient pas 
émettre : « Voulez-vous, lui dis-je, que je me retire?» — 
Oui, répondit-il. — ^ Donnez-moi aussitôt un guide qui me 
conduise jusqu'au premier village de la Belgique. » Mais le 
Maire prenant la parole : c Non, me dit-il, ne nous aban- 
donnez pas ; restez près de nous ; on veillera sur vos jours, 
continuez à remplir vos fonctions, célébrez à l'instant là 
messe, (ce jour-là était un dimanche), nous irons en corps, 
et vous y accompagnerons ; qu'il ne soit point dit que nous 
avons fléchi devant un valet. » 

Le secrétaire proposa de se rendre à l'église avec des 
bâtons, mais je repoussai cette démonstration, parce qu'il 
nous était permis par la loi de faire venir de Lille (â) quatre 



(1) C'était le oatéchisme en usage alors dans le diocèse de Tournai, 
et qui avait été publié par H. Choiseul de Plessis-Praslin, en 1672. 

(2) Lille, chef-Ueu du départemeut duNord. 



— 244 — 

soldais armes pour nous aider à e!(ercer librement notre 
culte. 

On fut à la messe et aux vêpres. La journée se passa avec 
calme, et les magistrats me reconduisirent à mon logis où 
je demeurai quelques jours sans sortir, n'étant pas encore 
entièrement remis des blessures que ce coquin de meunier 
m'avait faites. 

Trois semaines environ après Tattentat, je fus en état de 
vaquer à mes fonctions, mais bientôt je tombai dans de 
nouveaux piëgcs. Voici à quelle occasion. Une jeune fille de 
Cbéreng (i), village voisin, vint me prier de vouloir recom- 
mander aux prières des fidèles, sa mère décédée la surveille. 
La défunte avait été administrée par l'intrus (2) ; le cas 
était assez embarrassant; d'un cAté, il nous était défendu de 
recommander au prAne les personnes ainsi administrées, 
d'un autre, le refus de souscrire à la demande de la jeune 
fille ne pouvait manquer de m'exposer à quelques mauvais 
traitements de la part de mes ennemis ; et, pour ajouter 
encore h ma perplexité, mon hAte, jusqu'alors homme pai- 
sible et modéré, me menaça de me refuser un asile , si je 
persistais dans mon refus. Je trouvai un expédient : depuis 
longues années on recommandait au prdne les morts de la 
famille de la défunte, dont la plupart étaient décèdes ca- 
tholiquement. J'en lus la liste et y ajoutai le nom de la 
décédée tout simplement. 



(1) Chéréng, Yillage du département du Nord , sur la Marque, ï 7 
kil. de Lannoî, 12 de Lille, 46 de Douai. Cette pareiMe dépendait , 
avant 1789, du diocèse de Tournai, et ressortiMait an décanat de la 
même.yille. 

(2) LUntrus de Chéreng s'appelait Stalar. 



Je m'étais réservé de consulter le Vicariat de Toarùai 
sur ce fait et sur ceux qui pourraient se présenter par la 
suite. Je vis à ee sujet H. Dailly (1), qui approuva ma Con- 
daite ; mais M. Gosse (2) fut d*un avis contraire. Après 
avoir réfléchi, il me dit : « Vous ne pouviez pas f^rom- 
mander cette femme, la catholicité le défend. » 

Gomment concilier cette prétendue rigueur de la catho- 
licité avec la conduite du Vicariat? La catholicité aurait-elle 
défendu plus strictement des actes, nuls pour ainsi dire en 
eux-mêmes, en même temps qu'elle en aurait permis 
d'autres d'une grande importance? puisque le même Vica- 
riat, dont Monsieur Gosse se constituait alors l'organe, 
venait de célébrer un service solennel commandé par l'au- 
torité civile, pour le représentant Le Peletier de S*-Far- 
geau. (5) 



(1) M. DaiUy, Hubert, licencié en droit, devint chanoine honoraire 
de k oathédrale de Tournai , lors de Térection du nouveau chapitre, 
le 16 octobre 1803, et chanoine titulaire en 1815» Il mourut le 21 juin 
1826. 

(2) M. Gosie, Pierre^uillaume-Joteph, fut maintenu dam wê fone- 
iions de Vicaire-général par HS7 Hirn, en 1803. Il embrassa en I8l2 
le parti de PéTéque intrus de St*Hëdard. 11 mourut quelques années 
après. 

(3) Le Peletier de S^Fargeau , Louis-Michel, était né à Paris, le 28 
Mai 1760, d*une famille distinguée dans la haute magistrature. Lui** 
même était Président au Parlement de Paris, lorsque les symptômes 
de la révolution se manifestèrent. Nommé, en 1792, député à la Con- 
Tention aationalei il soutint, lors du procès du Roi, que la Conyentlon 
avait le droit de juger ce prince. On prétend que sa répugnance pour 
la peine de niort le porta d*abord à vouloir voter la réclusion. La veille 
de Texécution de Louis XYI, le vingt janvier 1793, Le Peletier de S*- 
Fargeau étant à dîner chez un restaurateur au Palais royal, un 
honûne Taborde : Etes-vous , lui dit l'inconnu, Le Peletier de S*- 
Fargeau? 

' Bulletins t. xvi. 31 



— 246 — 

En cas de refus qui coarait le plus de dangers? Le 
chapitre s'exposait % être tout au plus, mal vu^etmoi, à su- 
bir le même sott, pcùl-étre, que le député que la Convention 
venait de perdre. 

Je n'échappais aux dangers de mes ennemis que pour en 
rencontrer de nouveaux, ainsi qu'on va le voir. Un jour que 
je revenais de la commune d'Anstaing à Tournai, je faillis 
perdre la vie. Arrivé au village de Camphin, (i) non loin 
du château des dames de Lucbin ou Kemmeland, j'entendis 
la détonation d'une arme à feu et le siflQement d'une balle 
qui va frapper un saule où elle laisse, après son entrée, un 
large trou en forme d'étoile. Saisi, je m'arrêtai, et prome- 
nant mes regards à la ronde, je ne découvre personne; le 
scélérat s'était dérobé à ma vue en s'enfonçant dans la 
profondeur du bois, près duquel je me gardai bien de 
passer à l'avenir. Me voyant échapper encore une fois au 
fer des assasssins , j'approchai de l'arbre, et ayant enlevé à 

Oui. — Vous ayei voté la mort du Roi ? — J*ai voté d*apràs ma cons- 
cience; au surplus qu^est-ce que cela tous fait? A peine a-t-il pro- 
noncé ces derniers mots que Tinconnu lui plonge dans le bas-ventre, 
un sabre qu^il tenait caché sons son manteau. Le Peletier fut transporté 
chex lui, oà il expira presqu'aussitdt. Son assassin se sauya; après aToir 
erré quelque temps, et sur le point d*étre saisi dans une auberge, il se 
tua d*un coup de pistolet. 

La Conyention nationale, sur la proposition de Chénier, décréta que 
les honneurs du Panthéon seraient décernés à Le Peletier, et que sa 
fille, alors âgée de 8 ans, serait adoptée par la nation. 

Le pinceau du célèbre David retraça les derniers moments de Le 
Peletier de S^-Fargeau et son buste fut placé dans la salle même des 
séances. — IfoU de Jf , Ckoiin, 

(1) Camphin-en-Pévèle, village du département du Nord, à 6 kU. 
de Gisoing, 16 de Lille, 34 de Bouai. Cette paroisse appartenait, avant 
1789, au diocèse et au décanat de Tournai. Elle eut, pendant la Terreur, 
trois curés constitutionnels : Renoufe en 1791, Bigot en 1792, et J.-B. 
Delobelle, en 1:^96. 



— 247 — 

l'aide d'une serpe, que j'avais par hasard dans ma poché, 
le bois qui comprimait la balle, je la retirai, je la conservai 
toute ma vie comme un monument des dangers courus 
pendant ma mission. 

Une autre fois, comme je portais le Saint- Viatique à une 
famille, je rencontre des ouvriers maçons qui accourent vers 
moi, en poussant des hurlements, et me menacent de me tuer 
si je ne fuis leur présence. 11 pleuvait assez fortement, le 
sol était glissant , un chemin trës*étroit et bordé de deux 
fossés, pouvait seul m'offrir un moyen de fuite. Je n'hésite 
pas. Ma peur augmente leur audace ; ils se mettent h me 
poursuivre, et allaient m'atteindre, lorsque le €iel vint & 
mon secours d'une manière aussi étonnante que manifeste. 
Une horripilation totale m'agitait, et mes genoux allaient 
fléchir, lorsque s'élance d'une chétive cabane^ qui se trou* 
vait à quinze pas de nous, un énorme chien] qui, passant 
près de moi sans me faire le moindre mal^ va saisir par la 
gorge, le plus effronté de ces brigands. Celui-ci, ogité 
d'une frayeur soudaine, ne sait plus, pour se débarrasser 
de cet athlète inattendu, retrouver le bâton qu'un instant au- 
paravant il levait sur la tête d'un ministre de Jésus-Christ. 

S'étant débarrassé, non sans peine, de cet incommode 
agresseur, le scélérat et ses dignes compagnons prirent la 
fuite ; car quelques femmes, qui avaient vu de loin ce qui 
se passait, accoururent à travers les champs, avec des four- 
ches et des bêches, pour les punir de m'avoir assailli. 

La chose se passa encore fort heureusement sans effusion 
de sang. Après m'étre remis de ma course et de ma frayeur 
dans cette humble chaumière, d'où le Seigneur avait si 
visiblement envoyé à mon secours, je m'acheminai vers 
celle qu'il réclamait mon saint ministère, et j'y passai la 
Duit consolant les moribonds. Je récitai, dans l'effusion de 
ma reconnaissance le psaume : Qui habitat in adjutoria 



— 848 — 

ÀUMmit où U est dit : quonlam ip$e libtratni me de 
hqueo venanHum, et a vefio oepero; verset que je trouyai 
si applicable à ma position. Le lendemaiB, à Taube da jour, 
je revius chez mon hôte ; ma présence lui causa une joie 
extrême, car ayant eu connaissance du guet4i«pens dont 
j'avais failli être victime, et ne me voyant pas revenir, il 
eraigoait qu'il ne me fut arrivé quelque malheur. Heureu* 
sèment il n'en était rien, et je fus on ne peut plus sensible 
aux témoignages d'amitié qu'il me donna. 

On voit, d'après cette aventure, que je préférais de cou- 
rir tous les dangers possibles plutôt que de refuser les 
secours spirituels que mon état me donnait le droit de 
conférer. . 

Cependant le domestique du meunier et sa seete impie, 
qui me persécutait sans cesse, et que rien ne pouvait inti- 
mider ni refréner, poussait l'audace jusqu'à m'insultcr dans 
le temple. Cet excès d'audace lui suscita des ennemis. Des 
femmes, indignées de me voir tous les jours aux prises avec 
ce misérable, vinrent me trouver, me proposant de s'en 
défaire violemment, ou de le mutiler en le précipitant du 
haut de son moulin. Mais, bien qu'il fût mon plus cruel 
antagoniste, je repoussai, comme elle devait l'âtre, celte 
propoisition révoltante, avec indignation, et je détendis de 
la manière la plus expresse et la plus énergique que l'on 
attentât i ses jours. Je n'eus pas peu de peine à persuader 
i ces femmes, qu'il est du devoir de tout bon chrétien de 
prier pour ses ennemis, de faire descendre les miséricordes 
de Dieu sur eux et sur tous ceux qui, nous persécutant et 
s'attachant à notre perte, avancent notre salut; et je finis 
par les prier de ne pas empêcher en quelque sorte, les pré- 
mices de mcm martyre. 

Cédant à mes instances et suivant mes conseils, ces 
femmes laissèrent vivre le meunier. Leur conduite modérée 



— 249 — 

et leur abstootion de tout maoTais traitement me servirent 
mieux que si elles, m^en eussent débarrasse, en supposant 
que eda fût permis. En effet» je n'aurai pas manqué d'être 
la première victime des mauvais traitements exercés sur 
Iui|Car^ bien que je les eusse détournées, on ne l'aurait pas 
cru, on m'aurait considéré comme le moteur et la cause 
impulsive qui les aurait fait agir, et alors toute la colère 
des associés du meunier s'appesantissant sur moi, j'eusse 
peut-être payé de ma tète, un bras ou une jambe qui lui 
auraitaété mutilé. 

Je ne voulais point d*un semblable marché, que ma 
conscience d'ailleurs repoussait, me paraissant plus préju- 
diciable qu'avantageux. J'ignore si le meunier eut vent de 
cette disposition des esprits, il parut vouloir se calmer, et 
me laissa tranquille quelque temps. 

Mais ce n'était là qu'un calme trompeur et les chants 
fallacieux dont l'oiseleur se sert à la pipée. En effet, l'ayant 
aperçu^ quelque temps après, venant vers moi sur les rives 
de la Marque, (i) petite rivière qui baigne cette contrée, 
necioyant point d'ailleurs à la réconciliation, ni & des sen- 
timents plus modérés de la part de notre homme, et crai- 
gnant que si je me mettais entre lui et la rivière, il ne m'y 
poussât, je ne pris conseil que de la prudence et je gagnai 
mi champ de blé pour éviter tout choc et tout malheur. 
Bien m'en prit^ car h peine avais-je fait quelques pas à 
travers champs, qu'il se mit à vociférer. Ayant la peau lisse 
et l'ouie dure aux ie^jures, je simulai de ne rien entendre. 

On croira peut-être que j'étais fort effrayé de toutes les 
attaques auxquelles j'étais en butte : on se trompe; à la 



(1) La Haniue prend sa source à Mons^en-PéTèle, et se jette dans la 
Dénie, à Marquette, à une lieue. Nord de Lille. 



— 250 — 

vérité je ne désirais pas la mort, mais je ne la craignais pas* 
Cependant, les sentiments de la nature ne se faisaient pas 
toujours entendre dans les moments d'attaque où je faillis 
tant de fois perdre la vie. Dans mes missions fatigantes et 
périlleusesi dans ces courses continuelles, je n'avais qu'un 
but : la gloire de Dieu, et la conservation ainsi que le triom- 
phe de notre divine religion. Pour y atteindre, ici, je 
ebercbais à ramener les schismatiques à l'unité de la foi ; 
li, je fortifiais les catholiques contre les dangers de la se- 
ductioni; toujours je combattais les impies et les incrédules 
dont les maximes s'étaient glissées jusque dans la cabane 
du pauvre, et quand s'en présentait Toccasion, je cherchais 
les moyens de toucher les prêtres jureurs, (i)etdeles 
amener à la pénitence. Que de larmes j'ai versées sur ces 
malheureux frappés d'aveuglement et assaillis par l'esprit 
de l'erreur ! 

La nature a sur tous les hommes, un empire que l'on ne 
peut pas toujours secouer, mais quand on est entièrement 
soumis aux décrets de la Providence, quand on est résigné 
à toutes ses volontés, ou marche d'un pas tranquille i la 
mort. Ce fut cette disposition d'esprit qui soutint mon 
courage dans toutes les circonstances diflSciles où je me 
suis trouvé. Dans l'imminence du danger, je me disais : 
c Qu'il soit fait, ô mon Dieu, selon votre volonté! » 

Un seul récit encore, et je délivrerai mes lecteurs de 
l'importun meunier et de ses infâmes adhérents. 

Un soir que je revenais dans ma commune, et soupçonnant 
quelque embûche de la part de nos furibonds patriotes, 
j'avais cru prudent de me faire accompagner par un jeune 



(1) On appelait prêtres jureurs, ceux qui ataieut prêté le serneut 
à la constitution civile du clergé. 



fermier, à la mère daqucl j'étais allé administrer le Saint- 
Viatique. 

Arrivés à peine à mi-chemin, nous fûmes assaillis par des 
forcenés qui nous accablèrent de coups de bâtons et de 
pierres; nous narîons infailliblement péri, si ce jeune fer- 
mier, dans la fleur de Tâge et d'une stature vraiment her- 
culéenne, ne se fut vaillamment défendu avec une fourche 
qu'il avait arrachée des mains des brigands. Néanmoins il 
reçut h la figure une large blessure, d'où le sang coulant 
en abondance, avait imprégné tous ses vêtements. Les assas- 
sins ne furent pas même inquiétés, tant il y avait de 
justice dans ce beau siècle de liberté et d'égalité. 

Ce que n'auraient pu opérer les rodomontades de tous 
mes ennemis déchaînés, un simple édit du représentant 
Perrîn-des-Vosges (i) l'obtint. 

Ce magistrat étant venu en mission nationale h Lille ^ où 
les méchants l'engagèrent à repousser de leur sol les Mi- 
nistres Belges comme perturbateurs, ordonna k tout prêtre 
Belge de quitter le territoire du département du Nord, dans 
les trois jours après la publication de fcdît, qui était du 
5 septembre. 

Cette mesure h laquelle je ne pouvais m'nttendre, vint 
entraver mes projets. Les enfants que je me proposais d'ad- 



(!) Perrin-dcS'Vosges était négociant à Épinal , au moment de la 
réToIution dont il adopta les principes avec chaleur. Élu au conseil 
des Cinq-Cents , il monta souTent à la tribune pour signaler comme 
perturbateurs de son département les prêtres réfractaires et les dépor- 
tés rentrés. Pendant le cours des différentes missions dont il fut chargé 
dans les départements des Ardennes, du Nord et du Pas-de Calais, on 
n^eut pas trop à se louer de sa conduite. Il est mort en 1815. — Note 
de M. Choîin, 



— 252 — 

mettre à la première communion étaient soflSsamment 
instruits pour la faire. Le temps pressait, j'écrivis )i Lille 
pour obtenir que la publication de cet édit fût différée pour 
la commune d'Anstaing : ma demande resta sans réponse 
comme sans succès. Forcé d*obéir à la loi, je m'j soumis. 

Cette décision, provoquée par la bagarre de Saint-Maurice, 
i Lille, ouvrage de Fimprudence de Monsieur Guitte, prêtre 
Belge (1), ne tarda pas à être connue à Anstaing des enne- 
mis de la religion et des miens en particulier. Ce fut pour 
eux un sujet de joie, ils triomphaient en quelque aorte* 
Ceux des habitants qui m'étaient hostiles, ae rendirent bien* 
tAt, le meunier h leur tête, chez le procureur de la isom^ 
mune, pour s'enquérir si Tédit de Perrin-dès-Yosges lui 
était parvenu, et du jour où il se proposait de le faire pu<« 
blier^ insistant avec force pour qu'il reçut son exécution le 
plus têt possible, le menaçant de le dénoncer au pouvoir, 
comme soutien des perturbateurs du repos public, s'il ne 
le faisait exécuter dans le plus bref délai. 

Ce magistrat, qui était d'ailleurs assez facile et accommo« 
dant,àqui j'avais manifesté mon projet, et le désir de faire 
faire aux enfants leur première communion avant mon dé- 
part du village, osa nier avoir reçu la moindre instruction 
du gouvernement relative aux prêtres Belges, et leur fit 
croire qu'il enverrait le lendemain, son secrétaire à Lille, 
pour 7 prendre des ordres. Son but unique, comme on 



(1) Ayant été envoyé en million à LiUe , M. Caille, ooiyùûiteineni 
«vec planeurs «uUres prêtres, Tonlat bénir l^égliBe de S^Manriee. Heif 
le peuple a^étant rassemblé et s*y étant porté en fonle rassuUil à 
coups ée pierreB. Il ne dut son salut qu^à l^anriTée subite dé la munir 
cipalité et de la force armée. M. Cuitte fut nommé ouré de Tégliie de 
Notre-Dame, à Tournai , en 1803. 



— 285 — 

voit, était de temporiser. De mon c6té, je pris mes mesures, 
et préparai ma jeunesse. 

Le messager étant de retour, il n'y avait plus à reculer. 
Comme le procureur ne pouvait plus éviter la publication 
de redit, ni même la différer, il fit savoir qu*il le promul- 
guerait le premier jour de publication, qui était le dimanche 
suivant. 

Ce jour-là, j'avais, de grand matin, réuni à l'église tous les 
enfants. Après leur avoir fait une courte allocution^ comme 
il est d'usage eu pareille circonstance, je les fis approcher 
du banc delà Sainte-Table. La Messe finie, je leur dis que 
pour me conformer aux lois, je me retirais en Belgique; des 
larmes leur témoignaient combien il m'en coûtait de mo 
séparer d'eux, peut-être pour toujours. Je leur commu- 
niquai toutefois l'espoir de les revoir dans des temps plus 
heureux. Je les exhortai à invoquer sans cesse la Vierge, 
dont on célébrait, ce jour-là, la Nativité. Le lendemain je 
célébrai un obit solennel, et le surlendemain, qui était le 
jour fatal, je partis de grand matin, accompagné de mon 
hâte, estimable citoyen, le sieur Van de Yoorde. J'étais 
souffrant : un échauffement me travaillait depuis plusieurs 
semaines. 

Ainsi finit ma première mission, le 12 Septembre 1795. 
Un prêtre français, M. Fourmentel| fut, en ma place, en- 
voyé en mission à Anstaing. A mon arrivée à Tournai, j'y 
retrouvai M. Cuitte et plusieurs autres missionnaires ren- 
voyés de la France, par suite de l'arrêté de Pcrrin-des- 
VosgeS' 



Bulletins t. xvi. 32 



— 254 — 
CHAPlTtlE 1|I. 

Deuxième mission de M. Charles à Anstaing. 



L'année suivante, le 18 juin 1796, étant encore envoyé 
en mission, par le Vicariat de Tournai, à Anstaing, je fus me 
confiner à la campagne de M. Dubruil, bâtie au milieu 
d*un bois. (1) Ce vertueux vieillard avait rendu son habita- 
lion Tasile de tous ceux qui n'en avaient pas : les ecclésias- 
tiques et les émigrés furent surtout l'objet de sa compassion. 

Rîenr ne vint inquiéter ma solitude pendant le premier 
mois que je passai dans ce château. Mon hôte jouissant à 
juste titre d'une grande considération, commandait, par 
ses belles qualités, le respect à la population du village, et 
personne n'aurait osé se permettre quelqu'acte de brutalité 
envers le prêtre, à qui il se plaisait & donner l'hospitalité. 

D'un côté, si j'eus moins à me plaindre que l'année pré- 
cédente des procédés des habitants, j'eus aussi moins à me 



u^ 



(1) NoÎ9 dé M. Charles : « La •eoonde fois que le Vicarkt de Tour- 
nai m^enyoya en miMion, comme je faisais quelque représentation à 
M, ùoBM, pour m*y résoudre il me dit : K'ayez* voua pas une pension i 
Anstaing?-^ Klle était digne d*èfiTie sans donte cette pemion, qui oon* 
estait à receiTOfr duque Jéur dei «ruiiee, des iasvltea, et dei outra- 
ges, et toute espèee de maarais traitenents. 

Un autre jour, ce même M. Gosse croyant yoir en moi une certaine 
répugnance à aller en mission , me dit : Graignez-yous quinze jours 
de prison ? Voyez M. Dujardin ; il en est sorti triomphant. Il est si glo- 
rieux d^ayoir souffert pour la Keligion ! — Une détention de deux ans , 
dans une prison humide, malsatM , affreuse, a prouyé sans doute 
que ce que je craignais le moins, était la privation de ma Uberté, et 
que je fus toujours prêt à tout souffrir pour la sainte Religion dont j*ai 
Vinappréciable bonheur d*étre Hinistre. » 



ioQftr desauiorités civiles du cantan, qui nt cenèreni de 
ne iraoaflser et de me suaciter milla embarras, jusqu'au 
deaiiëiue jovr de décembre. Tous les quinze jours, le ean- 
ion de Lfioaci m'enrayait des lettres menaçantes ou dea 
geadarmes pour n'appréhender au eorps. Par précaution, 
je d4logeila aouvent. Les motib qui faisaient eroire aux 
autorUài cantonnales qu'elles étaient autorisées à agir avec 
taoft de rigueur» c'est que je n'étais pas inscrit sur leur 
registre, mais moi, je prétendais que pour exercer libre- 
ment le culte catholique, il me juifisait d'y être autorisé 
par le tribunal eorreclionBel de Lille. . 

Celto administration cantonoaie do Lannoi était com- 
posée defuribonds patriotes, qui, poorla plupart, n'offraient 
pas de tnèa^gnaades garanties oioraJes ; et ce qui me fit 
eroire qu'elle était plus disposée à me nuire qu'à me pro- 
téger» c*est que m'éiant un jour présenté h son assemblée, 
j'eus peine i me soestrairé h une grêle de pierres, qu'à 
l'instigation de ses membres, sans doute, on fit pleuvoir 
sur moi. J'ai toujours cru qu'ils n'avaient recouru k cette 
espèce de guet-à-pens que pour se débarrasser de ma per- 
sonne* Quant aux municipaux d'Anstaing, le Maire et 
l'adjoint craignaient plus pour euxHnêmes que je ne erai- 
(naispour moi. Leur pusiiianimilé allait si loin qu'ils 
n'oiaieftt me rendre visite , dans la crainte de se com- 
promettre ! 

Cet état de géoe, de malaise moral, était bien fait pour 
me tourmenter. Afin d'en sortir, je me décidai à eoosultpr 
le commissaire du gouvernement, h Douai. (4) Ce fonction- 
naire me fit répondre de manière A dissiper mes craintes. 
La persofliie que je lui avais envoyée, étsit étrangère à la 



(I) Douai, sur la Scarpe, a 26 kil. de Cambrai , 33 de Lille et 230 de 
Paris, est le chef-lieu du 6* arrondissement du département du Nord. 
Douai dépendait, avant 1789^ du diocèse d^Arras. 



— 286 - 

commune. C'était un procureur de Lille, homme adroit et 
discret. Je voulais m'assurer s'il était vrai que le départe- 
ment eût transmis au canton de Lannoi Tordre d'expul- 
ser les ministres Belges comme perturbateurs du repos 
public. Le Commissaire du Gouvernement eut la bonté de 
me faire savoir que jusqu'alors le canton n'avait point été 
chargé de mettre de tels ordres à exécution ; ce qui me 
rassura un peu, car, i la première nouvelle de cette pré- 
tendue résolution prise par le département, je m'étais 
caché pendant trois jours. 

Quoique l'autorité cantonnale f&t instruite de ma dé- 
marche près du commissaire du gouvernement à Douai, et 
qu'elle sût que je savais pertinemment que les prétendus 
ordres étaient controuvés, elle poussa néanmoins l'audace 
jusqu'à m'envoyer une seconde lettre, dans laquelle elle 
renouvelait ses menaces de prise de corps contre moi et 
contre Tagent. Cette lettre me fut remise un dimanche 
matin ; je n'en célébrai pas moins le sacrifice de la Messe, 
et je gagnai ensuite ma retraite. 

Depuis longtemps on ne sonnait plus les cloches de la 
paroisse; le faire c'eût été s'exposera une année de prison, 
et même à la déportation, car une loi du il avril de la 
même année interdisait, sous ces peines sévères, l'usage 
des cloches et toute autre espèce de convocation publique 
pour l'exercice du culte.* 

Je communiquai à l'agent la nouvelle lettre comminatoire 
que j'avais reçue, en lui conseillant d'y répondre honnête- 
ment. Il s'y refusa, alléguant que de tels lions ne pouvaient 
être adoucis, et que des paroles honnêtes eussent été des 
paroles inutiles. Force fut donc d'écrire au commissaire du 
gouvernement et de lui envoyer un exprès, afin d'avoir une 
prompte réponse. Le commissaire nous fit savoir verbale- 
ment que nous n'avions rien à craindre pour notre sûreté 
personnelle jusqu'à décision contraire. 



— 257 — 

Cette réponse, que je leur fis connaître, parut calmer 
quelque peu la fureur de nos ennemis. Voyant qu'ils ne 
pouvaient s'emparer de ma personne, ni par ruse, ni par 
force et menaces, il se décidèrent enfin à me donner 
quelque repos; le calme régna jusqu'au 18 août. Passé ce 
jour jusqu'au mois de décembre, ils ne cessèrent d'ourdir 
de nouvelles intrigues, d'imaginer de nouveaux prétcites 
pour nous inquiéter, prétendant, tantôt que notre sou- 
mission, pour être légale, devait être faite personnellement 
devant eux, tantôt qu'à eux seuls appartenait le droit de 
délivrer des passe-ports, et qu'ils ne pouvaient eux-mêmes 
en donner qu'à des citoyens qui avaient habité l'ancienne 
France pendant un an consécutif, et qui, pour preuve de 
civisme^ ne seraient point sortis de la commune où ils 
avaient établi leur domicile (!)• 



(I) On jugera de cette administration par IVrrêté suivant concer- 
nant lef prêtres en mission dans le canton de Lannoi, 

Extrait du registre aux délibérations de Tadministration municipale 
du canton de Lannoy. 

a Nous, président et administrateurs municipaux du canton de Lan- 
noy, informés que des agents et adjoints des communes de notre arron- 
dissement ont admis inconsidérément à faire la déclaration de sou- 
mission aux lois de la république , des ci -devant prêtres délégués par 
des ministres du culte catholique ( : qu^ils reconnaissent pour leurs 
supérieurs : ) et dont la résidence n^est plus dans la république , des 
prêtres ou réfractaires, ou déportés, ou émigrés, ou enfin d^autres dont 
les papiers ne sont point selon les lois, comme il conste par ceux 
d*Annappes, d'Anstaing et d'Ascq, qui, à Texception de ce dernier, se 
sont soustraits par une prompte fuite aux poursuites de la justice. 

Considérant que ces fanatiques sont souvent munis de faux passe- 
porte et de faux certificats de résidence, qu'ils ont obtenus par séduc-* 
tion ou corruption de quelques administrateurs perfides ou infidèles, 
et que les lumières nécessaires pour en connaître la validité et la léga- 
lité, se trouvent sans contredit; plutôt dans le sein d'une administra- 



— 258 — 
Tant de haine de la part des chefs du canton ooiu avait 



I «^ ^mtm^^ — ^j— 1^— »»o^-«— »^»»»p»j»>».^i . 11,!.!! -^p «III j-^.»—»» 



tioDi que dans un seal de tM nrarabref , le pins fosTeiit facile i rerreur 
ou à la i^ditotion. 
Goniidérant en outre que la doctrine de cet miaviennaîrôB ^|y«D(6rf 

ne tend qu^à divûer les citoyens entr*eax, à désunir les familles, à pro- 
Toquer au repentir les hommes qui ont concouru à rétablissement et 
au maintien de la république, à annoncer comme criminelles les ventes 
des domaines nationaux ci-devant possédés par le clergé et les émigrés, 
enfin A encourager les réquisitionnaires à rerter dans leurs foyers, et 
les militaires à déserter leurs drapeaux, sous-prétexte qne ceux-ci , en 
combattant pour la république, eombattent contre Dieu et sa religion. 

Considérant pareillement qu*une doctrine aussi tyrannique et anti- 
républicaine a allumé la guerre de la Vendée, et produit, dans les 
communes quUls souillent de leur présence; une dés^inion scandaleuse, 
des disputes, des querellée, et des oombati, entre tes «itoyens unique^ 
ment divisés d*opinions,par Tinfluenoe qu^îJi exercent sur les eonscien- 
ces au nom de la Divinité. 

Considérant enfin qu^il est urgent d*arréter les troubles et les mal- 
heurs qui nous menacent, ainsi que de fermer la porte aux plus im- 
placables ennemis du gouvernement républicain. 

Nous, administrateurs susdits, après avoir ou! le Commissaire du 
Directoire exécutif, avons arrêté et arrêtons qu'aucun ci- devant prêtre 
non- domicilié dans ce canton, ne pourra exercer les cérémonies de son 
culte, dans les églises des communes qui en sont dépendantes, qn^au 
préalable il ne se soit présenté à Tadministration municipale, pour y 
faire la déclaration de sa soumission aux lois de la république, et y 
administrer les passeports et certificats de résidence dont i! est por- 
teur ; arrêtons également que les agents et adjoints des communes 
tiendront une main sévère  Téxécution des dispositions ci-dessus, 
soUB la peine d*être dénoncés à l'autorité supérieure, comme Rebelles 
aux lois de la république ; arrêtons enfin que la présente délibéra- 
tion sera publiée et affichée dans toutes les communes respectives 
de ce canton. 

Fait en la séance publique de l'Administration municipale du canton 
de Lannoy, du quatre messidor an 6*. Pi^sents : Les président et ad- 
ministrateurs en nombre compétent pour délibérer. 

Pour copie conforme : 

J. CORDONNIER, Prégideuf. 

Meurice, Secrétaire. 



— 289 — 

fait consigner aux portes de Lille, où nous nous gardâmes 
bien de nous présenter dans la suite. La dernière fois que 
je m'étais rendu dans cette ville, j*avaîs eu une scène assez 
vive avec le citoyeû Raoux , (1) intrus de Marcq-en- 
Barœul, (2) et une avec le représentant Durenty. Ce même 
jour devait nous être bien fatal ; car en revenant le soir & 
Anstâing avec te greffier, et ayant dirigé nos pas à travers 
les villages, pour éviter ainsi les insultes de la grandVoutc, 
nous apprîmes bientôt qu'il se formait un groupe d'ouvriers 
mal intentionnés qui nous forcèrent k rebrousser chemin. 

Sur CCS entrefaites, mon hôte quitta son château pour 
aller demeurer à Lille. Ne pouvant Vy suivre. Je me vis 
forcé d'aller me reléguer dans une chaumière avec une 
tfeille de quatre-vingts ans, qui me rendit tous les services 
dont elle était encore capable à son âge. 

jy avais â peine passé quelques semaines, que je m'a- 
perçus qu'un long séjour dans cette demeure était impossi- 
ble, et que ma tête nY était pas en sûreté. En effet, mon 
lit était placé dans une petite chambre, près d'une fenêtre 
ft travers laquelle on eût pu facilement passer le bras, et 
m'égorger impunément. Le chemin, sur lequel celte fenêtre 
prenait jour, était fort fréquenté, et souvent, pendant la 
nuit, j'entendais des vociférations et des blasphèmes. 
C'étaient nos ennemis qui revenaient soûls du cabaret, et 
qui, selon leur crapuleuse habitude, m'abreuvaient d'in- 
sultes et d'outrages. Les choses étant ainsi, je me décidai à 



(1) Le citoyen Raouz fut remplacé peu de tempa apràê par an MUt* 
constituthmiiel, le citoyen G«ffart« 

(2) Mafeq-en^BaroMiI, «ur fa Marque, village populeux du d^purte- 
uetat du !l»rd, à 10 lÛ. de Tourceiug, 4 de Lille, 39 de Dùuaî. Cette 
paroîMe appartenait, avant 1789, i FéTéch^ de Ibumii. 



— 260 — 

quitter le village pour retourner à Tournai, J'exécutai 
mon projet le 22 octobre, et je priai, à mon arrivëe, mes 
supérieurs, d'7 envoyer quelqu'un pour me remplacer, s'il 
était possible. M. Vanhasendoock (i) 7 envoya M. Ro- 
bert (2) que je reVia quelques années après à la prison des 
Ecossais. Celui-ci ayant élé refusé de la municipalité, je me 
décidai à prolonger ma mission , et j'y restai jusqu'au 
deux décembre. Alors voyant que mes supérieurs ne 
voulaient ou ne pouvaient me remplacer, et ma santé 
étant épuisée de ve|illes , de travaux et de privations de 
toute espèce, je me retirai. 

Personne ne fut envoyé pour me remplacer à Anstaing. 
M. Chuffart(5) ou M. Destombes (4), qui était à Lesquin(5), 
y célébraient alternativement la messe les dimancbes et les 
jours fériés. 

Ainsi finit ma seconde mission, pendant laquellci vivant 
dans le silence des bois et uniquement occupé du salut des 
fidèles, j'avais ignoré les grands événements qui se passaient 
en France, les victoires que Bonaparte, récemment appelé 
au commandement en chef de l'armée d'Italie, remportait 
à Montenotte, à Miilesimo, à Mondovi, à Lodi, à Casti- 
glione, à Roveredo, à Arcole et à Rivoli. 

Nous n'étions pas cependant dans la même ignorance de 



(1) M. Van Hasendonck exerçait lei fonctions de yioaire-général 
du diocèfé de Tournai. 

(2) HÎMionnaire ambulant de Tournai. 

(3) H. Chuffart n^est pas mentionné par ,M. Leslay dans son Camé' 
racum Chrittianum. 

(4) M. Destombes mourut à LUIe quelques années plus tard. 

(5) Lesquin, yiUage du département du Nord, à 7 kil. de Séclin,8 de 
de LiUe, et 29 de Douai, appartenait, avant 1780, au diocèse de Tear- 
nai. L'intrus sHippelait Flamand. 



— «61 — 

lout ce qui poavftit tourmenter le «lergé et nous en parti* 
eulier. Ainsi on ne manquait pas de nous apprendre tous 
les arrêtés pris contre les ecdésiastiquea, tels que celui du 
46 Avril, qui prononçait la peine de mort eontne lef pri^ 
Yocateurs à l'anarchie et à la royauté, noms sono les^ 
quels 4m désignait particulièroment les pfétres. 



< I IW 



Tr&isième mission de M. Ch^rks à Amtomg^ U 
va ensuite à Anna/ppes; t? y est pris et emmené à 
IMlej puis trcrnsféré U Douai, 

Le 6 Mai 1797, à la prière de U^ Routrain .(I), qui avwt 
reçu l'ordre de purger de aa préseoee le soi de k JAtri4ie«- 
tion de Lannoi , sous peine d'incaRoération, îe pan^ti» jde 
nouveau pour Anstaing. Je voyageiû toule la siuît, me kt* 
tant d'arxiver dans cette commune, où j'iguorais s'il.m'au^ 
rait été permis de célébrer. Il est à remarquer que le nom 
de Poutrain n'avait pas même été décliné dans Tordee 
qu'il avait reçu, mats il y était désigné «sous la yague dé- 
nomination de prêtre belge fanatisanU C'est ainai que» l'on 
qualifiait à cette époque les citoyens belges de la itdigtefi 
catholique Romaine. 

La qualité de prêtre belge , qui m'était commune arec 
H. Poutrain, m'exposait aussi bien que lui à être incarcéré, 



(1) H. Fevirain Avait dVUlenn ims aBfMMttife MMié ^ il •jaoarnfti 
paraft-il, environ un^an aprètJon.reltnràâE^iiiiuî. 

BULLETINS T. XVI. 3? 



— 262 — 

par conséquent j'ëtais exposé aux mimes dangers en en- 
courant les mêmes peines. Ces considérations ne purent 
ralentir mon zèle, ni m'empécher de me rendre à mon 
poste; d'ailleurs Tintérét de la religion m'y appelait et dès 
lors mon de?oir était d'y aller. 

Arrivé le lendemain de grand malin, je fus aussitôt chez 
l'agent pour le consulter. II m'apprit que dans une confé- 
rence que l'adjoint et le secrétaire avaient eue avec lui, il 
avait été résolu de ne plus admettre de prêtre belge; 
néanmoins il me dit que si je voulais célébrer les offices 
le dimanche, ils l'auraient, quant à eux, toléré, mais sans 
entendre être responsable de ce qui aurait pu arriver du 
dehors. Cet entretien, comme on le voit, n'avait rien de 
rassurant, et je pris des précautions. Le dimanche suivant, 
avant de célébrer la messe, je plaçai des vedettes, dès les 
quatre heures du matin, sur le grand chemin qui conduit à 
Roubaix, (1) afin d'être prévenu de l'arrivée des gendarmes 
que Ton aurait pu envoyer de cette ville sur les ordres du 
canton de Lannoi. Le même jour, après avoir chanté les 
Vêpres, et donné aux fidèles la bénédiction du Saint- 
Sacrement, je me retirai. Les parpaillots triomphèrent (2) 
de mes craintes, mais les hommes honnêtes, les amis de 
l'ordre et de la religion gémirent sur ma position. J'allai 
passer la nuit dans une autre maison que celle où le prêtre 
allait ordinairement loger, afin de donner le change à mes 
ennemis et d'éviter ainsi leurs invectives et leurs filets. 



(1) Roubaix, TiUe du département da Nord, i 11 kU. de LiUe, 
44 de Douai, appartenait, avant 1789, au diocèse de Tournai. 

(2) On appelait parpaUlots, en quelques endroits de la France, les 
GaWinistes. Dans le langage famiUer ce mot signifie impie. G*est ce 
dernier sent que M, Charles lui attribue. 



— 2Ga — 

Pendant tout le temps que je passai dans cette mission» 
je ne sortais que la nuit, accompagné d'un jeune bomme 
qui m'était entièrement dévoué. Bien que je fusse animé du 
plus grand désir de servir les fidèles, j'usai aussi de pré- 
cautions pour échapper aux mauvais traitements et aux 
persécutions de la foi, car les provoquer est parfois une 
imprudence. 

Un soir que je revenais seul dans ce village, et voulant 
éviter un chemin qui me paraissait auspecl, je me vis 
obligé de me jeter dans Ja Marque , petite rivière que je 
passai à la nage; par bonheur, les eaux étaient fort basses 
ce jour-li, car ne sachant que très-peu nager, j'aurais pu 
y perdre la vie. 

Les détours que je devais faire pour éviter les endroits 
où je supposais que l'on aurait pu attenter h mes jours, 
allongeaient quelquefois ma route de quelques lieues. 

Quoique je ne fisse pas un long séjour dans celle mission, 
à Ânstaing, on se ferait difficilement une peinture exacte 
des propos infâmes, des grossières injures dont je fus 
assailli et des traitements barbares que j'y essuyai, car ce 
n'était pas seulement à Anstaing que j'exerçais mon minis- 
tère, j'étendais mes travaux dans les lieux circonvoisins, 
volant partout où il y avait des malheureux k consoler, des 
pécheurs à entendre, et des faibles à soutenir. 

Le vingt-six juillet, je quittai cette commune pour me 
rendre à Annappes^ (l) village situé à quelques lieues de lA. 

Le Vicariat-général m'ayant laissé l'option entre ces deux 
communes, je n'hésitai point à choisir cette dernière, cs- 



(1) Annappes, yillage du département du Nord, à 8 kil. de Lannoi, 
8 de Lille, 41 de Douai. Cçtte paroisse appartenait, avant i789, au 
diocèse de Tournai. Elle eut pour curé constitutionnel le citoyen 
Boussemart. 



— 364 — 

« 

péMttt j tRNnrey pitts de tranquillité et de courir moins de 
dnflftr» A sien «rri? je, j'allai dentieurer chez le magîster; 
boÉonae asses instruit, mais méchant et débauché, qui 
jorait et bliuphémait le soir en proportion de ce qu'il avait 
bu le matin. Inutile de dm qae je ne demeurai pas long- 
temps dans ce tandis immoral* 

Sur ces entrefaites, le 18 fructidor (1) venait d'enfanter une 
nonvdle persécution contre les prêtres et les émigrés, 
^courage par les dreonstances, et fidèle d'ailleurs à ges 
principes , le cantoq de Lannoi me refusa la permission 
d'eserèer mon ininistèrc; je me rendis à Lille pour consulter 
le tribunal correctionnel, persuadé que je pourrais rezer- 
ccr sous son autorité. Le tribunal désapprouva la conduite 
rigoureuse du commissaire du canton, m*engagea h bannir 
toute crainte^ et i mépriser, par le silence, les lettres me* 
naçantea qu'il m'avait adressées. 



<1) Le coup d*élat da 18 fnittidor «a V (4 teptambre 1797), eiëciité 
par trou membres du Sireoteire, Bemi , Rewbel et LareTeUière- 
Lépeaux, contre le parti reyaliste, rendit i la révolution le terrain 
qù'eiie avait perdu depuis environ deux ans. Les lois récentes rendues 
efr ft&vèttr des parents des émigrés furent abolies ; les ci-devant nobles 
on ennoblis funBlit privés pendant sept ans encore de ^exercice de 
le» dreîts de citerens. Le Miment de haine i la royauté fut prescrit & 
tout fonctionnaire public, à (piiconipie voulait exercer des dtoila ci- 
TÎques. Enfin, pour mettre le comble i cette vaste réaction, les lots 
qui adoucissaient le sort des prêtres, soit en abolissant à leur égard la 
peine petmanexite de la dëpoitaliofn, soit en leur rendant le titre de 
citoyens français, forent révolutionnairement abrogées, et le Directoiro 
se vit investi du droit de déporter les prêtres qui lui paraîtraient 
devoir troubler 4a tranquillité publique ; les cultes furent déclarés 
liiire^) nais aucun prêtre ne pouvait exercer son ministère qu^après 
avoir prêté serment de haine -i la royauté, et d*obéisiaiice aux lois de 
la République. 



— 265 — 

Je pevios satisfait, le tribunal m'ayant promis de me 
prot^er, pourvu d'ailleurs que j'observasse les lois; de 
retour à Anuappes, je eoatitiuai mes fonctions jusqu'à Tar- 
rivée des gendarmes. 

Le lendemain, nous allâmes, l'agent et moi, trouver la 
municipalité du canton de Lannoi. Meurice , intrus du 
même endroit , son secrétaire , refusa de mettre le visa 
à mes actes, prétextant que le secrétaire n'avait pas qualité 
pour le faire, et qu'au président seul appartenait le droit 
de viser mes papiers. 

M'étant adressé au président Cordonnier, j'éprouvai le 
même refus : un même motif sans doute les faisait agir. 
Je me présentai de nouveau chez le secrétaire Meurice, et 
lui laissai, contre un reçu, mon acte de déclaration de sou- 
mission. 

Toutes ces démarches, dont le but était de me mettre 
en règle vis-à-vis des autorités cantonnales, relevèrent un 
peu mon courage, et je regagnai Annappes avec un peu 
plus de confiance. A mon grand étonnement, je reçus le 
lendemain, c'était un samedi, une missive du secrétaire 
Meurice, et une autre du commissaire Bonnaire, prêtre 
ex-génovéfain, par lesquelles j'étais sommé de comparaître 
devant eux, pour me justifier d'intentions suspectes, et 
pour les mettre à même de juger de l'authenticité de l'auto- 
rité qui avait délivré mon acte de résidence et les autres 
pièces dont je me prévalais. Je ne crus pas devoir me ren- 
dre à leur sommation. Je fis défaut, soupçonnant là quelque 
anguille sous roche. Le lendemain, ayant reçu mes lettres 
de la police correctionnelle de Lille, je célébrai mes offiees 
le dimanche suivant. C'est ainsi que dans ces temps de 
troubles religieux et politiques tout à la fois, les autorités 
civiles, agissant par des impulsions et des motifs opposés, 
transmettaient des ordres contradictoires; les uns autorisant 
la résidence, les autres, l'expulsion. 



— 266 — 

H y avait à peu près un mois que je demeurais chez le 
magister. Fatigué d'un pareil commensal, je résolus de le 
quitter. Les observations» les réprimandes que je lui avais 
faites, n'avaient produit aucun effet, et rien n'avait pu le 
faire changer de conduite. La mère de ce malheureux, par 
un excès d'indulgence bien condamnable^ contribua à le 
conduire au tombeau. La débauche et les dérèglements le 
moissonnèrent à la fleur de Tàge, quelque temps après ma 
sortie de chez lui. 

J'allai demeurer, du consentement de Tagent, chez un 
certain Monsieur Delannoy, vieillard d'une grande probité 
et de mœurs édifiantes» Je fus tranquille chez lui jusqu'à 
la mi-septembre. Mais la nuit du i5 a été pour moi une 
nuit fatale, et je pus dire avec le poète Ovide : 

' « Qaam subit illius tristissima noctis imago 
« Labitur ex oculis nunc quoque g;utta meis. » 

Depuis longtemps, l'apparition d'un gendarme, la re- 
cherche d'un municipal, ou seulement un faux avis donné 
de bonne foi, suffisaient pour me faire changer d'asile, et 
le plus souvent au milieu des ténèbres de la nuit. 

C'est ici que va commencer cette chaîne de malheurs 
dont tous les anneaux ont formé une détention de plusieurs 
années. 

Vers minuit, (c'était le 15 septembre 4797), une per- 
sonne vint me prévenir de la part de l'agent, qui revenait 
de la séance du canton, qu'il n'y avait pas une minute à 
perdre, si je voulais éviter d'être pris par les gendarmes, 
qui étaient en marche avec l'ordre de m'arrétcr. Cette nou- 
velle inattendue, reçue pendant la nuit et sous un ciel téné- 
breux, avait quelque chose de sinistre que l'on conçoit 
sans peine. Cependant elle ne me troubla point, parce que 
les événements qui venaient de se passer à Paris, m'y 
avaient en quelque sorte préparé. Les résultats du iSfrue- 



— 267 — 

tidor étaient connus. Le Directoire venait de condamner 
deux directeurs, (1) cinquante députés (2) et cent quarante- 
huit individus, dont la plupart étaient des personnages de 
grande distinction et revêtus d*un caractère public, à être 
déportés dans les déserts de rAmérique. Ce désert d'exil 
était pour presque tous un arrêt de mort, car sous le ciel 
brûlant et meurtrier de la Guyane, la mort, pour les dépor- 
tés, devait ^tre lente, mais certaine. (5) 

Le Directoire avait aussi adopté de fortes mesures de 
salut public, ainsi qu'il les nommait lui-même, afin de 
consolider son autorité. On parlait encore du massacre de 
plusieurs membres du conseil des Cinq-Cents, (4) de sang 
répandu h Paris, de la victoire que les Jacobins avaient 
remportée, de l'annulation de plusieurs assemblées pri- 
maires, entre autres celles du département du Nord ; mais 
ces bruits étaient sans fondement, surtout en ce qui con- 
cerne les massacres, car pendant tout le temps que dura 
cette crise, la basse classe du peuple, qui ordinairement 
prenait une part si active dans de semblables occasions, 
resta cette fois parfaitement tranquille, et ne commit au- 
cun excès. 



(!) Camot 6t Barthélémy. — Note de M, Chotin, 

(2) Les historiens de la Révolution française disent que soixante- 
cinq députés furent alors condamnés à la déportation. 

(3) L*histoire nous apprend qu*ils furent traités avec la plus grande 
barbarie, et pendant leur traversée, et lorsqu'ils furent arrivés au lieu 
affreux de leur débarquement et de leur bannissement. Un effet bi- 
zarre de leur destinée fut de trouver sur cette même terre de leur 
exil plusieurs de leurs anciens ennemis, les Jacobins, maudissant leur 
sort et les hommes. — Note de M. Chotin, 

(4) On appelait ainsi une des deux assemblées législatives, en 
France, sous le Directoire. 



- 268 — 

l'étais donc préparé^ et perçais jaos l'aTenir avec une 
sombre frayeur. Après avoir remercié l'exprès que l'agent 
m'avaitenvoyéjelui dis : « AnnonoezàM. Tagent que je suis 
très-seosible aux soins qu'il a pour moi , et que je vais 
prendre des mesures pour partir aussitôt. » 

le m'habillai à Tinstant, courus à l'église sans lumière 
avec la demoiselle de la maison ; je mis dans un sac tou« 
les objets précieux ; tels que vases sacrés, calices, etc., et 
je les déposai chez mon hâte où je les serrai daas un coffre. 

A peine étais-je rentré que la maison est cernée par des 
patriotes cl des gendarmes qui frappent.à la porte à toops 
redoublés. On leur ouvre, et pendant qu'ib entrent, je 
cours au jardin, et pour leur échapper, je me dispose & 
franchir une haie de six pieds de hauteur.... mats que 
vois-je? des soldats et des gendarmes en grand ncHnbre. 
le me précipite vers un autre endroit^ même obstacle à 
mon évasion. 

Par un bonheur inoai, une petite porte, donnant sur lai 
campagne, n'était point gardée ; je m'élance, et mes gar- 
diens s'étant portés vers un autre endroit, je profite de 
leur éloignement pour m'échapper.... L'obscurité de la nuiC 
protégea ma fuite miraculeuse, car j'étais si près d'eux 
quand je leur échappai, que j'entendis distinctement ces 
mots: c Tuas beau faire, c... tu n'échiypfteras {ms aux 
bleus* » On désignait ainsi, à cette époque, les enaemis du 
trône et de l'auteL Celte tMwpe tira linéiques ootips de 
fusil sans m'atteindre. ApMs uac course 4e dix nmates à 
travers la campagne, je me reposai dans ce même bois oé, 
deux années auparavant, j'avais failli perdre la vie. Long- 
temps encore j'entendis dans le bois les cris de ces forcenés, 
qui brisèrent tout dans la demeure de mon h6te, qu'ils 
accablèrent, ainsi que sa fille, d'insultes et de mauvais trai- 
tements. . , 



— 269 — 

Le crépuscule ne se fut pas plus tôt répandu dans la 
campagne, que je quittai mon gite pour m'acheminer vers 
Ascq, (1) afin de prendre quelque nourriture chez mon con- 
frère, fif. Bonnet, (2) curé de ce village; mais il était parti 
la veille. Je tournai mes pas vers Camphin. M. Laurent^ (3) 
que Ton m'avait dit pris la même nuit, informé de ce qui se 
passait, faisait ses préparatifs. Le, après avoir chauffé mes 
habits, qu'une brume froide et épaisse avait pénétrés, et 
refait mes forces épuisées, nous nous mimes en route pour 
Tournai^ où nous arrivâmes le lendemain à la nuit tom- 
bante. 

Je retournai fréquemment à Annappcs célébrer la messe 
et administrer les Sacrements dans une maison particulière, 
ou m'arriva enfin l'événement que je vais rapporter et qui 
me valut une détention de plusieurs années. J'aurais prému- 
ni longtemps encore lès habitants d^Ânnappes et des villages 
voisins contre les maximes les plus corrompues et les plus 
perverses, et les aurais retenus par mes exhortations, 
auxquelles ils s'étaient jusqu'alors montrés dociles, si un 
traître n'eût fait cesser mes travaux, en me dénonçant aux 
autorités révolutionnaires. 

Je rapporterai les faits dans toute kur simplicité. 

Un ouvrier de censé, dont le maître témoignait beau- 
coup de froideur et d'indifférence pour la religion catho- 



(1) Ascq, TiUage du département du Nord, à 8 kil. de Lannoi, 6 de 
de Lille, 41 de Douai, appartenait, avant 1789, au diocèse de Tournai. 
Il eut pour curés constitutionnels A. Soyez, et P.-J. Lemaire. 

(2) M. Bonnet n^est pas indiqué comme curé d^Ascq, par H. Le Glay, 
dans son Cameracum Christianum, Il fut envoyé à Ascq lors de Témi- 
gration de M. Favier. Celui-ci redevint curé de son ancienne paroisse, 
en 1802. 

(3) M. Laurent a été aussi omis par M» Le Glay. 

Bulletins t. xvi. 34 



— 270 — 

lique, cherehnnt dt^puis longtemps k me nuire, avait 
machiné avec quelques furibonds patriotes, un complot 
dont la réussite fatale devait nécessairement les délivrer de 
ma présence en m'eavoyant en prison. Le coryphée de la 
secte infernate, ayant plusieurs fois échappé aux fers 
qu'il avait mérités, avait échoué jusqu'à ce jour dans ses 
entreprises criminelles contre moi. Pour mieux réussir, il 
met en jeu cette fois la religion dont il se fait un manteau 
derrière lequel il trame ses projets homicides. Le ciel lui 
ayant donné un fils, le méchant me demande, par l'intermé- 
diaire de son maître, que je veuille liii administrer le bap- 
tême. A la prière de ce fermier, que j'aurais dâ mieux 
eonnaitrc, et qui n'avait de la probité que les apparences, 
je fais irépondre que le soir, vers 6 heures, j'aurais procédé 
au baptême du nouveau-né. 

Les choses étant ainsi arrêtées, le traître s'assemble avec 
les siens au cabaret S^-Pierre, qui se trouvait vis-i-vis de 
l'humble demeure que j'avais convertieen temf^le. Peu après 
il se . présente, et je confère le Sacrement. La cérémonie 
terminée, le nouveau Judas veut me faire accepter quelques 
80US que je refuse; il insiste, et cédant à ses perfides ins- 
tances, j'accepte, & nion insu, le gage de la victime. J'avais 
assek légèrement admis le parrain, qui était dans un étal 
d'ivresse assez prononcé.... enfin j'avais fait tout ce que 
je pouvais faire d'après la loi du 7 Vendémiaire. Ils sortent^ 
et je me retire paisiblement dans ma chambre, sans me 
douter de Torage qui s'amoncelait sur ma tète. 

Pendant que je me livre au repos, les scélérats, engagés 
par l'appât des récompenses promises, conduits et institués 
par les furibonds patriotes du canton de Lanftoi, emploient 
locrte la 'nuit à rédiger les actes d'accusation les plus vio- 
lents, parcourent tous les Villages, se reodent à Lille, m'y 
dénoncent aux autorités révolutionnaires en me dépeignant 



— 271 — 

à leurs yeui sous les couleurs le$ plus défavorables. 
CcllesTci^ de peur que la proie leur écbappç, ordonnent au 
cominandapt de la ville , Dumontier, d'envoyer une com- 
pagnie de trepte-six çhasseiirs a cjieval pour arritec un 
prêtre!.... 

Vers inipuit, h troupe se met en m£|rcbe, vient prendre 
les ordres du commissaire du canton, et se présente au 
point du jour a la ppfte dç ^loa asile. iC'était le â novembre, 
jour de funeste spuvenirî Les satoliites entourent trois 
maisons voisines de la mienne, qui leur sont désignées 
comme suspectes. Pendant que vingt-quatre chasseurs 
gardent les issues de ces trois habitations, douze autres 
descendent de cheval. Précédés d'un oflBcier, le sabre au 
poing, ils se précipitent dans la demeure de mon hôte, à 
qui ils pe donnent pas le temps d'ouvrir la porte. L'pffipier, 
fqrieux comme un lion, se précipite le premier dans les 
appartements^ cherchant la victime 4ésignée à sa rage. Le 
pistolet d'une main, et de l'autre saisissant au collet, tantôt 
un vieillard aux cheveux blancs, tantôt sa fille, qu'un spec- 
tacle aussi insolite fait évanouir, il leur demande, Tœll en feu 
et récuiQe à la bouche: Où est-il? Livre-nous le c... ! 
A rinstant-un jeune homme, bien digne que je décerne ici 
un solennel hommage à sa méipoire, ^1) pénètre d'une 
maison voisine dsins ma chambre, et m'engage à pourvoir 
à ma sûreté on me conjurant de fuir par le toit. J'aurais pu 
le faire facilement, mais, soit la crainte de causer la perte 
de mon hôte, soit la crainte de mauvais traitements si je 
venais à être arrêté et si je résistais plus longtemps, je des- 



(1) Noté de M. Charles, — Il se nommait François Timmerman. 
Je le reTÎs quinze ans après; il était marié; père de famille et jouis- 
sant du bonheur qu^il méritait. 



— S«72 — 

ceods, el me remelUnt entre les mains de l'offieier, je lai 
dis : Void celui que vous cherchez^ que lui voulez-vous ? — 
Qu*il me suive, fut sa réponse. A Tinstant, ses soldats, 
voyant qoe j'étais pris, se mirent & crier : Vive la repu- 
bliquel Ces cris furent répétés parles chasseurs qui étaient 
i cheval en dehors^ et qui brandirent leurs armes, sans 
doute en signe de jèic. La victoire brillante et signalée 
qu'ils venaient de remporter, était bien digne de telles 
acclamations : un prêtre était au pouvoir de trente-six 

soldats!... 

Toute la maison de mon hôte était en pleurs ; ils s'em- 
pressaient d'assouvir l'avidité de la soldatesque en lui four- 
nissant des comestibles et des boissons, espérant par ce 
moyen des traitements plus humains pour moi. La demoi- 
selle, à peine revenue à elle, est accablée d'injures et se 
voit l'abjet des sarcasmes les plus dégoûtants. Sa physio- 
nomie était morne et silencieuse ; elle semblait frappée 
d'une stupeur qui la rendait comme étrangère à tout ce qui 
se passait autour d'elle. J'appris plus tard qu'une grave 
maladie, à laquelle elle avait failli succomber, fut la suite 
des frayeurs qu'elle avait eues à l'occasion de mon arresta- 
tion chez son père. 

Pendant le temps que j'avais tardé à descendre, le sabre 
de ces forcenés avait pénétré dans tous les coins de la 
maison. Il est certain que si je me fusse caché quelque part, 
j'y eusse été découvert et même blessé. 

Ne pouvant plus longtemps souffrir la vue d^un tel spec- 
tacle, je m'arrachai h cette scène déchirante, et laissai mon 
hôte et sa fille en proie h la plus profonde douleur : Par- 
tons, dis*je à l'officier, je suis prêt. Celui-ci commanda à 
sa troupe de monter à cheval, et l'on se mit en route. 
Il était environ sept heures du matin quand nous partîmes 
d'Annappes. Il tombait une brouée assez épaisse. Je marchais 



— 273 - 

à côté de Tofficier républicain ; j'étais lié très-éiraitemeni ; 
pendant le trajet| je fus accablé des plus grossières in- 
sulleS) on me donna même des coups pour me forcer 
d'avaneer plus vite. Enfin un brigadier poussa Tinfanma- 
nité jusqu'à proposer à son chef de m'attacber à la queue 
de son cheval, mais l'oi&cier lui imposa silence. Pour moi, 
je ne laissai pas échapper la moindre plainte. 

Vers midi, la troupe entra à Lille, où je fus présenté h la 
municipalité, au milieu des cris et des huées d'une populace 
immense qui se gros8issa4 sur mon passage; des hommes 
et des femmes revêtus à demi des haillons de la pauvreté 
et de la misère la plus profonde, se précipitaient au devant 
de la troupe, avides de me voir et d'apprendre les motifs 
de mon arrestation. 

Cependant tout le monde ne se montrait pas aussi im- 
passible que cette populace éhontée ; car une demoiselle me 
voyant près le pont d*Esquermoise, trainé par cette solda- 
tesque au milieu des flots d'un peuple en délire, fut telle- 
ment saisie qu'elle tomba faible sur des poteries qui furent 
brisées et qu'elle dut payer deux écus. Plus tard elle me fit, 
en badinant, un reproche de ma rencontre, disant qu'à mon 
passage à Lille, je lui avais coûté deux écus. Elle exigea que 
pour l'indemniser de sa perte, j'en acceptasse quatre de ses 
mains. Je les reçus pour lui être agréable. Cette dame m'a 
honoré de son amitié jusqu^à la fin de ses jours. 

Enfin, après avoir traversé une grande partie de la ville, 
on arriva à la prison criminelle, où l'on me jeta (c'est le 
mot) dans une grande chambre sans feu. Mes liens furent 
déliés. Je passai la nuit sur un mauvais grabat, après avoir 
pris pour toute nourriture, une demi-bouteille de vin que 
j'avais en poche. Oh ! que cette nuit mon sommeil fut 
léger! 

Le lendemain, vers neuf heures du matin, un guichetier 



— »4 — 

viat m'aoDoncer que j'avait à me reqdre cbes le féoéral 
cominandant de la place. Deux fuiiiiera ofi'escQrtèreot ehev 
legéoéral Dumortier qui logeait au palais de l'-anoieope in- 
teodance. Ce fonctionnaire, qui fut, pour moq malheur, 
destitué quinae jours trop lard, était tpèsi-rehulaD^ el trés^ 
sévère. Je ne laissai pas néanmoins de protester de mon 
innocence, et le priai de vouloir me prendre sous saprotec* 
tioa. Il me dit^ en se retournant vers son secrétaire : Un 
vous ftfin justice, — Je falkadê, fut ma réplique. 

Après m*avoir fait décliner k'tàa secrétaire, mon nom, 
|ifénem et qualités, il donna ordre de me reconduire à la 
maison de détention. Il i^emïi un billf t aux soldats que 
ceuxTci donnèrent au gardien en chef de la prison. Je erus 
qu'il avait pour but de m'assigner une place plus eemmode^ 
quelle fut ma surprise quand j'appris que c'était l'ordre 
de me mettre au aeoret 

Je n'avais jafQai9 vu l'intérieup d\ine prison, pa^ mépie 
en peinture; cette feis^ei je le vis en réalité. A peine fu^je 
entré sous une grapde porte armée dé kerses, que le ge&f 
lier» homme trapu et ramassé, porlynt à aa oeinture un 
grand f^euhre de elefs réasinnantes, ine conduiait, en 
payant par une espèce d'allée sonleroaine, hpmide et obsi* 
eure, dans un cabaaen infeft <»A il me déposa. Mon oasho^ 
était éclairé par une petite fenêtre e^rr^e d*un pied de 
largeur, défendue k l'extérieur par de grosses barres de 
fer, k travers lesquelles la lumière venant à percer, formait 
avec elles uo damier aux carreaux blancs et noirs. Oh! que 
la lumière du soleil est belle lorsqu'on la voit du fond 
d'une prison ! que ses rayons, aux coul(^ur8 primitives, 
dans lesquelles des milliers d'atàmes, paraissant autapt de 
paillettes d'or, tournoient et se jouent, font une pénible 
impression sur la rétine d'un prisonnier ! 

Le sol était couvert d'une paille coupée menue, d'où j'in- 



— 275 — 

ferais que je n'étais pas seul-dans ma cellule. J'avais fiîssonné 
«n entendant retentir les pas mesurés de mes conducteurs 
«OUST ces voûtes étroites et sombres, mais j'éprouvai un 
effroi en entrant dans mon cabanon ! Quelle prison, me 
dis-je, et que ces lieux ont entendu de gémissements!... 
A l'instant le geôlier fermant la porte, je restai seul. Je 
levai les yeux sur les murs où la main de mille infortunés 
uvait décrit leurs souffrances. Mais quelle fut ma surprise 
quand je lus sur la muraille, ces lignes fraîchement écrites 
au crayon : Si quis P^, hune carcerem post me su- 
bieritj quœrens reperiel aurum sub lapidibus absconditum 
in angulo januœ dextro* Repertum donet pauperibu$j et 
bene erii, P. G. C'est-à-dire : Si quelque prêtre après moi 
vient dans cette prison, qu'il chercbe, il trouvera de l'or 
caché sous les pierres dans l'angle à droite de la porte; 
qu'il le donne aux pauvres et il fera bien. P. G. 

Je me rappelai qu'une reine de fiabylone s'ctant fait 
construire un somptueux tombeau hors de la capitate, dans 
un lieu élevé et exposé aux regards des hommes, elle y 
avait fait graver uue inscription analogue (1). Je ne pouvais 
supposer qu'une autre Nitocris voulût tromper un nouveau 
Darius, et je me décidai à fouiller à l'endroit désigné. 

Ayant écarté la paille qui couvrait le parquet^ je frappai 
sur chaque carreau , pour m'assurer si l'un ou l'autre au- 
rait rendu un son creux. En effet, un carreau , autour du- 
quel le ciment avait été détaché, étant enlevé , je trouvai 
une petite bourse de soie noire, renfermant cinquante-deux 
louis d'or. 

J'en fis plus tard l'usage prescrit. Je supposai qu'un 
prêtre détenu en cette prison, recevant subitement l'ordre 



(1) HJArod. hf. III. 



— 276 — 

du dëpart^ et craignant d'exciter Tavidité de ses gardienSi 
aura eu mieux aimé abandonner son or, que de le prendre 
en leur présence. Voilà comment je m'expliquai cet{e in- 
scriptioni adressée à un prêtre , écrite en langue latine, et 
non en toute autre langue vivante, que d'autres prisonniers 
ou les sbires de la maison auraient pu comprendre. 

Cependant la nuit approchait , et je n'avais, pour ainsi 
dire, rien pris de toute la journée, lorsqu'on vint m'appor- 
ter quelques aliments grossiers, que je dus prendre pour ne 
pas mourir de faim. Le geôlier revînt quelques instants 
après m'apporter de la paille fraîche pour me reposer, et 
m'annoncer en même temps un compagnon pour la nuit : 
Carj ajouta-t*il , nous avons beaucoup de pèkrifis cette 
semaine. 

J'aurais préféré ma solitude à la compagnie d'un in- 
connu. Sachant qu'il se trouvait plusieurs prêtres dans la 
maison, je demandai à pouvoir partager leur chambre.... 
cette faveur me fut refusée. 

On ne tarda pas à m'amener le prisonnier que l'on 
m'avait annoncé. C'était un individu d'une fort mauvaise 
mine, sale , dégoûtant , et déguenillé; il parlait très-peu 
d'un mauvais français ; je crus reconnaître qu'il était fla- 
mand. Cet homme, à la barbe et aux cheveux longs et en 
désordre, me parut être plus familier que moi dans cette 
demeure. On peut dire qu'il avait l'usage des prisons, car il 
ne fut pas plutôt entré, que s'adossant i la muraille, il prit 
une botte de paille, s'assit dessus, se mit à mâcher du tabac 
pendant un bon quart d'heure, puis s'endormit d'un pro- 
fond sommeil Pour moi, je veillais. La présence de 

mon compagnon me fit faire mille réflexions : c Quoi, me 
dis-je, me voilà confondu avec les plus grands scélérats ! 
Que sais-je si cet homme qui partage mon lit Je paille, 
n'est pas un assassin? > Cette idiée accablante me fit sentir 



— Î77 — 

toute la gravité de ma position et tout le poids de mon 
malheur. Sans consolation, ignoré de tout le monde, com- 
bien de temps dois- je encore passer entre ces quatre 
murailles? Tandis que je me livrais à ces tristes réflexions, 
mon individu poussa un cri affreux, jura en flamand, et se 
rendormit presqu'aussitôt jusqu'au lendemain. 

Le jour étant arrivé, notre homme partit; j'appris plus 
tard qu'il avait été guillotiné sur la place publique d^Arras, 
convaincu d'homicide volontaire et prémédité. 

Après avoir encore passé deux jours et deux nuits dans 
cette infecte prison, un brigadier de gendarmerie vint me 
prévenir de me tenir prêt à partir le lendemain pour Douai, 
en voiture et à mes frais. < A mes frais , » lui dis-je. < La 
république n'est-elle pas obligée à me fournir un moyen 
de transport pour me tranféreroù elle veut m'avoir? 
c C'est ce qu'elle fait les jours de correspondance, > me 
répondit le brigadier, « mais votre transport est extraor- 
dinaire, et c'est à vous à en payer les frais. » — t Mais je 
suis sans argent, et cqnséquemment hors d'état do payer 
ma voiture. » — < Il le faudra bien, » dit-il ; < à demain, 
à six heures.. •• > et le brigadier partit. 

La mère du geôlier, qui était venue avec le gendarme, 
me dit que si je ne prenais pas une voiture, on m'aurait 
lié. — « Eh bien , » répliquai-je, t qu'on me lie, Notre- 
Seigneur a bien été garotté ! i 

Je n'avais plus qu'une nuit à passer dans mon humide 
cellule.... Grand Dieu ! qu'elle me parut longue et traî- 
nante ! Enfin, l'heure du départ avait sonné ; le geôlier me 
fit entrer dans une place où sa mère m'offrit à déjeuner. 
J'acceptai. Ayant achevé mon modeste repas, je la remerciai 
en lui donnant quelques pièces de monnaie. Elle parut 
très-sensible à ma reconnaissance, d'où je conclus qu'il 
pouvait bien y avoir dans sa conduite plus d'intérêt que 

BULLETINS T. XVI, 55 



— Î78 — 

d'humanitë ; et je ne vis en cela qu'an moyen assez sûr 
d'exploiter l'infortune. 

Notre départ de Lille aurait arraché des larmes ans 
hommes les plus insensibles. A sept heures» nous nous 
mimes en marche; le temps était nébuleux; il faisait on 
brouillard épais et très-froid. Deux prêtres, trois réquisi- 
tionnaires ai moi, faisions le sujet de l'escorte. Six gen- 
darmes à cheval nous transférèrent par des chemins 
impraticables, des prisons de Lille k celles de Douai. Nous 
marchions liés deux à deux par les bras ainsi que des cri- 
minels. De monstrueux scélérats n'ont jamais été plus 
maltraités q^ie nous le fûmes. Nos gardes ne nous permirent 
point de nous reposer un seul instant, et sans l'empresse- 
ment de quelques villageois charitables (caria pitié, chassée 
des villes, s'était réfugiée dans les hameaux), qui nous don- 
nèrent à notre passage quelques rafraichissements, nous 
serions, pour ainsi dire, morts de faim et de soif dans notre 
pénible traversée. Bn6n, après une marche fatigante, (i) 
pendant laquelle les gendarmes, nous refusant tout', s'é- 
taient gorgés de bière et d'alimeots, nous arrivâmes au 
lieu de notre nouvelle destination. 



Chapiteb V. 

CkxptivUé de M. Charles h la prison département 

taie de Douai. 

Il était nuit lorsqu'on arriva à Douai. Nous fûmes 
conduits à la prison du département, où étaient détenus, à 

(l) tt. Gharl«8 avait ainsi parcouru une route de 83 kilomètre*. 



— 279 — 

cette époque, les forçats. Là, on nous déposa tous les six, 
après nous avoir débarrassés de nos liens, dans une grande 
place obscure et malpropre, où ii y avait déjà plus de 
soixante prisonniers des deux sexes, dont l'argot décelait 
la plus basse extraction. 

Les geôliers ayant fermé sur nous les portes de la pri- 
son, armées d'énormes verrous de fer, nous nous trouvâmes 
confondus avec des criminels de toutes les catégories. Une 
odeur putide, des exhalaisons semblables à celles qui sortent 
des corps en putréfaction, infectaient cette vaste place, 
dont un angle, pour surcroît de dégoût, servait de latrines. 
C'était là le vrai séjour de l'égalité! Tous nous respirions 
le même air, un air impur et contagieux ! Entassés lés uns 
sur les autres, trouvant à peine ce que la justice accorde 
aux plus grands coupables, un peu de paille [5our s'asseoir 
et pour se reposer, nous n'avions, pour nous coucher, 
pendant la nuit, qu'un plancher en bois qui parcourait 
tout un côté de la chambre : encore fallait-il y disputer le 
terrain. 

Aux heures du repas, nous partagions, sans aucune dis- 
tinction, des nourritures dégoûtantes (c'était une espèce de 
pulmcnt), (1) que la faim seule pouvait rendre suppor- 
tables. Pour moi, je me nourrissais de l'aliment de la 
prière. 

Quelques jours après notre arrivée, nous sollicitâmes 
vivement près du geûlier la permission de respirer l'air 
dans la cour, une heure ou deux dans la journée, en lui. 
représentant que notre demeure était d'autant plus intolé- 
rable, qu'il y avait des latrines prêtes à dégorger. Sourd 



I 



<1) Potage fort épais, fait de riz et de fèves. 



— 280 — 

à nos jusles réclamatioiis, il refusa avec durelé d'y sous- 
crire. 

La garde militaire venait, de deux heures en deux heures, 
nous visiter. Elle descendait armée , avec un tel fraeas 
de verrous et de sabres qu*il semblait que Ton se trou- 
vait dans un champ de bataille aux prises avec l'en- 
nemi. La garde, eutrëe dans notre cachot, nous comman- 
dait de nou& placer sur deux rangs, et les geôliers et gar- 
diens venaient apposer leur lanterne sur le front de chacun 
pour s'assurer de leur monde. C'était dans ces visites noc- 
turnes que l'on appelait l'un ou l'autre des prisonniers dont 
nous n'cntexMiions plus parler. On pouvait donc considérer 
chacune de ces visites comme la dernière ! 

Pendant tout le temps que nous restâmes dans ce quar- 
tier, le nombre des prisonniers ne cessa d'augmenter, et 
néanmoins chaque jour onen voyait périr parla fusillade et 
la guillotine. Du nombre de ces derniers fut un Tournaisien 
dont je connaissais parfaitement la famille. D'autres par- 
taient pour les galères où ils étaient condamnés à mourir 
loin de la terre qui les avait vus naître. Pour moi, inquiet 
sur ma détention, dont je ne pouvais prévoir l'issue, gémis- 
sant dans la misère , je semais dans les larmes pour mois- 
sonner dans l'exultation. 

En effet, je n'avais en perspective que l'exil, la déporta- 
tion ou la mort Ces idées m'assiégeaient sans cesse , 

adhéraient à mon cerveau, et m'accablaient jour et nuit; 
car la nuit, je ne dormais pas. Je crois que j'ai passé envi- 
ron quarante nuits dans l'insomnie. Je serais tenté de croire 
que la nature ne peut supporter de telles fatigues, si 
moi-même je n'en avais eu la triste expérience. Et com-: 
ment aurais-je pu dormir, comment aurais-je pu prendre 
quelque repos, sur un lit de bois pavé de vermine, près 
d'un compagnon, qui peut-être avait les mains teintes dr- 



— 281 — 

sang humain? et si parfois je venais b fermer Tœil, mon 
sommeil était encore plus pénible que mes longues veilles. 
Des tableaux sinistres^ des scènes douloureuses, des songes 
effroyables^ venaient m'agiter et tourmenter tout mon être. 
Dans mes rêves 9 mon imagination malade et agitée me 
faisait croire^ tantôt que j'étais déporté, tantôt que je mar- 
chais à réchafaud, tantôt que j'étais massacré dans ma 
prison même; pour tout dire, en un mot, mille speetres 
hideux et redoutables éternisaient mon insomnie et mon 
martyre dans ce lugubre séjour de la misère humaine. 
Quelle situation pour des confesseurs de J.-G. ! 

Les cachots de la prison départementale ressemblaient 
assez au sanctuaire des furies dont parle la fable, et qui 
servait d'asile aux criminels. A peine ceux-ci avaient-ils 
mis le pied sur le seuil du temple^ qu'un délire affreux 
s'emparait de leurs sens, et les faisait passer en un instant 
de la fureur au désespoir et du désespoir à la mort, il en 
était de même de la prison de Douai. A peine y étiez- vous 
entré, que le désespoir ne s'emparait de vous que pour vous 
conduire à la fusillade, ou à la guillotine. 

Dans une grande place contiguë à la nôtre, étaient en- 
viron deux cents prisonniers dont la plupart faisaient 
horreur. Tout cela vivait pèle-mèle et confondu, ainsi 
qu'un troupeau de bétail. 

Des femmes au teint hàlé, laides de misères et de crimes, 
qui n'avaient conservé de leur sexe que la dégoûtante 
apparence, proférant des propos obscènes , étaient l'objet 
des querelles des prisonniers qui s'en disputaient la 
triste jouissance.... Je passe sous silence les indécences 
révoltantes, les abominations exécrables auxquelles se 
livraient avec elles, sous nos propres yeux, ces malheureux 
dont le front ne rougissait plus! Le désordre qui régnait 
dans cette nouvelle GomorrhC; les vexations des geôliers. 



les cris et les blasphèmes dont elle retentissait en faisaient 
un antre infernal de prostitution dont le tableau ne s'effa- 
cera jamais de ma mémoire. Nous voyions les prévaricateurs 
de vos ordonnances, 6 mon Dieu, et nous séchions de dou- 
leur, parce qu'ils ne gardaient point vos paroles ! Seigneur, 
que votre volonté soit faite, me disais-je souvent en moi- 
mémo, et recevez mon esprit en paix, ' car il m'est plus 
expédient de mourir que de vivre! 

Ce que Ton devait craindre du grand nombre des pri- 
sonniers arriva : leur encombrement et leur dénûment 
engendrèrent bientôt une maladie contagieuse, qui, en peu 
de jours, en décima le nombre! Deux geôliers, cinq per- 
sonnes de notre quartier, dont une femme, et dix-sept de 
Tautrc quartiei*, en furent enlevés presque en même temps. 

J'ai dit qu'un plancher courant le long d'un côté de la 
chambre nous servait de lit; la maladie nous l'enleva. On y 
pl»çn exchksivement les malades, qu'on étendit sur un peu 
de paille. Chaque jour, h neuf heures précises, un vieux 
médecin \euait les visiter, et sortait encore plus vite. 

Jusqu'alors j'avais conservé la santé, le seul bien qui me 
replat, mais bientôt l'imminence du danger m'effraya, et je 
tombai aussi malade. Je languissais déjà depuis plusieurs 
jours. Seul, sans consolation et sans connaissance, attaqué 
vivement par une maladie qui faisait des ravages effrayants, 
c'en était fait de moi, quand un ange tutélaire accourut à 
mon secours. 

J'avais déjà passé quarante jours en prison. Je me rappe- 
lai avoir connu, lorsque je demeurais au collège d'OrchieSi 
un compatriote, alors commandant de cette place. C'était un 
homme bienveillant, obséquieux et humain, caractère qui 
distingue en général les plus braves militaires. Je savais 
qu'il demeurait à Douai, i^^norant toutefois s'il était encore 
en fonction. Je me déterminai & lui écrire, et un rayon 



— 285 - 

d'espérance (car l'homme espère toujours ce qu*il aime) 
vint, dissipant mes craintes, me relever de mon abatte- 
ment moral. 

Cette résolution prise, je dcmnndai au médecin , dont 
l'apparition quotidienne annonçait chaque fois qu'il était 
neuf heures du matin, s'il ne connaissait p:<s un certain 
M. Courouble, officier du génie? Sur sa réponse affirmative, 
je le suppliai de vouloir se charger 'd'une lettre pour lui. 
Il y consentit. Aussitôt, et sans attendre l'arrivée des geô- 
liers, qui d'ailleurs auraient pu me refuser la permission 
et les moyens de correspondre, j'écrivis avec h plume du 
médecin, sur un carré de papier qu'il déchira de son cale- 
pin, pour me l'offrir, ces lignes & l'adresse de mon libéra- 
teur. 

Prison départementale de Douai. 

Ce 17 Novembre 1797. 
Monsieur Courouble , 

Emprisonné pour je ne sais quel crime, sur le point de 
succomber à l'épidémie qui ravage la prison, je vous conjure, 
au nom de l'humanité et de notre sainte religion, de pro- 
téger les jours d'un compatriote, en travaillant à son élar- 
gissement. 

Voire concitoyen 

Cbarles, prêtre missionnaire. 

Ce billet fut remis au médecin, dont l'obligeance en celte 
'Circonstance, me fit plus de bien que toutes ses ordon- 
nances, et j'attendis. 

Vers deux heures après-midi, un geôlier vint m'appeler. 
Je le suivis en me traînant, car j'étais très-souffrant, Arrivé 
au parloir, j'y trouvai M. Courouble qui accourut se jeter 
dans mes bras, en me disant avec l'accent de l'étonncment 
et de la douleur : < Quoi ! mon cher Cbarles, c'est vous ! 



— 284 — 

Que faites-TOUS ici? » — de dépéris, je dessèche et je me 
désole beaucoup, » lui répondis-je. — c Mais qu'avez-vous 
fait? » Je ne sais. — < Allons, n me dit-il en riant, c trop 
de zèle vous a conduit à Douai. Mais ne perdons pas de 
temps ; il s'agit moins de connaître la cause de votre empri- 
sonnement que de le faire cesser. Il faut prévenir les suites 
funestes.... Je vais ordonner que l'on vous mette au secret. 
C'est le seul moyen de vous procurer une chambre sépa- 
rée, et pendant que vous recouvrerez la santé, je mettrai 
tout en œuvre pour vous faire obtenir votre liberté. Fhetere 
si neqfieo superos, Aeheronta movebo. » 

< Car > me dit-il, « ne vous v trompez pas, TAchéron, 
c'est la Commission militaire. > On sent que ma joie était 
extrême. Après un entretien d'un quart d'heure, il me 
quitta avec promesse de revenir me voir. 

Que l'on se figure ma situation, dans une ville étrangère, 
dans une prison d'où l'on n'arrachait les prisonniers que 
pour les conduire au supplice, et l'on seiera une idée de la 
joie que dut me procurer la visite d'un compatriote tel que 
H. Courouble. 

Pendant que de son côté mon généreux ami travaillait à 
mon élargissement avec un zèle et une activité aussi rares 
que louables, intéressant à mon sort ses amis et ses con- 
naissances, j'informai de mon infortune mon frère Don 
Etienne, ex-religreux de l'abbaye de Cambron, que la 
révolution venait de supprimer, et j'écrivis au Commissaire 
du Directoire exécutif près l'Administration centrale du 
département du Nord une lettre, dans laquelle je me plai- 
gnais de ma situation, lui exposant que si ma détention k 
Douai devait être d'un long terme, ce n'était pas à la prison 
criminelle qu'on devait me garder, mais dans une maison 
quelconque de correction. Cette première lettre resta sans 
effet, ainsi que trois autres que je lui écrivis successive- 
ment. 



— 285 — 

Moosieui* Courouble était plus heureux dans ses dé- 
marches. Il yiot un matin — c^était le 15 novembre 4797, — 
n'informer que Ton allait me changer de demeure et me 
transférer à la maison des Ecossais, ajoutant qu'à la vérité, 
c'était quitter une prison pour une autre, mais que cçpen- 
daol je serais beaucoup mieux dans celte dernière. 11 me 
remit aiissi une lettre de mon frère et une autre de ma 
sœur, que mon arrestation avait plongés dons la plus pro- 
fonde douleur. lis m'indiquaient, comme disposée à me 
rendre toute espèce de services^ une demoiselle Decour- 
trai, i Douai , qui en effet, me procura de très^graods 
secours. Enfin, ils m'exhortaient à supporter avee patience 
et résignation ma détention. 

Il s'était fait à celte époque un grand nombre d'arresta- 
tions dans les environs de Tournaii et dans toute l'étendue 
de ce diocèse. Partout les émigrés et les prêtres étaient 
traqués ; partout ils étaient obligés de demander «m asile k 
la piété et & la bienfaisance. 



Chapitre VI. 



Captivité de M. Charles à la prison des Écossais, 

à Douai. 

Un matin vecs sept heures, ^^ c'était le ai noveBvbne, -*- 
«on ctstimaUe eompalrîote vint me pnendre on voiture 
pour me eo^duire à la maison des Éeossaîs , qu'on ap^pelait 
aussi l'hôtel des Marmousets, non f>ar dérision pour les 
prêtres nombreux qui y étaient enfermés, ainsi que je me 
l'étais 4'abord imaginé, mais parce que le premier individu 
qui y fut incarcéré, s'appelait Hfarioxouset. 

Bulletins t. xvi. 36 



— 286 — 

Le diangement qui s'opéra dans ma condition ne fut pas- 
peu sensible: j'étais mieux logé, ma nourriture était plus 
saine, plus variée, et je pus, la bourse en mains, me procurer 
quelques aliments légers el du vin qui m*était prescrit. 
Une personne respectable de Douai, qui s'intéressa vivement 
à mon sort, me faisait passer des consolations et se char- 
geait des lettres que j'écrivais à mon frère : c'était made- 
moiselle Decourtrai. 

La maison des Écossais était remplie de prêtres et d'in- 
trus. Je la comparais à l'arche de Noé, à la tour de Baby- 
lone ; il s'y trouvait des évèques (2), des abbés, des doyens, 
des eurés, des vicaires, des chanoines, des moines , des 
capucins, des récollets, des dominicains, des carmélites, 
des éhartreux, des brigittaias, etc., etc. 

Le lendemain, un ami vint partager mon sort, je ne sais 
si sa présence me causa plus de joie que de tristesse, car 
notre position nous inspirait une pitié mutuelle et digne 
d'un juste retour. Dix jours après, il fut condamné par un 
arrêt du Directoire à la déportation à l'ile de Cayennc (3) 
dans l'Amérique méridionale. O tnultà gravior expeetaia 
quam illata mors! 

Au commencement de l'année 1798, arriva un grand 



(1) On a conienré treise lettres écritet par M. Charles à son frère. 
Vowt publierons plus loin celles qui offrent quelque intérêt. 

Ç() M. Charles nous a laissé la liste des personnes incarcérées i la 
prison 4e9 Écovsais 4epnis le 16 septembre 1797 jusqu^au l" janyier 
^800. Aucun é?êqi^e n^j est ipentionné. Y. lettre m. 

(3) Cayenne est une lie de la Guyane française 4ans l'Amérique 
méridionale. Elle est formée en partie par la riyière du même nom et 
mesure 20 lieues de tour. La ville de Cayenne , capitale ^e )a Guy^pe 
fjrançaise; se trouTe dans cette lie. 



— 2«7 — 

nombre de prêtres , parmi lesquels MM. Lamotle (i) dtr 
▼illage de Marquain , près Tournai , Barbieux (2) et 
Morel (3) de cette dernière ville. Plusieurs d'entr'eux ob-^ 
tinrent leur liberté sous caution. Le jour de Pâques on 
amena aux Écossais un certain prêtre nomme Seillier (4), 
petit clerc de S^Quentin à Tournai. Il fut fusillé à Bru- 
xelles, le 20 juin suivant. Plusieurs autres prêtres périrent 
à cette époque de la fusillade ou de la guillotine, entr'au- 
très :MM.Hoël, vicaire de Nomain, et Lempereur, prieur de 
Maroilles, qui furent fusillés; car les révolutions, ainsi que 
les maïadie^ endémiques ont leur moment de recrudes- 
cence ! 

Cependant les mois s'écoulaient avec lenteur , et rien 
n'annonçait une prochaine délivrance. Mon généreux pro- 
tecteur^ qui me mettait au courant de toutes les démarches 
qu'il faisait pour moi, n'avait rien obtenu. 

J'écrivis de nouveau au commissaire du Directoire exécu- 
tif, le priant de me délivrer d'une captivité que certaine- 
ment je n'avais pas méritée ; que les dénonciations de mes 
ennemis étaient non fondées ; qu*il s'en serait convaincu à 
la lecture des pièces ^de prétendue conviction , et que, de 
mon cdté, j'invoquais comme pièce justificative et à l'appui 



(1) H. Siinon-Au£^e Lamotte, de Marquain, fut nommé curé d'Ei- 
plechin, Ion de Térection du nouTeau diocèse de Tournai, le 16 octo- 
bre 1803. Il mourut le 9 avril 1818. 

(2) M. Louis Barbieux, de Tournai, fut nommé curé de Lamain, par 
Mgr Hirn^ le 16 octobre 1803. Il mourut le 6 mai 1824. 

(3) M. Albert-Louis Morel, de Tournai, fut nommé curé de Saint- 
Quentin, à Tournai en 1803 et mourut le 26 décembre 1828. 

(4) Voir sur tf, Seillier, la lr« lettre de M. Charles a son frère. 



— M8 — 

do mon innocence, le procès-verbal du jogc-de^paix , etc. 
En6a je prétendais que mon origine snisse me mettait 
à Fabri des persécutions en Franee. Peu après, j'appris que 
les pièces de mon procès étaient déposées chez le commis- 
aaire près le tribunal criminel, De Labuysse. J'en fus saisi, 
et lui écrivis aussitôt; il me fit Répondre qu'il yerrait mon 
affaire sous peu. 

Cette réponse me plongea dans la plus vive inquiétude, car 
je craignais d'être renvoyé devant la Commission militaire. 

Les pièces lues, M. De Labuysse les renvoya au commis- 
saire près le département, Groslevin; celui-ci remit 
raffaire k la Commission militaire. Je me crus alors perdu 
sans retour. Quellefatalité, m'écriai-je, et qu%i-je fait pour 
comparaître à la barre de ce tribunal formidable où la 
seule vue des objets que l'on y rencontre a de quoi effrayer 
les plus innocents ! et comment un prêtre aurait-il pu corn- 
paraître sans émotion, devant ces hauts panaches rouges 
qui ombrageaient la tête de ces juges de sang ? Leur visage, 
sillonné des rides du remords, était couvert d'épaisses 
moustaches ; sur leur poitrine on voyait une hache étince- 
lante suspendue par un ruban triqplore ; un large sabre, 
à poignée resplendissante , était attaché à un baudrier 
noir; en un mot ils paraissaient plutôt armés pour immo- 
ler leurs victimes, que disposés k les entendre, et la salle 
où ils siégeaient était entourée de patriotes forcenés. 

Dans cette cruelle position , et craignant de jour en jour 
d'être appelé devant Tinique aréopage, je songeai k prendre 
un avocat pour y défeudre....... mon innocence. Je com- 
muniquai mes craintes à H. Courouble. II me conseilla 
d'écrire au citoyen Despret, homme de loi k Douai , qui 
joignait à un beau talent oratoire , et k la connaissance 
approfondie du droit criminel, une grande réputation de 
probité, si rare aujourd'hui chez les.avocats \ 



Je lui ëerifis (i) dans Tespoir qu'il voudrait bien seehar- 
ger de défendre ma cause, et Tinvitai à fcnir me voir avee 
M. Courouble pour eonfërer ensemble sur les moyens à 
faire valoir. Car je me trouvais vis-à-vis de la Commission 
martiale dans une position tout-i-fait exceptionnelle, et je 
pensais pouvoir décliner sa compétence, attendu que j'étais 
originaire de la Suisse, Selon moi, les droits de ma nais- 
sance s'opposaient à cç que je fusse jugé par un tribunal 
français. ' 

Soit que cet estimable citoyen ait craint de se compro- 
mettre aux yeux des farouches républicains , soit qu'il ait 
jugé inutile de défendre un prêtre devant une commission 
militaire^ il fut sourd à ma prière, et n'approcha point des 
Écossais. 

M. Despret s'étant refusé à me défendre, je m'adressai, 
dans les mêmes termes à M. Berkem ; il rechigna aussi, et 
ae voulut point venir me voir en prison. Ainsi je ne pus 
trouver d'bomme de loi qui voulût ou osât prendre ma 
défensci parce que j'étais prêtre ! Ces refus ne firent qu'aug- 
menter à mes yeux tout le prix du dévouement que me 
poftait M. Courouble. Dans cette variété de situations acca- 
blantes, et si propres à désoler la patience, je n'avais plus 
d'autre espoir qu'en lui, après Dieu. La seule planche de 
salut pour moi était de retirer mes papiers des mains du 
secrétaire de ce tribunal dont le vice-président rapporteur 
était un nommé Ghetman. Par sa charge, celui-ci pouvait 

beaucoup influer pour la mort ou pour la mise en liberté 

Que faire? et comment abor.der un tel homme ? je recourus 
encore à l'tfbligeance de mon généreux ami , le priant de 



(1) H. Charles écrivit a son frère qu*il avait intention de choisir 
M. Despret comme avocat. Y. lettre l'*. 



— MO — 

vouloir se rendre près de lui, et de lui remettre une lettre de 
ma main. Il mit & me rendre ce service tant de grAce et de 
complaisance, que je ne pus m'empèeher de lui [dire en me 
serrant à son cou : c Mon ami, votre conduite est celle d'un 
frère.» — «Il est si doux,» me dit-il, c d'obliger un com- 
triote !» Et il partit incoatinent chez Ghetman , dont il se 
faisait fort d'obtenir ma liberté. 

Quelques jours se passèrent dans une attente cruelle; on 

ne parlait que de déportations, que de fusillades On 

citait les noms des nouvelles victimes.... Mes compagnons 
d'infortune s'aperçurent bien qu'un protecteur zélé et 
puissant travaillait h mon élargissement, et je crus remar- 
quer qu'ils me témoignaient un peu de refroidissement. 

Un soir, il vint m'annoncer que sur les conclusions de 
M. Ghetman^ mes pièces avaient été rejetées et que je 
n'avais plus rien à craindre. 

Ce qui avait donné lieu h me traduire devant ce tri- 
bunal, c'était la dénonciation du commissaire do canton 
de Lannoi, au vu de laquelle le vice-président de la Com- 
mission militaire s'était écrié : c II a du malheur, ce mon- 
» sieur Charles, son commissaire s'est déchainé contre lui !» 

Je n'avais donc pas eu tort de qualifier ce malheureux de 
tigre et de lion, car on voit qu'il avait soif démon sang. Veut- 
on savoir ce qui avait donné lieu à tant de violence ? C'est 
le soupçon que le canton avait que j'étais émigré. Comme 
j'avais habité Lille jusqu'en i79i , mes voisins intrus, qui 
me reconnaissaient, faisaient tous leurs efforts pour me 
convaincre ou pour me faire avouer ce crime républicain; le 
pi*ésident du canton fit un jour ce reproche à l'adjoint de 
notre commune : « Vous souffrez un émigré chez vous ! » Jus- 
tement^ je me trouvais au bureau. — 11 lui répondit : « Un 
émigré ! Venez ; faites le saisir, il est & Theure même an 
bureau qui vous attend, et qui plus est; c'est lui qui vous 



— 291 — 

fait quërir. n On prétendait que j'étais inscrit sur une liste, 
et jeteur disais qu*on visitât toutes les listes tant générales 
que supplétives et qu'on ne m'y trouverait pas. Je faisais le 
ferme; cependant l'émigration datait du 14 juillet 1789, et 
j'étais désigné comme tel. Si la chose eût été prouvée, il 
est certain que j'aurais porté ma tôte sur Féchafaud, car 
dans ces temps-là la raison n'avait plus d'empire, et l'on 
inventait les crimes pour avoir au moins un prétexte de 
faire mourir les innocents. 

Tempera ! 6 homines ! 

Peu après, j'appris que toute la procédure, qui me con- 
cernait, était renvoyée au premier commissaire clu départe- 
ment ; celui-ci les transmit à Paris, au Ministre de la police 
générale près le Directoire. 

Après un mûr examen des pièces, le tribunal suprême 
émit un avis favorable, et rendit la farde au Ministre, au 
bureau duquel elle demeura et doit encore se trouver, si 
elle n'a point été consumée aux derniers jours de prairial , 
lors de la destitution des Directeurs Merlin, Larevellière 
et Treilhard, car plusieurs de ces sortes d'actes furent alors 
brûlés comme actes méchants et arbitraires : je le souhaite, 
bien que je n'aie plus rien k craindre. 

J'ai parlé du commissaire du gouvernement Groslevin ; 
c'était un homme rude, inabordable. Un jour que mon géné- 
reux ami Gourouble se plaignait auprès de lui , avec cette 
franchise d'un^vieux soldat, Groslevin lui répondit froide- 
ment : « La justice est lente, et ses procédures compli- 
quées; il faut en suivre le cours, monsieur l'oflîcicr. » 

Groslevin destitué eut pour successeur le commissaire 
De Labuysse ; pendant tout le temps qu'il exerça ses fonc- 
tions, les pièces de mon procès ne furent point exhumées de 
leurs cartons^ et je restai oublié. 

Au commissaire De Labuysse succéda un sieur Fran- 



çois (1)» aatiprètre, animé contre les confesBeurs de Jésus- 
Christ de l'esprit le plus hostile. Voici une petite anecdote 
qui le prouve assez : Un jour qu^il était venu à la prison 
des ficossais, j'eus occasion de le voir , et eomme je récla- 
mais ma liberté : t Vous êtes prétrci > me dit-il, « eela suffit 
pour être détenu (2). > — c Si la qualité de prêtre est uo 
crime » , répliquai-je , c je serai criminel toute ma ne « car 
la mort même ne me ferait pas apostasier. > Cette réponse 
choqua le renégat, qui se retira morfondu et en ^ eolére , 
et je ne le revis plus. Certes elle n'était point de nature 
à me concilier ses bonnes grâces. 

Le farouche jacobin François eut poar successeur l'hono- 
rable M. Dupircy que j'appdlerais volontiers H. Dumieox, 
car on n'a eu qu'à se louer de sa gestion, et c'est lui qni 
brisa les fers de ma captivité. 

Ce fut an grand bonheur pour moi que le succès des 
démarches de H. Gabriel Courouble était assaré, car il 
partit quelques jours après pour le midi de la Fninoe, où 
il était appelé à un commandement supérieur^ Cet officier 
distingué, aux bons offices duquel je me plais A reoennattee 
que j'ai évité la fusillade, et à qui je dois la liberté et la 
vie, mourut lieutenant-colonel du génie àMadagasear, vers 
le milieu de mars 1803. Il emporta daœ ht tombe les 
regrets de tous ceux qui vécurent dans son intunîté. 

Peu de temps après le départ de M. Courouble, le citoyen 
Ortal , (3) député au conseil des Cinq-Cents, prêtre du 
de Tournai, qui avait jeté le froc aux orties, dans 



(!)■ H. Charles parle aussi du commissaire François dans une IfiUre 
à son frère. V. lettre 1'*. 

(2) Voir la lettre 1 1 . 

(3) Le sieur Ortal était né a Mortagne, près de Saint- Amand-les-Eaux; 
U mourut misérablement dans les premières années de ce siècle. 



— 293 — 

un beau moment d*enthousiasme pour la république fran- 
çaise, étant venu, dans la prison des Écossais, à Teffct de 
travailler à la sortie de quelques intrus, je le rencontrai 
par hasard. M'ayant reconnu, car nous avions professé 
tous deux au collège d'Orchies,il me dit : «Qu'est-ce que tu 
faisjici »? Je lui répondis : u Je m'ennuie beaucoup. » — Et 
depuis combien de temps es-tu ici? — Depuis 17 mois. » 
Bien que je ne m'attendisse & aucun bon service de sa 
part, je lui rappelai le temps que nous avions passé en- 
semble, les liens d'une ancienne amitié^ et le priai de vou- 
loir m'étre utile, en qualité d'ancien collègue, près du 
Ministre de la police générale à Paris. Il promit de s'inté- 
resser k moi et de revenir me voir, mais dès ce moment je 
ne le revis plus. Aura-t-il tenu sa parole? Je l'ignore. 
homme, pourquoi un ami^ un collègue, ne trouve-t-il 
point d'accès auprès de toi, tandis qu'un serviteur a le 
droit de faire valoir son mérite auprès de Dieu, et d'obte- 
nir le bienfait de sa demande ? 

La seconde année de ma détention, on avait rais aux 
Ecossais les pestiférés des autres prisons, ce qui acheva de 
corrompre l'air de l'hôtel des Marmousets. Bientôt la mala- 
die se gagna et fit des ravages effrayants : elle enleva en 
peu de jours une soixantaine de mes compagnons d'infor- 
tune, (i) entr'autres vingt-trois prêtres qui souffrirent le 
martyre sinon de sang, au moins de peste. (2) 



(1) Voir la lettre Y. 

(2) Voici les noms de ces victimes : 
Bournisien, chanoine flamand. 
Boudet» religieux Guillemin de Cassel. 

Bouchart, curé de Wasemmes-les-Lille, diocèse de Tournai. 
Charles Destrées, de Steenweg, diocèse dTpres. 
DumonclieattX) curé d'Etres, diocèse d'Arras. 
BULLETINS T. XVI. ^7 



— i94 — 

Je me rassurai de jour en jour sur mon sort. La 
craîntc de -la mort ou de la déportation en masse ou iodi- 
Tîàuene, qui m'avait tant inqoiélé pendant les quatre 
•premiers mois de mon incarcëration, ne vint plus m'effrayer, 
ear j'avais été inserit le premier pour eomparaitre à la 
barre de ce tribunal de sang (i) que Ton déguisait sous le 
nom de Commission militaire. 

Ha santé s'était aussi un peu améliorée, mais les peines 

'eontinuea avaient blessé et affaibli jusqu'à un eertain point 

l'esprit, (â) Les nuits que je passai jusqu'à ma sortie ne 

^furent plus, ainsi que les six premiers mois de ma déten- 



nom Delacroix, religienx Ciftercien. 

Berner, curé dToquet, diocèse dTpres. 

Ihichatelet, chanoine de Saint-Gëri à Cambrai.* 

Dutart, chapelain de Saint-Pierre, à LiUe. 

Gttytemant, curé de Tnbife, doyen de chrétienté, du diocèse d e 



• 



Gérard, intrus dX)nsclioot, diocèse dTpres* 
Gérard, ex-jésuite de Bergnes. 
Fonquet, reUgieux de Saint-Vaast. 
Merlin, curé flamand du diocèse d^Tpres. 
Le onré de Mortagne^ diocèse de Cambrai. 
Poehet, curé de Saint- Amé, à Douai, diocèse d^Arras. 
Pierre Béeune, récoUet. 
Homet, choriste de Saint-Sauveur, à LiUe. 
Vanhoorde, curé flamand, diocèse dTpres. 
* Pletinckx, religieux. 
Neerink, curé de Viane, diocèse de Gand, et deux autres prêtres 

flamands dont j*ai oublié les noms. 
Je donnerai ci-après la liste de leus les prêtres détenus à Douai 
depuis le 16 septembre 1797 jusqu*an !•' janvier 1800. 

(1) Voir la lettre Y ; mais dans la lettre VI M. Charles écrit qu'il 
va être déporté i Rhé. 

(2) Voir la leUre IX. 



— 295 — 

lion, de longues veilles, durant lesquelles j*avais repasse 
dans ma mémoire, et médité les belles pages de Thomas 
à Kempis , de ce livre divin qui a fait toute ma consolation 
et soutenu mou courage, livre admirable que j'ai lu et 
relu cent fois sans me fatiguer et que je porte sans cesse 
sur moi comme une relique. (1) 

Nous étions aussi moins tracassés qu'au commencement 
de notre détention, car sous le premier concierge de la 
prison des Écossais, souvent le directeur, nommé Mar- 
quette, en fureur et hors de lui-même, attaquait les 
prêtres, que dans ses emportements il traitait de gueux, 
de coquins^ de scélérats. 11 défendait au concierge de nous 
écouler et de nous croire, dans les choses de religion. Ce 
que celui-ci et toute sa famille promettaient facilement, et 
exécutaient mieux encore, en se vautrant dans la fange des 
crimes. Si quelqu'un de nous était surpris en célébrant, (2) 
il se répandait en blasphèmes horribles, et l'auteur du 
crime — car c'en était un sous la République que de célé- 
brer les Saints*Mystërcs — était transféré, pour sa peine, 
à la prison de justice! Nous étions mis au secret de temps 
en temps selon le bon caprice du citoyen geôlier. 

Tant de menaces et de mauvais traitements exercés sur 
des victimes innocentes et débiles, sur des hommes dénués 
de forces temporelles^ naturellement doux et confiants dans 
l'Esprit consolateur, étaient de nature à abattre les caractè- 
res les plus forts et les plus fermes^ car dans un tel état de 
choses, et à la vue de tant d'obstacles et de périls, ils se 
croyaient sur le point d'être délaissés de tout le monde. 



(1) J*ai acheté cette relique à la vente de la bibliothèque de 
M. Charles ; Tédition est de 1632. -> Not9 de M, Chotin, 

(à) Voiries lettres 111 et IV. 



/ 



— 296 — 

Il n'en fut pas ainsi cependant. A la vérité ils furent quel- 
que temps environnés de ténèbres et ne considérèrent point 
que ces tristes et amères pensées dont ils étaient obsédés ne 
diminuaient en rien la foi et l'espérance. Hais bientdt les 
Anges tutélaires qu'ils invoquaient dans l'effusion de leur 
cœur, les enseignèrent. Après quelques reproches de l'Esprit 
consolateur, ils eurent honte de leur faiblesse, ils s'en 
repentirent devant Dieu, et Dieu aidant, ils devinrent de 
nouveaux hommes ; la foi, l'espérance et la confiance en la 
volonté du Maître divin, reprirent sur leur âme un plus 
fort empire, et ils prirent la ferme résolution de tout souffrir 
pour un Dieu qui, en mourant, avait consommé le grand 
œuvre de notre rédemption. 

Nous avions la conscience de notre innocence; nous 
savions qu'il y avait de l'injustice à faire souffrir des hommes 
qui n'avaient été ni oppresseurs, ni assassins, et qui ne 
croyaient pas que l'on put violer impunément la foi con- 
jugale. Nous parlions justice, et nous n'étions pas écoutés; 
nous prononcions des paroles de paix, et nous étions com- 
battus, attaqués! 

Nous avons donc souffert cette persécution injustement, 
nous à qui Ton ne pouvait reprocher aucun crime ; nous 
étions considérés comme coupables par la France républi- 
caine, alors que notre position nous faisait le plus grand 
honneur devant Dieu. Et ce n'est qu*à lui seul, que nous 
remettions la défense de ses ministres, quand les gendarmes 
eux-mêmes disaient, en les traînant dans les fers , qu'ils 
pouvaient les tuer impunément, certains de recevoir, plu- 
tôt une récompense qu'un châtiment. 

Nous désirions sans doute la liberté ; c'est un désir bien 
nature], mais nous la désirions sans trouble d'esprit, nous 
Taltendions sans impatience; prêts à la recevoir selon la 
volonté de Dieu, sans faiblesse et sans remords; mais aussi 



— 297 — 

nous endurions tous, avec un calme parfait, avec une paix 
et une ré&igqatîon vraiment célestes^ les misères de. la 
dëtenlion, la privation des secours que lliumauité ne refuse 
pas d'ordinaire aux criminels eux-mêmes, les longs tour- 
ments d'une maladie épidëmique causée par un air meur- 
trier, et par la mauvaise qualité du peu d'aliments qui 
soutenaient notre débile existence. Ce fut avec l'aide de 
Dieu seul que nous sûmes résister à tant de maux. Chargés 
de fers ainsi que des scélérats, nous dont la France répu- 
blicaine n'était pas digne, nous étions dévorés de la faim la 
plus vive pour la célébration des Saints-Mystères. Nous 
offrions en secret à l'Eternel, le Saint^Sacrificc , nous 
cachions avec soin la divine Eucharistie, nous nous repais- 
sions de ce mets céleste^ afin que notre sacrifice fût plus 
agréable à Dieu. Des vierges chastes, des fidèles serviteurs, 
des ministres sacrés participaient tous ensemble dans les 
cachots au pain de bénédiction, (i) Aussi quelle joie dans 
ces lieux sombres et affreux ! de quelles actions de grâces 
ne retentissaient pas ces demeures lugubres où les yeux ne 
rencontraient partout que des êtres souffrants et de tristes 
Images de la mort ! Quel bonheur ne goûte-it-on pas dans 
les prisons lorsqu'on y est retenu pour la cause de Dieu ! 
Prier, méditer, louer le Tout^Puissant et le bénir, pardon- 
ner à ses persécuteurs, faire le sacrifice de sa vie pour ne 
soupirer qu'après le Ciel , voilà ce qui nous élevait au- 
dessus de l'humanité. 



(1) Dans une lettre à son frère M. Charles le remercie de lui avoir 
envoyé deux cents hosties^ et il le prie de lui en faire parvenir encore 
autant. Y. lettre III. Une autre fois M, Charles demanda à son frère 
quatre cents hosties. Y. lettre lY. 



— 298 — 

Combien de fois disions-nous h Jésus-Christ, présent au 
milieu de nous dans le Sacrement adorable : Ah 1 nous ne 
eraignons pas les maux , Seigneur, puisque vous êtes avec 
nous. Que des armées entières nous environnent, nous ne 
serons pas troublés. Heureuses chaînes que vous daignez 
soutenir! Saintes prisons que vous consacrez par votre pré- 
sence ! Ténèbres délicieuses où vous remplissez nos âmes 
de tant de lumières ! Pour ceux de nous qui seront appelés 
à la mort, ce sera une mort précieuse qui les unira k vous, 
en déchirant les voiles qui vous dérobent a leurs yeux ! 



Chapitre VII. 

M. Charles est /-efwîw à la liberté; il revient à 

Tournai. 

Mon innocence et la malice de mes ennemis furent enfin 
reconnues, et le 9 septembre 1799 vit tomber mes chaînes. 
Après une incarcération de deux ans, je fus rendu & la 
liberté sous caution. Une dame très-estimable, M*ii* De- 
courtrai , résidant à Douai, répondit pour moi. 

Cette liberté, n'allez pas croire que je Taie obtenue gra- 
tuitement. Je l'achetai d'un ex-capucin à force d'argent. 
Il aura nourri, avec le prix d'achat, sa concubine et quelques 
enfants, et pour parvenir à ce résultat , je dus employer 
les hommes et les femmes. 

Le 23 fructidor, an VU de la république française, je fus 
au bureau de la police générale pour y prendre mon cer- 
tilicat de liberté. A l'instant où le commissaire du Direc- 
toire executif le signait, arrive le commissaire du canton 



— 299 — 

de Lannoi qui , entendant prononcer le nom de Charles, : 
s'écrie! < J'ai fait enlever un prêtre de ce nom, il y a deux 
ans; il doit être déporté. » Monsieur Dupire lui répond : 
« Il y a en effet un Charles déporté, mais celui-ci est libre, 
et il me remit en souriant mon exeat. (i) Le ministre 
déporté à l'iie d'OIéron, était un Charles d'Ëtraire, intrus 
de Steenweg, du diocèse d'Yprcs. 

M. Bonnaire en fut pour son exclamation. Quant h moi, 
je feignis ne pas le connaître, car je ne voulais plus avoir 
rien de commun avec le chef du canton de Lannoi, où 
j'avais souffert mille tourments. Ce canton, situé sur l'ex- 
trême frontière française, avait été, pendant trois ans, le 
théâtre de la guerre. Ses habitants, habitués à voir couler le 
sang, étaient devenus durs et féroces ; ils racontaient, sans 
s'émouvoir, les épisodes les plus terribles de la guerre, et 
semblaient se réjouir des malheurs du prochain, auxquels 
les animaux eux-mêmes ne sont pas toujours insensibles, 



(1) Voici la copie de cette pièce : 

Police générale. 

Douai, le Tingt-trois fructidor an sept de la République française, * 
une et indÎTÎsible. 

Le commissaire du Directoire exécutif, prés T Administration centrale 
du Département du Nord : 

Mande et ordonne au concierge do la maison d^arrét dite des 
Écossais, de mettre de suite en liberté le nommé Charles^ ex-ministre 
du culte catholique, qui s'y trouye détenu, lequel est autorisé à se 
rendre dans la commune de Tournai , lieu de sa naissance, pour y 
demeurer sous la surreillance de TAdministration municipale de cette 
commune et le cautionnement de la citoyenne Courtrai, résidente 
à Douai, qui s^est offerte de le représenter toutes les fois qu*eUe en 
serait requise. 

Fuit à Douai, le 23 fructidor an sept de la République française'. 

DUPIRE. 



— 500 — 

léffloin l'jiigle du roi Pyrrhus, dont parle Elien. D'après 
cela, il sera facile de juger de ce qu'était leur religion^ et 
avec quels égards ils receyaieot et accueillaient ses mi- 
nistres. 

Oo voit, d'après mon certificat de mise en liberté, que le 
commissaire s^étail réservé, pour sa garantie, une surveil- 
lance pour la forme ; car elle n'a jamais été notifiée ni à 
Morts ni k Tournai; — il avait aussi conservé mes effets 
ecclésiastiques et mes pièces justificatives. M^'^ Decourtrai, 
qui était ma caution, s'étant présentée six mois après pour 
obtenir la levée de surveillance et de caution, le tout fut 
levé et l'affaire terminée, à charge de me présenter au 
dépp^'.cment de Jemmapes, où les pièces avaient été ren- 
voyées, et où elles me furent rendues gratis enfin, quoique 
je m'attendisse bien à délier encore ma bourse, y étant 
habitué. C'est ainsi qu'avec le temps - et la patience on 
rentre dans des droits que l'on n'aurait jamais dû perdre. 
Je sortis de prison avec une santé ruinée par les priva- 
tions et les maladies ;une âcreté dans le sang me laissa aux 
reins et aux jambes des écailles dont la circonférence était 
d'un centime, et qui tombèrent quelque temps après mon 
arrivée à Tournai. 

Enfin je sortis avec les cheveux blancs, ayantbianchiplus 
par les travaux, les peines et les afflictions que par l'âge, 
puisque je n'avais que quarante^deux ans en quittant la 
prison des Écossais, (i) Je ne reçus aucune récompense tem- 
porelle de ma mission. La pauvreté est l'héritage qui me 
parait destiné ici-bas. ••• je l'accepte. 



(1) Par suite de sa détention prolongée, H. Charles perdit aussi la 
Toix. Cette affection dont il ne guérit point, rempéchi d*exercer, sur- 
tout à Bruyelles, le ministère de la prédication. 



— 3(M — 

Avant mon départ de Douai^ je fis ma visite au com- 
missaire DupirCy pour le remercier de la bienveillance qu'il 
avait exercée à mon égard. Il me dit : c A la vérité, vous 
n'avez pas mérité une détention de deux années, mais les 
temps sont difficiles : un fonctionnaire qui veut faire le 
bien, se trouve souvent les mains liées et dans Timpossi- 
bilité d'agir. Je me réjouis de ce que vous avez recouvré la 
liberté que je regrette de n'avoir pu vous rendre plus tàt. 
Retournez en Belgique, et, je vous en prie, ne revenez plus 
comme missionnaire dans ce département, parce que vous 
pourriez me compromettre et vous exposer : moi, parce 
que je réponde de votre conduite ; vous^ parce que vous 
êtes déjà noté. » Et nous nous donnâmes mutuellement le 
salut d adieu. 

Quelques jours après, je revins à Tournai, embrasser un 
frère et une sœur que j'avais désespéré de revoir. 



Chapitbe VIII. 

Jf. Charles exerce à Tournai diverses fonctions 
ecclésiastiques. H écrit la relation de ses mis- 
sions et de sa captivité, son Digitus Deî. Il est 
nommé curé à Ai/ibechies , puis à Bruy elles. 8a 
mort. 

Rentré à Tournai, M. Charles exerça encore le ministère 
sacré à la paroisse de Saint-Jacques. Il dut d'abord rem- 
plir en secret la charge de vicaire-administrateur auprès 
de ceux qui n'avaient point adhéré au schisme, et reçut 
& cette fin les mêmes pouvoirs que les vicaires apostoliques. 

Bulletins t. xvx. 58 



Il fut aussi pendant neuf mois directeur des religieuses 
Ursultnes que le décret de la République française abolis* 
sant les couvents, n'avait pas alteintes, parce qu'elles 
donnaient l'iastrucUon gratuite aux jeunes filles de la 
viOe. 

Cependant Bonaparte, à son retour d'Egypte, avait fait 
casser le Directoire, et nommer trois consuls provisoires» 
lui en tête. La fameuse victoire de Harenga(i4 juillet 1800) 
lui permit de s'ériger en arbitre des destinées de la France* 
Aussitôt il voulut, pour fortifier sa puissance, faire avec le 
Saint-Siège un traité ou concordat. Le cardinal Consalvi 
le signa le i S juillet iSOi et le pape Pie VII le ratifia par 
sa bulle Ecclesia Chrisfij en même temps que par son 
bref Tarn multa^ il demandait leur démission à tous les 
évoques titulaires des anciens sièges tant de France que 
des pays annexés. Quelques-uns d'entr'eux ayant refusé 
cette démission ou demandé des délais, le Pape par sa 
bulle Qui Christi Domini anéantit tous les anciens sièges 
épiscopaux et créa les nouveaux sièges stipulés dans le 
concordat. 

De ce nombre était celui de Tournai. Mais comme on 
suivit pour la circonscription des diocèses, celledes dépar- 
tements, ce nouveau diocèse eut les mêmes limites que le 
départemcût de Jemmapes. 

Le concordat ayant attribué au premier consul k nomi- 
nation aux évéchés, Bonaparte choisit pwt remplir le 
siège de Tournai, le chanoine Hirn, de Strasbourg, qui fut 
sacré à Paris le 18 juillet 1802. 

M. Charles conserva sa charge de vicaire-administrateur 
jusqu'au 24 juillet 1802, c*est^-dire jusqu'après le sacre du 
nouvel évéque. Il fut alors nommé par H. Van Easendonek, 
et pour la troisième fois, vicaire de Saint-Jacques. On peut 
juger par là combien il avait mérité la confiance de. ses 



- lOB — 

supérieurs, H surtout l'estime des habitants de lâ paroisse 
de Saint* Jacques. Il est bien rare en elFet de voir un prêtre 
appelé trois fois à exercer dans le même poste les foqetioos 
sacerdotales. 

Au sortir de la Terreur, le soin des âmes réclamait tous 
les instants des ministres du Seigneur. Néanmoins 
M. Charles trouva le temps d'écrire la relation de se& 
missions à Anstaîng et à Annappes, et sa captivité tant à 
Lille qu'à Douai. Il communiqua son manuscrit à MM. 
Gosse, Haze et Van Hasendonck. 

Esprit observateur et judicieux, il admirait la puissance 
que le peuple français avait acquise par les victoires mul- 
tipliées de Napoléon Bonaparte. II ne trouva dans ^histoire 
d'autre fait analogue que la grandeur de l'ancienne Rome. 
Pour lui les traits de ressemblance entre les deux empires 
étaient frappants ; les causes de leurs progrès étaient les 
mêmes aussi bien que leur mi^ion. Mais déjà il fait entre- 
voir la ruine de la puissance des Français, si, comme les 
Romains d'autrefois, ils s'écartent de la voie que leur a 
tracée la Divine Providence, s'ils s*opposent aux desseins 
de Dieu et persécutent rÉglise , qui est l'unique objet des 
soins et de l'amour de Jésus-Christ, son fondateur. Quant 
aux rapports de l'Église catholique avec Napoléon, il les 
explique par ceux que Judas Machabée entretint avec les 
Romains, peuple idolâtre. Telles sont les idées que 
H. Charles développe dans son travail appelé Dîgitus Dei 
(le doigt de Dieu) en s'appuyant sur Tautorilé des Écri- 
tures et la doctrine de saint Augustin dans son traité de la 
€ilé de Dieu. Il y joint aussi des réflexions sur sa situation 
personnelle et sur la règle de conduite qu^il a dû tenir 
pendant les mauvais jours de la révolution. Dans cet écrit, 
que. nous publions plus loin, il nous donne une nouvelle 
preuve de sa science^ de la justesse de ses vues, et surtout 



— 504 — 

de rënergîe de son caractère. Il ne craignait pas de prédire 
la chute du colosse, lorsque tant d'autres osaient à peine 
le regarder, s'ils ne se faisaient ses lâches adulateurs. 

Arrive dans sa ville ëpiseopale le iO septembre iSOâ, 
M^ Hirn avait été accueilli par le clergé et le peuple avec 
une joie Indicible, un véritable enthousiasme. Il s'occupa 
bientôt de l'organisation de son diocèse et s'entoura de 
tous les renseignements qu*il put recueillir pour connaître 
son clergé. M. Charles était un prêtre pieux et savant; 
mais sa modestie le portait k se cacher. Il se contenta de 
répondre brièvement aux questions posées par M^ Hirn 
aux ecclésiastiques relativement aux fonctions qu'ils avaient 
remplies avant ou pendant la révolution. Quelques mois 
plus tard, le 25 juillet 1803, il écrivit au même prélat une 
lettre dans laquelle il révèle une foi inébranlable et un 
sincère mépris des biens créés, c Monseigneur, dit-il, 
je suis originaire de la Suisse , permettez-moi d'user de 
cette franchise et loyauté si naturelles k cette brave na- 
tion. Je sais que Votre Grandeur n'a pas la connaissance 
entière de mes souffrances depuis dix ans, qui ne seront 
pas inutiles pour la future gloire, j*espère. Je ne demande 
pas la récompense dans ce monde, comme le Juif; mais je 
demande le pur nécessaire i cette vie mortelle. > 

Lors de Térection des nouvelles paroisses du diocèse de 
Tournai, en vertu du décret de Ms^ Hirn, du i6 octobre 
1805, M. Charles fut nommé recteur à Aubechies, petite 
localité près de Belœil. 

Elle était bien difficile alors la mission des curés dans le 
nouveau diocèse de Tournai ! Bien grande était leur entre- 
prise I II ne s'agissait point seulement d'entretenir le champ 
du Seigneur^ il fallait encore en arracher l'ivraie funeste, 
que l'ennemi du salut y avait semée. Il fallait ranimer la 
foi des peuples, créer dans leur cœur un nouvel amour 



— 505 — 

pour la religion , arrêter les scandales qui inondaient la 
société, vivifier les mœurs publiques, changer , renouveler 
la face des paroisses. Il fallait^ à l'exemple du bon Pasteur, 
dont ils étaient les images et les représentants, pattre les 
brebis, les faire reposer, chercher celles qui étaient per- 
dues, relever celles qui étaient tombées, panser les plaies 
de celles qui étaient blessées, fortifier celles qui étaient 
faibles, conserver celles qui étaient fortes , et les conduire 
toutes dans la droiture et la justice (1). Il fallait réorgani- 
ser le culte catholique, pourvoir d'ornements et de vases 
sacrés les temples chrétiens dépouillés par des pillards 
sacrilèges , s'efforcer de recouvrer les biens ecclésiastiques 
injustement retenus. 11 fallait en un mot réparer tous les 
désastres qu'une persécution de dix années avait causés à 
l'Église. 

Le curé d'Aubechies avait entendu la voix de son évéque 
qui avait dit à ses prêtres : < Que votre cœur ne se trouble 
point h la vue de tant de travaux pénibles ; qu'il ne craigne 
point; il était parti pour le poste qui lui avait été assigné, 
bien décidé à s'acquitter de toutes les obligations de sa 
chaîne > (2). 

M. Charles n'avait connu que la pauvreté. Déjà en 
i796, avant son incarcération, il s'était trouvé cdans l'im- 
possibilité de se procurer les choses nécessaires, non point 



(1) Voir le discours prononce par Mgr Him le 25 octobre 1803, dam 
Téglise de Notre-Dame, lorsque les Ticaires-généraux, les chanoines de 
la cathédrale, les trente-deux curés établis dans les justices de paix du 
département de Jemmapes, et les recteurs nommés aux succursales des 
deux cantons de Tournai, prêtèrent le serment énoncé à Tart. 6 du 
concordat. — Inséré à la suite du décret sur la nouvelle organisation 
du diocèse de Tournai, p. 238. 

(2) Ib., p.241. 



à toQ élit, mais sème à M TiefdeMrteqiiesiaslefeeoinni 
de qaelqoes perwoncs, qui lui aTaieol donné ebaritaUe^ 
méat de Tergeat, il eût été ebligé ou de neadier oo d'exer- 
eer an métier pour foiiroir k st sobsistaoce » (I). La dé- 
leotion qa'ii subit k Lille et à Douai aeheTa de le rédoire 
k la misère* Cest aa sortir de la prison, eommenoos TaToos 
▼u plos baut, qu'il prononça ecs eoavageoses paroles : La 
pauvreté est rbéritage qui me parait destiné iei-bas— je 
Faecepte. > ()) 

Après le concordsti le goufei^^iement français laissa , 
pendant quelques années, aux habitants des communes où 
des suecursaies avaient été établies, le soin d'assurer aux 
Recteurs un traitement hennèle. Les paroissiens d'Aube- 
chics négligèrent ce devoir , et M. Gamier, préfet du dé- 
partement de Jemmapes, fut forcé de leur rappeler leurs 
obligations k cet égard. La lettre qu'il écrivit an maire 
Bourgeois, le 15 floréal an xii est remarquable. 

• Jusqu'ici vous ne m'aves point encore adressé, 
citoyen Maire , la délibération que le conseil municipal 
de votre conunone aurait dû prendre en vertu de ma 
circulaire du 5 floréal an xi, relativement au traitement 
annuel k allouer au curé de votre succursale, ainsi qu'aux 
frais d'acbat et d'entretien des objets nécessaires au eukc 
de votre église. Cette négligence et cette insouciance 
sur le sort des ministres du culte catholique l^alemeut 
et canoniqucment institués ne peut plus trouver d'excuse, 
lorsque Torganisation du diocèse est terminée depuis 
longtemps, et que chaque commune dn département 
jouit avec sécurité de l'excreice du culte de ses pères 



(1) Dans sa supplique adressée aux membres du chapitre de Tournai 
pour obtenir un béoéfice. 

(2) V. p. 500. 



— 507 — 

ot de ttiniatres dignes de saconfiAoee. Le gouvernement 
ne salariAnt que les curés des paroisses, il est naturel, il 
est juste que les habitants des communes où il a été établi 
des suceursales, et qui profitent de ee bienfait du gouver- 
aemeoti contribuent suirant leurs moyens , pour assurer 
un traitement honnête aux Recteurs qui leur ont été don- 
nés, et fournir à leur église les objets nécessaires au culte 
qui s'y pratique. Je vous charge donc de convoquer an 
reçu de la présente, si fait n'a déjà été, le conseil munici- 
pal de votre commune pour délibérer !• sur le traitement 
annuel à allouer à votre Recteur ; 2"* sur les frais d'achat 
et d'entretien, de^objets nécessaires au culte de votre église; 
3" sur les moyens de faire face à ces dépenses. Si les rêve* 
nus de vos biens communaux n'olFraîent pas une ressource 
suffisante pour ces div^ s objets, le conseil municipal indi- 
quera le mode qui lui paraîtra le plus convenable pour se 
procurer les fonds indispensables pour ces dépenses an- 
nuelles. Une augmentation proportionnelle i la contribu- 
tion de chaque indiviçlu parait le plus facile, le plus juste 
et le moins onéreux* Vous auret soin de le lui proposer. 

Vous veiUerea à ce que tous les membres soient avertis 
du jour et de l'heure de sa eonvocation, à ee qu'ils assistent 
à la délibération, que les avis, s'ils sont partagés, soient 
scrupuleusement énoncés , et que cette délibération soit 
signée de tous les membres et transcrits sur les registres 
de la commune. Voos m'en enverrea une expédition dan» 
ment collationnée et certifiée, pour que Je la rende, s'il y a 
Ueu, provîsoirefflent exécutoire, et que je Fadresse an gou» 
vernement, qui devrait, comme je l'ai déjà marqné) l'avoir 
reçue il y a près de aeitf mois. 

Je ne doute pas que Cous les membres du conseil ne se 
fassent un devoir de délibérer promptement et avec zèle 
sur les trois objets dont il s'agit, objets d'autant plus sacrés 



— 508 — 

pour eux qu'ib concernent ce qu'ils ont de plus cher, la 
conservation de leur foi, et l'entretien de leurs ministres et 
de leur église. Je me flatte même que je n'aurai que des 
éloges à donner à la bonne volonté dont ils auront fait 
preuve en cette circonstance. Je vous rends personnellement 
< responsable de l'exécution de la présente, et j'attends avant 

la fin du mois la délibération qui doit avoir lieu à cet 
^ard. GiRNiEa. » 

Les habitants d'Aubechies se soumirent aux ordres du 
préfet et firent & leur Recteur Un traitement établi « sur 
la base de la contribution mobilière de la commune à 
raison de quarante centimes par franc. » Le' maire qui 
jouissait d'une grande fortune, vint aussi en aide à son 
pasteur, et fit & l'église des dons considérables. 

Celle-ci ne conserva pas longtemps les dons qu'elle avait 
reçus. Pendant la nuit du Î8 au 19 décembre 1812, des 
voleurs s'introduisirent par une fenêtre dans la sacristie, 
arrachèrent la serrure de la porte qui s'ouvrait dans l'église 
et forcèrent le tabernacle du maitre-autel. Ils enlevèrent le 
saint-ciboire en argent, la boite aux saintes-huiles en 
argent, le reliquaire de Saint-Laurent, en argent, un calice 
en cuivre avec coupe, patène et cuiller en argent , plu- 
sieurs ornements et six francs environ en monnaie dépo- 
sés dans un tronc. 

Ce crime sacrilège affligea profondément M. Charles. De 
concert avec le Bureau des Mai^uillierS| il fit dresser un 
procès-verbal par le maire-adjoint Stievenart. Voos igno- 
rons si les recherches faites pour découvrir les coupables 
furent couronnées de succès. 

En 1815, le curé d'Aubechies reçut la mission d'admi- 
nistrer la paroisse de Chapelle-à-Oie, en remplacement de 
H* J.-B. Claees. Cette nouvelle charge lui imposait des 
devoirs bien pénibles. Il était obligé chaque dimanche^ et 



— 309 — 

parfois pendant la semaine, de parcourir une distance d'en- 
viron une lieue, par des chemins impraticables, pour célë- 
.brer les divins offices. 

M. Dugniolie, recteur de Tourpes , desservait alors la 
'paroisse de Blicquy. Il lui eût été plus facile d'administrer 
celle de Chapelle-à-Oie, contiguë à la sienne,^ et M. Charles 
n'était éloigné de Blicquy que d'environ dix minutes. Celui- 
ci proposa donc à l'Ordinaire une mutation. Elle ne fut 
pas acceptée ; mais en 1815, M. Gattier fut nommé recteur 
k Chapelle-à-Oie, M. Robette à Blicquy, et M. Chartes en- 
voyé à Bruyelles dont la cure était vacante par la mort de 
M. Delpeut6(1). 

Dans quel triste état il trouva sa nouvelle paroisse! On 
né pourrait plus de nos jours s'en faire une idée ; car son 
zèle la transforma et ses successeurs ont continué son 
œuvre. Nous devons citer surtout MM. J.-B. Maroquin, 
actuellement curé de Frameries, et C.-L. Berte, aujour- 
d'hui curé-doyen de Èoussu , dont le souvenir est encore 
vivant dans les cœurs. 

 l'arrivée de M. Charles à Bruyelles, soixante familles 
étaient indigentes , les autres appartenaient à la classe 
ouvrière (2). La fabrique dénuée de ressources pouvait 
fournir à peine aux besoins journaliers du culte. L'instruc- 
tion et l'éducation des enfants étaient complètement négli- 
gées; il n'y avait point d'école. M. Charles ne se découra- 
gea pas. Ayant reconnu dans lin jeune homme de sa pa- 



(1) M. Delpeute, né à Mouscron (Flandre-Occidentale)^ mourut à 
BruyeUes, le 15 janvier 1815, à Tâge d'environ soixante-quatorze ans. 
{Archivée de la commune de Bruyelles), 

(2) Extrait des suppliques de M. Charles, à Guillaume I*'^ roi des 
Pays-Bas et au Ministre-Directeur du culte catholique, A Bruxelles. 

BULLETINS T. XVI. 39 



\ 



\ 



— 310 — 

Toisse, le sieur François Allard, une grande aptitude pour 
l'enseignement, il lut donna des leçons, et l'envoya suivre 
les eours normaux, à Mons. Il le dirigea ensuite avec tant 
d'habileté dans Texerciee de ses fonctions d'instituteur que 
son école devint une des plus florissantes du Tournaisis. 
C'est le témoignage qu'en rendirent les inspecteurs Lecoeq, 
De Sébille et Cuvelier au roi des Pays-Bas, Guillaume l^'. 
« Nous déclarons, écrivaient-ils, que M. Charles a formé 
l'école deBruyelles, et que sans son zèle, cette école, qui est 
une des premières de notre district et si nécessaire pour la 
commune, n'aurait pas eu lieu ; nous ajoutons qu'il Fa 
constamment surveillée jusqu'à ce jour (1). L'instituteur 
même est son élève sous tous les rapports, et il est encore 
son conducteur dans la bonne tenue de l'enseignement» (2). 
Peu satisfait d'avoir doté sa paroisse d'une école, il 
instruisit plusieurs jeunes gens qu'il crut appelés k l'état 
ecclésiastique. MM. Eugène Chavalle, décédé curé d'Er- 
haut en 1853, et Firmin Allard, aujourd'hui curé de Ville- 
Pommerœul , ont été ses élèves. 11 discernait au reste 
facilement les inclinations des enfants ; il semblait pénétrer 
leur avenir. Ainsi il assura à M. Eugène Chavalle qu'il 
serait prêtre ; il annonça en même temps k deux de ses 
compagnons la profession qu'ils embrasseraient. 

L& ne s'arrêtait pas son zèle pour l'instruction. Quoique 
dépourvu des biens de la fortune, chargé de sa sœur 



(1) En 1827. 

(2) M. François Allard fat instituteur i BruyeUes pendant plus de 
ipiarante ans. Il mourut le 3 novembre 1871, emportant dans la tombe 
Jes regrets de tous ceux qui Tavaient connu. 



— ZH — 

Magdeleine, qui était souvent malade (i), accablé lui-mêmér 
d'infirmités il trouvait encore le moyen de venir en aide 
aux pauvres clercs. C'est ce que nous a rapporté un ecclé- 
siastique de notre diocèse qui a recueilli ce fait de la bou- 
che de M. Grimbel, ancien président du séminaire de 
Tournai. On ne peut guère porter plus loin le zèle de l'en- 
seignement, et sans aucun doute on peut appliquer au vé- 
nérable curé de Bruyelles ces paroles des divines Ecritures r 
« Ceux qiii auront enseigné aux autres la voie de la justice, 
luiront comme des étoiles dans toute l'éternité (2). » 

Instruire la jeunesse était pour M. Charles une véritable 
satisfaction, et c'était la seule récréation qu'il se permît. 
Depuis longtemps déjà retiré du monde, il ne sortait plus 
de son presbytère que pour se rendre à l'église, ou visiter 
les malades et les pauvres. Rentré chez lui, il se livrait 
presque sans interruption à la prière et à la lecture des 
auteurs ascétiques. Aussi a-t-on dit, et avec raison, qu'il 
ressemblait aux anciens solitaires de la Thébaïde. Comme 
eux il se distinguait par l'aménité de son caractère, sa douce 
piété, et la simplicité de ses mœurs. 

Cependant les infirmités qu'il avait contractées dans la 
prison, le faisaient souffrir chaque jour davantage ; en outre 
de grands déboires dom^esliques le minaient plus encore 
que les douleurs corporelles. On ne saurait croire tout ce 
qu'il endura dans les dernières années de sa vie. Néanmoins 
son courage et sa patience ne se démentirent jamais. Alors, 
comme autrefois au temps de la persécution, H montra la 
même fermeté, la même sérénité d'esprit. 



(1) Mai'ie-Magdeleine Charles née à Tournai, le 7 féTrier 17(^3, 
mourut À Bruyelles, le 11 décembre 1827, vers cinq heures du soir. 
(archives paroissiales de Bruyelles). 

(2; Daniel XII. 3. 



— 34» — 

PeadanI l'été de 1835, seoUot ses forces diminuer, 
M. Charles disait souvent i ceux qui venaient le visiter : 
c Mes amis, mes bons amis, je tomberai avec les feuilles du 
ehéneqoi ombrage notre chapelle. » Présageant done sa fin 
prochaine, il vonlot faire son testament. Il n'avait, on le 
sait, aucune fortune personnelle, mais sur son lit de mort, 
son frère Dom Etienne lui avait confié trente mille francs 
en vieille monnaie d*or« Celte somme devait être remise au 
supérieur de l'abbaye de Cambron, si, comme ce bon reli* 
gleux Tespérait, cette maison était un jour rétablie, ou bien 
elle devait être employée en bonnes œuvres. M. Charles 
voulut accomplir les dernières volontés de son frère. Par 
un testament olographe « il l^ua tons ses biens aux pau- 
vres de la paroisse de Saint*Jaeques à Tournai , aux 
pauvres et à Téglise de firuyelles. » Quelques jours plus 
tard s'entretenant de cet acte avec un ami, il assura qu'il 
avait observé toutes les formalités prescrites par la loi 
civile. 

Les fêtes de la Toussaint étant arrivées, M. Charles les 
célébra encore avec son peuple. Le il novembre, il conféra 
le baptême à un nouveau- né ; mais il ne put inscrire le nom 
de cet enfant dans les registres paroissiaux. La nuit sui- 
vante, il eut une atteinte d'apoplexie. M. Wagnon, médecin 
k Antoing, appelé en toute hâte, le trouva sans connais- 
sance. M. le doyen Leclercq et M. le comte Albéric du 
Chastel essayèrent le lendemain d'obtenir quelque réponse 
aux questions qu'ils lui posèrent ; tous leurs efforts furent 
inutiles. Enfin le 16 novembre, à neuf heures et demie du 
soir, le vénérable curé de Bruyelles expira à l'âge de 
soixante-dix-huit ans et trois mois. Le surlendemain, il fut 
enterré dans le cimetière paroissial, derrière le chœur de 
l'église. 

Après la mort de M. Charles, on trouva un testament 



— 513 -~ 

écrit de sa main, mais dépourvu de sa signature. A cause 
de ce vice essentiel, cet acte fut invalidé. L'argenl remis par 
Dom Etienne à son frère fut transporté chez M. Brébart, 
notaire à Taîntegnies, et passa plus tard entre les mains 
de MM. Baugniet de Bruxelles. 



DIGITUS DEI 



ou 



PARALLÈLE DE L'EMPIRE ROMAIN AVEC L'EMPIRE 

FRANÇAIS EN 1801. 



Et audivit Judas nomen Romanorum, quia sunt 
potentes viribus , et acquiescunt ad omnia 
quœ postulantur ab eis, et quicumque accès- 
serunt ad eos, statuerunt cum eis amicitfas. 

Le nom des Romains fut alors connu de Judas •' 
il sut qu^ils étaient puissants, toujours prêts 
à accorder les demandes de ceux qui allaient 
▼ers eux, et qu^ils avaient conclu des allian- 
ces avec les peuples qui sMtaient venus 
joindre à eux. I. Mach., c. 8/ 

I. Quelques-uns peut-être pourraient regarder avec d'au- 
tres yeux que ceux de la foi, toute cette grande puissance 
de l'empire Romain, dont l'Écriture fait ici la pompeuse 
description, et s'étonner de ce que le Saint-Esprit ait ins- 
piré à ses écrivains sacrés l'idée de représenter comme 
quelque chose de grand, toutes les victoires de ces conqué- 
rants du monde. C'est pourquoi il sera utile de faire remar- 
quer, selon la doctrine de saint Augustin , sous quel point 



— 314 — 

de vue il faut envisager leur coodoite, leurs triomphes, et 
rétablissement de leur empire sur les vastes ruines de tant 
de royaumes qui lui ont été assujétis. 

On couTient généralement qu'entre tous les anciens 
peuples, le peuple Romain est celui qui attire le plus notre 
attention et que son histoire fournît la partie la plus ex- 
cellente de l'histoire ancienne. Aussi a-t-elle été de tout 
temps l'objet des études des savants. Le gouvernement de 
l'ancienne Rome a quelque chose de si beau et de si grand, 
qu'il nous étonne, nous fixe, et nous fait rechercher avec 
avidité les causes de ses progrès rapides et surprenants. 

Voyons quelles ont été les mœurs de ces anciens Romains, 
et pour quelle raison le vrai Dieu, qui tient en sa main tous 
les sceptres de la terre, a daigné les assister, et élever leur 
empire h un si haut degré de gloire^ de puissance et de 
grandeur. 

Il est vrai qu'ils immolaient des victimes aux démons, 
et adoraient les faux dieux; mais aussi ils exerçaient la li- 
béralité et l'hospitalité, qu'ils mettaient au nombre des plus 
sublimes vertus, et n'étaient pas moins généreux qu'avides 
de louanges. La gloire, bien plus que les grandes richesses, 
était l'unique objet de leurs désirs^ Tunique mobile de leurs 
actions. Regardant la servitude comme une honte et la do- 
mination comme le plus beau titre de gloire, leurs premiers 
travaux eurent pour objet l'indépendance de leur patrie, 
qu'ils cherchèrent bientôt h rendre maîtresse des autres 
nations. 

C'est donc à Tamoùr de la liberté, puis à l'amour de la 
domination et de la gloire, qu'il faut attribuer le grand 
nombre d'actions brillantes qu'à faites le peuple Romain. 

Sans doute l'amour de la louange des hommes est un 
vice devant Dieu. Mais si l'homme ne vainc pas cette passion 
par des actes d'une vraie piété, il vaut mieux du moins 



— 315 — 

qu'il la surmonte par cet amour de la gloire, parce que s'il 
n'y a point de vertu à agir par ce principe, il n'y a pas au 
moins tant de mal. Non quidem jam sanclij sed minus 
turpes. Ainsi les Romains, ne connaissant pas la vraie 
gloire, dont Dieu seul est la source, non-seulement ne 
résistaient pas à ce désir de la célébrité, mais le regardant 
comme une vertu et un bien très-utile à la république, ils 
croyaient même devoir rallumer dans le cœur des autres. 
C'est la raison pour laquelle, selon la réflexion de saint 
Augustin, Dieu, qui ne doit pas leur procurer la vie éter- 
nelle, uniquement réservée aux vrais fidèles, leur accordait 
la récompense due aux vertus morales qu'ils pratiquaient, 
c'est-à-dire la gloire passagère d'un empire florissant. C'était 
la seule rémunération proportionnée à leurs vertus ; ils 
n'avaient aucun sujet de se plaindre de la justice divine. 

C'est donc avec les yeux de la foi qu'il faut lire tout ce 
que l'bistoire nous raconte des bonnes qualités des Romains, 
de leur grandeur, de leurs conquêtes et de leur puissance 
si redoutable, et c'est avec cette lumière qu'il faut considé- 
rer ces choses pour les juger conformément à la vérité des 
saintes Écritures qui nous obligent à regarder comme un 
néant toute la gloire des hommes, et à envisager toute la 
pompe du siècle comme l'éclat passager d'une fleur qui 
s'épanouit aux premiers rayons du soleil, pour se fermer et 
disparaître à son déclin. 

II. Un peuple nouveau, qui vient de surgir, va marcher 
sur les traces du peuple-roi. Grand cooime lui, il sera rede- 
vable de sa grandeur à ses vices, et le mélange de ses 
imperfections humaines produira son illustration et ses 
hauts faits. 

Les empires actuels, après avoir longtemps subsisté avec 
éclat, vont disparaître et leurs ruines n'en formeront qu'un 
seul; vaste et sans bornes. Dieu veut constituer l'empire 



— 5iG — 

français et le rendre le premier et le plus illustre par sa 
puissance et son étendue. Pour accomplir ce dessein et 
punir en même temps les crimes énormes de plusieurs 
peuples, il se sert de ces mêmes Français qui travaillent à 
procurer l'avantage de leur patrie, dans la vue seule de la 
gloire, et qui préfèrent généreusement son salut h leur 
propre vie, cl h leur bien-être particulier. 

Semblable en tout à l'empire Romain, Tempire Français, 
comme nous venons de le dire, s*cst accru par la volonté 
suprême de Celui qui dispose souverainement des royau- 
mes. Dieu le rendit si florissaut parce qu'il avait résolu de 
punir les autres puissances qui avaient abusé de leur bon- 
heur. C'était pour exercer sa terrible vengeance sur les 
peuples et sur les rois, pour punir dans les uns la ligue 
impie que la plupart des gouvernements de l'Europe ve- 
naient de former contre le Seigneur et son Christ^ et dans 
les autres, l'immoralité, l'indifférence et l'impiété, qui pro- 
voquèrent ces funestes entreprises des puissances humaines, 
sur l'autorité de Dieu et de son Église. Car on ne doit pas 
s'aveugler sur les causes qui ont allumé la colère du Très- 
Haut; malgré tant de leçons évidentes, elles durent encore 
dans leurs effets. 

Nous ne citerons que l'Autriche, qui, après avoir donné 
le signal des funestes innovations qui ont bouleversé la 
France et tant d'autres états de l'Europe, a du se con- 
vaincre que l'on n'attaque guères la constitution de l'Église, 
sans ébranler les constitutions politiques et les fondements 
des états« (1) 



(l)7M. •Charles fait ici allusion à la persécution de Joseph II con- 
tre l*Église catholique quHl voulait rendre vassale de l'État. 



— 3i7 — 

La sagesse mondaine ae voit que ToUvrage de rfaomilie 
dans ces épouvantables catastrophes, qui, en si peu de temps, 
ontcliangéla face politique de l'Europe; elle méeonnalt 
le principe et le modérateur suprême des événements^ 
accusant de ces scènes afifj^euses les agents secondaires qui 
n'en sont que les instrunoents» La foi au contraire regardé 
d'un œil tranquille ces horribles désastres; elle contemple, 
non sans émotion, mais sans étonnement , eet amas dé 
trdnes> de couronnes, de sceptres brisés, que Celui qui dis** 
pense la puissance et les victoires, a foudroyés, pour Tac- 
complissemei^lt de ses desseins. 

III. Le Seigneur ne fait point toujours de ces miracles 
qui étonnent les plus grands impies ; il .punit souvent ici- 
bas les crimes les plus énormes par le silence et l'impunité* 
Les hommes orgueilleux et insensibles aux menaces des 
maux à venir ne regardent point le silence de Bleu comme 
un châtiment pour eux. Tout ce qui contribue à les aiFer^ 
mir dans leur fausse sécurité présente leur parait doux ; ils 
sont contents, pourvu qu^'ils ne soient point troublés dans 
la jouissance du fruit de leurs crimes, ne voulant jamais 
penser à l'effroyable réveil de cet assoupissement. Le Sei« 
gneur se tait et les hommes s'imaginent qu'il approuve ou 
tolère tout ce qu'il ne châtie pas présentement; mais grande 
est leur erreur. Ils connaîtront trop tard combien il leui^ 
eût été plus avantageux que Dieu eût tonné du haut du Ciel 
pour les effrayer salutairement par quelque punition sen- 
sible^ que de les avoir laissés dans la paix de leur propre 
iniquité* 

Il n'y a'done rien de plus extravagant que l'orgueil. Pins 
l'homme s'élève en lui-même, plus il croit en folie, et 
s'éloigne ôfi plus en plus de la vraie sagesse, qui consiste 
à se mépriser autant soi-même que l'on reconnaît Dieu 
grand et élevé au-dessus de toutes les créatures. Mais quelle 

Bulletins t. xvi. 40 



— 318 — 

«^ donc la cause de Taveuglement de ces hommes qui les 
fait regarder comme extravagants par tous ceux qui ont 
quelque lumière d'esprit et quelque sagesse? C'est sans 
doute parce qu'ils n'ont trouvé aucune résistance h com- 
mettre tant d'excès de cruauté dans l'Église, et tant de pro- 
fanations par lesquelles ils se sont moqués de la sainteté 
et de la grandeur de Dieu. Étrange raisonnement, mais 
très-digne d'un impie abandonné h l'aveuglement de son 
propre cœur I Ce qui doit précisément les (aire trembler 
est ce qui les rend plus insolents. Le silence de Dieu, qui 
livre son Église pour quelque temps à la peine due à ses 
crimes, leur fait croire qu'ils peuvent tout, parce que Dieu 
ne s'oppose pas à leur fureur. Ils se persuadent déji que toute 
la nature est soumise à leurs lois, parce que ceux qui ap- 
partenaient au Seigneur de tout l'Univers, leur sont assu- 
jétis, et qu'ils ont pu fouler aux pieds la sainteté du Sanc- 
tuaire. Ils s'imaginent par là avoir vaincu en quelque sorte 
Dieu lui-même et être plus puissants que lui. Aveugles et 
malheureux qui prennent pour marques de grandeur et de 
puissance ce qu[ est la preuve de leur réprobation ! Car la 
Divinité les laisse agir de la sorte parce qu'elle les a en- 
tièrement abandonnés. Ils sont comme un malade désespéré 
que le médecin livre & sa propre fantaisie, et qui avance d'au- 
tant plus sa mort que nul ne s'oppose à ses derniers et funestes 
désirs. Que ce mystère de la conduite rigoureuse de Dieu 
envers les méchants est peu compris par la plupart des 
hommes ! On envie souvent cet état de mort sans le con- 
naître; ou regarde comme puissants ces hommes superbes, 
et l'on ignore que ce sont des victimes couronnées de fleurs, 
parées pour quelque temps , qui doivent être immolées 
éternellement à la divine justice. 

lY. On voit tous les jours les méchants et les ennemis 
jie la piété triompher des plus grands serviteurs de Dieu. 



— 3i9 — 

Les prêtres ont péri en masse : les uns noyés dans les fleu*^ 
ves, les autres exécutés par le glaive de la guillotine ^ 
ceux-ci (et je me. sers de l'expression de dignes représen- 
tants des Cinq-Cents que de tels jugements révoltaient) 
judiciairement tués par les arrêts de mort de la commission 
militaire ; ceux-là assotaimés comme des bêtes fauves par 
des scélérats qui assouvissaient sur eux leur rage. Est-il 
rien de plus frappant que la mort violente de tant de dis- 
ciples du Christ, qu'ils ont endurée pour avoir généreuse- 
ment refusé d'abandonner cette religion sainte, dans la con- 
trée de l'Europe naguères la plus renommée pour son atta- 
chement au christianisme ? Je ne finirais point si je voulais 
rapporter tous les genres de supplices, et les vexations aux- 
quelles ils ont été en butte... Je puis dire avec le poète de 
Mantoue : 

Et quorum pars magna fui. 

Mais répétons avec le Sage : « Malheur aux nations qui 
se laissent séduire par les impies; elles seront bientôt 
ébranlées jusque dans leurs fondements ! > et disons avec 
l'Âpôtre, en adorant la profondeur de la sagesse et de la 
conduite de Dieu : « Que vos jugements , Seigneur, sont 
incompréhensibles, que vos voies sont impénétrables à toute 
autre lumière qu'à celle de votre Esprit-Saint ! Cet Esprit 
nous assure par la bouche de votre prophète que vous êtes 
toujours juste et que votre jugement est toujours très- 
équitable. » 

Cette horrible persécution contre le culte sacré et la 
sainte Religion est l'effet déplorable du renversement de 
l'esprit des hommes. Se voyant élevés en dignité et en 
autorité au-dessus des autres, ils prennent pour règle de 
leur conduite leur volonté et l'emportement de leurs pas- 
sions, sans examiner si la raison préside à leurs actions et 



-- 520 — 

k lesfs pensées, et si ceux qa'ils chargent de toos le poids 
de leur fureur sont coupables on innocents. 

Dieq connait les raisons de sa conduite toujours adora- 
ble, lorsqu'il Aie tout d'un coup k son peuple Tezercice du 
eolte public, et qu'il donne par là à tons les hommes 
d*iQiqnltë l'oeeasion de se produire et de s'ëlever de tous 
cAtés contre lui. Jamais il ne prouve d'une manière plus 
éf idente que ses jugements surpassent toutes nos pensées, 
'qu'il est responsable h lui seul des effets si surprenants de 
sa justice, et qu'il ne nous appartient point de juger par 
nos faibles lumières de tout ce qui est fondé sur cette rai- 
son suprême et inaccessible h l'esprit humain. En cette cir- 
constance le Seigneur anéantit l'homme et humilie infini- 
ment tous les faux raisonnements de son orgueil, qui, après 
avoir renversé l'ordre dans un cœur, le porte à mettre la 
confusion partout. 

y. Qae dire de cette politique qui fait plier et boiter de 
deux eôtéS) pour me servir d'une expression de l'Ëcritnre, 
en se donnant h Dieu et au monde, selon qu'il y a perte ou 
gain, il s'attacher à l'un ou l'autre de ces deux maîtres si 
différents ? Elle est pernicieuse et damnable. C'est là pro- 
prement le caractère de ceux qui n'ont point de religion , 
ou qui font servir la religion à leurs intérêts particu- 
liers, au lieu de faire le sacrifice de leurs intérêts à 
cette religion qui doîl être l'unique règle de leur conduite. 
Mais que cette divine théologie a toujours été peu comprise 
et encore moins goûtée ! Cependant peut-on oier qu'elle 
soit capable d^affermir le cœur et de le rendre invincible à 
tous les efforts des plus rudes persécutions? Car si on regar- 
dait ces souffrances, qu'on soit juste ou pécheur, comme 
des preuves de la miséricorde de Dieu envers nous, qui pour- 
rait se plaindre ou s'abandonner au murmure de ce qu'il 
veut faire grâce à ses serviteurs? Nous sommes tous des 



— 321 — 

malades, et nou9 sdmmes dans une profonde ignorance de 
nos maladies et des remèdes les plus efficaces pour les 
guërir. Laissons faire le médecin Tout-Puissant, qui con- 
dqU notre corps et notre âme, le germe et les causes de 
nos maladies, et dont la radin est d'autant plus salutaire 
que la douleur qu'elle provoque est plus aiguë. Malheur à 
eeux qui ne sentent point les coups de cette main favorable 
et bienfaisante ! Malheur à ceux qui en les sentant, repous- 
sent la main avec murmure, et refusent avec opiniâtreté 
d'accepter la correction. 

VI. Du grand nombre de crimes qui se sont commis 
depuis longtemps dans TÉglise, il faut conclure que Dieu 
est irrité contre nous, puisqu'il permet à nos ennemis de^ 
nous persécuter et de profaner les temples et les objetjs con- 
sacrés à son culte. Mais ceux qui se prévalent ridiculement 
du pouvoir que Dieu leur donne pour punir les péchés des 
fidèles, comme s'ils ne l'avaient pas reçu de lui , ont perdu 
toute lumière de l'esprit. Car il n'est point absolument 
nécessaire d'être dans l'Église pour en juger de la sorte ; la 
lumière de la raison doit leur suffire pour les détromper de 
leur sotte vanité. Ils doivent savoir ces hommes , que ce 
mépris auquel Dieu a permis récemment que sa demeure 
fâl exposée^ est un effet de sa juste indignation contre les 
crimes des catholiques. 

Cependant les malheurs causés par la révolution fran- 
çaise sont arrivés non pour perdre, mais pou¥ châtier 
l'Église, car Dieu signale sa miséricorde envers les pécheurs, 
en les retirant le plus tôt de ce monde. Le Seigneur n'agît 
pas à notre égard comme envers les infidèles, qu'il souffre 
avec patience, se résen'ant de les punir dans la plénitude de 
leurs péchés lorsque le jour du jugement sera arrivé; il 
n'attend pas de même pour nous punir que la mesure de 
nos iniquités' soit comblée. Ainsi il ne retire jamais de nous 



— 3M — 

sa miscricorde, et tout en affligeant de manz son Église 
pour la châtier, il ne l'abandonne pas. 

Persuadons-nous donc bien que si la terre a été naguè- 
res agitée par toutes ces guerres, tous ces combats et tous 
ces bouleyersenients des puissances, qui s'éloignent du vrai 
Dieu ou Tabandonnent , tout s'est fait par rapport aux 
catholiques qui sont le vrai peuple de Dieu, attaché à sa 
sainte loi et i la défense de sa gloire. Ces mouvements 
extraordinaires, ces convulsions et ces secousses violentes 
qui ébranlent si souvent les plus grands états, sont mus et 
causés par des ressorts bien différents de ceux que les yeux 
de la politique et de la philosophie du siècle 7 croient dé- 
couvrir. Occupés h rechercher les causes secondes des évé- 
nements, ils négligent de remonter à la véritable origine, 
qui est Dieu, dont les desseins de miséricorde ou de justice 
à l'égard des différents peuples, sont la cause première de 
tant de grandes agitations. 

Il faut par conséquent être intimement convaincu que 
Dieu fait tout dans le monde par rapport et dans l'intérêt 
de son Église, qui est l'unique objet de ses soins et de son 
amour, et dans l'intérêt de ses élus, qui, dans l'adversité ou la 
prospérité, dans la gloire ou les opprobres, ne cessent d'être 
attachés à ses saints préceptes et se tiennent prêts à toute 
heure à mourir pour leur sainte religion. La multitude des 
infidèles et des pseudo-catholiques ne pourra jamais empê- 
cher Dieu d'avoir constamment les yeux fixés sur son Église 
et sur le petit nombre de ceux qui lui sont sincèrement 
attachés. Une infinité d'ennemis cherchent sans cesse à 
traverser leur salut, et tandis que les peuples et les poten- 
tats de la terre se battent et se renversent pour s'assurer la 
possession de quelques provinces, tandis qu'ils font ressentir 
de temps en temps à ces âmes justes la dureté ou l'injustice 
de leur ambition, tandis que la cupidité, la jalousie et toutes 



— 523 — 

les passions humaines produisent autour de ce petit cercle 
de tidèles des destructions et des revers qui étonnent et 
appauvrissent les nations , seuls les justes demeurent 
fermes et inébranlables, toujours attachés à Dieu , toujours 
prêts à donner leur vie pour la défense de TÉglise, toujours 
immuables dans la charité et L'amour de la vérité. Paisi- 
bles au milieu des troubles dont ils sont environnés , cal- 
mes dans la tempête qui les menacent, humbles en quel- 
qu'état qu'ils se trouvent , dans l'affliction ou la joie , ils ne 
cessent de se confier en la- bonté et en la miséricorde de 
Celui qui soutient son Église d'une manière si visible. 

C'est cette confiance qui soutientjles serviteurs de Dieu 
d'une manière admirable pendant cette vie, et les empoche 
de s'affaiblir dans les tourments. Qu'il est consolant de 
mourir pour la religion ! que Famertume de la mort la 
plus cruelle devient douce au chréticu]^lorsqu'il envisage la 
récompense infinie qui l'attend pour ses travaux et ses 
souffrances. Nos persécuteurs sont plus tourmentés que 
nous^ quand ils se sentent vaincus malgré tous les efforts 
de leur puissance. 

VII. Tous les jours la fourberie suggère aux plus vils 
scélérats des accusations odieuses à l'égard des hommes qui 
se distinguent par leur zèle pour la loi de Dieu et la paix de 
l'état. Nous sommes ainsi des monuments vivants de l'in- 
justice qu'ont soufferte et ne cesseront de souffrir les ser- 
viteurs de Dieu. L'exécrable politique de ces calomniateurs 
est d'affecter une fidélité sans bornes envers l'autorité, alors 
même qu'ils la sapent, et de feindre de souffrir une grande 
oppression de la part de l'Église, tandis qu'ils travaillent 
à la détruire en la personne de ses ministres. 

Qui ne croirait pas à les entendre qu'on les dépouille de 
leur autorité, pour l'usurper? qui ne les prendrait pas eux- 
mêmes pour les plus fidèles serviteurs de l'autorité et les 



— 324 — 

plus sineèrement attachés aux grands intérêts de la Natioa? 
Mais si l'on sonde leur cœur, si l'on déchire le yeile et le 
manteau dont ils cherchent à couvrir leurs fourberies, on 
verra que les vrais |mobiles de leurs actions, est la perte 
des ministres du Seigneur, qui paraissent un obstacle à leurs 
desseins ambitieux. Ainsi il faut que la vraie Église périsse, 
selon l'horrible raisonnement de ces scélérats , parce qn^l 
est impossible, disent-ils, qu'il y ait aucune paix dans TËtâl 
tant que les prêtres vivent. Si Ton est étonné de cet étrange 
raisonnement, il semble qu'on ne doit pas l'être moins de 
ce qu'une autorité, qui n'a par elle-même aucune conuaîs- 
^ance des vrais sentiments d'un ministre du culte catholi- 
que, se rende tottt-i-coup à ce témoignage de ces ennemis, 
et entreprenne, sans s'informer davantage de la vérité des 
faits, de les détenir dans les cachots et l'exil l'espace de 
deux ans (1). Nul ne l'approche pour lui donner un conseil 
salutaire. On croit même faire chose agréable à l'autorité, 
en s'abstenant de la contredire, et l'on regarde comme un 
effet du respect qui lui est dâ, d'admettre ses principes et 
d'imiter sa conduite envers des citoyens que leur piété 
envers Dieu exposetoujours à la fureur des infidèles, et à 
la malveillance des faux catholiques. Malheureuse retenue 
et faux respect qui ne sont capables^ que de perpétuer la 
division, comme l'avenir nous le fera voir ! 

Les impies étendent la main contre l'Église du Seigneur 
et menacent de l'anéantir, et les prêtres du Très-Haut é(en*> 
dent aussi leurs mains vers le Ciel , mais pour invoquer le 
bras du Tout-Puissant, du Maître suprême de cette Église 
impérissable contre laquelle ils s'insurgent et blasphèment. 
Qui l'emportera de ces scélérats qui se glorifient insolèin- 



(1) M. Charles fait ici allusion i sa détentioD. 



— 525 — 

sient de leur force humaine, ou de ces prêtres qui s'Iiumir^ 
lient profondément dans la vue de leur faiblesse ? Ce sera 
sans aucun doute rhumilité qui triomphera de Torgueit^ 
ce sera l'ardente prière des saints ministres du Dieu d'Israël 
i}ui abaissera la fierté, et rendra inutiles toutes lesmiena* 
ces de leurs ennemis. 

VIII. Quant à la conduite des puissances étrangères et 
des ministre.s catholiques envers la France et l'autorité 
française , elle peut se justifier par les mêmes motifs qui 
ont engagé Judas à députer vers les Romains. Son but: 
était de secouer le joug des Grecs qui réduisaient en servi- 
tude le royaume d'Israël. 

Certes, si la couduite des catholiques qui se soumirent 
aux autorités que la France, dans son aveuglement, s'était 
données, si celle de Judas et des siens n'est point tout-à- 
fait excusable, il faut du moins tenir compte de leur zèle à 
CCS hommes qui cherchèrent, par tous les moyens , de pro- 
téger les faibles et de conserver la foi du vrai Dieu parmi le 
peuple. Tel fut aussi le principal motif de la conduite de& 
ministres catholiques en France au commencement du 
19"" siècle. Car bien qu'ils eussent une parfaite oonfi^ance 
en Dieu, ainsi qu'ils l'ont fait voir dans toutes les épreuves 
de leur mission, où leurs ouvres principales furent la foi , 
le jeûne et la prière, Dieu ne leur défendait pas toujours 
d'user des moyens humains poui* se garantir de la violence 
des infidèles, pourvu néanmoins que ces moyens n^eussent 
rien de contraire à sa [sainte loi, et qu'ils fussent persiuadés 
qu'ils étaient insuffisants pour les défendre ,. si. Dieu ne 
les fiiisait tourner à cette 60. Telles étaient les pensées et 
l'opinion des puissances et des ministres catholiques dans 
ces circonstances. Ils regardèrent probablement ce grand 
pouvoir des Français comme un moyen que Dieu leur 
offrait pour mettre fine la persécution subie par les infidileS;^ 

BULLETINS T, XVh 41 



— 326 — 

de même que Judas avait cm trouver dans la puissance 
Romaine un remède contre l'oppression dont ks rois de 
Syrie accablaient ses sujets. 

H y a pour les ministres du Seigneur une sainte dissimu- 
lation et un pieux déguisement très-dignes de la parfaite 
charité des vrais chrétiens, c'est d'agir avec nos frères et 
nos plus cruels ennemis , lorsqu'ils nous ont outragés , 
comme slls ne violaient point h notre égard la charité 
chrétienne; c'est de leur prouver par la douceur de notre 
eonduite, et par le zèle à les servir , qu'ils sont demeurés 
vis-à-vis de nous dans les devoirs de l'amitié; c'est de nous 
dissimuler à nous-mêmes tous les sujets qu'ils nous don- 
nent de penser mal de leur conduite, d'oublier les injures 
dont ils nous abreuvent, pour songer au grand bien que 
nous leur procurons par notre patience et notre aménité. 

Cette dissimulation réfléchie et raisonnée qui nait d'un 
grand fonds de sincérité chrétienne, est bien digne des en- 
fants du Père céleste, qui, quoiqu'outragé tous les jours par 
les blasphèmes des hommes, ne cesse point de faire luire 
son soleil brillant et fécondateur sur les impies et sur les 
justes. Dans sa bouté infiuie,il invite longtemps, par un ex- 
cès de patience, ses ennemis à le reconnaître, et leur donné 
enfin, comme à saint Paul, la lumière dont ils ont besoid 
pour connaître leur égarement et les comble de, ses grâces. 

Que les enfants de lumière ne soient dune pas moins 
prudents que les enfants du siècle ; et si J.-C. a proposé à 
ses disciples la prudence de l'économe infidèle pour les 
exhorter à se faire des amis dans le Ciel par le bon usage 
des richesses de la terre, qu'il nous soit permis de proposer 
aussi la sagesse des puissances catholiques et de ses minis- 
tres sacrés, qui ont la force .de dissimuler les injures pour 
venir à bout de leurs desseins, afin qu'usant à notre tour 
jd'une plus forte dissimulation, fondée sur une vraie charité, 



— 327 — 

nous ne songions qu*au grand but que nous devons lou» 
avoir de nous sauver et de sauver avec nous nos enne- 
mis, par la fermeté de notre douceur invincible à tous le» 
outrages. 

IX. La patience à tout souffrir est donc recommandée 
dans les circonstances actuelles aux ministres du Très- 
Haut. Jamais au reste les prélres ne se sont peut-être trou- 
vés dans une position plus honorable aux yeux du Ciel 
et de la Terre. Un auteur qui a donné aux législateurs de 
tous les gouvernements des leçons dont on a si mal profité^ 
Montesquieu a dit : c La 'prospérité de la religion est diffé- 
rente de celle des empires : les humiliations de rÉglise^ 
sa dispersion, la destruction de ses temples^ les souffran- 
ces de ses martyrs sont le temps de sa gloire (i). Ce célè- 
bre écrivain croyait écrire Fhistoire des siècles passés 
et effacés de la mémoire des hommes ; il ne prévoyait 
pas qu'une réflexion , inspirée par son génie observa- 
teur , deviendrait l'histoire fidèle du siècle où il est mort, 
et du pays qui Tavait vu naître. Quand tout parle des 
malheurs et des injustices qu'ont essuyés en France les 
ministres de la religion, eux seuls ne doivent point en par- 
ler. Leur bouche ne doit s'ouvrir que pour porter des pa- 
roles de consolation, de douceur et de paix. Dans tout ce 
qui les intéresse, il faut qu'ils s'enveloppent dans ce noble 
silence qui sied si bien à l'innocence et à la vertu. Tout 
entiers aux autres, il faut qu'ils s'oublient eux-mêmes. 
Tous leurs sentiments doivent exprimer ce caractère de 
force, de simplicité et de calme qui est Timage de la reli- 
gion qu'ils professent. Ils doivent par leur conduite rendre 



(I) Grandeur et décadence des Romains, ch. 22, 



— 1» — 

«ette relighm -aimable à ceux qui «oot ea le ifMllietir de le 
méeennaltre, et respectable à «oeux-là mêmee qui l'ont oa- 
tragée. Pourquoi conseryeraicfil^ils «des TefiaenLimeatis ? Ils 
n'ont éié persécutes que par ceu^xquî ne les eonnaîasaient 
pas. Le moment n'est pas éloigné où on leur rendra la jus- 
tice qu'ils ont droit d'attendre* •Commentée permettraîenC- 
ils de parler détours propres malheurs, lorsque leurs paro- 
les s'adresseraient peut-être k un père, k nne mère, i une 
épouse qui pleurent encore la fin tragique des objets lea 
plus ehers de leur tendresse? Comment oseraient-ils re- 
gretter l'aisance et l'opulence qu'ils ont perdue, en contem- 
plant la ruioe de tant de familles dépouillées des héritages 
qu'elles avaient reçus d'uoe' longue suite d'aneétres , et 
qu'elles croyaient pouvorr transmettre i leurs descendants? 
La pitié| ce sentiment si doux et si consolateur, lorsqu'elle 
a pour motif les pertes du cœur, ne sert qu'à dégrader 
celui qui en est l'objet, lorsqu'elle n'est excitée par la perte 
des avantages de la fortune. Une âme forte et eourageuse 
s'indigne de ce qu'on ne la juge pas capable de lutter avec 
l'adversité ; on n'est supérieur i l'injustiee que quand on 
ne daigne pas s'en plaindre. 

Une Providence sévère s'est appesantie sur la France 
entière. Sa main impitoyable a brisé avec fracas tout ce 
que le temps, la puissance, la grandeur et la gloire offraient 
de plus imposant & l'admiration des hommes. Elle a voulu, 
par cette terrible leçon, nous apprendre à ne point confier 
notre bonheur aux caprices des inatitotions humaines ou 
aux vicissitudes de la fortune. Elle a voulu détacher nos 
affections d'une terre changeante et mobile, et élever nos 
pensées vers un ciel immuable et éternel. Puisse cette 
grande leçon servira notre instruction et à celle des géné- 
rations qui doivent nous suivre, et qu*il ne soit pas dit des 
Français ce que Tacite a dit des Romains de son siècle ; 



— 329 — 



« Jamais 1« Ciel ne châtia un grand peuple d'une manière 
pl(H affreuse, ni plus méritée, et ne montra plus manifeste- 
ment qu'il ne voulait pas veiller k notre tranquillité, mais 
nous punir. >» (i) 



LETTRES 

De M. Charlea à aon frère Dom Etienne, 

I. 

Carissihe , 

Eadem occasione data do responsum, Peouniam suflS- 
cientem usquenunc habeo in Scotia (i), Equidem sermo 
perpetuus et ubique de proxima libertate datur, at omnes 
hi sermones quos conferunt omnes cives ad invicem non 
efficiunt llbertatem, at vcro potestas et voluntas. Neocom- 
tnissarius civis François (5) mihi petenti vîam libertatis res- 
pondit : Pete; sed non adjunxit : Et dabitur. Snm tamen 
consilium et auxilium a Domino Despret(4)petilurus.Multum 
speramus; sed sicut in sainte nostra peragenda , spei addi- 
mus prudentes timorem* Fortes simus , viriliter agamus. 
Ecquid ! Omnia ad Dei gloriam et nostram salutem. 



np«|^ 



(1) Hist. Rom. 1. 1^ c. 3. 

(2] Scotia, M. Charles déiigne boub ce nom la prison des Écossais. 

(3) Voir sur le commissaire Fktinçois le chap. YI de la Biographie 
de M. Charles, p. 69. 

(4) M. Despret était un aTOcat distingué de Bouai, Voir la Biographie 
d9 M. Charles, ib. p. 66. 



— 330 — 

Primo terruit animum tuus profectus Atbcnas (i). 
Ultra maria te deporlandum esse exislimabam. At terror 
evanuit cum îoleilexi Athenas parvas, Atbam urbem* (2). 
Cum peregrinator habeberis in bas omnes regîones , precor 
ut reeolligas peragrationem luam, memorans quae videris 
rara , eztraordinaria , praesertim ultra Mootes (3), qaas 
plngas pauci peragravère. Domious Seiilier (4) easdem 
peragrat regîooes , ex Scotîa profectus in Montes; sedesC 
peregrinator cum sequcla, 

Salutem dat 

Nolus in Scotia et ultra. 



II. 

f 

Carissihe, 



Hacto esto animo. Dolens tibi annuucio rem esse ia 
statu republicano , ut presbyter sit odiosus et praesertim 
Belgicus. Nullus civis pro prtssbylero loqui auderet. Socs 
mea brevi certa erit : exportatio. Duplex assignatur. Prima 
in Rupefortium (S), et bine in insulam Cayenne Africae (G), 



(1) jiihenaê, Athènes, capitale de la Grèce. 

(2) Athenas parvoê, Athum. Ath, Yille da Hainaut, à 5 lieaes enyi- 
ron de Moiu. 

(3) Montée, Sons, chef-lieu de la proYince de Hainaut. 

(4) M. Seiilier, prêtre attaché i Tégliae de Saint-Quentinf i Tournai, 
fat fuiillë à Bruxelles. V. plus haut, p. 64. 

(5) Ruptrforiium. Rochefort, i Tembouchure de la Charente. 

(6) Cayenne appartient a TAniérique, et non à TAfrique. 



— 331 — 

et îlla reservatur insermentatis (i) presbyterts Belgicis ; 
altéra in regionem trans Rbenum (â); et haec reservatur 
aermeutalis (3). Neseio quomodo eviiare alterutram. Non 
mîrandum quodegosim e primis, absqne consiliis derelictus 
ab omnibus sociis. Si exporter, spero transire per Tomacum, 
ubi res melius quam potero componam. Video nunc quod 
unuin tantum médium esset différend! exilium ; et illud 
erat sese abscondere ab omni tum publica, tum privata 
functione remotum. Aliter evenit ; sic Deo placuit; ejus 
▼olunti^s compléta sit. Vos amplector commendans animom 
vestris precibus. 

Frater Charles. . 
In Scotia U X^ i797 . 



III. 
Cârusihe, 

Non sine satisfactione de yesira sanitate accepi nuntium. 
Dueentas hostias accepi. Totidem, data oecasione, mittere 
gratum feceris. — Sacerdotes, et quidem ctiam intrus i, 
hic cohabitant. Domus Scotorum Arcae Noemi aut turri 
Babylonis compara nda, sive potius sagenae missae in mare, 
quae quum compléta erit, quid fiet ignoramus, quum pi$ca- 
tores nostri non sint Apostoli. 



(1) Inêêrmeniatiê^l] s'agit des prêtres qui avaient refusé de jurer 
fidélité i la Constitution civile du clergé. 

(2) Trans Rhenum, surtout en Westphalie. 

(3) S^rmeniaiis. On appelait ainsi les prêtres qui avaient juré 
fidélité à la Constitution civile du clergé. ^ 



— 352 — 

Episcopi (i)t abbales, decani, pastores, vicarii, cauonioi, 
mouacki, Capuciniy RecoUetti, Domioicani, Carmelitae 
uUriusque speciei , Carlhusiaui , BrIgittiDi , ioier qoos 
priores, reccptores, etc., etc. , nobiscum incolunC Seotiam. 
Episcopum Claudium Primat (3), primatum tenenteoii eobia 
mitlit coelum tcI tartarus. Quid plara? Vos salutat. 

Filius prudenliae io Scotia. 

/nScotfa22«86^i798. 



IV, 

Carissihb , 

Utsitis bene valentes, velim. Spes nostra exitum et ter-* 
minum attingere videtur. Initium anDii799 nos liberos 
videbit, favente Providentia divina, quae suoa noQ relinquit 
orphanos. Mittes 400 hostias,.. 

Audisti forte de deportatione activa Belgamm^'presbyte- 
rorum ; sic est » transienint permultj (numéro dpcenti ! ), 



•«•■ 



(1) y. plitf haut, p. 63. 

(2) Clauda-François-llarie Primat, ne à Lyon en 1^47, ancien ora- 
torien, curé de Saipt- Jacques, i Douai, fut éla^ le 20mars 1791, évèque 
constitutionnel duITord. Il fut sacré a Paris le 10 avril 1791, et installé 
i Cambrai, le 17 du même mois. C*était un homme de mœurs honnêtes, 
nais jansénistjB^et ambitieux. A la fin de 1796, il fut tranaCéré i Perd- 
ché de Rhône-et-Loire (Lyon). Ce fut sous ce titre qaUl se déaùft nm 
1801 . Nommé alors archoTêque de Toulouse, il mpnnit ep celte der- 
nière ville le 10 octobre 1816.«V. La Glat. Cameracum ChrUtianum^ 
Introduction,LXn,>t'pp. 78 et 409. 



— 33S — 

iatcr quos pastores et vicarii teadentes ia insulam Oceani, 

Radim (i). 

Addictissimus frater. 

/nScotfo 17 9&^»M 798. 



V. 

Carissime , 

Sempervestri meinor, tempore passionis rigidae, praece- 
denti faustiorem annum spero, Gonfido , sequens beatum 
Paulum qucm citas , etJ.-G. quem adoro, ad summum 
felicitatis' pervenire^ forte cltius quam existimo. Flagella 
mihi usque nunc dulciora, Verberet manus Dei, si aliter 
obtineri nou possitsalus mea. Ghristianus es, et nos; Ga- 
thollcus es, et nos; Apostolicus, et nos. — Tandem cum 
dolore te certlorem facio inter destinâtes ad deportalionem 
in Rupifortium, portum maris Oceani^ et forte salutis, jam- 
que peregrinantes, tum hominum, tum aeris injuriis ex- 
positos, inter multos alios, esse Dominos Barbieux , Tor- 
nacensem , et Lamotte , ex Marquain. Forte eos propius 
sequemur. Fiat seeundum voluntatem Dei. Omnia ad ejus 
gloriam et ad nostram salutem. 

Plura alia circa presbyteros Belgicos omitto, utpote 
nimis tristia, Domus enim Scotorum facta est nosocomium 
incarceratorum. Plures aegrotantur; plurimi decumbunt. 
Adhuc sto gratiâ Dei. 

Ad revisum sive in hoc, sive in altero sacculo, 

Gharles. 
In Scotiai^Jan. 1799. 



(1) Radim, Uîle deRhé, dont on fait mention a plusieurs reprises, 
est située près des côtes de la Saintonge, 

Bulletins t. xyi. 42 



^ S34 — 
VI. 



Camssime , 



Vobis , fratri sororiqoe, imprimis salukem dîco. Adve- 
nit hors : sors communis DD. Barbieuz et Lamotte mihi 
aoQUDciata est. Consolaberîs sororem el eî noQ adimes 
omnem spem me semel amplectandi. Quod ad me, rogo vos 
jugiter Deum preeari pro me, ne deficiat nostra fides. Vel- 
lem jam attigisse insulam Radim, terram looginquam equî- 
dem, atverà molto desiderabilem. Insacrificiiset precibus 
mémento me! et semper. 

Mos erat apud Judaeos, sicntî tu mihi anno praeterito 
notaveras, unum vinctum dimittere; boe anno pluresdi- 
mittuntur, verùm alio prorsùs modo. Vos toto corde am* 
plector, non ampHus facîe visurus. 

Jamque salutati tempus in omne meam, ni Providentia 
aliter statuât. 

Vaîete, 
20» Martiê 1799. Charles. 



VII. 

Carissime , 

Sanitalc intégra salvi estole. Praevideo mihi Duaci adhuc 
fore necessariam breviarii partem aeslivam, quae hoc anno 
pro usu incidit maturiasin medio Maio , precor ut, occa- 
sione data praestes. Sumus in spe et exspectantés beatam 
spem. Quidam socius inclusus (ex-canonicus Furnensis (i) 

(1) Ce chanoine se nommait Delapwte. 



— 335 — 

nuper .€ivmU» ipsi bene 8it.é..*Hic est aridités gumnia*... 
ignoti offlQium retnm vivimus...» scias me pauria ôonten^ 
tuin, nlinquam egere; qaae indignis affuit bltro^ non 
defatulram Providentfam prudenter spei^o. 

Tibi notus in Scotia, 
^T' Aprilis 4799. Garoluè. 



VIIL 
Carissime , 

Aodiveram de încarceratione in ultima epistola dicto- 

rum, sicut et de obitu R, D. Cornez , canonici Tornacensis, 

etîàm de obitu R. D. Homez, olim professons et decani 

S^ Pétri, Doaci. Incarceratio Decani in Lessines etiam 

inaotuîl. -*« Le pape est à Briançon où à Valence en Dau- 

phiné. -^ Eocore un prêtre échappé ; notihe concierge est 

deattlué. 

Gharies. 
8<'/umïl799. 



IX. 

Carissimb^ 

Cordialiter vos saloto... Tristitia me tenet nunc : haec 
est ratio sana ; siugulis diebus memoria magis aufugit à 
me; quod quidem ploribus evenit reclusis, et tta quidem 



(1) Le docteur Bornes était professeur primaire de philosophie i 
rUnlTersité de Douai, lorsque K. Charles fréquenta les cours de cette 
faculté. 



— 536 — 

ut mens comparare ideas noo valeat.... Sexdecim presby- 
teri ad deportatiooem destinait, parati spettant.... De 
aequitafe loqaeris ; nulla aequitatis cura in calamitosis his 
temporibos^ Aequitas I aequitas ! videtor pêne aufugisse, et 

in insulas apud Barbares relegata fuisse Faxit Deas ut 

ipsi fidelîter senriam, si non mente omnino sanâ, at salkem 
minus turbatâ. 

Carolus. 

20» /mu 1799. 



X. 

Cabissimb, 

Salutem accipe et a me et a concaptivis meis. Vos sanoa 
haberi laetus accepi. Quoad sortem, plures in melius 
praesagiunt. Sit nomen Domini benedictum. Ezpecto donec 
exoptata dies Jucescat. 

20*/ttKtl799. 



— 337 — 



C 



NOMS, PRÉNOMS ET QUALITÉS DES PRÊTRES 

, QUI FURENT IffCARCëRÉS 

à la Prison des Écossais, à Doaai, 

depuis le \ 6 Septembre \197 y jusqu'au i^ Janvier 1800. 



EccE Do Pacem! 
EccB Do Goronam! 



Amë Lamy, rëcollet, sorti. 

Amelot, dominicain d'Ypres, déporté à Rochefort. (1) 

Anguillars^ prêtre d'Arras, infirme, évadé. 

B 

Balan, intrus de Maubeuge, sorti (2). 
Balingbien, missionnaire de Nomain. (5). 
Barbieox, vicaire de Saint-Piat, à Tournay, missionnaire i 
Lille j déporté à Oléron (4)^ sorti. 



(1) M/HoTerlant, Vie de F. Hirn, dit qu*il fut déporté à Oléron. 

(2) LUntrut Bala n a été omii par H. Le Glay. 

(3) M. Le Glay cite pamii les intrus de Nomain nn sienr Balenghicoi 

(4) Oléron, file de TOcéan Atlantique, prudes o6tw de la Saintonge» 



— 558 — 

Bâtisse, ex-jésuite de Cassel, sorti. 

Baadet, religieux guillcmin de Cassel, mort en prison. 

Becquet^ prêtre de Bailleul, déporté à Oléron, sorti. 

Belleu, préfet des Irlandais, sorti. 

Bernardin, capucin infirme, mort. 

Besse, caré de Sainghin (i), sorti. 

Biret, de la métropole de Cambrai, sorti. 

Blampain, Pierre, dominicain, sorti. 

Bodson, du diocèse de Soissons. 

Boite, vicaire de.... mort en prison. 

Bouchart, curé de Wazemmes, (â) déporté à la Guyane. 

Bourgois^ chapelain de Saint-Pierre, à Douai, sorti. 

Bournissien, chanoine flamand, mort en prison. 

Breucq, vicaire de Henin, déporté à Oléron, sorti. 



Capelle, chapelain de Saint*6éri, à Cambrai. 

Carnin, mort en prison. 

Castel, Pierre-Joseph, capucin français, sorti. 

Castei, missionnaire d'Attiches, sorti. 

Caverot, curé de Cambrai, infirme (5), sorti. 

Charles, vicaire de Saint-Jacques, à Tournai, missionnaire 

d'Annappes, sorti. 
Clarisse, missionnaire ambulant de Tournai (4)^ sorti. 



(1) Jacques- Jean Besie est donné par M. Le Glay coriime intms de 
Sainfifhin-en-Mélantois. 

(2) M. Bouchart avait été nommé curé de Waiemmet-Ies-Lille, 
en 1790. 

(3) H. Le Glay n*a pit dMntiolkfié ll# CtterM Muilie Citré de 
Cambrai. 

(4> M. Oarliia fat aomtaé par llfv lini, coré de BttiMSiii^ 



— 339 — 

Clayse, prêtre de Liège, déporté à Rhé , sorti. 
Gopoque, vicaire flamand, déporté à Rhé, sorti. 
Corroyer, chapelain de Saint-Pierre, à Lille, sorli. ) fpApes 
Corroyer^ ex-mininie, vagabond et mendiant, sorti) 
Crinchon, prêtre infirme, sorti, 
Cuvelier, domioîcain, sorti. 

D 

Danger, Augustin, capucin d'Orchies, sorti. 
Dautricourt, chapelain de SccHn, missionnaire, mort. 
Decarpentry, récollet de Namur, missionnaire de Brillon, 

sorti. 
Declerc, vicaire de West-Capelle, sorti, 
Decouster, chanoine de Casse!, sorti. 
Degroust, P. ex-jésuite, infirme, sorti. 
Degruison,. D. prieur de la Chartreuse La Boutelllerie, 

sorti. 
Delacroix, religieux de Cttcaux, sorti. 
Delacroix, P. ex-jésuite, infirme, sorti. 
Delannoy, vicaire de Bellecourt, près de Nivelles , sorti. 
Delaporte, chanoine de Fumes, déporté à Oléron, évadé. 
Delatre, croisierde Lannoi. 
Delbecq , missionnaire ambulant de Tournai. 
Deleberghe, curé de Gondecourt (i), sorti. 
Delewaque, curé de Grand-Roucou, religieux de Saint- 

Éloi, sorti. 
.Delfosse, curé de Cambrai (2), sorli. 
Delhaysie, prêtre de... mort. 



(1) H. Deleberghe avait été nommé curé de Gondecoart en 1789. 

(2) Mt Delfosse a été omis par M. Le Glay, 



T- 340 — 

Delory, horiste de Saint^Ëtienne, k Lille^ mort. 

Dequensens, doyen de la cathédrale dTpres, mort. 

DerickeQ, vicaire d*Avelghem, déporté à OléroD, évadé. 

Desbautte, chartreux de Gonai, infirme, sorti. 

Desbonnet, curé d'Esqucrmes (i), sorti. 

D'Ëthaîre, intrus de Steenweg, déporté à Oléron, 

Devriez, vicaire de Castres, mort. 

Devriez, curé d'Eecke, mort. 

Dinan, chapelain de Cambrai, sorti. 

Dom Etienne, religieux de Saint-Amand. 

Duberon, horiste de Saint-Étienne, à Lille, sorti. 

Dubois, prêtre du diocèse de Noyon, sorti. 

Dubois, missionnaire de Comines, mort. 

Dubrul, serpentiste à Tpres, déporté à Oléron. 

Dubuisson, Séraphin, carme,'sorti. 

Ducatelet, chanoine de Saint-Géri, à Cambrai, mort. 

Ducoulombier, chanoine de Saint-Pierre, à Lille, infirme, 

mort. 
Dufour, vicaire de Taintegnies-lez-T6urnai, sorti. 
Dumonchaux, curé d-Étrées, mort. 
Duriez, curé du fort de Scarpe, sorti. 
Duriez, curé de Santen, sorti. 

Durie^E, missionnaire de Comines, déporté à Rochcfort. 
Dusart, chapelain de Saint-Pierre, à Lille, infirme, inort* 

E 
Elis, religieux de Liessies, ex-prétre, sorti. 

F 
Facq, religieux*de Liessies, sorti. n 



(l)]K. Desbonuet jura en 1791, mais il rétracta ton serment, et 
mourut en 1814. 



— 341 — 

* 

FIcury, curé du Gitcau, sorti (i). 

Foùquet, religieux de Saint- Vaast, infirme, mort. 



Gérard, intrus d'Onschoot, mort. 
Gérard, ex-jésuite de Berghes, mort. ^ 
Gheus, doyen de la cathéclrale dTpref^ sorti. 
Ghys, prêtre deCassel, sorti. 
Gislers, curé de Dadizeelle, déporté à Rochefort. 
Grenier, religieux de Blangy, mort. . 
Grincourt, horiste de Sainte-Catherine, à Lilie^ mort. 
Guytmans, curé de Tubize, doyen de chrétienté, déporté à 
Cayenne. 

H 

HaltéS; chapelain de Saint-Pierre, à Liile^ mort. 
Hambry, vicaire en Normandie, sorti. 
Hedbau, abbé de Saint-Jean dTpres, sorti. 
Hoël, vicaire de Nomain, missionnaire, fusillé (2). 
Horûin, clerc de Saint-Maurice, à Lille , déporté à Oléroq. 

J 
Jacobs, carme dTpres, déporté à Oléron, sorti. 

L 

Lallier^ chapelain de Cambrai , sorti. 
Lamotte, vicaire de Templeuve-en-Dossemer (3), déporté 
à Rochefort. 



(1) M. Fleury fut, euré de Notre-Dame au Gâteau depuis 1787 
ju8qu*en 1791. 

(2) V. sur M. Hoêl plus haut, p. 287. 

(3) V. sur M. Lamotte, plus haut, p. 287. 

Bulletins t. xvi, 43 



— 542 — 

Legros, carme de Brugelette, sorlû 

Lemaire, taré constHatioonel de Sainghin-en-Métantois, 

sorti (i). 
Lempereur, prieur de Maroilles, mort (2). . 
Leoglart, brigittin, infirme, sorti. 
Leperecq, doyeQ de Saint-Géri, à Cambrai, sorti. 
LindeOy vice-curë à Luxembourg, sorti. 
Loise, chanoine de Seclin, sorti. 
Lorents, prieur des Dominicains de Berghes, sorti. 
Lorquin, Boniface, capucin, sorti. 
Louis, euré de Cambrai, mort (5). 
Lucas, cure de Lalaing, doyen de chrétienté , déporté à 

Rochefort. 
Lucas, P. dominicain, déporté & Rochefort, mort. 

M 

Mallet, curé de Cambrai (4), sorti. 
Hanesse, missionnaire d'Arras, sorti. 
Manesse, secrétaire de Saint-Géri, à Cambrai, sorti. 
Marchand, Simon, prieur des Carmes, de Douai, sorti. 
Mascret, prévôt de Marchiennes, sorti. 
Massages, récollet, déporté k Oléron, sorti. 
Massart, Pierre^osepb, récollet^ sorti. 
Merlin, curé flamand, mort. 

Morcl, Ticairc de Saint-Jacques, à Tournai (5), mission- 
naire à Lille, sorti. 



(1) M. Le Glay ne donne comme constitutionnelt de Sainghin que tee 
sienrs Besse et Payelle. 

(2) V. sur M. Lempereur, pins baut, p. 287. 

(3) M. Louis n*est pas mentionné par M. Le Glay. 

(4) M. HaUet «tt aussi omis par M. Le Olay. 

(5) Y, sur H. Horel, plus haat, p- 287. 



— 343 — 

Morel, ex-récollet de Valenciennes. 
Mortagne (le curé de), mort. 

N 

Nerprun, vicaire d'Alost, déporté à Rhé. 
Noyoo, vicaire flamand, déporté à Rhé. 

P. 

Pau, secrétaire de Saint-Pierre, & Lille, sorti. 

Peeuve, Pierre, récollet, mort. 

Planchon, curé de Boulogne, évadé. 

Pochet, curé de Saint-Amë , h Douai, mort. 

Pottiez, chapelain de la métropole de Cambrai, sorti. 



Q 



Quesnoi, intrus de.... sorti. 
Quînart, ex-capucin, mort. 



R 



Raulin de la Motte, religieux de Saint-Amand, sorti. 

Rigau, vicaire en Normandie, évadé. 

Robert, missiminaire ambulant. 

Rombies, vicaire de Longueville, près Maubeuge, sortie 

Rot, missionnaire, sorti. 

Roussel, prêtre séculier du diocèse de Cambrai. 



Seillier, clerc de Saint-Quentin, k Tournai (1), futile. 
Sinao, curé, près Casselj f^^ nonagénaires, sorti». 



Sinau, curé... ( 



(1) y. ittr M. Sêmkti plin b«iit, p. 387. 



-- 344 — 

Six, yicaîre d'Angles. 

Soitriez, lldephonse, religieux dUasnoQ, 8orti. 

Soufflet, ex-jésuite, sorti. 



Thierry, Augustin^ carme de Lille. 
Toufflers (l'intrus de), mort. 



Vandeville, vicaire de Saint-Amand, missionnaire, sorti. 

Vaoacker, chanoine de Saint-Pierre, à Douai, sorti. 

Van Hoorde, gardien des Récollets de Hal, déporté i Rhé. 

Van Hove, curé de Radioghem (1), sorti. 

Van Roosbeck, récollet, déporté à Oléron. 

Van Roosbeck, capucin d'Tpres, déporté à Oléron. 

Varlet (le Père Louis), dominicain flamand. 

Verdavine, professeur, déporté & Rhé. 

Verloppcn, Intrus. 

Vermeulen^ vicaire d'Ingoyghem, transféré & Oléron. 

W 

Wacrenier, chanoine de Saint-Pierre, k Lille, mort. 

, chanoine de Bethune, constitutionnei. < 

En tout! 51. 



(I) M. Van HoYe «Tait été nommé cttré de R«diii|;hem en 1790. 



— 545 — 
PIÈCES JUSTIFICATIVES.. 



Témoignage du R. P. Criquillion , professeur de Rhétorique 
au Collège Saint-Paul, concernant M. Charles. 



Ignatius Lad. Jos. Charles, Tornacensis, ab initio Octo- 
bris 1775, usque adbuc Praeicctiones meas Rheloricas au- 
divit. Quo teiDpore sic studuit, ut Extcrorum Eloquentiae 
Praemîum oblinuerit. Ut diligentiâ, sic probitate eminuit; 
pius in Deum, in suscîpiendis Pocnît. et Eucb. SacramcntU 
maxime assiduus, superiorum observantissimiis, cum soeiis 
pacificus.... 

Tornacij in Coll. D. Pauli ii^Aug. 4776. 

L.-J. CRIQUIUION, 

p. R. P. 



Témoignage du docteur Homez , professeur de Philosophie 
à fUnivereitéde Douai, concernant M* Charles. 



Infrà scriptus, In Collcgio Regio almae universitatis 
Duacenœ pbilosophiae professor primarius, notiim facio ac 
testor Doct.Domjnum Ignatîum LudovicuinJosephum Char- 
les, Tornaccnsem, nostras lectioncs, per bicnnium acade- 
micum proximè elapsum, summà cum diligentiâ mRgnoque 
cum frucla excepisse; seseque hoc toto tempore morum 
candore, sacramentorum usu^ verbo dicam , in omnibus 
yevh commendabilem exhibuisse. Quorum in fidem bas 
dabam Tornaci 25' 7^^» 1779. 

HORNEZ j prof. prim. 



TABLEAU DES HEIBRES 

DE LA 

SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE 

DB VOVBlirJLl. 



Messieurs : 

DE NÊDONGHEL^ président. 
HUGUET, vice-président. 
VOS, bibliothécaire. 
VANDENBROEGR, trésorier. 
WAGQUEZ, Jules, secrétaire. 



Hemlires tltalAlres 

PAR ORDRE D*ANaEllNBTÉ. 

Messieurs : 

1 . Dq Hortibr (Zotits), chevalier de POrdre de Léopold, 
{Membre fondateur). 

% GiRARD {Prançoi8)f curé de la paroisse de Saint- 
Quentin. 

D. De NédonchbL; (le comte Georges). 



— 347 — 

4. BauYBiinE (/i«i(tn), architecte. 

5. Wacquez {Jules\ avocat. 

6. Du Mortier {Barthélemi-Noët). 

7. HuGUET {Léon-Auguste-Joseph)^ chanoine honoraire de 

la cathédrale de Tournai, inspecteur diocésain 
des écoles primaires. 

8. Vos {Joachim'Joseph)^ curé de Bruyelles. 

9. Du Bus {Edmond), avocat. 

10. VÂifDENBROECK [Henri), archiviste de la villede Tournai. 
ii« De LmMiNGHB {le comte Léon). 



KBMBHBS lONORAIRES. 

I • Me le chanoine Bossaert, prélat domestique de Sa 
Sainteté, à Tournai. 

Messieurs, 

â. Sâcqueleu {François)^ sénateur à Tournai. 
5. Db Rassb ( le baron Alphonse ), ancien sénateur, à 
Tournai. 

4. Db Joigmy (le baron Godefroid)^ à Bruxelles. 

5. ViSÂRT (le comte), à Bury, 
9. BftouBz, notaire, à Wasmes. 

7. Maillet [Pro8per\ colonel d'artillerie en retraite, & 

Bruxelles* 

8. l^PBBS {Désiré), curé d'Ollignies. 

9. Ghuffart [Madame)^ propriétaire, ii Tournai. 
10. Baubblet {Louiè), curé de Bonsecours, 

il. Respilleux (Benoit), chanoine^ curé-doyen de Notre- 
Dame, i Tournai. 
i2. Vanderborgt [François)^ à Tournai. 



— 5bO — 

historique, archéologique et littéraire dTprcs et 
de rancicnne West-Flaodres. 

38. BoEDT, vice-président de la même société. 

39. Andeies (le chanoine) , ancien membre du CongrëSy 

président de la Société d'Émulation, à Bruges. 

30. Reusbns^ docteur en théologie, bibliothécaire et profes- 

seur d'archéologie à l'université de Louvaiu. 

31. FouRDiN f£mmant«e/), professeur au collège et arcfii- 

viste, à A th. 



§ II. Étrangers. 



Messieurs : 



i. Castel, membre de plusieurs académies nationales et 
étrangères à Saint-LÔ (Hanche), 

3. GoKART (CA.), de la Société des sciences, etc., à Saint- 
Quentin (Aisne). 

3. D'fl^RiGOURT ( lo comte Achmet^ » maire de Lonchez 

(Pas-de-Calais), etc. 

4. Taillue {Eugène)^ conseiller à la Cour d'appel, etc., à 

Douai (Nord). 
3. WiLBRRT (il/ctbtade), président de la Société d'Émula- 
tion, etc., à Cambrai (Nord). 

6. Hbriiant {Alexandre)^ de la Société des Antiquaires de 

la Morinie, à Saint-Omer (Pas-de-Calais). 

7. Paris (Patttfn), membre de l'Institut conservateur des 

manuscrits de la bibliothèque nationaley etc. , à 
Paris. 

8. Brunbl (Henri)^ homme de lettres , de la commission 

historique du département du Nord , à Lille. 



^ - 554 — 

9. De Caumont (i4.), correspondant de Tlnstitut de Fran- 
ce, de la société pour la conservation des mona- 
meuts, etc., à Caen (Calvados). 

10« BuLTBAD (Pabbé Marcel-Joseph) , curé à Wambaiz, 
près de Cambrai. 

H. Gabniir (CA.-/.)y conservateur de bibliothèque, secré- 
taire perpétuel des antiquaires de Picardie , à 
Amiens (Somme). 

IS. GiGAULT DE LA Bedolliére {Emile), homme de lettres, 
etc., à Paris. 

45. Castblanos de Lozada {Basilio-Sebasîian), directeur de 
l'académie espagnole d'archéologie , etc. y à 
Madrid. 

14. CoRBLBT (l'abbé Jules), de la Société des Antiquaires de 

France et de Picardie, etc., à Amiens. 

15. JuBiNAL {Achille), membre de l'ancien corps législatif, 

secrétaire général de l'Institut historique de 
France, etc., à Paris. 

16. Laroche {Antoine), ancien magistrat, membre de 

l'académie d'Arras, à Duisans, près d'Arras 
(Pas-de-Calais). 

17. Namur (il.), professeur à Tathénée, conservateur-secré- 

taire de la Société archéologique du Grand- 
Duché de Luxembourg. • 

18. Chaudrug de Crazannes (le baron Jean), mettre des 

requêtes honoraire au conseil d'état, membre de 
l'Institut de France, etc., à Castel-Sarrazin (Tarn- 
et>Garonne). 

19. De Goertz, de l'université impériale de Moscou et de 

Saint-Pétersbourg, etc.^ à Saint-Pétersbourg. 
âO. De Pontaumont {Emile), inspecteur de la marine, che- 
valier de la Légion d'honneur, etc., trésorier- 
archiviste de la Société académique à Cherbourg. 



— 5!» — 

21 . De la Cbafbllb {Édouardl^ avocat, docteur ès-lettres, 

régent de logîqae et secrétaire de la Société aca- 
démique, elc, à Cherbourg. 

22. PBiGRi Dblacour, archéologue, à Ribecourt (Oise). 

23. De la Lande, iaspecteur des douanes, à Cherbourg. 

24. Paelb (CAarfe«) , bibliothécaire-archiviste de la ville 

de Lille. 
iS. Geevoson {Jules), secrétaire de la société dunkerquoise. 
26. De Coussbmakbb, juge k Lille, membre correspondant 

de rinstitut , etc. 



sociiStés avec lesquelles jl y a échange de publication. 



1. Anvers. 

2. Arlon. 



5. Bruges, 



4. Bruxelles. 



5. . 

6. 

7. 



8. 



g 1«' £n Belgique. 

Académie d'archéologie de Belgique- 
Société pour la conservation des 
monuments historiques et des 
œuvres d'art dans la province de 
Luxembourg. 
Société d'émulation pour l'étude de 
l'histoire et des antiquités de la 
Flandre. 
Académie royale des sciences, des 
lettres et des beaux-arts de Bel- 
gique. 
Académie royale de médecine. 
Société de numismatique. 
Société pour la publication de mé- 
moires relatifs à rhistotre de Bel- 
gique. 
Commissions royales d'art et d'ar- 
chéoJogfe. 







— 353 — 


9. 


GMtd. 


Société royale des beaux-arts et de 






littérature. 


10. 


Liige. 


Société libre d'émulation. 


11. 


> 


Institut archéologique. 


12. 


> 


Société liégeoise de litlérature wal- 
lonne. 


13. 


Lmuain. 


Société littéraire de l'université ca* 




• 


tholique. 


14. 


MùM. 


Sociétés des sciences , des lettres et 


ft 




des arts du Hainaut. 


* 18. 


» 


Gerde archéologique de Mons* 


16. 


Namur. 


Société archéologique. 


17. 


Tongrw. 


Société scientifique et littéraire du 
Limbourg. 


18. 


Ypres. 


Société historique, archéologique cl 
littéraire de la ville dTpres. 


19. 


Charleroû 


Société paléontologique et archéolo- 
gique deiFarrondissement de Char- 
leroi. 



§ II. il l'Étranger» 



i. Amiens. 

2. Arras. 

3. Bayeux. 

4. Beauvais. 



5. Cambrai. 

6. Cherbourg, 



Société des antiquaires de Picardie. 
Société des sciences , lettres et arts 

ou Académie d' Arras. 
Société académique. 
Société académique d'archéologie , 

sciences et arts du département 

deTOise. 
Société d'émulation. 
Société académique. 



— 354 — 



7. Douai. 

8. Dunkerque. 

9. Lille. 

10. > 

11. Luxembourg. 



iâ. Moulins. 
i3. Nancy. 

14. 5atnt-0mer. 

15. 5amf-Qtfefi(tn. 

16. Valenciennes. 

17. Aotibaix. 



Sociëlé d'agriculture, scienees et 
arts. 

Société Duokerquoise. 

Société des sciences, agriculture, 
lettres et arts. 

Comité flamand de France. 

Société pour la recherche et la con-* 
servation des monuments histo- 
riques dans le grand duché de 
Luxembourg. 

Société d'émulation de rAllier. 

Société des sciencesi lettres et arts. 

Société des Antiquaires de la Ho«- 
rinie. 

Société académique. 

Société d'agriculture» scienees et 
arts de l'arrondissement de... ' 

Société d'Émulation. 



JOURNAUX ou RECUEILS PÉRIODIQUES CONTRE LESQUELS 
LA SOCIÉTÉ ÉCHANGE SES PURLICATIONS. 



Bruxelles. 
Gandn 

Louvain» 



1. fiibitophile Belge. 

2. Messager des sciences historiques 

de Belgique. 

3. Revue catholique. 

4. Analectes pour servir à l'histoire 

ecclésiastique de Belgique. 



— 355 — 



LA SOCIÉTÉ ENVOIE, EN OUTRE, SES PUBLICATIONS : 



A Bruxelles. 


Au Roi. 


id. 


Au ministre de Tintërieur. 


id. 


id. de la justice. 


A Mons. 


Au conseil provincial du Hainaut. 


A Tournai, 


A la bibliothèque publique de 




Tournai. 











ERRATA. 






Page 


17 


lign0 


26 


Fr0^|^e liêÊM .* 


Fresque. 


« 


22 


» 


27 


éplogéet 


» 


éployées. 


V 


23 


ii 


20 


antérieur 


9 


antérieure. 




27 


» 


19 


expostion 


» 


exposition. 




33 


• 


28 


égtise 


» 


église. 


« 


54 


A 


2 


martyr 


» 


martyre. 




67 


» 


23 


Tolume 


n 


Tolumes, 




85 


1) 


30 


sst 


B 


est. 




» 


» 


31 


inconnu 


» 


connu. 




» 


» 


1) 


demie 


» 


demi. 




214 


» 


15 


octoginaire 


9 


octogénaire. 




222 


i> 


16 


fut 


A 


fût. 




223 


« 


11 


privés 


B 


privées. 




224 


» 


5 


approuvé 


» 


approuvée. 




> 


• 


22 


contes 


» 


comtes. 




235 


» 


12 


actes 


» 


actes des martyrs. 




271 


1) 


8 


noTembre 


» 


octobre. 




285 


B 


2 


15 


» 


20. 




290 


» 


6 


comtriote 


i> 


compatriote. 




329 


» 


22 


69 


9 


292. 




» 


» 


24 


66 


B 


288. 


u 


. 330 


f> 


22 


64 


» 


287. 




332 


1> 


16 


63 


» 


286. 



«^^ÇNî5)^iX^3*^^ 



TABLE. 



Sënëfices du diocèse de Tournai, ayant 1&60 page 173 

Charles, Louis-Ignace, ancien curé de Bruyelles (Vie et 

écrits de H. Tabbé), par J. Vos » 225 

Digitus Dei, ou Parallèle entre Pempire romain et Pempire 

français en 1801 , par Tabbé Charles » 313 

Crodefroy : Analyse des Archives de l'Évéché de Tournai , 

au 17« siècle » 58 

Huguet : Esquisse sur la yie et les œuvres de Mgr Voisin. » 5 

Ponceau : Éloge funèbre de Mgr Voisin » 47 

Prêtres incarcérés à Douai^ de 1797 à 1800 m 337 

Société (Renouvellement du Bureau de la) » 56 

Société (Liste des Membres de la] » 346 

Mgr Voisin (Liste des écrits et communications de). . . » 38 
Waccpiez : Notice biographique sur M. F.-C.-J. Qii Bus, 

Président de la Société > 213 



FIN DE LA TABLE DU XVi*' VOLUME DES BULLETINS. 



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